La bactérie Escherichia coli (E. coli) est un habitant naturel du tube digestif de l'homme et des animaux à sang chaud. Bien que la majorité des souches soient inoffensives, certaines peuvent provoquer des infections, en particulier chez les enfants. Cet article aborde les symptômes, les traitements et les mesures de prévention liés aux infections à E. coli chez l'enfant, en mettant l'accent sur le syndrome hémolytique et urémique (SHU), une complication grave.
Qu'est-ce que la bactérie E. coli ?
L'Escherichia coli (E. coli) est une bactérie naturellement présente dans la flore intestinale. Cependant, certaines souches ont acquis des gènes qui favorisent les infections intestinales. En outre, toutes les souches d’Escherichia coli sont pathogènes lorsqu’elles envahissent les sites sains comme les voies urinaires. Les E. coli responsables du SHU sont présentes dans les intestins de nombreux animaux ruminants (vaches, veaux, chèvres, moutons, daims, etc.) et sont éliminées par les excréments qui peuvent alors contaminer l’environnement (eaux, fumiers, sols) et les aliments.
Infections à E. coli chez l'enfant : les différentes formes
Les infections à E. coli sont très fréquentes et peuvent toucher n’importe qui. Bien souvent, les infections à E. coli sont localisées au niveau des voies intestinales ou urinaires. Ces infections sont plus ou moins sévères en fonction du profil du patient (âge, état de santé…) et des souches en cause.Les infections intestinales à E. coli sont liées à l’ingestion de souches pathogènes. Il peut s’agir d’une intoxication par consommation d’aliments ou d’eaux souillées (intoxication alimentaire, tourista du voyageur….). En France, les aliments les plus souvent mis en cause lors d’épidémies d’infections à E.coli sont les steaks hachés, consommés crus ou insuffisamment cuits, et les fromages au lait cru.Il peut aussi s’agir d’une contamination par l’intermédiaire des mains portées à la bouche (notamment chez l’enfant).
La grande majorité des infections urinaires est due à E. coli. L’infection urinaire est liée à l’intrusion de la bactérie par l’extrémité inférieure des voies urinaires : le méat urétral externe, qui se trouve chez les hommes à l’extrémité du pénis et chez les femmes au niveau de la vulve. L’infection se développe ensuite par voie ascendante à travers l’urètre jusqu’à la vessie, et parfois jusqu’aux reins. Une infection urinaire à E. coli peut être due à un manque d’hygiène corporelle. Il est prépondérant de s’essuyer de l’avant vers l’arrière (et non l’inverse) après la selle (cette méthode est considérée comme la plus sûre, parce que vous éloignez les matières fécales des voies urinaires).
D’autres souches sont susceptibles d’entraîner une infection extra-intestinale si les barrières intestinales sont rompues (par exemple par une ischémie, une maladie intestinale inflammatoire ou MICI ou par un traumatisme). Dans ce cas, le germe peut se propager aux structures adjacentes ou envahir le sang. Des infections hépatobiliaires, péritonéales, cutanées et pulmonaires sont également possibles. Une bactériémie à E. coli (présence de bactéries dans le sang) peut également se manifester sans point de pénétration évident.
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Les symptômes d'une infection à E. coli chez l'enfant
Les symptômes d'une infection à E. coli varient en fonction du type d'infection et de la souche bactérienne impliquée.
Infections intestinales
Les infections intestinales à E. coli peuvent provoquer :
- Douleurs abdominales
- Diarrhées, parfois sanglantes (colites hémorragiques)
- Vomissements
- Fièvre
Les symptômes apparaissent généralement entre 3 et 8 jours après l'infection.
Infections urinaires
Chez l’enfant, après 36 mois, les signes deviennent plus typiques : douleurs ou brûlures en urinant, envies fréquentes d’uriner, urines qui sentent fort ou sont colorées, douleurs abdominales ou lombaires. Chez les tout-petits, le langage limité et les signes peu spécifiques (pleurs, agitation, refus de manger) retardent souvent le diagnostic.
Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU)
Le SHU est une complication grave qui peut survenir après une infection à E. coli productrice de Shiga-toxines (STEC). Les symptômes du SHU incluent :
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- Grande fatigue
- Pâleur
- Diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées
- Parfois, des convulsions
Le SHU peut entraîner une insuffisance rénale aiguë et nécessite une prise en charge hospitalière rapide.
Syndrome hémolytique et urémique (SHU)
Le syndrome hémolytique et urémique (SHU) seconde une infection à Escherichia coli producteurs de Shiga-toxines (STEC). Cette complication, rare mais grave, affecte essentiellement le rein et survient dans 5 à 8% des cas. Le risque de développer un SHU est plus élevé aux âges extrêmes de la vie, notamment chez le jeune enfant. Chaque année, environ 160 enfants sont atteints de SHU. L’infection se manifeste dans les 3-4 jours après la contamination (10 jours maximum), par de la diarrhée souvent accompagnée de sang, de douleurs abdominales et parfois de vomissements qui peuvent évoluer, après une semaine environ, vers le SHU chez 5 à 8 % des cas. Les personnes atteintes de SHU, en particulier les enfants, présentent alors des signes de grande fatigue, de pâleur, une diminution du volume des urines, qui deviennent plus foncées, et parfois des convulsions. La prise en charge à l’hôpital peut comporter, entre autres, des transfusions sanguines et/ou des dialyses. Il faut donc consulter immédiatement un médecin en cas de symptômes évocateurs.
Diagnostic
En cas d’infection urinaire, le diagnostic peut être établi par le médecin par un premier test au moyen d’une bandelette urinaire. Si une bactérie est identifiée à l’issue de ces examens, une étude de sa sensibilité à différents antibiotiques (antibiogramme) est réalisée. Pour détecter la bactérie E.coli, le meilleur moyen est une analyse des selles du patient en laboratoire.
Traitement
Le traitement des infections à E. coli dépend de la localisation et de la gravité de l'infection.
Gastro-entérite
En cas de gastro-entérite ou d’intoxication alimentaire le traitement est généralement symptomatique (repos, alimentation sans fibre, réhydratation, prise de pansements digestifs de probiotiques et d’antipyrétiques en cas de fièvre…). En cas de symptômes aigus, l’antibiothérapie peut être envisagée.
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Infections urinaires
L’infection urinaire n’est pas une maladie grave mais elle doit être traitée rapidement pour éviter les complications. Elle sera généralement traitée via antibiotiques. Si l’enfant n’est encore qu’un nourrisson (moins de 3 mois), il pourra être hospitalisé quelques jours pour rester sous surveillance et recevoir un traitement par perfusion. Il n’existe pas de traitement naturel à l’infection urinaire chez le bébé, une consultation chez le médecin est nécessaire pour soulager rapidement les inconforts de votre enfant.
Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU)
L’hospitalisation peut être nécessaire en cas de symptômes aigus. La prise en charge à l’hôpital peut comporter, entre autres, des transfusions sanguines et/ou des dialyses.
Antibiotiques
Différents antibiotiques peuvent être employés en cas d’infection à E.coli en fonction du siège de l’infection et de l’antibiogramme. La plupart des antibiotiques sont déconseillés pour traiter les infections à ECEH. En détruisant les bactéries, ces derniers entraînent la libération de Shiga-toxines dans l’organisme, ce qui peut aggraver le SHU. Cependant, des traitements à base de certains antibiotiques, comme l’azithromycine, n’entraînant pas le relargage de ces toxines sont en cours d’évaluation.
Prévention
La prévention des infections à E. coli repose sur des mesures d'hygiène rigoureuses et une consommation prudente d'aliments.
Hygiène
- Lavez-vous soigneusement les mains à l'eau et au savon avant de préparer les repas et après être allé aux toilettes.
- Apprenez aux enfants à se laver correctement les mains.
- Il est prépondérant de s’essuyer de l’avant vers l’arrière (et non l’inverse) après la selle (cette méthode est considérée comme la plus sûre, parce que vous éloignez les matières fécales des voies urinaires).
Alimentation
- Faites cuire la viande hachée à une température interne d'au moins 71°C.
- Évitez de consommer du lait cru et des produits laitiers non pasteurisés, surtout pour les enfants de moins de 5 ans (certains professionnels de santé recommandent même d'étendre cette limite à 10 ans).
- Lavez soigneusement les fruits et légumes crus.
- Ne donnez pas de viandes et poissons crus aux plus jeunes.
Autres mesures
- Vous pouvez aider à empêcher les autres de tomber malades en communiquant avec votre autorité de santé publique.
Infections urinaires chez l’enfant
Une infection urinaire se produit lorsque des bactéries colonisent les voies urinaires. Elle peut rester basse (cystite) ou remonter aux reins (pyélonéphrite). Les filles sont plus souvent concernées que les garçons, en raison de leur urètre plus court. A l’âge de 7 ans, 8% des petites filles et 2% des petits garçons auront déjà eu une infection urinaire. La majorité des infections urinaires chez l’enfant sont causées par des bactéries issues du tube digestif. La plus fréquente, Escherichia coli (E. coli), est en cause dans environ 85 à 90% des cas. Cette bactérie peut facilement migrer de la zone anale vers l’urètre, surtout si l’hygiène périnéale est inadaptée. Le RVU, ou reflux vésico-urétéral, correspond à un reflux anormal de l’urine de la vessie vers les uretères, voire jusqu’aux reins. Ce mécanisme favorise la remontée des bactéries vers les reins, augmentant le risque de pyélonéphrite. Il est identifié chez environ 30 à 40% des enfants souffrant d’infections urinaires récidivantes.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Votre enfant a de la fièvre sans cause apparente ? Il se plaint de douleurs en urinant ? Ces signes doivent éveiller votre vigilance. Lorsque les infections urinaires deviennent répétées (au moins deux épisodes fébriles ou trois épisodes au total), une consultation avec un urologue pédiatrique est fortement recommandée.
Hausse inquiétante des infections graves à Escherichia coli chez l’enfant
Depuis le début du mois de février 2022, les autorités de santé publique ont observé une augmentation du nombre de cas de syndrome hémolytique et urémique (SHU), conséquence d’une infection grave à la bactérie Escherichia coli chez l’enfant. Habituellement, entre 100 et 165 enfants sont touchés chaque année en France par un SHU lié à une infection par E. coli. Mais depuis le début du mois de février 2022, le nombre de cas semble connaître une hausse inhabituelle et pour l’instant inexpliquée.
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