Éric Zemmour, figure de proue du parti Reconquête!, a suscité de vives réactions et interrogations quant à sa position sur l'avortement. Bien que son programme ne mentionne pas explicitement le terme "IVG" (Interruption Volontaire de Grossesse), ses déclarations et les positions de son parti révèlent une approche nuancée, oscillant entre le respect de la loi Veil et une vision plus restrictive de l'accès à l'avortement. Cet article se propose d'analyser en profondeur la position d'Éric Zemmour sur l'avortement, en s'appuyant sur ses déclarations, le programme de son parti et les prises de position de ses proches collaborateurs.
Le contexte : Éric Zemmour et les femmes
Avant d'aborder la question de l'avortement, il est essentiel de contextualiser la position d'Éric Zemmour vis-à-vis des femmes. Le candidat de Reconquête! s'est souvent présenté comme un défenseur de la cause féminine, notamment en matière de lutte contre les violences conjugales. Il a ainsi déclaré être "un allié de la cause" des femmes et a promis d'être "le plus répressif" envers les auteurs de violences sexuelles et conjugales.
Dans son programme, Éric Zemmour accorde une importance particulière à la question des violences faites aux femmes, promettant de lutter sévèrement contre les violences sexuelles et conjugales et d'instaurer des peines planchers pour les auteurs de ces crimes et délits. Il souhaite également automatiser le port de bracelets anti-rapprochement pour les personnes condamnées pour violences conjugales.
Par ailleurs, Éric Zemmour se positionne en faveur de l'égalité salariale entre les hommes et les femmes, affirmant qu'à travail, métier, compétences et temps de travail égaux, il doit y avoir un salaire égal. Il souhaite également améliorer le pouvoir d'achat des femmes en augmentant les pensions de réversion pour les veuves.
Cependant, malgré ces déclarations, Éric Zemmour suscite la méfiance d'une partie de l'électorat féminin, notamment en raison de ses propos jugés sexistes et rétrogrades. Un sondage Ifop réalisé en octobre 2021 a révélé que 66% des Françaises appréhendaient de voter pour lui.
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La position d'Éric Zemmour sur l'IVG : Entre respect de la loi Veil et restrictions
Bien qu'il ne remette pas en question la loi Veil de 1975, qui a légalisé l'avortement en France, Éric Zemmour exprime une vision restrictive de l'accès à l'IVG. Il considère que l'avortement doit rester une exception et non un droit quasi-constitutionnel.
Dans une déclaration, il a regretté le nombre élevé d'avortements pratiqués en France (200 000 par an), estimant qu'il n'est pas normal que ce chiffre reste à ce niveau depuis quarante ans, compte tenu des nombreuses formes de contraception disponibles.
Par ailleurs, Éric Zemmour s'est déclaré défavorable à l'allongement du délai légal de l'IVG de 12 à 14 semaines, estimant que cela rendrait l'acte encore plus traumatisant pour les femmes.
Lors d'une intervention en avril 2020, il a critiqué l'inquiétude du ministre de la Santé face à la baisse des avortements en France due à la crise sanitaire, rappelant que l'avortement n'est pas "un soin" et qu'il est paradoxal de s'inquiéter de la baisse du nombre de "suppression d'embryons humains" alors que des malades du coronavirus sont en réanimation.
Les positions du parti Reconquête! sur l'IVG
Les positions des membres du parti Reconquête! sur l'IVG sont diverses, reflétant un débat interne sur cette question sensible.
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Marion Maréchal, tête de liste aux élections européennes du parti, a dénoncé la probable inscription de l'IVG dans la Constitution comme un "gadget juridique" destiné à "faire plaisir à une petite minorité politisée". Elle estime que le droit à l'IVG n'est "absolument pas menacé" en France et qu'il serait préférable de consacrer l'énergie et le temps à régler les blocages constitutionnels sur la question de l'immigration.
D'autres membres du parti, comme Caroline Parmentier, ont exprimé des positions plus fermes contre l'avortement. Cette dernière, ancienne journaliste à Présent, a salué la proposition de Marine Le Pen en 2012 de restreindre le remboursement des avortements et a encensé la proposition de Marion Maréchal de supprimer les subventions du Planning familial.
Les enjeux politiques et électoraux
La question de l'avortement est un enjeu politique et électoral majeur, qui divise profondément la société française. Les positions d'Éric Zemmour sur cette question sont susceptibles de séduire une partie de l'électorat conservateur et catholique, mais risquent de rebuter une autre partie de l'électorat, notamment les femmes et les électeurs de gauche.
Selon une étude de la Fondation Jean Jaurès, les soutiens à Éric Zemmour sont plutôt des hommes (+7 points) par rapport aux femmes, ce qui pourrait constituer un problème pour lui à terme, étant donné que les femmes représentent la moitié du corps électoral.
Par ailleurs, la question de l'avortement est susceptible de diviser le camp de la droite et de l'extrême droite, où coexistent des sensibilités différentes sur cette question. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National, a adopté une position plus prudente sur l'avortement, se montrant favorable au statu quo et critiquant l'allongement du délai légal de l'IVG.
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