L'expression "mère porteuse" suscite souvent un malaise, car elle semble dissocier la maternité de la gestation. Cet article vise à explorer en profondeur le concept de la gestation pour autrui (GPA), souvent désignée par le terme "mère porteuse", en examinant ses aspects éthiques, juridiques et sociaux. Nous aborderons les différentes définitions, les motivations des personnes impliquées, les enjeux liés à la légalisation de cette pratique, ainsi que les alternatives existantes dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA).
Définitions et terminologie
Laurence Rossignol, secrétaire nationale du Parti socialiste, souligne l'ambiguïté de l'expression "mère porteuse". Elle suggère que le terme "porteuse" serait plus approprié, car il met l'accent sur la fonction de gestation, sans impliquer nécessairement un lien maternel. D'autres termes, tels que "couveuse" ou "dépôt-ventre", sont également évoqués, bien que leur connotation puisse être perçue comme déshumanisante.
Il est important de distinguer deux types de "mères porteuses" :
- Mère porteuse traditionnelle : Elle est inséminée avec le sperme du père intentionnel ou d'un donneur et porte un enfant issu de ses propres ovules. Dans ce cas, elle est à la fois la mère génétique et la mère gestationnelle.
- Mère porteuse gestationnelle : Elle porte un enfant issu d'un ovule d'une autre femme (la mère intentionnelle ou une donneuse) fécondé par le sperme du père intentionnel ou d'un donneur. Elle n'a donc aucun lien génétique avec l'enfant. On parle alors de mère de substitution.
Motivations et enjeux éthiques
Les partisans de la GPA mettent en avant la volonté d'aider les couples infertiles à réaliser leur désir d'avoir un enfant. Ils soulignent que la GPA peut être un acte de générosité, une façon d'offrir la possibilité d'une parentalité à ceux qui ne peuvent pas concevoir ou porter un enfant.
Cependant, les opposants à la GPA s'inquiètent de la marchandisation du corps de la femme et des risques d'exploitation. Ils estiment que la GPA peut porter atteinte à la dignité de la femme et à la valeur de l'enfant. Laurence Rossignol affirme que cette pratique n'est rien d’autre qu’une marchandisation du corps de la femme masquée sous une apparence altruiste.
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La question de la rémunération des mères porteuses est également un sujet de débat. Certains considèrent que la rémunération est une forme de compensation légitime pour les risques et les contraintes liés à la grossesse, tandis que d'autres y voient une forme de commercialisation du corps humain.La rémunération des mères porteuses est-elle choquante ? En plus, cela prête le flanc à tous les excès financiers et toutes les injustices envisageables. Le concept d’indemnisation de la mère porteuse semble plus légitime. Être enceinte n’est pas forcément agréable. Les aléas et les complications possibles de la grossesse ne sont pas négligeables. Ils empêchent de plus l’exercice de son métier, à l’approche du terme. Est-il possible d’évaluer un dédommagement équitable de la grossesse ?
Cadre juridique et législation
La législation concernant la GPA varie considérablement d'un pays à l'autre. En France, la GPA est interdite depuis le milieu des années 1980. Cette interdiction est fondée sur les principes d'indisponibilité du corps humain et de l'état des personnes, ainsi que sur la crainte de dérives commerciales. Les couples français qui souhaitent recourir à la GPA doivent donc se rendre à l'étranger, dans des pays où cette pratique est autorisée.
En Europe, plusieurs pays autorisent la GPA, mais avec des réglementations différentes. Certains pays, comme la Slovaquie, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique et l'Irlande, autorisent la GPA altruiste, sans rémunération de la mère porteuse. D'autres pays, comme la Roumanie, l'Ukraine, la Grèce, la Géorgie et l'Angleterre, autorisent la GPA en l'encadrant légalement.
Aux États-Unis, la GPA est légale dans certains États, mais interdite dans d'autres. Le coût de la GPA aux États-Unis est généralement élevé.
Alternatives à la GPA : l'assistance médicale à la procréation (AMP)
L'assistance médicale à la procréation (AMP), ou procréation médicalement assistée (PMA), offre des alternatives pour les couples infertiles. L'AMP consiste à manipuler un ovule et/ou un spermatozoïde pour favoriser l'obtention d'une grossesse. Elle permet de palier certaines difficultés à concevoir, sans nécessairement traiter la cause de l’infertilité.
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Parmi les techniques d'AMP les plus courantes, on peut citer :
- L'insémination artificielle : elle consiste à recueillir et préparer le sperme du conjoint ou d’un donneur pour l’injecter directement dans l’utérus de la femme de façon synchronisée avec l’ovulation.
- La fécondation in vitro (FIV) : elle consiste à prélever des ovocytes chez la femme et à les féconder in vitro avec les spermatozoïdes du conjoint ou d'un donneur. Les embryons ainsi obtenus sont ensuite transférés dans l'utérus de la femme.
- La FIV-ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection) : cette technique consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovocyte. Elle est utilisée en cas d'infertilité masculine sévère.
- L'accueil d'embryon : un couple stérile ou à risque de transmission de maladie génétique peut demander à recevoir un embryon congelé issu d’un autre couple. Le don d’embryon repose sur l’anonymat, le volontariat et la gratuité.
En France, l'AMP est encadrée par la loi de bioéthique. Seuls les couples hétérosexuels peuvent y avoir recours, mais la situation pourrait évoluer.
Impact psychologique sur les enfants nés de GPA
Une étude sur les enfants issus de mère porteuse a été réalisée au Royaume-Uni. Elle porte sur les enfants de 40 mères porteuses. Ils n’auraient aucune séquelle psychologique. Un gros bémol est à mettre sur ces résultats. Les enfants étudiés sont encore très jeunes.
Il est essentiel de mener des recherches supplémentaires sur le développement psychologique et social des enfants nés de GPA, afin de mieux comprendre les enjeux et d'adapter les pratiques en conséquence.
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