Les difficultés à concevoir, les cycles irréguliers et la fatigue persistante peuvent souvent être attribués à un déséquilibre hormonal. Un excès de prolactine, hormone produite par l'hypophyse, est souvent méconnu. Bien que jouant un rôle essentiel dans la lactation, un taux de prolactine équilibré est primordial pour une ovulation régulière chez la femme. L'hyperprolactinémie peut entraîner une diminution ou un blocage de l'ovulation, rendant la conception difficile. Cet article explore en profondeur les causes de ce déséquilibre, ses impacts sur la fertilité et les stratégies naturelles pour relancer l'ovulation.
Comprendre l'Ovulation et son Importance
Le cycle menstruel est un ensemble complexe de réactions hormonales qui affectent la santé globale de la femme, de son système immunitaire à son métabolisme, en passant par sa flore intestinale et la qualité de son sommeil. Au cœur de ce cycle se trouve la balance œstrogène-progestérone, deux hormones ovariennes qui travaillent de concert pour favoriser la reproduction. Le cycle se divise en quatre phases :
- Phase Menstruelle: Début et fin du cycle, caractérisée par la desquamation de l'endomètre et l'apparition des règles.
- Phase Folliculaire: Le cerveau stimule les ovaires à produire des follicules qui sécrètent des œstrogènes, amorçant la fertilité.
- Phase Ovulatoire: Un follicule mûr libère un ovule, moment clé où les taux d'œstrogène et de testostérone sont à leur maximum. L'ovulation ne survient pas nécessairement au 14e jour du cycle.
- Phase Lutéale: Le follicule restant se transforme en corps jaune, sécrétant de la progestérone, hormone antagoniste de l'œstrogène et de la testostérone. Sans fécondation, la phase lutéale se termine par une chute de progestérone.
L'ovulation est donc une étape cruciale pour la fertilité. Le principe du test d'ovulation est de mesurer dans les urines le taux de l'hormone lutéinisante (LH), qui connaît un pic de production juste avant l'ovulation. Un test positif indique le moment optimal pour avoir des rapports sexuels, idéalement dans les 48 heures suivantes.
Hyperprolactinémie : Un Obstacle à l'Ovulation
Un taux de prolactine élevé perturbe le cycle menstruel et l'ovulation. L'ovaire peut ne pas libérer d'ovule, ou le faire de manière irrégulière, entraînant des cycles longs, absents ou imprévisibles. Ce déséquilibre affecte également la qualité de la glaire cervicale et de l'endomètre, rendant plus difficile l'implantation de l'embryon.
Causes de l'Hyperprolactinémie
Un taux de prolactine élevé peut avoir plusieurs origines :
Lire aussi: Grossesse après fausse couche : ce qu'il faut savoir
- Physiologiques et Passagères: Le stress, l'activité physique intense, le manque de sommeil ou un rapport sexuel peuvent temporairement augmenter la prolactine.
- Durables: Nécessitent une prise en charge. L'adénome hypophysaire (tumeur bénigne de l'hypophyse) est une cause fréquente d'hyperprolactinémie persistante.
- Médicamenteuses: Certains antidépresseurs, neuroleptiques, anti-nauséeux ou contraceptifs hormonaux peuvent augmenter le taux de prolactine.
Un bilan hormonal complet est essentiel pour identifier l'origine exacte de l'hyperprolactinémie et adapter la prise en charge.
Symptômes de l'Hyperprolactinémie
L'hyperprolactinémie peut se manifester par différents symptômes, parfois discrets ou confondus avec d'autres troubles hormonaux. Ce déséquilibre peut provoquer une diminution ou un blocage de l'ovulation, ce qui entraîne des difficultés à concevoir. Même sans ovulation, des saignements peuvent continuer à apparaître à intervalles réguliers, donnant l’illusion d’un cycle “normal”, alors que l’ovulation a disparu. La phase lutéale est souvent la première à être impactée, avec une production de progestérone insuffisante qui pourra causer un syndrome prémenstruel marqué, ainsi qu'une infertilité (difficultés à tomber enceinte, arrêts de grossesse prématurés…). Ainsi, chez de nombreuses femmes, l’hyperprolactinémie est souvent découverte fortuitement lors d’un bilan de fertilité ou d’un dosage hormonal.
Stratégies Naturelles pour Relancer l'Ovulation
Plusieurs approches naturelles peuvent aider à faire baisser un taux de prolactine élevé et à relancer l'ovulation.
Gestion du Stress
Le stress est un facteur clé dans la stimulation de la prolactine. La thérapie cognitive comportementale, des séances de relaxation et des exercices pour éliminer les pensées et comportements négatifs peuvent réduire le stress généré par les problèmes de fertilité.
Alimentation et Compléments Alimentaires
- Vitamine B6 (Pyridoxine): Contribue à réguler la prolactine.
- Gattilier (Vitex agnus-castus): Connu pour ses effets positifs sur l'axe hypothalamo-hypophysaire.
- Zinc, Magnésium, Oméga-3 et Antioxydants: Soutiennent l'équilibre hormonal global.
- Consommez-vous assez de protéines au quotidien ? Environ 2 femmes sur 3 ne consomment pas assez de protéine, selon les recommandations officielles. Peau, cheveux, énergie, cycle menstruel… Les protéines jouent un rôle très important dans l'organisme.
Plantes et Substances Hormonoïdes Naturelles
Les troubles du cycle féminin et les problèmes de fécondité qui les accompagnent peuvent également être traités avec des substances hormonoïdes naturelles. Demandez toujours un avis médical avant de les essayer ! Par exemple, vous pouvez envisager un traitement à base de gattilier, qui est souvent prescrit en cas de SPM sévère ainsi que pour soulager les troubles de la menstruation, notamment les règles très abondantes ou irrégulières. L’alchémille est elle aussi réputée pour réguler le cycle menstruel.
Lire aussi: Jumeaux : Comprendre et Anticiper
Hygiène de Vie
- 0 alcool, 0 tabac, 0 stress et beaucoup de sommeil !
- L’alcool et la cigarette sont mauvais pour la fertilité, pour les hommes comme pour les femmes. Une consommation élevée de nicotine peut en outre augmenter le risque de fausse couche.
- Plus facile à dire qu’à faire : éviter le stress. Entre le travail et le ou les enfants si vous en avez déjà, c’est souvent compliqué. Dans tous les cas, essayez de dormir suffisamment. La pratique régulière d’un sport aide également à réduire les effets négatifs du stress, tout en améliorant le sommeil. Accordez-vous autant que possible une petite sieste à deux.
Booster sa Fertilité : Conseils Supplémentaires
Dès que le projet d’enfant est là, les couples souhaitent le concrétiser au plus vite. C'est normal ! Il faut pourtant compter avec certains facteurs, positifs comme négatifs, sur lesquels on peut jouer pour améliorer sa fertilité.
- Connaître son Cycle Menstruel: La femme n'est pas fécondable à tout moment de son cycle menstruel. Ce dernier dure en moyenne 28 jours, mais peut varier de 25 à 35 jours selon les femmes. Le premier jour du cycle correspond au premier jour des règles. Dans un cycle normal, l'ovulation se produit vers le 13e ou le 14e jour. Vers le 21e jour si le cycle dure 35 jours. Réaliser une courbe de température sur plusieurs mois est un bon moyen d'y voir plus clair. La température corporelle monte au-dessus des 37 °C au lendemain de l'ovulation.
- Alimentation: Près d'un tiers des femmes en âge de procréer manque de vitamine B9 (acide folique). Or, cette vitamine est essentielle au bon développement du fœtus dès les quatre premières semaines de vie. Selon les recommandations officielles, une femme désirant un enfant recevra une supplémentation systématique en acide folique, à prendre 4 à 8 semaines avant tout essai de conception. À poursuivre durant le premier trimestre de grossesse. La déficience en vitamine B12 pourrait altérer la fertilité chez la femme. Les testicules fabriquent des spermatozoïdes, de la puberté jusqu’à la fin de la vie. Le lycopène est un antioxydant qui peut augmenter le nombre de spermatozoïdes normaux, améliorer leur mobilité, et réduire le nombre d’anormaux. On le trouve dans les tomates, crues ou cuites. Le bêtacarotène des carottes ou la lutéine de la laitue ont des effets similaires.
- Mode de Vie: Diminution du nombre de spermatozoïdes et d’ovules, perturbation du cycle menstruel : le tabac est l’ennemi de la fertilité. Les perturbateurs endocriniens altèrent le fonctionnement des hormones. De très nombreux objets du quotidien (emballages alimentaires, vernis, laques…) contiennent ainsi des phtalates, principaux perturbateurs endocriniens. Un surpoids important ou une obésité perturbent le cycle ovarien. Quant aux hommes, des chercheurs américains ont constaté que plus ils étaient lourds, plus ils risquaient d’avoir moins de spermatozoïdes. Le paracétamol et l’aspirine à haute dose pourraient réduire le niveau de testostérone, hormone clé dans la production du sperme. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, sont à éviter chez la femme pendant la période d’ovulation.
L'alimentation au service du cycle menstruel
L’alimentation est au cœur du bien-être menstruel, coude à coude avec la gestion du stress. Il y a trois grandes raisons à cela :
- Les hormones sont essentiellement fabriquées à partir de protéines. Tout comme le fait de ne pas consommer des vitamines, des minéraux et des oligo-éléments en quantité suffisante, car ces derniers participent aux réactions chimiques et cellulaires de l’organisme.
- Le cycle menstruel est connecté aux autres fonctions du corps : la glycémie peut modifier la testostérone, qui elle-même peut inhiber l’ovulation.
- Notre corps neutralise et élimine au fur et à mesure les hormones qu’il a utilisées : le foie, les intestins et les reins sont chargés de cette mission cruciale. En outre, le côlon permet d’ajuster les niveaux hormonaux, soit en quelque sorte, de capturer les hormones en fin de course pour les remettre en circulation.
Quelle alimentation pour chaque phase du cycle menstruel ?
Après les règles où le corps a perdu beaucoup de nutriments, l’organisme a besoin de retrouver de l’énergie ainsi que des matières premières pour la fabrication des hormones. S’il subsiste de la fatigue, notamment lorsque les œstrogènes ont du mal à être sécrétés, on risquera davantage de se tourner vers les excitants.
Alors que le corps poursuit son travail d’élimination des œstrogènes, la progestérone commence à être sécrétée. De nombreuses femmes sont en carences de cette hormone et éprouvent chaque mois un syndrome prémenstruel : irritabilité, fatigue intense, constipation, acné, tension dans les seins, fringales et même dans certains cas, une profonde déprime avec des pensées noires. Le premier ennemi de la progestérone est le stress chronique et notamment l’hormone cortisol, qui aide le corps à s’adapter au stress. Le problème est que le cortisol et la progestérone dérivent tous les deux d’une même hormone : la prégnénolone, et que celle-ci est sécrétée en quantité limitée. Le corps fait donc, en quelque sorte, un choix : s’il doit sécréter du cortisol pour notre propre survie, alors il sécrétera moins de progestérone au détriment de notre fertilité et notre bien-être général. Ce phénomène a pour effet de rendre les récepteurs moins sensibles à l’œstrogène.
Après l’ovulation et jusqu’aux menstruations, on veillera à consommer des protéines et des féculents à index glycémique bas tels que les céréales complètes, les légumineuses et les noix oléagineuses. En effet, après l’ovulation, le métabolisme a besoin de 80 à 280 calories (de qualité !) supplémentaires par jour. C’est, en moyenne, l’équivalent de 3 œufs ou d’un bol de haricots rouges sur la journée.
Lire aussi: Enceinte Tout Est Possible
Le début de la phase menstruelle peut être marqué par une inflammation de l’organisme : c’est d’ailleurs cette réaction inflammatoire qui permet à l’utérus de se contracter. Mais en cas de réaction disproportionnée, la femme va éprouver des symptômes pour le moins inconfortables : douleurs menstruelles, migraines et diarrhées.Concernant les besoins nutritionnels, ils restent élevés pendant les règles mais de nombreuses femmes ont moins d’appétit. En règle générale, il vaut mieux opter pour des repas riches en nutriments mais faciles à digérer.
Les nutriments et aliments à favoriser en phase menstruelle :
- Le magnésium, qui favorise la relaxation musculaire et aide à réduire les douleurs menstruelles : sardines, cacao amer, amandes, noisettes, noix du Brésil, noix de cajou, graines de tournesol, bigorneau et autres fruits de mer, germe de blé, levure maltée, sarrasin, banane, légumes vert foncé,
- Le potassium, également pour réduire les crampes menstruelles : tofu, banane, abricot sec, figue sèche, raisin sec, pistache, légumineuses, châtaigne, épinards, artichaut, avocat,
- Les aromates, pour leurs vertus digestives et antispasmodiques : basilic, estragon, cumin, menthe, coriandre, romarin, carvi, gingembre,
- Les aliments naturellement anti-inflammatoires : ananas, papaye, raisin, grenade, céleri, betterave crue, choux et légumes verts feuilles,
- Les soupes cuisinées maison et les jus de légumes : ils favorisent le repos digestif et permettent de faire le plein de nutriment rapidement, et surtout lorsque la femme a peu d’appétit,
- Le chocolat noir : il satisfait généralement les envies de petites douceurs et apporte du magnésium et de quoi soutenir les hormones du bien-être.
Quand consulter un médecin ?
Si les stratégies naturelles ne donnent pas les résultats escomptés, il est important de consulter un médecin. En cas de troubles de l'ovulation ou de difficultés à concevoir, il est possible d'avoir recours à des traitements pour augmenter les chances de tomber enceinte.
Traitements Médicamenteux pour Stimuler l'Ovulation
Les médicaments inducteurs de l'ovulation ont pour but de stimuler l'ovulation chez les personnes qui ont difficulté à concevoir. Ils peuvent être prescrits isolément, dans le cadre d'une insémination artificielle ou d'une fécondation in vitro. Ils doivent être délivrés par des médecins habitués à les utiliser afin d'obtenir une efficacité maximale et de limiter l'apparition d'effets secondaires. Ils nécessitent une surveillance afin de vérifier leur efficacité, de déterminer la date de l'ovulation et d'adapter le traitement.
Les principaux médicaments sont :
- Clomid: Un traitement oral à prendre quotidiennement pendant 5 jours par cycle, débutant entre le 2e et le 5e jour après le premier jour des règles.
- Gonadotrophines: Des injections d'hormones agissant sur les ovaires pour permettre la maturation des follicules, prescrites sous la forme d'une injection quotidienne à réaliser entre le 2e et le 5e jour après le début du cycle.
tags: #relancer #ovulation #naturellement