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Escherichia coli et fausse couche : Comprendre le lien et les risques pendant la grossesse

Pendant la grossesse, le corps d'une femme subit de nombreux changements, notamment un affaiblissement du système immunitaire. Cette vulnérabilité accrue rend les femmes enceintes plus susceptibles aux infections, en particulier les infections urinaires. Parmi les agents pathogènes les plus fréquemment impliqués dans ces infections, on retrouve la bactérie Escherichia coli (E. coli). Cet article vise à explorer le lien entre Escherichia coli, les infections urinaires et le risque de fausse couche, tout en fournissant des informations essentielles sur la détection, les risques et la prise en charge de ces infections pendant la grossesse.

Infections urinaires et grossesse : un risque accru

La grossesse entraîne des modifications physiologiques qui augmentent le risque d'infections urinaires. Dans environ 95 % des cas, ces infections sont causées par une contamination bactérienne des voies urinaires. La cystite, une inflammation de la vessie, est une pathologie fréquente pendant la grossesse, et dans 90 % des cas, elle est due à la bactérie Escherichia coli (E. coli).

Comment survient l'infection ?

La bactérie E. coli, présente naturellement dans l'intestin, peut migrer vers la région anale et pénétrer dans l'urètre, le canal qui transporte l'urine de la vessie vers l'extérieur. Une fois dans l'urètre, la bactérie peut remonter vers la vessie et provoquer une infection.

Facteurs de risque spécifiques à la grossesse

Plusieurs facteurs liés à la grossesse favorisent la survenue d'infections urinaires :

  • Pression sur la vessie : L'utérus en croissance exerce une pression sur la vessie, ce qui entraîne des envies d'uriner plus fréquentes et peut empêcher une vidange complète de la vessie.
  • Augmentation du taux de progestérone : Cette hormone, essentielle au maintien de la grossesse, peut également entraîner un relâchement des muscles de la vessie, ce qui entrave sa vidange complète.
  • Stase urinaire : La combinaison de la pression sur la vessie et du relâchement musculaire favorise la stase urinaire, c'est-à-dire la stagnation de l'urine dans la vessie, ce qui crée un environnement propice à la prolifération bactérienne.

Détection et symptômes des infections urinaires pendant la grossesse

Il est crucial de détecter rapidement les infections urinaires pendant la grossesse afin de prévenir les complications.

Lire aussi: Symptômes et traitement d'E. Coli chez l'enfant

Symptômes courants

Les symptômes d'une infection urinaire peuvent varier d'une femme à l'autre, mais les signes les plus fréquents sont les suivants :

  • Douleurs ou sensations de brûlure lors de la miction
  • Envies fréquentes d'uriner, même lorsque la vessie est vide
  • Besoin urgent d'uriner
  • Présence de sang dans l'urine (hématurie)
  • Douleurs ou pesanteur dans le bas-ventre
  • Mauvaise odeur des urines

Infections asymptomatiques

Dans certains cas, une femme enceinte peut avoir une infection urinaire sans ressentir aucun symptôme. C'est pourquoi des tests d'urine réguliers sont effectués pendant la grossesse pour dépister les infections asymptomatiques. Ces tests permettent de détecter la présence de globules blancs et de nitrites dans l'urine, qui sont des indicateurs d'infection. Les tests par bandelette urinaire sont faciles à faire, en particulier par la patiente elle-même. Ils dépistent la présence d'une augmentation dans les urines de globules blancs et de nitrites, témoin de la présence d'une infection urinaire.

Quand consulter ?

Il est important de consulter immédiatement un professionnel de santé en cas d'apparition de symptômes ou si vous avez le moindre doute d'avoir une infection urinaire au cours de votre grossesse. La présence de fièvre peut indiquer une infection urinaire plus sévère, nécessitant une prise en charge rapide.

Risques et complications des infections urinaires pendant la grossesse

Si elles sont traitées rapidement, les cystites sont généralement bénignes pour le futur bébé. Cependant, si l'infection n'est pas traitée, elle peut se propager et entraîner des complications plus graves.

Pyélonéphrite

Dans de rares cas, l'infection bactérienne peut remonter jusqu'aux reins et se transformer en pyélonéphrite, une infection rénale grave. La pyélonéphrite se manifeste par de la fièvre, des douleurs lombaires et abdominales, et nécessite une hospitalisation pour un traitement antibiotique par voie intraveineuse.

Lire aussi: Prévention E. coli nourrisson

Risque de fausse couche et d'accouchement prématuré

Certaines études ont suggéré un lien entre les infections vaginales bactériennes et un risque accru de fausse couche en début de grossesse. De plus, les infections urinaires non traitées peuvent augmenter le risque d'accouchement prématuré et de retard de croissance intra-utérin. D'un point de vue physiopathologique, cette morbidité pourrait s’expliquer par l’association à une endométrite infraclinique qui pertuberait l’implantation ou le développement de l’embryon ou du fœtus.

Traitement des infections urinaires pendant la grossesse

Le traitement des infections urinaires pendant la grossesse est essentiel pour prévenir les complications et assurer la santé de la mère et du bébé.

Antibiotiques

Le traitement de référence des infections urinaires pendant la grossesse repose sur la prise d'antibiotiques. Le médecin prescrira un antibiotique approprié en fonction du type de bactérie responsable de l'infection et de la sensibilité de cette bactérie aux différents antibiotiques (antibiogramme). Le traitement est mis en place rapidement après la pratique d'un examen bactériologique des urines (ECBU) sans attendre les résultats de celui-ci. En fonction des résultats de cet examen, l'antibiotique peut-être secondairement modifié, si il ne correspond pas à la sensibilité du germe retrouvé. La durée du traitement peut varier d'une dose unique à plusieurs jours, selon la gravité de l'infection.

Clindamycine

Pour la première fois, une étude de grande envergure vient de prouver l’intérêt d’un traitement précoce. Il repose sur l’administration de Clindamycine par voie orale. Cet antibiotique présente une action anti-inflammatoire et bactéricide sur les mycoplasmes et les mobiluncus. Une étude a été effectuée sur un échantillon représentatif de 6000 femmes enceintes entre la 12ème et la 22ème semaine d’aménorrhée. 8% de ces prélèvement se sont révélés positifs (n=494). La moitié a bénéficié d’un traitement par Clindamycine pendant 5 jours (300 mg 2 fois par jour) et l’autre moitié a reçu un placebo. Le nombre de fausses-couches et d’accouchements prématurés a été significativement abaissé chez les femmes traitées par rapport au groupe témoin (13 contre 38).

Mesures complémentaires

En plus des antibiotiques, certaines mesures complémentaires peuvent aider à soulager les symptômes et à prévenir les récidives d'infections urinaires :

Lire aussi: Risques des infections à E. Coli durant la grossesse

  • Boire beaucoup d'eau : Il est recommandé de boire au moins 2 litres d'eau par jour pour aider à éliminer les bactéries de la vessie.
  • Acidifier l'urine : La consommation de jus de canneberge ou d'eau citronnée peut aider à acidifier l'urine, ce qui rend l'environnement moins favorable à la prolifération bactérienne. On peut augmenter le pouvoir bactériostatique des urines en acidifiant celles-ci par exemple par de l'eau citronnée. Le jus de cranberries est aussi indiqué.
  • Bonne hygiène : Il est important de s'essuyer de l'avant vers l'arrière après être allé à la selle pour éviter de propager les bactéries de l'anus vers l'urètre. Il faut alors penser à s'essuyer après les selles d'avant vers l'arrière. Il faut aussi aller uriner après les rapports.
  • Mictions fréquentes : Il est conseillé d'uriner fréquemment pour éviter la stase urinaire. La stase urinaire peut aussi être évitée en allant fréquemment uriner.
  • Éviter les produits irritants : Il est préférable d'éviter les douches vaginales et les savons parfumés, car ils peuvent perturber la flore vaginale et favoriser la prolifération de bactéries pathogènes. Il faut aussi éviter les traitements agressifs pour la flore vaginale comme des toilettes vaginales avec des savons trop agressifs. Une flore vaginale normale évite la prolifération de germes opportunistes qui pourraient remonter du vagin dans la vessie du fait d'un urètre court chez la femme et de la proximité de l'anus, du vagin et de l'orifice urétral

Prévention des infections urinaires pendant la grossesse

La prévention des infections urinaires est essentielle pendant la grossesse. Voici quelques conseils pour réduire le risque d'infection :

  • Boire beaucoup d'eau (au moins 2 litres par jour).
  • Uriner fréquemment et ne pas se retenir.
  • S'essuyer de l'avant vers l'arrière après être allé à la selle.
  • Uriner après les rapports sexuels.
  • Éviter les douches vaginales et les savons parfumés.
  • Porter des sous-vêtements en coton et éviter les vêtements trop serrés.

Autres infections et risques pendant la grossesse

Outre les infections urinaires à Escherichia coli, d'autres infections peuvent survenir pendant la grossesse et avoir des conséquences graves pour la mère et l'enfant. Certaines infections survenant au cours de la grossesse peuvent être transmises de la mère à l’embryon (avant 20 SA [semaine d’aménorrhée] avec risque de malformations), au foetus (pendant la grossesse, infections congénitales) ou au nouveau-né (au cours de l’accouchement ou du maternage/allaitement maternel, infections néonatales). Les conséquences sur l’enfant sont plus ou moins importantes en fonction de l’âge gestationnel de celui-ci, ou sur l’issue de la grossesse (fausses couches, naissances prématurées).

Infections bactériennes

  • Streptococcus agalactiae (streptocoque bêta-hémolytique du groupe B) : Cette bactérie peut provoquer des infections graves chez le nouveau-né, telles que la septicémie, la pneumonie et la méningite.
  • Listeria monocytogenes : Cette bactérie est responsable de la listériose, une infection alimentaire qui peut entraîner une fausse couche, un accouchement prématuré ou une infection grave chez le nouveau-né.
  • Treponema pallidum : Cette bactérie est responsable de la syphilis, une infection sexuellement transmissible qui peut provoquer des malformations congénitales, une fausse couche ou la mort fœtale.
  • Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae : Ces bactéries sont responsables d'infections sexuellement transmissibles qui peuvent provoquer une conjonctivite ou une pneumonie chez le nouveau-né.

Infections virales

  • Herpès simplex virus (HSV) : Ce virus peut provoquer une infection grave chez le nouveau-né, telle que l'encéphalite ou une infection disséminée.
  • Virus de l'immunodéficience humaine (HIV) : Ce virus peut être transmis de la mère à l'enfant pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement.
  • Virus de l'hépatite B (HBV) : Ce virus peut être transmis de la mère à l'enfant pendant l'accouchement.
  • Papillomavirus (HPV) : Ce virus peut provoquer des verrues génitales chez la mère et des papillomes laryngés chez le nouveau-né.
  • Virus de la rubéole : Ce virus peut provoquer des malformations congénitales graves si la mère est infectée pendant le premier trimestre de la grossesse.
  • Cytomégalovirus (CMV) : Ce virus est la cause la plus fréquente d'infections congénitales. Il peut provoquer une perte auditive, un retard mental ou des troubles de la vision chez l'enfant.
  • Virus de la varicelle : Ce virus peut provoquer une varicelle congénitale si la mère est infectée pendant la grossesse.
  • Parvovirus B19 : Ce virus peut provoquer une anémie sévère chez le fœtus et entraîner une fausse couche ou la mort fœtale.
  • Virus Zika : Ce virus peut provoquer une microcéphalie chez le fœtus si la mère est infectée pendant la grossesse.

Toxoplasmose

La toxoplasmose est une infection parasitaire qui peut être transmise à l'enfant pendant la grossesse. Dans la plupart des cas, la toxoplasmose ne provoque aucun symptôme chez la mère, mais elle peut entraîner des complications graves chez le fœtus, telles que des lésions cérébrales, des problèmes de vision ou une fausse couche. Lors de la grossesse, 80 % des toxoplasmoses n’entraînent aucun symptôme chez la femme enceinte. Le diagnostic est posé lors d’un dépistage sérologique, c’est pour cela que dès le début de la grossesse, la future maman doit réaliser une prise de sang. Cela lui permettra de savoir si elle est immunisée contre la toxoplasmose. Elle peut entraîner de nombreuses complications pour le fœtus. la choriorétinite qui est une inflammation de la choroïde associée à une atteinte de la rétine. Elle se déclare après la naissance de l’enfant, ou durant l’adolescence ou l’âge adulte. Dans environ 25 % des cas, l’atteinte oculaire secondaire est possible tout au long de la vie.

Pour les maîtresses de chats ou chiens, il faut éviter de nettoyer sa litière soi-même ou le faire avec des gants et bien se laver les mains après.

Listériose

Bactérie Listéria : comment savoir si on a la listériose enceinte ? Les symptômes les plus courants sont ceux d’une gastro-entérite fébrile qui se déclare entre 24 et 36 heures après avoir ingéré un aliment fortement contaminé ainsi que ceux d’une grippe (fièvres et douleurs généralisées). Cette infection est banale, sauf pour les futures mamans.

Voies de contamination

Il existe deux voies principales de contamination de l’enfant lors de la grossesse :

  • la voie hématogène ou transplacentaire, avec transmission in utero ou par échanges sanguins, en particulier lors du travail. Elle conduit principalement à des infections de l’embryon ou du fœtus ;
  • la voie vaginale, descendante avec contamination lors du passage dans la filière génitale maternelle pendant l’accouchement, ou ascendante lors de la rupture prématurée des membranes (RPM), autrement dit la poche des eaux (chorioamniotite).

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