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Hausse inquiétante des infections graves à Escherichia coli chez le nourrisson : Traitements et Prévention

Depuis le début de l'année 2022, les autorités de santé publique ont observé une augmentation du nombre de cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU), conséquence d’une infection grave à la bactérie Escherichia coli chez l’enfant. Le SHU représente chez l’enfant de moins de trois ans la première cause d’insuffisance rénale aiguë. La bactérie responsable de l’infection est un sous-type de la bactérie Escherichia coli, qui sécrète des toxines particulières, les shigatoxines. Cet article a pour but d'informer sur les infections à Escherichia coli chez le nourrisson, leurs traitements, et les mesures préventives à adopter.

Comprendre Escherichia coli et les Infections Urinaires Infantiles

Les infections des voies urinaires chez l’enfant et le bébé sont dues à une bactérie. Dans plus de 80% des cas, il s’agit d’Escherichia Coli, une bactérie très courante. La majorité des infections urinaires chez l’enfant sont causées par des bactéries issues du tube digestif. La plus fréquente, Escherichia coli (E. coli), est en cause dans environ 85 à 90% des cas. Cette bactérie peut facilement migrer de la zone anale vers l’urètre, surtout si l’hygiène périnéale est inadaptée.

Les bactéries remontent dans les voies urinaires jusqu’à la vessie ou, dans certains cas, jusqu’au rein. Une infection urinaire se produit lorsque des bactéries colonisent les voies urinaires. Elle peut rester basse (cystite) ou remonter aux reins (pyélonéphrite). L’infection urinaire, c’est une affection très courante chez les bébés et les enfants. Tous les petits garçons et les petites filles peuvent en attraper un jour ou l’autre. Et ça se soigne très bien.

Après 36 mois, les signes deviennent plus typiques : douleurs ou brûlures en urinant, envies fréquentes d’uriner, urines qui sentent fort ou sont colorées, douleurs abdominales ou lombaires. Chez les tout-petits, le langage limité et les signes peu spécifiques (pleurs, agitation, refus de manger) retardent souvent le diagnostic.

Hausse Inquiétante des Infections Graves à E. coli

Habituellement, entre 100 et 165 enfants sont touchés chaque année en France par un SHU lié à une infection par E. coli. Mais depuis le début du mois de février 2022, le nombre de cas semble connaître une hausse inhabituelle et pour l’instant inexpliquée. A la date du 24 février 2022, 13 cas avaient été recensés dans cinq régions françaises (Nouvelle Aquitaine, Hauts-de-France, Ile de France, Bretagne et Pays de la Loire). Parmi les 13 enfants touchés, un enfant est décédé des complications du SHU. Face à cette tendance, les autorités de santé publique ont lancé des investigations sur les 31 cas de SHU survenus depuis le début de l’année 2022 en France. Une étude microbiologique sur les souches d’E.

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Identification et Diagnostic de l'Infection Urinaire chez le Nourrisson

Il est crucial de savoir identifier les symptômes d'une infection urinaire chez le nourrisson, car ils peuvent être différents de ceux observés chez les enfants plus âgés.

  • Symptômes chez le nourrisson : Les bébés ne peuvent pas parler pour dire où ils ont mal ! C’est pour ça que l’infection urinaire n’est pas toujours facile à diagnostiquer. Et avant 2 ans, les symptômes chez les bébés ne sont pas les mêmes que ceux des enfants plus grands. Mais souvent l’infection urinaire se découvre seulement au moment où apparaît une fièvre élevée, supérieure à 39°C. Chez un nourrisson de moins de 6 mois qui a de la fièvre, il n’y a pas à hésiter : consultez tout de suite un médecin.

  • Diagnostic : Après avoir ausculté votre enfant, le médecin va réaliser un test urinaire, pour savoir s’il existe bien une infection. Pour cela, il faut qu’il recueille ses urines. Dans le cas d’un enfant un peu plus grand, il pourra lui demander d’uriner dans un petit pot en plastique transparent, après lui avoir bien nettoyé la vulve ou le pénis. Si c’est un bébé ou un petit enfant, il introduira une toute petite sonde directement dans l’urètre, le canal qui conduit à la vessie. Il mettra alors une bandelette de test au contact de l’urine. En quelques minutes le résultat sera là. Si l’infection urinaire est confirmée, l’urine de votre enfant sera analysée en laboratoire afin de connaître la bactérie responsable de l’infection. On appelle cela un ECBU (examen cytobactériologique des urines).

    Les bandelettes urinaires permettent un premier dépistage rapide, mais ne suffisent pas pour poser un diagnostic. À condition que le recueil des urines soit effectué dans les mêmes conditions que l'ECBU, les bandelettes ont une valeur prédictive négative de 97 % si l'on considère à la fois la négativité des leucocytes et des nitrites (si bandelette négative), l'ECBU est alors inutile. En revanche, si le résultat est positif ou discordant (leucocytes+ et nitrites-, ou l'inverse), un ECBU est réalisé. Après 3 mois, ce test présente un intérêt évident en cas de fièvre isolée. Avant 3 mois, la valeur prédictive négative est insuffisante, un ECBU est nécessaire.

Traitement des Infections à Escherichia coli chez le Nourrisson

La prise en charge rapide et adaptée est essentielle pour éviter les complications.

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  • Antibiothérapie : Sans attendre les résultats de l’ECBU, le médecin prescrira une antibiothérapie probabiliste en utilisant un antibiotique actif sur la plupart des germes urinaires. Pour l’enfant atteint, le premier traitement de l’infection urinaire sera antibiotique, quel que soit son âge. En fonction des résultats de l’ECBU, l’analyse d’urine, le médecin choisira un ou plusieurs médicaments antibiotiques adaptés.

  • Hospitalisation : Si l’enfant n’est encore qu’un nourrisson (moins de 3 mois), il pourra être hospitalisé quelques jours pour rester sous surveillance et recevoir un traitement par perfusion. L’hospitalisation du bébé pour cause d’infection urinaire : si votre bébé a moins de 3 mois, si c’est encore un nourrisson, il sera sans doute hospitalisé quelques jours en cas de cystite.

  • Examens complémentaires : L’analyse d’urine a montré que votre bébé ou votre enfant souffre d’une infection des voies urinaires ? La première chose que va faire le médecin, bien sûr, c’est de lui donner un traitement. Mais si votre bébé a moins de 3 ans, il prescrira sans doute aussi une échographie ainsi que d’autres examens d’imagerie médicale. En effet, à cet âge, il y a souvent des petites malformations du système urinaire.

  • Reflux vésico-urétéral (RVU) : Si on découvre à l’échographie et aux examens d’imagerie que votre enfant est atteint d’un RVU, il sera surveillé régulièrement pendant sa croissance. Souvent, le médecin lui prescrira un traitement antibiotique de longue durée. La plupart des RVU guérissent en quelques mois ou quelques années avec ce traitement. Le RVU, ou reflux vésico-urétéral, correspond à un reflux anormal de l’urine de la vessie vers les uretères, voire jusqu’aux reins. Ce mécanisme favorise la remontée des bactéries vers les reins, augmentant le risque de pyélonéphrite. Il est identifié chez environ 30 à 40% des enfants souffrant d’infections urinaires récidivantes.

Quand s'inquiéter et consulter un spécialiste

Il est important de savoir reconnaître les signes d'alerte qui nécessitent une consultation médicale rapide.

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  • Signes d'alerte : Votre enfant, fille ou garçon, ressent certains de ces symptômes ? Prenez rendez-vous avec votre médecin. Si votre enfant a de la fièvre en plus des symptômes de l’infection urinaire, cela peut signifier que l’infection est remontée jusqu’aux reins. Souvent alors les symptômes sont plus marqués : votre enfant ne se sent pas bien, il a des frissons, mal sur le côté ou dans le milieu du dos. Dans ce cas précis, il faut une consultation médicale en urgence. Il s’agit sans doute d’une pyélonéphrite, une complication de l’infection urinaire.

  • Infections répétées : Lorsque les infections urinaires deviennent répétées (au moins deux épisodes fébriles ou trois épisodes au total), une consultation avec un urologue pédiatrique est fortement recommandée.

Prévention des Infections Urinaires chez le Nourrisson

La prévention joue un rôle crucial pour réduire le risque d'infections urinaires chez les nourrissons.

  • Hygiène périnéale : La plus fréquente, Escherichia coli (E. coli), est en cause dans environ 85 à 90% des cas. Cette bactérie peut facilement migrer de la zone anale vers l’urètre, surtout si l’hygiène périnéale est inadaptée.

  • Hydratation : Assurer une hydratation suffisante peut aider à prévenir les infections urinaires.

Résistance aux Antibiotiques et Alternatives Thérapeutiques

La résistance des bactéries aux antibiotiques est un problème de santé publique majeur.

  • Bêtalactamases à spectre étendu (BLSE) : La résistance des bactéries aux bêtalactamines peut être due, entre autre, à l'inactivation enzymatique par des bêtalactamases appelées « bêtalactamases à spectre étendu » (BLSE). Les entérobactéries sécrétrices de BLSE sont nombreuses (plus de 250) et représentent un problème majeur de santé publique.

  • Traitements probabilistes en cas d'infection grave à risque d'EBLSE : Les traitements probabilistes recommandés en cas d'infection grave à risque d'EBLSE, a fortiori en cas de choc septique, sont carbapénem (imipénem ou méropénem) + amikacine, ou en cas d'allergie aux carbapénèmes : aztréonam + amikacine.

Examens d'imagerie et suivi

L'imagerie médicale peut être nécessaire dans certains cas pour évaluer les complications ou les anomalies.

  • Echographie rénale : En cas de pyélonéphrite ou d’infections récidivantes, une échographie rénale est nécessaire pour détecter une éventuelle anomalie anatomique.

  • Cystographie rétrograde : L'indication de la cystographie rétrograde pour objectiver un reflux pourrait se limiter aux situations suivantes : rein unique, anomalies rénales échographiques, récidive de PNA, situations dans lesquelles l'antibioprophylaxie ou la chirurgie présentent un réel bénéfice.

Infections urinaires récidivantes

Lorsque les infections urinaires deviennent répétées (au moins deux épisodes fébriles ou trois épisodes au total), une consultation avec un urologue pédiatrique est fortement recommandée.

Le risque du portage d'EBLSE est majoré par de nombreux facteurs tels que : prise d'antibiotiques dans les 3 mois précédents ; séjours récents (dans les 3 mois précédents) dans des zones de forte prévalence (sous-continent indien, l'Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, le Bassin méditerranéen ou en Europe (Grèce et Italie) ; une hospitalisation dans une structure de long séjour ou en réanimation dans les 3 mois précédents ; la présence d'une sonde à demeure ; des infections urinaires récidivantes.

Traitements Naturels et Erreurs à Éviter

Il est important de noter qu'il n'existe pas de traitement naturel prouvé pour les infections urinaires chez le nourrisson.

  • Pas de traitement naturel : Il n’existe pas de traitement naturel à l’infection urinaire chez le bébé, une consultation chez le médecin est nécessaire pour soulager rapidement les inconforts de votre enfant. Il n'existe pas de traitement naturel à l’infection urinaire chez un bébé. N’utilisez surtout pas d’huiles essentielles, elles sont toxiques avant 36 mois.

  • Erreurs à éviter : Non. Le risque de complication rénale est trop élevé. Consultez un pédiatre.

Infections Urinaires et Adolescents

L’infection urinaire peut se manifester à tous les âges de la vie. Les symptômes de l’infection urinaire en sont les mêmes, que l’on soit un jeune garçon de 12 ans, une jeune fille de 16 ans, un adolescent ou un adulte. Chez les jeunes femmes, l’explication est bactérienne : lors d’un nouveau rapport sexuel, le corps peut être mis en contact avec des bactéries qu’il ne connaît pas. Si la bactérie remonte dans les urines, le corps saura donc moins bien se défendre. On parle d’ailleurs d’infection urinaire « de la lune de miel ». Chez les adolescents garçons, les cystites sont rares, on parlera plutôt d’urétrite aiguë provoquée par des germes sexuellement transmissibles comme le gonocoque ou la chlamydiae.

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