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Agnès Levallois : Une figure incontournable de l'analyse du monde arabe

Agnès Levallois est une figure de proue de la réflexion stratégique française sur le monde arabe. Spécialiste du Moyen-Orient, elle allie une carrière universitaire, diplomatique et médiatique d'une rare cohérence. Présidente de l'iReMMO (Institut de recherche et d'études Méditerranée-Moyen-Orient) depuis 2025, elle incarne l'expertise française sur les dynamiques politiques, religieuses et sociales des pays arabes.

Jeunesse et formation : un intérêt précoce pour le Moyen-Orient

Née le 31 mars 1959 à Saint-Maixent-l'École, Agnès Levallois grandit dans un environnement intellectuel sensibilisé aux relations internationales. Son père, Michel Levallois, diplomate et historien, a marqué la pensée française sur le Maghreb. Adolescente, Agnès Levallois voyage au Yémen. C’est ainsi que, dès ses 15 ans, elle tisse un lien intime et sensible avec le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, région qui deviendra son domaine d’expertise.

Elle étudie à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) où elle obtient un diplôme supérieur en arabe littéral, puis poursuit à Sciences Po Paris, avec un DEA en analyse du monde arabe contemporain. Cette formation pluridisciplinaire lui offre une base solide pour appréhender la complexité des enjeux de la région.

Parcours professionnel : de la diplomatie aux médias

Dès les années 2000, Agnès Levallois s’impose comme chercheuse et enseignante. Elle est chargée de cours à l’École nationale d’administration (ENA) depuis 2009 et a été maître de conférences à Sciences Po Paris pendant plus de dix ans. Elle a occupé les fonctions d’analyste Proche-Orient au Secrétariat général de la défense nationale puis responsable du bureau monde arabe et persan à la Délégation aux affaires stratégiques au ministère de la défense.

Son passage au Ministère de la Défense lui permet d'acquérir une connaissance approfondie des enjeux stratégiques liés au monde arabe. Cependant, elle aspire à une plus grande liberté d'expression : « Quand on travaille au Ministère de la Défense, on ne peut pas prendre la parole librement, il faut à chaque fois demander une autorisation. Et puis par ailleurs, ce qu’on pouvait rédiger n’était pas toujours suivi des faits. Il y avait un décalage énorme entre l’expertise que nous pouvions apporter et la réalité de la décision politique prise. Je me suis rendue compte que je voulais une liberté de parole, que je voulais pouvoir dire ce que je pensais sur ce qui se passait. »

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Elle se tourne alors vers le journalisme, un domaine qui lui offre cette liberté tout en lui permettant de partager son expertise avec un public plus large. Elle a également été journaliste à Nord Sud Export, groupe Le Monde, collaboratrice au Monde de l’économie avant d’être directrice de l’information et des programmes de RMC MO -filiale arabophone de RFI- puis directrice adjointe de la rédaction de France 24 en charge des contenus en langue arabe. Entre 2006 et 2009, elle fut directrice adjointe de la rédaction chargée des contenus en arabe à France 24, poste clé dans la création du service arabe de la chaîne.

Aujourd’hui, elle intervient régulièrement dans les médias francophones et arabophones. Ses analyses sur les crises syrienne, libanaise et israélo-palestinienne sont recherchées pour leur équilibre entre rigueur académique et clarté pédagogique. « En étant journaliste, je pouvais enfin dire ce que je souhaitais - tout en restant dans une position de modestie. Effectivement, le seul intérêt que l’on a en tant que journaliste et qu’analyste, c’est de donner des éléments de compréhension qui permettent ensuite à tout un chacun de se faire son opinion. »

L'iReMMO : un engagement pour la compréhension du monde arabe

Engagée depuis 2016 au sein de l’iReMMO, Agnès Levallois en a d’abord été la vice-présidente pendant neuf ans, avant d’en devenir présidente en mai 2025. L’iReMMO se distingue par ses travaux de vulgarisation et de recherche sur les sociétés méditerranéennes.

Agnès Levallois conçoit son rôle d'analyste comme un moyen d'éclairer les enjeux complexes du monde arabe : « En fait, je me considère plus comme une analyste que comme une chercheuse, puisque je n’ai pas fait de thèse. J’ai eu un parcours beaucoup plus concret : ce qui m'intéresse est de savoir, concrètement, comment vit l’humain, comment vivent les gens. Je n’ai pas ce côté plus théorique des chercheurs, qui sont passés par un parcours universitaire extrêmement rigoureux. Ce qui m’importe beaucoup, c’est aussi le contact avec les sociétés. C’est pourquoi les révoltes de 2011 m’ont paru aussi intéressantes. Des sociétés se mettaient en mouvement et essayaient de reprendre leur destin en main, de reprendre le contrôle de leur vie en exprimant leur ras-le-bol… J’ai trouvé que c’est ça qui était fondamentalement important, notamment dans des sociétés où il y a un pouvoir extrêmement autoritaire. »

Expertise et analyses : Syrie, Liban et enjeux régionaux

Agnès Levallois est reconnue comme spécialiste du Moyen-Orient, notamment de la Syrie et du Liban, deux pays qu’elle observe depuis des décennies. Elle analyse les rapports de force politiques, les fractures religieuses, et les recompositions sociales qui marquent ces régions.

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Ses analyses sont particulièrement pertinentes pour comprendre les crises qui secouent ces pays, ainsi que les enjeux régionaux plus larges, tels que le conflit israélo-palestinien, les tensions entre l'Iran et l'Arabie Saoudite, et l'impact des interventions étrangères. Le plan de paix de Trump pour Gaza laisse peu de place aux Palestiniens pour déterminer leur avenir.

Elle publie fréquemment des analyses dans les revues de géopolitique et participe à des conférences internationales. En plus de son rôle d’analyste, elle milite pour la formation des citoyens français à la compréhension du monde arabe. Jean-François Coustillière écrit - L’Union européenne doit imaginer un objectif ou un horizon réellement séduisant qui puisse mobiliser non seulement les décideurs mais aussi les populations en Tunisie. La Tunisie a connu une révolution qui se traduit aujourd’hui par un processus de reconstruction de l’Etat sur de nouvelles bases différentes avec le souci d’améliorer la qualité de la gouvernance et celle de la participation du peuple à la conduite des affaires nationales. D’autres pays du pourtour méditerranéen connaissent des révoltes également motivées, le plus souvent, par la dégradation des conditions de vie des populations, et plus particulièrement un déficit considérable d’offres d’emplois. Ces événements connaissent des développements très différents allant de la guerre civile, comme en Libye, à un raidissement politico-social conservateur, comme en Syrie, ou à l’amorce de modernisation comme en Egypte, voire au Maroc.

"Le Livre noir de Gaza" : un témoignage poignant

"Le Livre noir de Gaza", dirigé par Agnès Levallois, témoigne des conditions de vie dramatiques des Gazaouis après un an de conflit. Ce document expose la souffrance humaine, la destruction des infrastructures essentielles et l'impact du blocus israélien, limitant l'accès aux soins et aux biens de première nécessité.

Ce livre met en lumière les conséquences humaines des conflits et la nécessité de trouver des solutions durables pour la paix et la justice dans la région. "Je ne comprends comment un être humain peut tuer des gens de cette façon, sans pitié, sans réfléchir. C'est peut-être à cause de l'aspect technologique. On est derrière un écran, donc il n'y a pas d'affrontement, on ne voit pas les gens, on voit juste des personnages de jeu vidéo. Et puis il y a l'aspect de la vengeance aveugle : ils veulent tuer tout le monde parce qu'ils considèrent que tous les habitants de la bande de Gaza sont responsables de ce qui s'est passé le 7 octobre. Ainsi pour eux, nous ne sommes pas des personnes importantes, pas des êtres humains. Pourquoi devrions-nous nous plaindre de leur haine brûlante envers nous ? Voici huit ans [nous sommes en 1956] que depuis le camp de réfugiés de Gaza, ils nous voient construire notre patrie sur la terre et les villages où ils vivaient, où leurs pères et leurs ancêtres vivaient. Vertigineux. Le nombre d’enfants présumés tués en seulement quatre mois à Gaza est plus élevé que le nombre d’enfants tués en quatre ans dans l’ensemble des conflits dans le monde. Les forces israéliennes ne veulent pas que les journalistes palestiniens soient témoins des crimes commis contre Gaza.

Vie privée et reconnaissance

Selon les données publiques, Agnès Levallois est née en 1959 ; elle a donc 66 ans en 2025. Son père, Michel Levallois, a été un diplomate et un spécialiste reconnu du Maghreb. Les recherches disponibles ne révèlent aucune information publique concernant un mari ou des enfants. Agnès Levallois semble cultiver une discrétion absolue sur sa vie privée, concentrant son image publique sur son travail académique et son engagement professionnel.

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Bien qu’elle soit largement citée par des journaux et des instituts, Agnès Levallois ne possède pas encore de page Wikipédia dédiée. Elle figure néanmoins dans les bases de données de Wikidata et dans le répertoire Who’s Who France, confirmant son importance dans le paysage intellectuel français.

tags: #Agnes #Levallois #biographie

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