L'accès aux métiers de la petite enfance, notamment celui d'auxiliaire de puériculture, est en constante évolution. Les réformes récentes, les conditions d'accès à la formation et les perspectives de carrière sont autant de sujets qui méritent d'être explorés en détail. Cet article se propose d'analyser les tenants et aboutissants de la profession d'auxiliaire de puériculture, en mettant en lumière les changements apportés par les dernières réformes et les défis auxquels sont confrontés les professionnels du secteur.
Le Rôle Crucial de l'Auxiliaire de Puériculture
L'auxiliaire de puériculture est un professionnel de santé qui exerce diverses activités au sein du domaine paramédical et/ou social. Spécialisé(e) dans le soin et l’hygiène du tout-petit, il ou elle accompagne quotidiennement les enfants dont elle s’occupe. L’Auxiliaire de Puériculture a un rôle particulier au sein de la crèche, il établit le lien avec les parents et les familles. Il donne des informations sur les journées de leurs enfants en crèche et devient ainsi un référent pour les familles.
L'infirmier ou l'infirmière, quant à lui, est habilité à pratiquer un ensemble d'actes médicaux, que ce soit sur prescription ou en application d'un protocole établi par un médecin. Ces actes comprennent les injections, les perfusions, la pose de sondes et les soins de pansements.
La Réforme du Diplôme d'Auxiliaire de Puériculture : Une Attente Palpable
Les travaux de réingénierie du diplôme d’auxiliaire de puériculture ont finalement abouti avec la publication de l’arrêté sur la formation et le diplôme d’AP au Journal Officiel le 10 juin dernier. Une réforme très attendue. Pendant toute la période où les travaux de réingénierie se sont déroulés, les AP ont beaucoup insisté pour se démarquer des aides-soignantes dont elles partagent la formation de base pour que les spécificités de leur métier soient préservées. Elles ont aussi revendiqué de retrouver des actes (comme la glycémie par exemple) qu’elles avaient peu à peu perdus, au gré des textes concernant les infirmiers… Mais, l’enjeu majeur de cette réingénierie, pour les professionnelles, c’était bien la revalorisation du métier d’auxiliaire de puériculture, l’un de ceux qui dans le ratio des personnels des modes d’accueil fait partie des 40% de « personnels diplômés ». Le diplôme d’AP est un diplôme d’état, très recherché car il ouvre sur un métier essentiel de la petite enfance. Professionnels, formateurs et futurs employeurs attendaient donc avec impatience la fin de ses travaux et les nouveaux référentiels sur les compétences, la formation, la certification mais aussi les annexes sur les dérogations, la VAE etc. Tous s’interrogent : cette réforme permettra d’elle de d’endiguer la crise de recrutement : les AP sont denrée rare. Les établissements hospitaliers, mais surtout les modes d’accueil en manquent cruellement.
Une Formation Remaniée : Durée et Stages
La formation se déroulera sur 12 mois au lieu de 10 mois. 1540 h au total. 770 h consacrées aux enseignements théoriques sur 22 semaines et 770 h de stages pratiques sur 22 semaines également. Dans le détail, 2 modules théoriques en plus soit 5 semaines de cours en plus (il est précisé que ceux-ci peuvent se dérouler en présentiel ou en distanciel dans la limite de 70% du total des cours). 4 stages au lieu de 6 stages précédemment d’une durée de 5 semaines chacun, sauf le dernier qui devra être de 7 semaines. Selon l’arrêté, « quatre stages peuvent être effectués dans différentes structures employeurs, publiques ou privées du champ sanitaire, social ou médico-social, en établissement ou en hospitalisation à domicile ». Mais il est précisé : « Le parcours de stage comporte au moins une période auprès d’enfants en situation de handicap physique ou psychique. » Rappelons que précédemment, un stage en maternité était obligatoire. Autre précision : « Au cours de ces stages, l’élève réalise au moins une expérience de travail de nuit et une expérience de travail le weekend. » Ce qui peut laisser entendre qu’un stage devra se faire en milieu hospitalier… Jean-Marc Grelet, directeur-adjoint de l’école d’auxiliaires de puériculture Paul Strauss craint néanmoins que le l’allongement de la formation ne constitue un frein à l’embauche. « Aujourd’hui, nos diplômés sortent en Juillet, assez tôt pour intégrer des équipes car les changements d’équipe se font à 90% fin août. Là ils sortiront en septembre. Or, en septembre, les structures ont déjà recruté leur personnel pour la rentrée » explique-t-il. De son côté Elsa Hervy, déléguée de la FFEC s’étonne du stage obligatoire … « L’idée de remplacer le stage obligatoire en maternité qui était un frein car très difficile à trouver par un stage obligatoire auprès d’enfants en situation de handicap est-elle vraiment une bonne idée ? N’est-ce pas remplacer un stage impossible par un autre stage impossible ? », ironiste-t-elle.
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Un Diplôme de Niveau IV : Vers une Filière Petite Enfance Structurée
Rappelons que, depuis septembre 2020, les concours d’entrée aux écoles d’auxiliaires ont été supprimés et qu’elles sont accessibles via une sélection sur dossier. Le diplôme obtenu à l’issue de la formation, sera un diplôme de niveau IV (baccalauréat). Il était auparavant de niveau V comme le CAP-AEPE. Ce devrait permettre, en tout cas dans les modes d’accueil, de créer une vraie filière petite enfance, avec une hiérarchie de diplôme claire qui permettra des progressions de carrière. L’arrêté prévoit la possibilité d’accéder à la formation et au diplôme par voie d’apprentissage sur 18 mois maxi. Il précise aussi que la formation peut être suivie de façon « continue, discontinue sur une période maximale de 2 ans », (sauf en cas de VAE). De nombreux cas d’allègement de formation sont envisagés : 9 diplômes donnent la possibilité d’être dispensés de tout ou partie de certains modules de formations. Au premier chef bien sûr le diplôme d’aide-soignante mais aussi le CAP-AEPE, le bac pro ASSP ou encore mais aussi des titres professionnels comme celui d’assistant de vie aux familles. Des ouvertures intéressantes pour ces diplômes mais un casse-tête pour les instituts de formation. « Cela va être une usine à gaz regrette Jean-Marc Grelet. Comment allons-nous pouvoir mettre en application les mesures dérogatoires prévues par l’arrêté ? Et n’est-ce pas donner de faux espoirs à tous ces candidats qui viendront via les congés individuels de formation, alors que déjà nos instituts manquent de places ! ».
Réactions des Professionnels : Satisfaction et Préoccupations
Pour l’Association Nationale des Auxiliaires de Puériculture (ANAP) qui n’a pas encore étudié tous les détails de l’arrêté, ces nouveautés concernant la formation et le diplôme d’AP « vont dans le bon sens ». Elles entérinent une « réévaluation du métier d’auxiliaire de puériculture et la spécificité de l’AP est reconnue. Par ailleurs, le référentiel de compétences nous redonne des tâches et actes qui nous avaient été enlevés. Et cela aussi est un motif de satisfaction. » L’ANAP apprécie aussi « la montée en Niveau IV du diplôme qui est très positive. Cette formation courte aboutit à la délivrance d’état d’auxiliaire de puériculture qui permet d’exercer auprès d’enfants et en binôme avec l’infirmier puéricultrice et assure un emploi immédiat.
La Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) : Une Voie Alternative vers le DEAP
La démarche classique, pour exercer le métier d’Auxiliaire de puériculture, est d'obtenir le DEAP (Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de Puériculture). Avant, il fallait passer le concours d’auxiliaire de puériculture. Aujourd’hui, vous devez vous inscrire dans des instituts de formation adéquats. La sélection se passe en deux temps. En premier lieu, pour intégrer une école d’auxiliaire de puériculture, vous constituez un dossier écrit que vous leur transmettez. Dans un second temps, vous effectuez un entretien individuel avec un jury afin qu’ils étudient votre profil et observent vos motivations à faire ce métier. La formation d'auxiliaire de puériculture prend entre 9 et 11 mois selon si vous possédez déjà un CAP AEPE ou non.
La VAE permet d’obtenir un nouveau diplôme, comme le diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture (DEAP), qui certifie l’aptitude du professionnel à réaliser des soins aux nouveau-nés et aux enfants en bas âge.
Qu'est-ce que la VAE ?
La VAE est une « Validation des Acquis de l’Expérience » est un dispositif permettant de valoriser les compétences acquises au cours d’expériences professionnelles ou bénévoles. Cette certification repose sur la reconnaissance des apprentissages réalisés en dehors du cadre scolaire. La VAE est organisée par les instituts de formation d’auxiliaire de puériculture (IFAP). C’est la loi de modernisation sociale, faisant partie du Code du Travail, qui établit le principe fondamental du droit individuel à la VAE. La validation des acquis de l’expérience permet d’obtenir un diplôme professionnel, sans avoir à passer le concours et les formations diplômantes correspondantes. Pour acquérir le diplôme d’Auxiliaire de Puériculture, le ou la candidate doit justifier d’expériences en lien direct avec le métier et le secteur de la petite enfance, et faisant foi de l’expertise de cette profession.
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Les Étapes de la VAE
La procédure se compose de plusieurs étapes, à commencer par la phase de recevabilité. Lors de cette première étape, le candidat doit prouver qu'il possède l'expérience nécessaire pour prétendre à la certification. Ensuite, il constitue le livret 2, un document détaillant ses activités et les compétences acquises pour ensuite le soumettre à une étude approfondie par un jury. Le processus aboutit à un oral de validation devant un jury qui évalue les capacités du candidat à travers une situation d’exercice décrite dans le livret 2 et discutée lors de l'entretien. Pour préparer cet oral, il est conseillé de s’entraîner avec des cas concrets et des mises en situation.
Financement de la VAE
À noter que la VAE peut bénéficier d’un financement partiel ou total par différents dispositifs tels que le CPF (Compte Personnel de Formation) ou les aides régionales. Ce soutien facilite l'accès à cette opportunité professionnelle.
Conditions d'Accès à la VAE
Le candidat doit avoir exercé une activité professionnelle en lien avec le secteur de la petite enfance pendant au moins un an. Cette expérience permet aux candidats d'acquérir une connaissance approfondie des besoins des enfants, des pratiques éducatives et des enjeux spécifiques de la petite enfance.
Durée et Coût de la VAE
La VAE d’auxiliaire de puériculture demande 6 à 12 mois. Si on doit comparer avec une formation complète au DEAP qui dure 9 à 11 mois, la durée est sensiblement équivalente. Une VAE coûte en moyenne entre 700 € et 1 500 €. Pour connaître le tarif applicable, renseignez-vous auprès de l’organisme certificateur choisi.
Compétences à Démontrer lors de la VAE
Depuis la loi El Khomri de 2016, le candidat à une VAE d’auxiliaire de puériculture doit justifier d’un an d’expérience dans le secteur demandé. Pour la valider, il doit avoir développé un ensemble de compétences mentionnées dans le référentiel d’activité de la profession d’auxiliaire de puériculture :
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- Accompagner un jeune enfant dans la réalisation de ses activités quotidiennes et les parents dans leur rôle éducatif ;
- Réaliser des activités d’éveil et de loisirs éducatifs favorisant le développement de l’enfant ;
- Apprécier l’état de santé des enfants et réaliser les soins adaptés ;
- Développer une communication adaptée aux enfants en bas âge et à leurs parents ;
- Accueillir et orienter les parents ;
- Choisir le matériel adapté à l’exercice de son activité et appliquer les techniques d’entretien dans les établissements médico-sociaux ;
- Transmettre les informations clés pour la continuité des soins et des activités ;
- Organiser son travail dans une équipe pluridisciplinaire.
VAE et Évolution Professionnelle
À savoir : il est possible de passer différentes VAE en fonction de sa profession spécifique dans le domaine des auxiliaires médicaux. En effet, plusieurs métiers du soin, de la santé, du social et de la petite enfance sont accessibles par la VAE, comme celui d’éducateur de jeunes enfants, celui d’infirmier de bloc opératoire ou celui d’auxiliaire de puériculture, par exemple ! Ainsi, en tant qu’auxiliaire de crèche, vous pouvez passer la VAE d’auxiliaire de puériculture. Un ou une AP peut passer celui d’EJE. Le diplôme d’Auxiliaire de Puériculture donne accès à des évolutions de carrière dans le milieu médical et social. Le titulaire de ce diplôme peut exercer dans un établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE), dans un centre de PMI (Protection Maternelle et Infantile) ou encore dans un service hospitalier.
Les Avantages et les Missions du Métier d'Auxiliaire de Puériculture
Le métier d’Auxiliaire de Puériculture chez Babilou : les valeurs et les missionsL’Auxiliaire de Puériculture, spécialisé(e) dans le soin et l’hygiène du tout-petit accompagne quotidiennement les enfants dont elle s’occupe. Le professionnel, grâce à ses connaissances et son savoir-faire, participe activement à renforcer la qualité d’accueil des enfants en crèche. Ainsi, le métier d’Auxiliaire de Puériculture demande de porter des valeurs telles que la bienveillance et l’engagement.
Chez Babilou, l’Auxiliaire de Puériculture aura l’opportunité d’élaborer avec l’ensemble de son équipe, un projet pédagogique pensé pour le développement et le bien-être des enfants. Ce Projet Pédagogique entre en accord avec les valeurs de chaque métier présent en crèche, ainsi, il permettra aux professionnels de la petite enfance de mettre à profit leurs connaissances du développement de l’enfant.
L’exercice du métier d’Auxiliaire de Puériculture en crèche permet au professionnel de bénéficier de jours de travail en semaine du lundi au vendredi. A l’inverse, des établissements hospitaliers dans lesquels les jours et horaires de travail sont plus amples et souvent moins avantageux. Enfin, chez Babilou, qui possède des crèches sur l’ensemble du territoire, l’Auxiliaire de Puériculture pourra bénéficier d’une mobilité géographique. Ce dispositif permet au professionnel que vous êtes d’améliorer votre équilibre de vie professionnelle et personnelle.
Le Salaire d'un Auxiliaire Médical
Le salaire d'un auxiliaire médical peut varier en fonction de plusieurs facteurs tels que le pays, la région, le secteur d'activité, son niveau d’expérience professionnelle, les qualifications et les responsabilités spécifiques de la profession exercée. Cela dépend aussi de si le professionnel effectue son activité en tant que salarié ou en tant que libéral. Par exemple, un auxiliaire de puériculture qui travaille en crèche peut gagner en moyenne entre 1 680 € et 1 840 € par mois.
Le fonctionnement du salaire pour les auxiliaires médicaux exerçant en tant que professionnels libéraux diffère de celui des salariés, puisqu’ils perçoivent des honoraires plutôt qu'un salaire fixe mensuel. Les honoraires dépendent également des mêmes facteurs cités précédemment. Les auxiliaires médicaux libéraux sont souvent affiliés à la Sécurité sociale en tant que professionnels de santé. Les patients reçoivent donc en partie des remboursements par l'assurance maladie selon le montant du ticket modérateur.
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