L'évolution du ballet au XIXe siècle, marquée par une esthétique romantique, a mis en lumière les danseuses, immortalisées par l'iconographie de l'époque. Cette révolution esthétique, venue d'Angleterre et d'Allemagne, a transformé le ballet français, délaissant les sujets mythologiques pour embrasser le surnaturel et la nature sauvage.
L'essor du ballet romantique
La danse romantique a bénéficié des avancées dans la conception des costumes. L'allègement des costumes, initié au XVIIIe siècle, s'est poursuivi, et la danseuse a adopté le tutu, un jupon de mousseline imaginé par Eugène Lami, accentuant son immatérialité. Cette liberté retrouvée a permis une évolution des techniques de danse, avec des mouvements plus amples et des bonds plus hauts. La technique des pointes, apanage des femmes, s'est développée, permettant aux danseuses d'effleurer le sol avec un orteil dédaigneux.
Pierre-Luc Charles Cicéri, un des peintres majeurs des décors de l’Opéra de la première moitié du XIXe siècle, a contribué à cette nouvelle esthétique.
Les figures emblématiques du ballet romantique
Plusieurs danseuses ont marqué cette époque :
Marie Taglioni : Fille du danseur et chorégraphe Philippe Taglioni, elle a travaillé sa technique avec son père. Engagée à l'Opéra de Paris en 1827, elle s'est imposée en incarnant La Sylphide en 1832.
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Fanny Elssler : Formée à Vienne, elle a débuté dans sa ville natale avant de rejoindre le Teatro San Carlo de Naples. Elle a donné un nouvel élan aux danses de caractère, apportant une liberté de mouvement et une sensualité nouvelle. Fanny Elssler reste dans les mémoires comme celle qui a donné un nouvel élan aux danses de caractère, apportant une liberté de mouvement et une sensualité nouvelle.
Fanny Cerrito : Formée à l'école du Teatro San Carlo de Naples, elle a connu le succès à Paris avec le danseur et chorégraphe Arthur Saint-Léon.
Lucile Grahn : Formée au Ballet royal danois, elle est devenue la muse du chorégraphe Auguste Burnonville, qui a monté pour elle La Sylphide à Copenhague.
Carlotta Grisi : Formée à l'école de danse de la Scala de Milan, elle a créé la Péri en 1843 et a excellé dans Le Pas de quatre en 1845.
Emma Livry : Une étoile montante
Fille d'une danseuse de l'Opéra de Paris, Emma Livry est formée à l'école de danse où elle fait à 16 ans des débuts remarqués en reprenant La Sylphide. Elle reprend La Sylphide, et rencontre un formidable succès avec Le Papillon.
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La vie et la carrière d'Emma Livry seront malheureusement tragiquement écourtées.
Un destin tragique
Le 15 novembre 1862, lors d'une répétition de La Muette de Portici, le tutu d'Emma Livry prend feu au contact d'une rampe à gaz. Affolée, elle tente d'éteindre les flammes, aggravant ses brûlures. Elle décède huit mois plus tard, emportant avec elle une époque qui aura marqué l'histoire du ballet romantique.
Cet accident tragique rappelle celui survenu à Mademoiselle Baratte, où le feu avait pris aux jupons de la danseuse, mais où M. Saint-Georges était parvenu à étouffer les flammes.
1862 : Une année charnière
L'année du décès tragique d'Emma Livry, 1862, fut témoin de plusieurs événements marquants :
- Napoléon III envoie une expédition française au Mexique.
- Otto von Bismarck devient ministre-président du roi de Prusse Guillaume Ier.
- Lincoln rend publique sa « proclamation préliminaire d’émancipation ».
- Naissance de Ferdinand Ferber, pionnier de l'aviation en France.
- Claude Auguste Lamy isole l'élément chimique Thallium.
- Charles Garnier pose la première pierre de l'Opéra de Paris.
- Naissance de Claude Debussy.
- Sarah Bernhardt débute à la comédie française.
- Naissance de May Irwin, qui donnera le premier baiser de l’histoire du cinéma.
Les coulisses de l'Opéra
L'univers de l'Opéra était un monde à part, avec ses propres codes et ses figures emblématiques. Les danseuses étaient soumises à une discipline rigoureuse, avec des entraînements intensifs et des sacrifices constants. Elles devaient également composer avec les rivalités et les intrigues de cour.
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Dans ce contexte, il est intéressant de noter les propos rapportés par Yveling Rambaud et E. L. sur les danseuses de l'époque :
- "Il est à remarquer que sous le règne de M. est à la mode au corps de ballet."
- "Un nez fin comme ses reparties. danse bien ; maigre toujours ; des pieds d'enfants. femme de beaucoup d'esprit."
- "La plus jolie de la Trinité des Brach. fouet. On l'appelle, au foyer de la danse : madame de Maintenon. Pourquoi ? danseuses maigres. Qui cela ? Louis XIV !"
- "La femme, qui sait le mieux recevoir de Paris. fille qui serait peut-être parvenue, si elle avait voulu solliciter. plaisirs l'occupaient trop. y aurait eu beaucoup de crânerie, j'en suis sûr. d'invitation pour ses bals. les antichambres, et qu'il faut être née pour cela."
Ces témoignages offrent un aperçu des personnalités et des préoccupations qui animaient le monde de la danse à cette époque.
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