Éric Zemmour, figure marquante de l'extrême droite française, a pris position sur des questions sociétales importantes, notamment la procréation médicalement assistée (PMA). Cet article examine en détail la position de Zemmour sur la PMA, en tenant compte de son opposition au mariage pour tous et de ses opinions sur les droits LGBT.
Opposition au mariage pour tous : un point de départ
L'opposition d'Éric Zemmour au mariage pour tous, adopté il y a dix ans, est un élément clé pour comprendre sa position sur la PMA. Lors d'un entretien avec BFMTV, en partenariat avec Le Parisien-Aujourd'hui en France, Zemmour a déclaré ne rien regretter de son opposition à cette loi, affirmant qu'elle constituait une étape vers la légalisation de la gestation pour autrui (GPA).
Pour Zemmour, le mariage est une institution qui doit être réservée à un homme et une femme. Il estime que la légalisation du mariage pour tous a « fracturé le pays » et donné « l'impression à des gens que tout foutait le camp », conduisant à une « rupture civilisationnelle ».
La PMA : une conséquence du mariage pour tous ?
Zemmour considère la PMA pour les femmes seules et les couples de lesbiennes comme une conséquence directe de la légalisation du mariage pour tous. Il assure qu'après le mariage pour tous, « il était prévu qu'il y ait ensuite la PMA pour les femmes seules et les couples de lesbiennes et la GPA pour les hommes homosexuels. Eh bien on y est presque ».
Bien qu'il se défende d'être « homophobe », Zemmour estime que ces évolutions sociétales donnent l'impression que « tout fout le camp » et conduisent à une « rupture civilisationnelle ».
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La PMA sans père : un refus catégorique
Éric Zemmour mentionne spécifiquement le refus de « la PMA sans père » dans son programme, soulignant son attachement à la famille traditionnelle comme « socle de la transmission et de la solidarité ». Il s'oppose également à l'interdiction des « transitions sexuelles pratiquées sur les mineurs » et au refus du « genre » pour ne « reconnaître que la notion de sexe ».
Ces thématiques, bien que tardives dans son programme, témoignent de sa volonté de rassembler les droites autour de la défense des valeurs familiales traditionnelles.
Un moratoire sur les sujets sociétaux ?
Face aux divisions que suscitent les questions sociétales, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National, propose un « moratoire de trois ans sur les sujets sociétaux ». Elle précise que ce moratoire « n'empêchera pas la stricte application de la loi » concernant la GPA.
Marine Le Pen refuse de « reconnaître la filiation des enfants nés à l'étranger par GPA », mais son projet vise, dans l'immédiat, à ne pas cliver outre-mesure. Jordan Bardella, son jeune et fidèle lieutenant, juge que les questions « sociétales » ne sont pas des « préoccupations quotidiennes pour les Français », mais les considère comme « essentielles pour la définition de notre civilisation ».
La Manif pour tous : un héritage politique
La candidature d'Éric Zemmour est perçue comme l'expression politique de la Manif pour tous, neuf ans après les grandes manifestations contre le mariage pour tous. Zemmour entend s'appuyer sur les réseaux engagés contre le mariage pour tous et la PMA pour toutes dans la perspective de son offensive politique.
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En octobre, il a présenté son livre « La France n'a pas dit son dernier mot » au palais des congrès de Versailles, à l'invitation des Éveilleurs, une association née dans le sillage du Mouvement des veilleurs.
Différences et convergences avec Marine Le Pen
Bien qu'Éric Zemmour et Marine Le Pen partagent des préoccupations communes en matière d'immigration et de sécurité, ils divergent sur les questions sociétales. Zemmour adopte une position plus radicale et intransigeante sur la PMA, tandis que Le Pen propose un moratoire pour éviter de cliver l'électorat.
Toutefois, les deux candidats partagent une vision nataliste de la politique familiale, inspirée du modèle hongrois, qui met l'accent sur le soutien économique aux « familles françaises ».
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