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Les Enfants Transformés en Phoques : Mythes et Légendes

Les mythes et légendes sont des fenêtres sur les cultures et les croyances des peuples du monde entier. Parmi ces récits fascinants, ceux qui parlent d'enfants transformés en phoques occupent une place particulière, notamment dans les cultures inuit et écossaise. Ces légendes, riches en symbolisme, explorent des thèmes tels que la transformation, la perte, le lien entre l'homme et la nature, et les conséquences des actions humaines.

Taqqiq, l'enfant aveugle et le plongeon arctique

Dans un conte inuit, Taqqiq était un jeune garçon inuit, connu dans la région pour sa beauté mais aussi pour sa cécité : en effet, il était devenu aveugle très tôt. Il vivait avec sa petite sœur, Siqiniq. Celle-ci, malgré son jeune âge, savait déjà entretenir la lampe à huile, préparer les peaux et coudre des vêtements chauds et résistants. À la mort de leurs parents, ils avaient été recueillis par leur grand-mère, une vieille femme colérique et méchante, qui estimait que Taqqiq, aveugle, n'était qu'une bouche inutile. Ils habitaient tous les trois sous un iglou qui, en ce début de printemps ensoleillé, commençait à fondre et menaçait de s'écrouler.

Une nuit, alors qu'ils dormaient profondément, pelotonnés dans une peau de caribou sur la plate-forme de l'iglou, ils furent réveillés en sursaut par un grognement effrayant. Taqqiq reconnut aussitôt ce bruit : c'était celui de l'ours. Il fallait réagir très vite. La grand-mère attrapa l'arc et la flèche posés près de ses bottes et les donna à Taqqiq. Elle l'encourage à tuer l'ours, mais feint ensuite la colère en prétendant qu'il a tué le chien de traîneau. La grand-mère voulait garder la peau et la viande de l'ours pour elle toute seule. Elle rêvait déjà du pantalon qu'elle pourrait se coudre dans cette grande peau blanche, moelleuse et si chaude. Elle tua le chien et fit cuire sa chair. À chaque repas, elle servait ainsi de la viande de chien à Taqqiq, pendant qu'elle mangeait l'ours avec Siqiniq. Un soir, Siqiniq réussit à cacher de la viande d'ours sous sa parka et l'offrit en cachette à son frère. Taqqiq eut ainsi la preuve qu'il avait bien tué l'ours et que sa grand-mère était une menteuse, égoïste de surcroît.

Le lendemain matin, Siqiniq accompagna Taqqiq près du rivage. Le paysage était magnifique et Siqiniq regrettait que son frère ne puisse pas le voir. Les falaises se reflétaient dans l'eau de la mer. Les derniers blocs de banquise dérivaient doucement le long de la côte. Quelques oiseaux s'y posaient de temps à autre. D'autres plongeaient à pic des sommets rocheux vers la mer, dans un brouhaha joyeux de cris auxquels les falaises répondaient en écho. Taqqiq percevait cette effervescence autour de lui et aurait été tellement heureux de voir enfin le soleil qui réchauffait son visage et les oiseaux qui piaillaient dans les falaises.

Taqqiq, grâce à l'aide d'un plongeon arctique, retrouve la vue après une série de plongées dans l'eau glacée. Il se venge de sa grand-mère en harponnant un énorme béluga, auquel elle était attachée, la faisant ainsi emporter par l'animal.

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Les Selkies d'Écosse : entre mythe et réalité

Une autre légende populaire en Ecosse décrit l'histoire d'un pêcheur qui découvre alors qu'il se promenait sur la plage une femelle phoque venant juste de mettre bas. De nombreuses années plus tard, le pêcheur s'est marié et il a une famille nombreuse. Un jour que les enfants du pêcheur sont partis ramasser des coquillages sur l'estran, ils se retrouvent coincé sur un bras de mer par la marée montante. Dans d'autres versions de la légende, c'est le pêcheur lui-même qui est sauvé par les selkies.

Dans le folklore écossais, les Selkies sont des créatures métamorphes capables de se transformer en phoques ou en humains. Elles sont souvent décrites comme des êtres d'une grande beauté, vivant la plupart du temps dans l'océan, mais pouvant prendre forme humaine sur terre en enlevant leur peau. Le mot selkie proviendrait du dialecte scot selich ou du vieil anglais seolh, les deux termes signifiant « phoque ».

Les légendes mettant en scène des selkies sont presque toutes des tragédies romantiques, racontant les amours malheureux d'un humain avec un ou une selkie. Les selkies sont en effet supposés devenir des hommes ou femmes magnifiques une fois leur peau de phoque ôtée, et ils exercent un fort pouvoir de séduction sur les êtres humains qui les voient. Les êtres humains et les selkies peuvent se reproduire et avoir des enfants. Ces enfants - outre leur grande beauté héritée de leur parent selkie - se reconnaîtraient à la présence d'une excroissance de peau entre les doigts, qui ferait ressembler leurs mains à des nageoires. Ainsi les membres du clan MacCodrum des Hébrides extérieures affirmaient être les descendants de l'union d'un pêcheur avec une selkie, ce qui leur a valu le surnom de « MacCodrum des phoques ». Ils démontraient leur ascendance par la présence d'une telle excroissance de peau chez de nombreux membres du clan.

Un très grand nombre de contes qu'on retrouve sous diverses formes à travers toute l'Europe du Nord suivent la même trame : ils racontent comment un jeune homme tombe amoureux d'une selkie après l'avoir aperçu sous sa forme humaine. L'homme lui vole alors sa peau et la cache, l'empêchant ainsi de se re-transformer en phoque et il la force à devenir sa femme. La selkie est une bonne épouse mais triste, qui reste souvent assise sur le rivage à contempler l'océan. L'histoire se termine lorsque la selkie finit par trouver la cachette où était dissimulée sa peau ; elle se change en phoque et retourne à la mer (à ses enfants et à son mari selkie selon certaines versions de l'histoire), laissant le jeune homme désemparé par son départ. Dans d'autres versions du conte, l'homme et la selkie vivent ensembles pendant de nombreux années et ils ont même des enfants. Ceux-ci retrouvent un jour la peau de phoque et la rendent innocemment à leur mère, qui retourne alors à l'océan. L'homme ne revoit plus jamais son épouse selkie ; cette dernière revient parfois jouer avec ses enfants dans les vagues et leur offre des coquillages lorsqu'ils sont au bord de la mer.

Diversité des interprétations et origines possibles

La majorité des légendes dépeignent les selkies comme des êtres pacifiques. Toutefois certaines traditions les décrivent sous un jour plus funeste. Dans le folklore des Shetlands, il est dit que les selkies ensorcellent les êtres humains et les attirent en mer où ils disparaissent. Dans les îles Orcades, les selkies sont supposés séduire et enlever les jeunes femmes, en particulier celles qui sont insatisfaites en amour - par exemples, celles qui ont épousées un marin souvent absent. Il est dit que le femme qui désirerait appeler à elle un selkie doit verser sept larmes dans l'océan. Lorsque des phoques sont tués, les selkies peuvent se venger en amenant des tempêtes, en retournant les bateaux des pêcheurs ou en faisant disparaître les troupeaux qui auraient été mis à paître près du rivage.

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L'origine des selkies est rarement clairement expliquée dans les légendes. Ils sont le plus souvent considérés comme une sorte de « peuple de la mer » à l'instar des sirènes?, l'équivalent dans océan de ce que sont les fées sur terre. Les conteurs du XIXème siècle très influencés par la tradition catholique ont fait des fées et des selkies des anges déchus, condamnés à vivre sous la forme d'animaux jusqu'au jugement dernier. D'autres sources semblent plutôt décrire les selkies comme des êtres humains qui auraient été maudits en raison de leur mauvais comportement ; bannis de la terre ferme, ils auraient été condamnés à passer le restant de leur jour dans l'océan. La tradition gaélique présente parfois les selkies comme les enfants du roi du Lochlann (un pays mythique situé au delà des mers, assimilé aujourd'hui à la Scandinavie) transformé en phoque par un sortilège de leur belle-mère. Enfin, un grand nombre de contes indiquent implicitement que les selkies seraient les âmes des personnes disparues en mer ou mortes noyées, revenues dans le monde des vivants sous la forme d'un animal et ne pouvant reprendre leur apparence humaine qu'à certains moments précis de l'année.

Selon Sigurd Towrie, les populations des Orcades et des Shetlands auraient eu occasionnellement jusqu'au XVIIIème siècle des contacts avec des marins Lapons venus de Finlande. Les canoës des peuples Sami de Laponie sont fabriqués avec de la peau de phoque, de même que leurs vêtements. Or le cuir de phoque tendant à perdre sa flottabilité au contact de l'eau de mer, il nécessite d'être régulièrement mis à sécher. L'observation de Lapons retirant leurs vêtements sur le rivage pour les sécher au soleil aurait pu conduire à la croyance qu'ils possédaient la capacité à passer de la forme d'un phoque à celle d'un humain. Le folkloriste écossais David McRichie (1851 - 1925) a avancé que dans les temps anciens, les Ecossais auraient eu des contacts rapprochés avec des Lapons et que certains d'entre eux auraient épousés des femmes Sami ; celles-ci auraient été vues comme des selkies à cause de leurs vêtements et de leurs bateaux en peau de phoque. leur capacité à changer de forme en se revêtant d'une peau animale est une caractéristique qui se retrouve chez un grand nombre de métamorphes? à travers le monde, depuis le loup-garou? du folkore européen jusqu'aux sorciers skinwalker du folklore des natifs américains. Le phoque et l'otarie sont des animaux prépondérant dans la mythologie des peuples arctiques (Inuits, Sami, Yakoutes…), qui de ce fait mettent souvent en scène dans leurs légendes des hommes ou femmes se transformant en ces créatures.

Sedna : la déesse de la mer et des animaux marins

Sedna est une jeune femme en opposition avec son père qui voulait la marier et après sa disparition en mer elle devint la maîtresse des animaux marins. Bien que Sedna soit une mortelle à l'origine elle est considérée comme une divinité très importante dans tout l'Arctique; elle est aussi connue sous d'autres noms par des groupes inuits différents comme Arnakuagsak ou Arnarquagssaq au Groenland et Nerrivik ou Nuliajuk en Alaska. La légende de Sedna est très connue chez les Inuits mais il existe une grande variété de récits selon la localisation géographique.

Dans certains récits, elle était considérée comme fille vaniteuse et égoïste et ne trouvait aucun homme susceptible de lui plaire. Dans d'autres récits, elle n'a tout simplement trouvé aucun homme qui convenait à ses désirs et à ses besoins. Pourtant plus d'un chasseur était venu la demander en mariage mais elle repoussait tous ses prétendants. Son père veuf aurait aimé qu'elle choisisse un bon chasseur, fils de parents habiles et bon pourvoyeur de gibier et il déplorait la perte de ces gendres talentueux. Quant aux pères des jeunes gens des villages avoisinants, ils regrettaient de ne pouvoir avoir dans leur famille une bru si belle et si douée. Excédé, le père s'écria : - "Autant te marier avec un animal puisque tu rejettes tous tes prétendants !" Pour la punir, son père l'envoya avec son chien vivre tous deux sur un îlot proche de la côte. Un jour, un homme arriva dans un canot et invita Sedna à se joindre à lui. À l'issue d'un long voyage, ils arrivèrent à son village et Sedna l'épousa. Elle comprit rapidement que ce n'était pas un homme mais un pétrel capable de prendre forme humaine. Sedna avait maintenant très peur et souhaitait échapper à ce mari. Entre-temps, son père, qui la retrouva et il se cacha derrière des rochers pour attendre le départ de l'oiseau. Le pétrel parti, le père et sa fille quittèrent rapidement le village. Le pétrel revint juste à temps pour voir leur embarcation disparaître derrière un cap. Son père jeta Sedna par-dessus bord dans l'espoir que cela apaiserait le dieu en colère et qu'il continurait à administrer sa tribu. La tempête redoubla et, un par un, son père lui coupa les doigts qui se transformèrent au contact de l'eau en phoques, en baleines et toute sorte d'animaux marins. Dans certaines versions son père lui coupe, parfois avec les mains et/ou les bras, ou bien, ils gèlent simplement. Avant qu'elle ne disparaisse complètement dans les vagues, son père lui creva un oeil d'un coup de pagaie. Elle tomba au fond de la mer et il lui poussa une queue de phoque. Sedna descendit vers le monde inférieur, au fond de la mer, où elle devient la maîtresse et la gardienne des animaux marins qui étaient nés de ses doigts de ses mains. Les créatures reconnaissantes de leur naissance, ont transformé Sedna en déesse et ont donné sa domination sur eux. Le père de Sedna regagna finalement son village. Il se reposait tranquillement dans son abri quand les flots montèrent et l'emportèrent.

A condition de respecter les règles, Sedna fait généralement preuve de générosité envers les chasseurs et libère les animaux dont elle a la responsabilité. Pourtant il lui arrive qu'elle les retienne parce que des chasseurs se sont mal conduits et ont blessé l'âme d'un animal. Quand les animaux se font rares, un chaman doit lui rendre visite pour la supplier de les laisser partir. Parfois, les mammifères se réfugient dans sa chevelure toute sale et emmêlée tant que les humains violent les tabous.

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Dans l'iconographie, Sedna est généralement représentée comme une sirène, même si parfois son corps est celui d'un phoque et non d'un poisson; A d'autres moments la seule composante humaine qu'elle conserve est sa tête greffée sur un corps ichthyomorphe, avec ou sans la présence d'armes.

Le Chant de la Mer : une interprétation moderne

C’est avec le film Le Chant de la mer que j’ai découvert les selkies. Ces créatures métamorphes, femme-phoque. Mythe de l’Europe du nord (Irlande, Ecosse, Islande et îles subarctiques), diverses versions existent. Comme dans toutes les légendes avec une femme-fée métamorphe impliquant un manteau on retrouve la même histoire : un homme découvre la belle sous sa forme humaine et en tombe amoureux. Il lui vole son manteau et elle ne peut plus se transformer. Il en fait sa femme. Ont des enfants. C’est d’ailleurs un peu près ce qui arrive dans le Chant de la mer, sauf que le mari ne lui pique pas son manteau, mais celui de sa fille car il a peur qu’elle disparaisse comme sa femme en redevenant un phoque. Dans cet album on retrouve la légende dans sa forme la plus classique. Un pêcheur voit un groupe de phoque monter sur la banquise et se transformer en femme après avoir retiré leur peau. Il récupère la peu de la plus belle d’entre-elle l’empêchant ainsi de redevenir un phoque. Restée seule celle-ci n’a d’autre choix de le suivre. Après quelques temps l’enfant née, ma la belle est triste, elle veut retourner auprès des sien.

Plus le cinéma d'animation est raffiné, plus il est obsédé par la nature, les mouvements du vent dans les herbes (Le vent se lève, dernier long-métrage du maître japonais Hayao Miyazaki), les animaux sauvages (Dragons et Dragons 2), et par les terres celtes riches en légendes (Rebelle). Que ce soient les studios Ghibli, Dreamworks ou Pixar, le dessin animé recule devant l'industrialisation et prône le grand air. Plus indépendant que les géants précédemment cités, Tomm Moore, réalisateur irlandais de 37 ans, poursuit ce même rêve de nature sauvage depuis ses débuts brillants avec Brendan et le secret de Kells en 2009. Pour Le Chant de la mer , il s'intéresse aux contes et légendes qui fondent une civilisation, et revisite notamment le mythe de la Selki, une mystérieuse créature féminine des Shetland qui se transforme en phoque et explore les fonds marins. Moore raconte l'histoire d'un frère et d'une sœur, Ben et Maïna. Le premier est un jeune aventurier qui n'a pas supporté la disparition soudaine de sa mère. La seconde est une petite fille rêveuse, fascinée par la mer et les coquillages, qui refuse de parler et vit la tête dans les nuages. Ben n'a jamais pardonné à Maïna d'être née le soir de la disparition de sa mère adorée. Un jour, la grand-mère débarque au phare où vit la petite famille et laisse tomber sa sentence: il faut qu'ils se décident à quitter leur coin de paradis aquatique pour déménager en ville. Dans un univers qu'il connaît bien, celui des légendes celtes, Tomm Moore tisse un monde visuel d'une grande richesse qui réjouira les enfants et les adultes tout en étant parfois inquiétant et où la magie n'est pas toujours bienveillante. Moore évite cependant l'écueil du manichéisme pour montrer que le tragique peut côtoyer le sublime.

La musique réunit tous les éléments du récit, et termine un beau projet qui scelle une promesse. La chanteuse, passionnée de contes et légendes, a basé plusieurs projets autour du folklore celte.

Interprétations et symbolisme

Ces mythes et légendes offrent de riches interprétations. Ils peuvent être vus comme des métaphores des relations complexes entre les humains et la nature, explorant les thèmes de la transformation, de l'adaptation et du respect de l'environnement. Ils peuvent également refléter les peurs et les fantasmes liés à l'inconnu, à la mer et aux créatures qui la peuplent.

Les histoires de transformation en phoques peuvent symboliser la perte d'identité, le deuil ou le désir de retrouver un état de pureté et de connexion avec la nature. Elles peuvent aussi représenter les conséquences des actions humaines, comme la cupidité, la vengeance ou le non-respect des traditions.

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