La ville de Marseille s'est lancée dans un vaste plan de rénovation et de reconstruction de ses écoles, un projet d'une ampleur historique. Ce plan ambitieux, structuré en plusieurs vagues, vise à transformer le paysage éducatif de la ville. Au cœur de ce programme, la reconstruction de l'école de Kallisté occupe une place importante. Cet article examine les différents aspects de ce plan, en mettant l'accent sur les projets spécifiques concernant les écoles maternelles, les défis rencontrés et les perspectives d'avenir.
Le Plan Écoles de Marseille : Une Initiative d'Envergure
Le plan Écoles de Marseille est le plus grand chantier de rénovation d'équipement public en France depuis 1945. Il est structuré en sept vagues de construction qui s'étendront de 2021 à 2031. Ce plan vise à rénover 188 écoles marseillaises. Entre septembre 2024 et la rentrée 2025, 18 établissements scolaires issus de la première vague du plan, dont huit groupes scolaires, devraient être inaugurés dans toute la ville. Les vagues 2 et 3, qui prévoient la construction ou la réhabilitation complète de 75 nouveaux établissements, sont en cours de déploiement.
Afin de financer ce plan, la ville de Marseille a obtenu un soutien exceptionnel de l'État à hauteur de 1,05 milliard d'euros (400 M€ de subventions et 650 M€ en garanties d'emprunts), ainsi qu'un prêt de la Banque de développement du Conseil de l'Europe (CEB) d'un montant de 200 millions d'euros. La Société publique des écoles marseillaises (SPEM), qui assure la maîtrise d'ouvrage des opérations de rénovation lourde et de reconstruction neuve, dispose d'un budget de 845 millions d'euros. La ville de Marseille prend en charge les opérations de réhabilitation « simple », ce qui représente un budget prévisionnel de quelque 386 millions d'euros.
Reconstruction de l'École de Kallisté : Un Projet Phare
La reconstruction de l'école de Kallisté est un projet emblématique de ce plan de rénovation. Bouygues Bâtiment Sud-Est va réaliser le nouveau groupe scolaire de Kallisté, établissement appelé à sortir de terre au cœur d’un quartier prioritaire de la ville (QPV Kalliste-Solidarité). Le projet aura pour décor une parcelle triangulaire de quelque 6 200 mètres carrés sise chemin des Bourrely, entre les ensembles de Kallisté et de la Granière (15e). Sur ce site en pente qui accueille aujourd’hui un city stade (1.070 m2), Bouygues Bâtiment de l’agence Mambo architectures (Marseille) vont ériger un établissement de 23 classes (9 maternelles et 14 primaires) dimensionné pour l’accueil de 525 élèves (2 540 m2 de SU labellisés BDM niveau argent). Outre les salles de classe, ce groupe scolaire accueillera des locaux communs avec notamment une salle polyvalente, un espace bibliothèque-documentation (BCD) et des salles pour les enseignants et une cour accueillant un jardin pédagogique. Il sera flanqué d’un parvis extérieur desservi par une liaison piétonne pour le quartier.
Ce projet, d'un montant de 13,601 millions d'euros HT, est l'un des éléments structurants du projet de renouvellement urbain du quartier. L'école devrait ouvrir ses portes à la rentrée 2027. Le marché d’exploitation maintenance devrait durer huit ans (cinq ans en tranche ferme + trois ans tranche optionnelle).
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Autres Projets de Reconstruction et de Rénovation
Outre la reconstruction de l'école de Kallisté, plusieurs autres projets sont en cours ou en planification dans le cadre du plan Écoles. Ces projets comprennent :
- École Font-Vert: Rénovation lourde par Eiffage construction en association avec l’agence Nomade architectes. À l’issue du chantier, ce dernier comprendra 28 classes (11 classes de maternelle et 17 classes d'élémentaire). Montant du MGP : 10,209 millions d’euros HT (dont 7 M€ HT de travaux).
- École de Château Gombert: Réalisation d'un nouveau groupe scolaire par le groupe GCC en collaboration avec l’agence Chabanne architecture. Cet établissement de 18 classes (8 maternelles et 10 élémentaires pour 400 élèves) verra le jour sur un terrain en friche de quelque 7 500 mètres carrés acquis par la ville situé le long du boulevard Bara (13e). Montant du MGP : 13,982 millions d’euros HT (dont 11 M€ HT de travaux).
- École des Abeilles: Rénovation-restructuration pilotée par l’agence Lacube architectes en partenariat avec l’agence Structure Miscible. Cet établissement de type Ferry jouxte le nouveau groupe scolaire du quartier (2 500 m2 de SP) réalisé sur l’emprise d’un ancien garage automobile. Il sera complètement réorganisé, avec une jauge ramenée de 11 à 8 classes élémentaires. Le permis de construire sera déposé au mois de juin 2025.
- École des Convalescents: Restructuration-extension confiée aux agences NSL architectes-ingénieurs et Arpège. Cet établissement du centre ville installé depuis 1965 dans les locaux d'un ancien hospice du XVIIe siècle va s’agrandir en récupérant la partie centrale du bâti qui abrite aujourd’hui le centre de formation de la Bourse du Travail. A l’issue des travaux, l’école accueillera quatre classes de maternelle et quinze classes élémentaires. La demande de permis de construire sera déposée cet été. Montant estimé du devis (travaux) : 3,2 M€ HT.
- Cité scolaire de St-Louis: Extension pilotée par les agences Guiraud-Manenc, Baldassari-Sibourg et atelier Codou. L’école actuelle composée de trois bâtiments et deux cours sera agrandie sur la partie basse du site qui comprend l’ancien bâtiment du CHRS et une friche végétalisée, partiellement inoccupée depuis plusieurs mois. En 2028, à l’issue des travaux qui devraient démarrer au début de l’année 2026, l’ensemble sera transformé en un groupe scolaire regroupant sept classes de maternelle et onze classes élémentaires (3 327 m2 de sp). Sa livraison sera échelonnée en deux temps : rentrée 2027 pour la maternelle et rentrée 2028 pour le primaire. Montant estimé du devis : 5,5 millions d’euros HT.
- École Rose Frais Vallon: Reconstruction par l’agence UNIC architecture. Cet établissement de 12 classes (8 primaires et 4 maternelles) sortira de terre sur le site de l’école élémentaire actuelle, dont les murs sont vétustes. Outre la modernisation du bâti, l’opération permettra d’intégrer une école maternelle qui viendra compléter l’école élémentaire. Après obtention du sésame administratif attendue pour la fin de l’année 2025, les travaux pourraient démarrer courant 2026 en vue d’une mise en service au second semestre 2027.
- École National: Reconstruction par l’agence Encore Heureux. Cette école élémentaire de 22 classes est aujourd’hui dispatchée dans quatre bâtiments différents, dont l’essentiel de la construction remonte au XIXèmesiècle. Plutôt qu’une rénovation lourde d’un site à l’agencement hétéroclite, la ville a opté pour la tabula rasa avec une reconstruction in situ d’un écrin bioclimatique en pierre massive plus fonctionnel de 20 classes intégrant une école maternelle (8 classes). Les travaux devraient démarrer à la fin de l’année en vue d’une mise en service pour la rentrée 2027.
- Groupe scolaire de la Savine: Réalisation par l’agence PAN architecture. Cet établissement bioclimatique de 13 classes (5 maternelles et 8 primaires) proposera des espaces utilisables en dehors des temps scolaire pour l’accueil des enfants (salle polyvalente, cours de récréation). Après obtention du permis de construire attendue pour la fin 2025, les travaux pourraient démarrer au second semestre 2026 en vue d’une mise en service au printemps 2028.
- École Saint-Jérôme Susini: Projet mené par l’agence AT architectes. Après sa cure de jouvence, l’établissement devrait regrouper 14 classes, avec l’intégration de 8 classes élémentaires. Ce nouvel équipement bioclimatique devrait lever le rideau pour la rentrée 2027.
Défis et Controverses
Malgré l'ambition et l'ampleur du plan Écoles, le projet n'est pas sans défis. Au début d’année, la justice a donné un coup de frein aux chantiers du plan Écoles. Le 21 janvier, le tribunal administratif de Marseille a annulé l’accord-cadre du 4 avril 2023 régissant le programme de rénovation des premiers groupes scolaires. Motif : au regard de la loi, la SPEM n’a pas le droit d’assurer à la fois les missions d'entretien et de maintenance des écoles. Les « compétences spécifiques » d'une SPLA-IN sont « déterminées par la loi » et « en attribuant à la SPEM des missions d'entretien et de maintenance des écoles, l'accord-cadre relatif au plan écoles méconnaît l'article L. 327-3 du code de l'urbanisme », a précisé le tribunal dans son jugement. L’Etat et la municipalité, les co-actionnaires de la société publique, ont jusqu'au 1er août pour parapher un nouvel accord-cadre. En parallèle, ils ont décidé d’interjeter appel la décision du TA.
Cette décision de justice a mis en lumière les complexités juridiques et administratives liées à la gestion des écoles par la SPEM. Elle a également soulevé des questions sur la répartition des responsabilités entre les différents acteurs impliqués dans le plan Écoles.
Perspectives d'Avenir
Malgré les défis rencontrés, le plan Écoles de Marseille reste une priorité pour la ville. Les projets de rénovation et de reconstruction des écoles maternelles, tels que celui de Kallisté, sont essentiels pour améliorer les conditions d'apprentissage des enfants et pour revitaliser les quartiers.
La ville de Marseille continue de travailler à la mise en œuvre du plan Écoles, en tenant compte des contraintes juridiques et financières. Les efforts se concentrent sur la recherche de solutions innovantes pour accélérer les travaux et pour garantir la qualité des infrastructures scolaires.
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Les informations relatives aux délais de recours, notamment le référé précontractuel et le référé contractuel, sont essentielles pour assurer la transparence et la légalité des procédures de passation des marchés publics.
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