L'école maternelle des Lauves, située entre Loubassanne et Beisson à Aix-en-Provence, est confrontée à une situation difficile qui suscite l'inquiétude des parents d'élèves et des enseignants. La fermeture d'une classe en 2018, combinée à l'augmentation démographique dans le secteur, a entraîné une surcharge des effectifs, impactant négativement les conditions d'apprentissage et le bien-être des enfants.
Fermeture d'une classe et augmentation des effectifs
En 2018, le ministère de l'Éducation nationale a décidé de fermer la cinquième classe de l'école maternelle des Lauves, en raison d'effectifs considérés comme suffisants, avec environ 24 élèves par classe. Cependant, avec la construction de nouveaux logements dans le quartier, l'école a vu son nombre d'élèves augmenter considérablement dès la rentrée 2020. Si la classe de toute petite section compte un nombre raisonnable d'élèves (14), les classes de petite et moyenne section et de grande section affichent des effectifs préoccupants, avec une moyenne de 31 élèves par classe, atteignant même 32 dans l'une d'elles.
Les préoccupations des parents d'élèves
Face à cette situation, les parents d'élèves se sont mobilisés dès le mois de juin en adressant des courriers à l'inspection d'académie et à la mairie. Ils ont également lancé une pétition pour demander la réouverture d'une classe, soulignant les conséquences néfastes de la surcharge des effectifs :
- Difficultés et retard dans l'apprentissage pour les enfants.
- Impossibilité d'accueillir les nouveaux arrivants en cours d'année.
- Difficulté à respecter la distanciation physique nécessaire dans le contexte sanitaire actuel.
Un couple de parents a décrit dans un courrier adressé aux instances leur désarroi face à cette situation : "Chaque matin, nous déposons notre fille dans les cris, le bazar, l'agacement général (…) Nous avons scolarisé notre fille dans son école de secteur et je suis choquée que dans un quartier loin d'être privilégié, nous ne mettions pas des moyens plus importants, à commencer par un effectif d'élève par classe décent."
Outre la question des effectifs, les parents d'élèves s'inquiètent également du manque d'Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) en raison d'arrêts maladie non remplacés. Ils dénoncent également les conditions difficiles dans lesquelles se déroule la pause méridienne, avec seulement deux personnes pour s'occuper de 70 enfants, ce qui ne permet pas d'assurer une aide individualisée et une alimentation suffisante pour tous. Une représentante des parents d'élèves souligne que "Cette situation est inhumaine pour tout le monde" et évoque le rythme de l'enfant : "Ils sont mis à la sieste plus tard que prévu. Certains se sont même endormis dans leur assiette. Quand je laisse mes enfants à l'école le matin, j'ai la boule au ventre. Je n'ai pas le choix avec mon travail mais je sais qu'ils ne vont pas passer une bonne journée. C'est très culpabilisant. Et je ne parle même pas du retard dans l'apprentissage."
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La réponse des autorités
Une représentante des parents d'élèves a été reçue par l'inspection de l'Éducation nationale à Aix, qui a indiqué qu'il n'y aurait pas d'ouverture de classe car d'autres écoles étaient considérées comme prioritaires. Du côté de l'inspection d'académie, on met en avant la nécessité d'assurer une équité entre les écoles et on se dit vigilant à la situation des Lauves, comme ailleurs.
L'élue à l'éducation, Brigitte Devesa, se montre solidaire des parents d'élèves et affirme avoir adressé deux courriers à l'inspection d'académie. Elle espère une issue positive et souligne que "le ministère a des barèmes mais des classes à plus de 30, c'est pas possible !". Elle assure que les enfants ne sont pas abandonnés et qu'elle reviendra à la charge si nécessaire.
Concernant les Atsem, elle indique que quatre sont à nouveau en place (deux étant en arrêt maladie), auxquelles s'ajoute un intervenant pour le périscolaire et l'heure de cantine. Interrogée sur le respect des gestes barrières dans ces conditions, elle dénonce un manque de cohérence : "Quand on voit qu'on nous fait fermer bars et restaurants, qu'on ne peut pas être réunis à plus de 10 et qu'on est 32 dans une classe, il faut savoir être cohérent ! On a des arguments à avancer à l'inspection."
Le point de vue syndical
Pour Virginie Akliouat, secrétaire générale du principal syndicat, le Snuipp-FSU13, le cas de l'école maternelle des Lauves est "l'exemple typique du manque de moyens dans notre département". Elle estime que sans la crise sanitaire, l'ouverture d'une classe aurait été possible, mais que le Ministère privilégie actuellement le remplacement des enseignants titulaires en cas d'infection au Covid. Elle dénonce un "cynisme de l'Éducation nationale" et critique l'effet pervers du dédoublement des classes, qui a entraîné une redistribution des moyens au détriment d'autres écoles.
Elle rappelle que jusqu'en 2019, un seuil de nombre d'élèves dépassé entraînait automatiquement l'ouverture d'une classe, mais que ce système a été abandonné, laissant le Ministère libre de ne plus rien faire. Elle conclut en dénonçant une situation où "32 élèves dans une classe, ça s'appelle de la garderie" et souligne que l'école se trouve dans un milieu défavorisé qui ne bénéficie pas des seuils abaissés.
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