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État de Stress Post-Traumatique Post-Partum : Symptômes et Traitement

L'arrivée d'un enfant est un événement majeur dans la vie d'une famille, mais elle peut aussi être source de stress et de difficultés psychologiques. Parmi les complications possibles de la maternité, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) post-partum est une réalité souvent méconnue. Cet article vise à informer sur les symptômes, les facteurs de risque et les traitements disponibles pour cette condition.

Comprendre le Trouble de Stress Post-Traumatique Post-Partum

Un trouble de stress post-traumatique peut survenir après un vécu complexe de la grossesse ou de l'accouchement, même si aucun incident majeur ni complication n'a été perçu par les soignants, a rappelé Alizée Froeliger du CHU de Bordeaux. L'accouchement constitue en effet un événement potentiellement traumatique.

Qu'est-ce que l'ESPT post-partum ?

L'état de stress post-traumatique (ESPT) suite à l'accouchement concernerait, selon les études, entre 1,3 et 6% des naissances, un chiffre non négligeable. Le syndrome de stress post-traumatique périnatal est causé par une expérience traumatisante ou décevante pendant la grossesse, l'accouchement ou le post-partum.

Symptômes de l'ESPT post-partum

Les symptômes de l'ESPT post-partum peuvent varier d'une personne à l'autre, mais ils incluent généralement :

  • Des flash-back ou souvenirs répétitifs relatifs à l'accouchement : la femme revit les sensations de son accouchement. Ils peuvent être déclenchés par le fait d'entrer dans un hôpital, par une odeur, un bruit ou même un geste médical.
  • Un sentiment d'incapacité à s'occuper de son enfant.
  • Des troubles de l'humeur.
  • Des troubles du sommeil.
  • De l'anxiété.
  • L'isolement.
  • La maltraitance, même involontaire, du personnel soignant lors de l'accouchement.
  • Des sentiments de culpabilité.
  • Une altération du sentiment de sécurité, d’humanité, de contrôle sur les actions entreprises, d’estime de soi.

Facteurs de risque

Plusieurs facteurs de risque peuvent contribuer au développement d'un TSPT lié à l'accouchement. Ces facteurs peuvent être classés par ordre chronologique (avant, pendant ou après l'accouchement) et par nature (obstétrique, psychologique et social).

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  • Antécédents de traumatismes (abus, violence, etc.).
  • Antécédents de troubles de santé mentale (anxiété, dépression, etc.).
  • Complications pendant la grossesse ou l'accouchement (césarienne d'urgence, hémorragie, etc.).
  • Manque de soutien social.
  • Peur de l'accouchement.
  • Expérience négative avec le personnel médical.
  • Grossesse non désirée.
  • Fausses couches ou techniques de procréation assistée antérieures.
  • Événements stressants survenus au cours de la grossesse (résultats incertains des tests prénataux, anomalies à l'échographie, pertes de sang vaginales récurrentes).

Diagnostic de l'ESPT Post-Partum

Le DSM-5, le manuel des troubles psychiatriques, énonce un certain nombre de critères permettant de poser un diagnostic de TSPT. Le critère A stipule qu’une personne a été exposée, directement ou indirectement, à une mort réelle ou imminente, à des blessures graves ou à des violences sexuelles. Ensuite, le TSPT implique la présence de quatre groupes de symptômes (B à E). En outre, pour le diagnostic de TSPT, la durée des symptômes est supérieure à un mois, l’état provoque une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social ou professionnel, et les symptômes ne peuvent pas être mieux attribués à un autre trouble psychiatrique.

Dépistage

Le dépistage des facteurs de risque prédisposants, tels qu’un TSPT préexistant dû à un traumatisme sexuel ou une dépression pendant la grossesse, n’a de sens que si le dépistage en lui-même a un effet positif et/ou conduit à des soins disponibles en temps opportun et dont l’efficacité a été prouvée. En outre, il est conseillé de dépister la peur de l’accouchement, car il existe des traitements fondés sur des données probantes, qui sont susceptibles d’avoir un effet positif sur la peur, le déroulement de l’accouchement et la probabilité de développer un TSPT dans le post-partum.

Lorsqu’il s’agit de dépister les traumatismes liés à l’accouchement et le TSPT, une question relativement simple à poser en tant que professionnel est la suivante : « Comment avez-vous vécu l’accouchement ? » En cas d’expérience négative ou de risque accru de TSPT lié à l’accouchement, d’autres questions peuvent être posées. Il en va de même lorsque la réponse de la femme à la question initiale n’est pas rassurante. Les questions complémentaires peuvent être les suivantes : « Décririez-vous votre accouchement comme traumatisant ou très perturbant ? », ou « Souffrez-vous actuellement de symptômes psychologiques que vous pensez être causés par l’accouchement ? ». Reconnaître les premières réactions à un accouchement traumatisant et fournir des conseils et un soutien peut réduire le risque de développement d’un TSPT. Pour ce faire, il est également utile de poser des questions sur l’expérience de la période préconceptionnelle et de la grossesse elle-même.

Parmi les questionnaires de dépistage adaptés et validés, on peut citer la liste de contrôle du TSPT pour le DSM-5 (PCL-5). L’administration d’un questionnaire n’équivaut pas à l’établissement d’un diagnostic. Ce dernier doit être posé par un professionnel de la santé mentale qualifié et compétent, avec ou sans l’utilisation d’un entretien clinique validé tel que l’échelle de TSPT administrée par le clinicien (CAPS). Bien qu’il s’agisse d’instruments validés pour le dépistage et le diagnostic, dans la pratique, la souffrance de la femme et l’avis clinique du prestataire de soins de santé sont déterminants pour décider d’entamer ou non un traitement.

Traitement de l'ESPT Post-Partum

Le SSPT périnatal est traitable et il existe de nombreuses options à prendre en compte lors de la recherche de l’option de traitement appropriée. Plusieurs options de traitement sont disponibles pour aider les femmes à surmonter l'ESPT post-partum. Il est important de consulter un professionnel de la santé mentale pour déterminer le plan de traitement le plus approprié.

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Psychothérapie

Les types de thérapie fondés sur des données probantes peuvent inclure la TCC (thérapie cognitivo-comportementale) et l'EMDR (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires), la TPI (psychothérapie interpersonnelle). Une thérapie émergente possible pourrait inclure le Brainspotting.

  • Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : La TCC aide les femmes à identifier et à modifier les pensées et les comportements négatifs associés à leur expérience traumatique.
  • Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires (EMDR) : L'EMDR est une thérapie qui utilise des mouvements oculaires pour aider les femmes à traiter les souvenirs traumatiques.
  • Thérapie interpersonnelle (TIP) : La TIP se concentre sur l'amélioration des relations interpersonnelles et du soutien social.

Médicaments

Les médicaments peuvent être une option et vous devez consulter un médecin pour voir ce qui fonctionnera pour vous. Les antidépresseurs, et éventuellement les anxiolytiques et les somnifères, sont les plus couramment utilisés pour traiter le SSPT.

  • Antidépresseurs : Les antidépresseurs peuvent aider à soulager les symptômes de dépression et d'anxiété souvent associés à l'ESPT post-partum.
  • Anxiolytiques : Les anxiolytiques peuvent aider à réduire l'anxiété et les crises de panique.

Soutien social

Le soutien social est essentiel pour les femmes qui souffrent d'ESPT post-partum. Il est important de se connecter avec d'autres mères, de parler de ses expériences et de demander de l'aide à sa famille et à ses amis.

  • Groupes de soutien : Les groupes de soutien offrent un espace sûr et confidentiel pour partager ses expériences avec d'autres femmes qui comprennent ce que l'on vit.
  • Soutien familial et amical : Le soutien de la famille et des amis peut être précieux pour aider les femmes à se sentir moins isolées et plus soutenues.

Rôle des prestataires de soins obstétriques (sages-femmes, obstétriciens, infirmières)

Dans le cadre de la prise en charge postnatale, mais aussi au cours des grossesses ultérieures, les professionnels de santé peuvent à plusieurs reprises être amenés à conseiller et à soutenir les femmes souffrant de TSPT (symptômes) liés à l’accouchement ou ayant vécu des expériences traumatisantes lors de l’accouchement.

Les femmes peuvent présenter des symptômes similaires à ceux du TSPT dans les premiers jours suivant l’accouchement. Toutefois, ces plaintes sont souvent passagères. Dans ce cas, il est important de bien expliquer (psycho-éducation) que ces plaintes sont une réaction normale à une situation particulière, l’accouchement n’étant pas un événement quotidien. Il est également important de surveiller les plaintes, afin de pouvoir orienter rapidement la patiente vers un traitement si les symptômes persistent et que l’on soupçonne un TSPT.

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Les Pays-Bas sont le seul pays européen à disposer d’une directive nationale officielle sur le TSPT lié à l’accouchement. Les conseils pratiques de cette directive à l’intention des prestataires de soins obstétriques comprennent, dans l’ordre chronologique : interroger la femme sur son expérience de l’accouchement (de préférence par un prestataire de soins qui a assisté à l’accouchement ou l’a géré) ; ensuite, dans les premiers jours du post-partum, revoir le déroulement du travail, si la femme le souhaite, sans poser de questions approfondies sur les émotions et les pensées négatives ou appliquer des méthodes formelles de débriefing ; enfin, prévoir un rendez-vous de suivi (4-6 semaines après l’accouchement), de préférence avec la personne qui a géré l’accouchement. Au cours de ce rendez-vous, il est important de discuter à nouveau de l’expérience de l’accouchement, ainsi que des politiques ou des souhaits concernant toute grossesse et tout accouchement ultérieurs.

Rôle des médecins généralistes

Les médecins généralistes (médecins de famille) peuvent recevoir dans leur cabinet des femmes qui, peu ou longtemps après l’accouchement, font état de symptômes de TSPT, de dépression ou de troubles anxieux. Il est essentiel de faire la distinction entre ces trois types de troubles, ne serait-ce que parce que le traitement diffère. Chez toute femme présentant des symptômes de dépression (post-partum), il est important de poser des questions sur le déroulement et (surtout) sur l’expérience de l’accouchement, tout comme il est pertinent de poser des questions sur les symptômes de dépression et de suicidalité en cas de traumatisme lié à l’accouchement ou de TSPT. La distinction entre les conséquences physiologiques des événements de la vie et les symptômes/troubles psychologiques est une tâche parfois difficile, mais essentielle, du professionnel avec lequel les femmes en discutent.

Rôle des pédiatres et services de santé infantile

Les médecins et les infirmières qui s’occupent des nouveau-nés et des enfants ont non seulement un rôle crucial à jouer dans le suivi du développement de l’enfant, mais ils peuvent également contribuer à identifier les symptômes psychologiques chez les parents. Il est recommandé de poser des questions sur l’expérience de l’accouchement (et pas seulement sur le déroulement médical). En particulier pour les bébés qui ont des difficultés à dormir, des problèmes d’alimentation, des pleurs excessifs et un comportement agité ou anxieux, il est essentiel de poser des questions sur l’expérience de l’accouchement, les plaintes psychologiques et les facteurs de stress (psychosociaux) de la mère. L’orientation vers un spécialiste de la santé mentale du nourrisson peut également s’avérer très utile dans de tels cas pour préserver une relation mère-bébé saine dans des circonstances stressantes.

L'importance de la prévention

La prévention est essentielle pour réduire le risque d'ESPT post-partum. Les professionnels de la santé peuvent jouer un rôle important en informant les femmes sur les facteurs de risque, en offrant un soutien émotionnel pendant la grossesse et l'accouchement, et en assurant un suivi attentif après la naissance.

Conclusion

L'état de stress post-traumatique post-partum est une condition sérieuse qui peut avoir un impact important sur la vie des femmes et de leurs familles. Il est important de reconnaître les symptômes, de rechercher un traitement approprié et de mettre en place un réseau de soutien solide. Avec l'aide appropriée, les femmes peuvent surmonter l'ESPT post-partum et profiter pleinement de leur rôle de mère.

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