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Impact économique de la PMA et de la GPA : un examen approfondi

Introduction

Les États généraux de la bioéthique ont mis en lumière des questions cruciales concernant le début et la fin de la vie humaine, notamment l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules ou en couple de femmes, et la pratique de la gestation pour autrui (GPA). Ces sujets suscitent un vif intérêt et soulèvent des questions éthiques, sociales et économiques complexes. Cet article explore l'impact économique de la PMA et de la GPA, en tenant compte des différentes perspectives et des enjeux sous-jacents.

PMA : Remboursement et solidarité

Élargissement de l'accès à la PMA

Jusqu'à présent, la PMA était remboursée par la Sécurité sociale uniquement en cas d'infertilité médicalement constatée. La loi a élargi l'accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, ouvrant ainsi le remboursement à un plus grand nombre de personnes.

Question du remboursement

Cette extension soulève des questions quant à la solidarité et à la définition d'une pathologie. Les opposants à la PMA estiment qu'il est scandaleux de faire rembourser par la Sécurité sociale la réponse à un désir personnel d'enfant. Bruno Saintôt souligne que le désir d'enfant est toujours personnel, mais la question éthique réside dans le recours à la technique.

Risque d'une extension sans fin

L'ouverture de la PMA à toutes les femmes pourrait entraîner une extension sans fin des demandes faites à la médecine pour remédier à des désirs légitimes. Il est crucial de définir les critères de solidarité et de déterminer jusqu'où la nation doit aller dans le remboursement de ces techniques.

Coûts de la PMA

Le coût moyen d'une fécondation in vitro (FIV) en France est estimé à 4 100 euros, comprenant les traitements, la ponction d'ovocytes, l'hospitalisation et les actes eux-mêmes. En 2014, la Sécurité sociale a dépensé 288 millions d'euros pour 102 601 tentatives d'insémination artificielle, de FIV ou de transferts d'embryons congelés. En 2016, ce chiffre est passé à 147 730.

Risque de marchandisation

L'utilisation de la PMA à des fins non médicales pourrait ouvrir la voie à un business lucratif, comme le montrent les cliniques de procréation en Espagne et en Belgique. Ces cliniques proposent des offres commerciales attractives, voire des garanties de remboursement, ce qui soulève des questions éthiques quant à la marchandisation du corps humain.

Pénurie de gamètes

En France, le nombre de donneurs de gamètes est limité, ce qui pourrait entraîner une pénurie de sperme en cas d'élargissement de la PMA à toutes les femmes. Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a rendu un avis favorable à la levée de l'anonymat des donneurs, ce qui pourrait dissuader certains hommes de donner leurs gamètes.

Alternatives à la pénurie

Pour faire face à la pénurie de gamètes, certains pays ont recours à la rémunération des donneurs, comme l'Espagne et le Danemark, ou achètent des gamètes à l'étranger, comme la Belgique. La Grande-Bretagne a même souligné que le Brexit pourrait entraîner une pénurie de gamètes si les accords n'incluent pas la PMA.

Risque de commerce des gamètes

L'extension de la PMA pourrait conduire à un commerce des gamètes, ce qui remettrait en cause le principe de non-marchandisation du corps humain. Le CCNE souligne que si le principe de gratuité est rompu pour les gamètes, il serait difficile d'empêcher la même chose pour les autres produits et éléments du corps humain.

GPA : Enjeux éthiques et économiques

Interdiction de la GPA en France

La gestation pour autrui (GPA) est interdite en France. Cette pratique soulève des questions éthiques complexes, notamment en ce qui concerne l'exploitation du corps féminin et la marchandisation de l'enfant.

Arguments contre la GPA

La GPA est souvent perçue comme une atteinte à la dignité de la personne humaine, réduisant la gestatrice à un simple objet ou un "four à pain". Le corps de la gestatrice, en particulier son utérus, serait considéré comme un simple moyen pour d'autres couples de réaliser leur projet d'enfant.

Risque d'exploitation

La GPA soulève également des préoccupations quant à l'exploitation des femmes, en particulier dans les pays où la pratique est légale et où les femmes sont souvent issues de milieux socio-économiques défavorisés.

Impact psychologique

Le CCNE s'inquiète de l'impact psychologique de la GPA sur la mère porteuse, qui doit porter un enfant qu'elle ne doit pas considérer comme le sien, ainsi que sur ses proches. La rupture totale avec l'environnement de sa vie intra-utérine peut également avoir des conséquences sur l'enfant.

Marché international de la GPA

Le CCNE s'inquiète de l'expansion rapide du marché international de la GPA, qui est probablement facilité par la raréfaction du nombre d'enfants adoptables.

GPA volontaire : une perspective différente

Certains estiment que la GPA volontaire, basée sur le consentement libre et éclairé de la gestatrice et des parents d'intention, devrait être considérée comme une action neutre d'un point de vue moral. Dans ce cas, un État démocratique, laïque et pluraliste ne devrait pas plus l'interdire que la promouvoir.

Arguments en faveur de la GPA

Les études scientifiques menées sur les enfants issus de PMA et de GPA ne révèlent pas l'existence de troubles particuliers. La qualité de la relation entre le(s) parent(s) (biologiques ou non) et leur enfant ainsi que le bien-être parental jouent un rôle essentiel dans le développement et le bien-être de l'enfant.

Risques et bénéfices

Bien que la GPA comporte des risques, comme toute grossesse, il est important de faire confiance aux femmes qui ont décidé, de manière libre et éclairée, de porter un enfant pour les autres.

Conséquences sociales et juridiques

Anonymat des donneurs

La levée de l'anonymat des donneurs de gamètes représente un changement majeur, car elle permet aux enfants nés de don d'accéder à leurs origines. Cependant, cette levée de l'anonymat est complexe sur le plan juridique et pourrait entraîner une pénurie de sperme disponible.

Absence de père

La grossesse de femmes seules ou en couple homosexuel soulève la question de l'absence de père et du droit de l'enfant à connaître ses origines. Le CCNE estime que les enfants nés dans ces conditions n'excluront pas l'image symbolique du père, ni la représentation du sexe.

Droit à l'enfant

Il n'existe pas de "droit à l'enfant" et l'ouverture de l'AMP aux couples de femmes ne crée pas un tel droit. Le projet de loi consacre le droit d'accéder à une technique médicale permettant de procréer, ce qui n'est pas assimilable à un droit à l'enfant.

Égalité

L'ouverture de l'AMP à toutes les femmes ne relève pas du principe d'égalité, car les couples formés d'un homme et d'une femme sont dans une situation différente de celle des couples de personnes de même sexe en matière de procréation.

Risque de glissement vers la GPA

Il n'y a pas de risque de glissement de l'AMP pour toutes à la GPA au nom du principe d'égalité, car la tierce intervention qu'elle suppose, le don de sperme, n'est pas contraire à la loi et à nos principes, contrairement à la GPA.

Impact sur la conception de la maternité

Maternité et conjugalité

La maternité ne se construit pas seule, elle est naturellement le fruit de la rencontre avec un homme. Ne l'envisager que du point de vue de la femme supprime une étape essentielle, celle de la conjugalité.

Désir d'enfant

Le désir d'enfant est devenu un préalable incontournable voire impératif. Cependant, il est important de rappeler qu'une femme peut aussi se réaliser en dehors de l'enfantement et que le désir n'est pas toujours "pur".

Technique et maternité

L'intervention de la technique dans la procréation modifie intensément le corps de la femme et l'espace privé du couple. Elle prive la femme de la chaleur du vivant et de l'enlacement intime qui s'y conçoit.

GPA et maternité

Une femme qui devient mère par le biais du ventre d'une autre femme accepte de se faire voler sa maternité à deux reprises : elle est privée du fait de concevoir au cœur d'une rencontre avec son partenaire et ce n'est pas elle qui portera l'enfant durant neuf mois.

Lien mère-enfant

Le tissage du lien Mère-Enfant (M-E) est un processus crucial qui se joue à l'aube de la vie prénatale et influencera le devenir de l'enfant. Comment la mère commanditaire peut-elle s'y retrouver sur le plan du lien à l'enfant et de l'expression de sa maternité, alors qu'il y a un vide de 9 mois ?

Eugénisme et transhumanisme

Eugénisme mou

La PMA et la GPA peuvent être perçues comme une forme d'eugénisme mou, car les banques de sperme font des sélections selon des critères qui ne sont pas toujours clairs.

Transhumanisme

Le transhumanisme propose d'améliorer nos conditions d'existence par le progrès scientifique et technique. Cependant, cette idéologie pourrait conduire à une marchandisation accrue du corps humain et à une sélection des embryons sur la base de critères de plus en plus sophistiqués.

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