L'épaule est une articulation complexe et très mobile, essentielle pour de nombreuses activités quotidiennes et sportives. Cependant, cette mobilité la rend également vulnérable aux blessures et à diverses affections, dont l'une des manifestations peut être une sensation de craquement. Cet article explore les causes potentielles de l'épaule qui craque, les symptômes associés, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles.
Introduction
La douleur à l'épaule est un motif de consultation extrêmement fréquent. L'épaule est l'articulation la plus mobile du corps et l'une des plus sollicitées, faisant la jonction entre l'omoplate, l'humérus et la clavicule. Des gestes quotidiens anodins comme se coiffer ou conduire sollicitent l'épaule, et la répétition de ces mouvements peut la fragiliser. La complexité de l'épaule, composée de plusieurs articulations, de muscles et de tendons, signifie que la douleur peut avoir de nombreuses origines.
Causes de l'épaule qui craque
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la sensation de craquement dans l'épaule :
Instabilité de l'épaule
L'instabilité de l'épaule est une affection qui survient le plus souvent après une luxation. Ce traumatisme correspond au « déboîtement » de l’épaule, lorsque l’extrémité sphérique de l’humérus (os le plus haut du bras) sort de la cavité glénoïde, partie concave de l’omoplate. L'instabilité de l'épaule se manifeste souvent après une première luxation, entraînant une fragilité de l’articulation. L’instabilité résulte généralement d’un traumatisme initial, rendant l’épaule plus susceptible à des luxations futures.
Une récidive de luxation a environ 50% de chances de survenir, et on parle d’instabilité d’épaule « objective » lorsqu’elle se traduit par des déboîtements à répétition de l’humérus. L’épaule est une articulation très mobile, puisqu’elle bouge dans les 3 plans. Dans les activités de la vie quotidienne comme dans les activités sportives, elle est très sollicitée. Il arrive donc qu’elle se luxe, c’est-à-dire qu’elle se déboîte. Plus précisément, c’est l’humérus qui se déboîte de la glène de l’omoplate qui le stabilise habituellement. L’épaule instable arrive dans un second temps, une fois l’épaule luxée.
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Les instabilités de l’épaule peuvent être qualifiées de lésionnelles traumatiques, lésionnelles atraumatiques et peuvent aussi résulter d’une dysfonction musculaire. Lorsque la tête de l’humérus n’est plus en contact avec la glène et n’est plus centrée sur elle, il s’agit d’un déboitement, autrement appelé « luxation », et c’est à ce moment-là que l’épaule devient instable.
Facteurs de risque de l'instabilité d'épaule
- Le principal facteur de risque de l’épaule instable est le fait d’avoir déjà eu une luxation d’épaule, particulièrement si la luxation est survenue avant 30 ans.
- L’hyperlaxité ligamentaire, d’origine génétique.
- Les sportifs sont exposés à cette pathologie, au même titre que les patients qui exercent une activité professionnelle qui mobilise beaucoup l’articulation. Ce sont donc des patients jeunes et sportifs qui sont les plus touchés par la pathologie.
- Le risque de récidive augmente si la première luxation est apparue tôt. Par exemple un patient qui a subi une luxation à 25 ans aura 50 pour cent de chances de subir une récidive, alors qu’une première luxation survenant chez un patient de plus de 40 ans a peu de chances de récidiver.
Tendinite de l'épaule
La tendinite de l’épaule est une affection courante qui peut provoquer une douleur significative et limiter la fonction de l’épaule. La tendinite de l’épaule peut être causée par une usure naturelle liée à l’âge, ou à la suite d’un faux mouvement ou de mouvements répétés (par exemple dans le cadre d’une activité professionnelle ou sportive synonyme de mouvements répétitifs).
Autres causes possibles
- Bursites ou calcifications: Une épaule douloureuse peut également être liée à des pathologies telles que bursites ou calcifications.
- Causes traumatiques: Déchirures, ruptures tendineuses, entorses, luxations, fractures de l’humérus, de l’omoplate ou de la clavicule.
- Troubles inflammatoires: Arthrose ou l’arthrite.
- Causes non musculo-squelettiques: Une maladie infectieuse, une maladie neurologique, un problème cardiaque ou pulmonaire peuvent ainsi se traduire par une épaule douloureuse.
Symptômes associés à l'épaule qui craque
Les symptômes de l’instabilité d’épaule sont assez facilement identifiables. Il est rare de passer à côté du diagnostic d’une épaule instable. En plus de la sensation de craquement, les patients peuvent éprouver :
- Douleur: L’instabilité de l’épaule se traduit dans tous les cas par des douleurs que le patient décrit comme étant vives et gênantes dans les mouvements du quotidien. Une douleur d’intensité variable dans l’épaule, présente ou non au repos et s’intensifiant lors d’une activité intense. La douleur, localisée au niveau de l’épaule. Elle est le plus souvent vive et gênante, particulièrement lors des mouvements du quotidien pour s’habiller ou réaliser des tâches ménagères. Elle rend souvent impossible la pratique de sports sollicitant les membres supérieurs.
- Sensation de dérobement: Le sujet victime de l’instabilité de l’épaule se plaint de sensation de dérobement de l’articulation, et d’impression d’une épaule qui craque.
- Épisodes de luxation ou subluxation: L’instabilité de l’épaule provoque entre autres comme symptômes des épisodes de luxation de l’épaule qui sont le déboîtement de l’épaule, mais aussi des épisodes de subluxation, ce qui signifie que le patient ressent la sensation d’une articulation qui se déboite, mais qui se remet en place toute seule.
- Raideur de l’épaule: Une raideur de l’épaule.
- Enflure, œdème ou gonflement: Une enflure, un oedème ou un gonflement.
- Diminution ou perte de mobilité: Une diminution ou une perte de mobilité de l’épaule.
- Diminution des capacités fonctionnelles: Une diminution des capacités fonctionnelles de l’épaule, du bras et/ou de la main.
- Douleur irradiant dans le bras: Une douleur irradiant dans le bras, parfois jusqu’à la main.
Diagnostic
La consultation démarre toujours par un entretien au cours duquel le médecin se renseigne en particulier sur les circonstances de l’accident initial. Une épaule douloureuse doit être traitée en fonction de son origine. Cependant, la multiplicité des causes possibles en cas de douleur à l’épaule rend le diagnostic compliqué : il s’agit d’abord pour le médecin d’estimer si cette douleur est bien liée à l’épaule ou si elle traduit un problème venu d’ailleurs et qui se propagerait jusqu’à l’épaule.
Le processus de diagnostic débute par un examen clinique approfondi, complété par des radiographies et, si nécessaire, une IRM ou un arthroscanner. Pour déceler l’instabilité de l’épaule, un examen clinique peut contribuer à apporter de grandes précisions au médecin, à l’aide d’un interrogatoire et de palpations. Le médecin va rechercher lors de cet examen une déformation, une amyotrophie de l’épaule, et les points douloureux qui gênent le patient dans son quotidien.
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Examens d'imagerie
- Radiographies: À la radio, la luxation ou la subluxation est fréquemment flagrante. Une radiographie simple effectuée de face et de profil, permet d’observer des éventuelles fractures, un écoulement au niveau de la glène, et l’état général de l’articulation. De plus, le chirurgien examine aussi les radiographies qui ont certainement été réalisées au cours des épisodes de luxation précédents.
- IRM ou arthroscanner: Par ailleurs, des examens supplémentaires d’imagerie médicale sont systématiquement réalisés. Selon les cas, il peut s’agir d’une IRM ou d’un arthroscanner. Ils servent notamment à estimer l’état de la coiffe des rotateurs. L’arthroscanner peut lui aussi être effectué pour apprécier les fractures de la glène. Grâce à lui, le médecin peut observer la coiffe des rotateurs, notamment chez les patients âgés de plus de 40 ans.
Autres tests
- Tests musculaires: Des tests musculaires permettent la plupart du temps d'identifier le muscle ou le tendon responsable de la douleur.
- Échographies: Souvent, des échographies permettent de diagnostiquer si les symptômes sont liés à un problème cardiovasculaire, pulmonaire, digestif ou neurologique par exemple.
Traitements
Le traitement de l’épaule instable est bien évidemment la stabilisation de l’épaule. Le traitement d'une épaule douloureuse dépend de son origine.
Traitement conservateur
- Repos: Le repos est souvent la première étape du traitement. Il est essentiel de réduire ou d’éliminer les activités qui aggravent les symptômes pour permettre aux tendons de guérir.
- Médicaments: Il sera accompagné de la prise de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d’antalgiques. La plupart du temps, lorsque le problème provient bel et bien de l’épaule, des antalgiques (comme le paracétamol) et/ou des anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour traiter la douleur. En cas de douleur forte, des infiltrations de cortisone peuvent également être prescrites.
- Kinésithérapie: La rééducation via la kinésithérapie constitue le principal pilier du traitement. Elle consiste en l’apprentissage et la réalisation d’un ensemble d’exercices spécifiques. La rééducation par kinésithérapie est souvent privilégiée en première intention, visant à renforcer les muscles autour de l’épaule pour améliorer sa stabilité. L’épaule instable d’origine musculaire n’est pas une indication à l’opération. Elle est donc prise en charge le plus souvent par les kinésithérapeutes. Les kinésithérapeutes peuvent réaliser un bilan et proposer des séances adaptées à cet objectif préventif. Le but sera de renforcer les muscles de l’épaule pour qu’ils assurent une meilleure stabilité à l’articulation.
Traitement chirurgical
La chirurgie n’est pas le traitement de référence du mal de l’épaule. L’intervention chirurgicale est la plupart du temps réservée aux épaules instables d’origine traumatique. Lorsque les méthodes conservatrices ne suffisent pas à stabiliser l’épaule ou en présence de lésions importantes, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Le choix de la technique chirurgicale dépend de plusieurs facteurs, y compris l’état de la coiffe des rotateurs et des structures osseuses.
Rééducation post-traitement
Après le traitement, qu’il soit chirurgical ou non, une rééducation appropriée est cruciale pour prévenir les récidives.
Prévention
La prévention de la tendinite de l’épaule est possible ! Elle repose sur l’adoption de mesures visant à réduire le risque de surutilisation et d’irritation des tendons. Généralement, c’est votre kinésithérapeute qui vous prodigue des conseils personnalisés adaptés à votre profil.
Prévenir cette pathologie, c’est possible. Des gestes simples et des comportements au quotidien permettent de prévenir l’apparition de traumatismes ou microtraumatismes. Au quotidien, et notamment lors de l’effort physique, il s’agit pour le sportif de modifier son geste afin de préserver son articulation. Cet exercice est compliqué mais nécessaire pour éviter toute douleur ou luxation.
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