Un diagnostic de gestation précoce est une étape primordiale dans la gestion d’une saison de reproduction. L’échographie s’impose comme une méthode performante, rapide et relativement peu coûteuse pour suivre une jument mise à la reproduction. L’échographie est un outil indispensable pour le suivi de la gestation chez la jument. Elle offre aux professionnels un aperçu précieux du développement du fœtus, du placenta et de l’utérus, permettant ainsi une surveillance optimale de la grossesse et une intervention rapide en cas de complications.L’échographie de la jument est un acte vétérinaire. Toute personne non vétérinaire pratiquant les actes d’échographie chez la jument peut être poursuivie pour exercice illégal de la médecine vétérinaire.
Importance de l'échographie dans le suivi de la gestation
L’échographie constitue un pilier quasi indispensable pour suivre une jument gestante et anticiper la mise bas, condition sine qua non à la naissance d’un poulain en bonne santé. Le praticien doit suivre toutes les phases pour prévenir au mieux une mort embryonnaire précoce ou un avortement. L’échographie est un outil diagnostique intéressant en reproduction équine, bien que la maîtrise de la palpation transrectale de l’appareil reproducteur de la jument soit indispensable.
Diagnostic précoce de gestation
Quel que soit le type de monte, 13 à 14 jours après la date d’ovulation ou le refus constaté, la jument peut être repassée à la barre de soufflage : Si elle ne revient pas en chaleurs, un constat de gestation par échographie doit être réalisé par un vétérinaire pour confirmer la gestation ; Si le passage à la barre n'est pas possible, l'examen à l'échographie est indispensable pour savoir si elle est pleine. L’échographie permet d’effectuer un constat de gestation précoce et mettra en évidence des éventuels jumeaux, indésirables chez la jument. Si la jument est diagnostiquée pleine à l'échographie à 14 jours, une confirmation de gestation est indispensable entre le 30ème et le 35ème jour de gestation.
Techniques d'échographie chez la jument
Il existe deux techniques principales : l’échographie transrectale et l’échographie transabdominale. Le choix du matériel échographique et des paramètres d’imagerie est crucial pour obtenir des images de qualité et interpréter correctement les résultats.
Approche transrectale
L’approche transrectale est la voie échographique la plus conventionnelle en ce qui concerne la reproduction des équidés. Une sonde transrectale de 5.0 ou 7.5 MHz est utilisée jusqu’à 3 à 4 mois de gestation. Elle permet de réaliser l’échographie des deux ovaires et de l’utérus. Pendant l’examen échographique, elle est positionnée sur le corps de l’utérus puis sur chacune des deux cornes jusqu’aux ovaires.
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Approche transabdominale
À partir de 90 jours de gestation, le fœtus tombe dans la cavité abdominale et ne peut plus être échographié entièrement. L’approche transabdominale est alors utile pour évaluer le fœtus dans son entièreté. Une sonde macroconvexe de 2,5 à 3,5 MHz placée cranialement et latéralement à la mamelle est requise pour balayer, latéro-latéralement et cranio-caudalement, l’abdomen préférablement tondu. En se développant, le fœtus peut être trouvé caudalement à l’appendice xiphoïde. Cette approche peut également être l’unique voie possible lorsque l’échographie transrectale n’est pas réalisable, en raison de la taille de la femelle notamment. Il est difficile d’échographier parfaitement le fœtus entre 80 et 100 jours de gestation, que ce soit par voie transrectale ou par voie transcutanée, surtout si la jument est primipare. Il est donc judicieux de réaliser un examen échographique auparavant.
Développement embryonnaire et aspects échographiques
Entre J6 et J16, l’embryon se déplace dans l’ensemble de l’utérus. Cette mobilité est nécessaire à la première réponse lutéale de la gestation. Lors d’un diagnostic de gestation précoce, il est donc primordial de réaliser une échographie lente et méthodique des deux cornes utérines et du corps de l’utérus afin de ne pas passer à côté d’une gestation ou d’un second embryon.
J6 à J16 : Mobilité embryonnaire
Entre J6 et J16, l’embryon se déplace dans l’ensemble de l’utérus. Cette mobilité est nécessaire à la première réponse lutéale de la gestation. Lors d’un diagnostic de gestation précoce, il est donc primordial de réaliser une échographie lente et méthodique des deux cornes utérines et du corps de l’utérus afin de ne pas passer à côté d’une gestation ou d’un second embryon.
Aspects échographiques précoces
Échographiquement, l’embryon apparaît sphérique et empli d’un liquide anéchogène. À partir de J10 à J12, une seconde membrane embryonnaire transforme le blastocyte en sac vitellin. La vésicule embryonnaire est marquée par deux petits points hyperéchogènes à son pôle ventral et à son pôle dorsal correspondant à des artefacts ultrasonores sans signification structurelle précise. Le mésoderme apparaît entre l’ectoderme et l’endoderme. À ce stade, l’image échographique est plus typique puisque les deux traits hyperéchogènes dorsalement et ventralement au sac vitellin sont nettement visibles. Autour de la vésicule embryonnaire, l’utérus apparaît comme légèrement œdématié. Cet aspect est le plus souvent normal. L’embryon se fixe le plus souvent à la base d’une des cornes utérines et grossit rapidement jusqu’à J16. Les contractions utérines sont à ce stade plus importantes à la base des cornes, ce qui immobilise l’embryon à ce niveau. La turgescence de la muqueuse utérine augmente aussi en réponse à l’imprégnation hormonale. Le liquide embryonnaire apparaît transitoirement d’échogénicité hétérogène. L’embryon n’est pas encore visible, mais sa structure commence à se développer avec notamment l’apparition du sac amniotique, invisible à l’échographie. L’allantoïde apparaît bien qu’il soit encore invisible échographiquement.
J20 à J35 : Développement de l'embryon
La première détection de l’embryon est possible, sous la forme d’une petite structure échogène en regard de l’aspect ventral du sac allantoïde. L’ébauche du cordon ombilical est identifiable sous la forme d’une fine ligne hyperéchogène entre le sac vitellin et l’allantoïde. Le sac allantoïde est visible sous la forme d’une zone proéminente hypoéchogène qui se développe sous l’embryon, le poussant ainsi dorsalement au fur et à mesure que le sac vitellin régresse. Le sac allantoïde poursuit son développement et le sac vitellin sa régression, ce qui a pour effet de déplacer l’embryon de plus en plus dorsalement. À ce stade, l’allantoïde occupe 50 % de la vésicule et le vitellus les autres 50 %. Par palpation transrectale, l’embryon a la taille d’un pamplemousse. Ses battements cardiaques sont bien visibles. Les cupules endométriales se développent. Elles sont invisibles à l’échographie, et leur production d’hormone gonadotrophine chorionique équine (eCG) a des répercussions visibles sur les ovaires par le développement de multiples follicules. En parallèle, les corps jaunes situés sur les ovaires produisent de plus en plus de progestérone. Il est indispensable d’examiner la jument avant J35 car les cupules endométriales ne peuvent pas être lysées. Ainsi, à ce stade, la gestation peut être interrompue, notamment si une gémellité est mise en évidence.
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Transition embryon-fœtus : J35 à J50
Cette phase marque la transition entre le stade embryonnaire et le stade fœtal avec notamment les premiers mouvements du fœtus. La convergence des parois de l’allantoïde autour de l’ouraque, des vaisseaux sanguins et du reste du sac vitellin donne naissance au cordon ombilical qui s’allonge au fur et à mesure de la descente du fœtus, accomplie à environ 50 % à J45, et qui atteint le plancher de l’allantoïde à J50. Le fœtus tombe dans la cavité abdominale et la voie transrectale n’est plus appropriée pour évaluer l’entièreté du fœtus.
Après J180 : Fermeture des cornes utérines
À partir de J180 à J190, les cornes utérines se ferment, ainsi le fœtus et l’allantoïde sont retenus dans le corps de l’utérus.
Interprétation des images échographiques
L’interprétation des images échographiques nécessite une expertise et une connaissance approfondie du développement fœtal et des complications potentielles. Le protocole d’examen doit être adapté au stade de la gestation et aux objectifs de l’examen.
Signes de gestation
- Sac gestationnel: Une structure ovale hypoéchogène, identifiable dès 14 jours de gestation, indique une grossesse.
- Embryon: Une petite structure ronde, identifiable dès 20 jours de gestation, représente l’embryon en développement.
- Battement cardiaque: Détectable dès 25 jours de gestation, le battement cardiaque de l’embryon est un signe vital important pour la viabilité de la grossesse.
Complications potentielles
- Grossesse multiple: L’identification de plusieurs sacs gestationnels, souvent visibles dès 18 jours de gestation, indique une grossesse multiple.
- Autres complications: La grossesse extra-utérine, l’absence de sac gestationnel ou une résorption embryonnaire peuvent être détectées précocement.
Suivi du développement fœtal
- Développement fœtal: Suivi de la taille, de la forme et de la morphologie du fœtus, permettant d’évaluer sa croissance et de détecter d’éventuelles anomalies.
- Mesures des paramètres clés: Longueur tête-cul, diamètre du sac gestationnel et longueur fémur, sont des paramètres essentiels pour évaluer le développement du fœtus et la progression de la gestation.
- Malformations congénitales: Détection de malformations fœtales, telles que des malformations cardiaques, des malformations squelettiques, ou des malformations cérébrales, permettant une prise en charge adaptée.
- Évaluation du placenta: Observation de la vascularisation et de la structure du placenta, permettant de détecter d’éventuelles anomalies et de prévenir des complications potentielles.
- Prédiction du terme: Estimation de la date de mise bas en fonction de la taille du fœtus et des paramètres clés, permettant une meilleure préparation à l’arrivée du poulain.
- Bien-être fœtal: Observation des mouvements fœtaux et de la circulation sanguine placentaire, permettant d’évaluer l’état de santé du fœtus et de détecter d’éventuelles anomalies.
- Complications de fin de gestation: Détection de complications potentielles, telles que la malposition fœtale, l’hydrops fœtal, le placenta praevia, permettant une intervention rapide et une prise en charge adaptée.
Facteurs influençant la gestation et l'échographie
Pathologies et risques
La métrite contagieuse équine (MCE), due à Taylorella equigenitalis, est une maladie qui se transmet principalement à l’accouplement et qui peut être à l’origine d’une mort embryonnaire précoce. Les signes cliniques sont des écoulements vulvaires abondants blanc-gris et mucopurulents observés 10 jours après les accouplements contaminants. Les juments affectées retournent alors en chaleur après un cycle œstral raccourci en raison d’un utérus enflammé et infecté (endométrite). Puis la bactérie persiste pendant plusieurs mois ou plusieurs années au niveau du sinus clitoridien de façon asymptomatique.
La moindre inflammation ou infection de l’endomètre, pas toujours identifiable à l’échographie, entraîne une production de PGF2α dans le myomètre qui provoque une lutéolyse du CJ primaire. La jument revient alors en chaleur. La mort embryonnaire s’accompagne d’un œdème et de liquide utérin.
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Les placentites (inflammation ou infection) peuvent provoquer une mort fœtale, une momification, un avortement, un retard de croissance, une mise bas prématurée ou une mortinatalité à terme. Certains avortements surviennent à la suite d’une affection brève et aiguë (par exemple, avortement à herpèsvirus équin de type 1 [EHV-1] qui se déroule sans aucun prodrome). Les placentites sont plus souvent observées lors d’un avortement infectieux et commencent par une congestion, suivie d’une hémorragie, puis de la nécrose et du décollement des villosités choriales. L’œdème augmente et l’allanto-chorion change de couleur (de rouge à jaune ou marron). Des micro-organismes peuvent pénétrer le placenta soit par voie hématogène, soit, le plus fréquemment, par voie ascendante depuis le vagin. Le fœtus s’infecte, soit directement par la circulation sanguine ombilicale, soit de manière indirecte à partir du liquide amniotique ingéré, inhalé, ou bien au contact de la peau (passage transcutané). Les signes cliniques de suspicion d’une placentite sont un gonflement mammaire prématuré et/ou des écoulements vulvaires. La mesure échographique de l’épaisseur combinée de l’utérus et du placenta permet d’établir le diagnostic.
Les anomalies du cordon ombilical sont la première cause d’avortement non infectieux. La mort d’un fœtus à terme se produit juste avant la naissance. Une dystocie, une anoxie ou une asphyxie fœtale et certaines infections (par exemple, EHV-1) peuvent être la cause d’une mortinatalité. La gémellité est une cause importante d’avortement non infectieux. Les gestations dans le corps utérin sont exceptionnelles et la plupart aboutissent à un avortement tardif.
L’hydro-allantoïde est caractérisé par une accumulation rapide et excessive de liquide allantoïdien (parfois 100 à 200 litres) en raison d’un dysfonctionnement du placenta. Si elle n’est pas spontanée, l’expulsion du fœtus peut être obtenue par perfusion d’ocytocine (5 à 10 UI). L’évacuation par le col des liquides fœtaux doit être lente et progressive pour limiter le risque de choc pour la jument. Le fœtus est souvent expulsé vivant, mais rapidement euthanasié. L’hydramnios consiste en une accumulation excessive de liquide amniotique. La dilatation de l’utérus est nettement moins marquée et moins rapide que lors d’hydro-allantoïde. Le fœtus n’est pas viable.
La rupture du tendon prépubien est observée chez les poulinières plus âgées qui ont déjà eu plusieurs poulains. Un hydro-allantoïde, un gros fœtus ou une gestation gémellaire constituent des facteurs de risque. Lorsque la rupture n’est pas encore complète et que l’objectif est de sauver la jument (son état se dégrade en général rapidement), l’interruption de la gestation est indiquée. Si l’objectif est en revanche de sauver le poulain et que la date du terme est proche, un soutien de l’abdomen avec plusieurs rouleaux de bande de contention (ou un corset) est indiqué. Si la jument survit, sa carrière reproductrice est normalement terminée.
Des gestations anormalement prolongées surviennent chez des juments qui consomment des fourrages contenant de la fétuque parasitée par Acremonium coenophalium (affection décrite uniquement en Amérique du Nord). Ces juments présentent un placenta épaissi, un développement mammaire réduit avec une agalactie et parfois un fœtus expulsé mort-né. La contamination des prairies par le champignon parasite entraîne la production d’un alcaloïde qui agit sur les récepteurs à dopamine et inhibe la sécrétion de prolactine.
La position du fœtus dans l’utérus semble affecter l’incidence des malformations fœtales. Si le fœtus se trouve en présentation longitudinale postérieure ou transversale pendant la première moitié de la gestation, ce n’est pas inquiétant car il peut changer de présentation. En revanche, après le 8e mois, il doit être en présentation longitudinale antérieure. Si l’encolure du poulain est maintenue en flexion (à gauche ou à droite) en fin de gestation, la compliance utérine s’en trouve réduite et les vertèbres cervicales vont être ossifiées dans cette posture, entraînant alors une ankylose. Bien que logiques, ces observations restent néanmoins surprenantes dans la mesure où le corps utérin est rempli de liquide en fin de gestation et où la tête et le cou du fœtus restent mobiles à ce stade. Lorsque les anomalies fœtales sont suffisamment graves, une césarienne est nécessaire et le poulain peut naître avec des malformations sévères telles qu’une scoliose, un torticolis et des déformations des membres. Le pronostic en semble assombri, mais une récupération spontanée est possible.
En fin de gestation, la fréquence cardiaque des juments au repos est naturellement plus élevée (40 à 60 battements par minute [bpm] versus 28 à 40 bpm hors gestation). Cette augmentation ne doit pas être confondue avec les prodromes d’une atteinte digestive, d’autant que les signes de coliques ne sont pas rares chez la jument presque à terme (au cours des 2 dernières semaines) et que l’exploration de l’abdomen peut se révéler difficile par voie transrectale lorsque l’utérus est élargi. Un volvulus du côlon est la cause la plus fréquente de coliques chez les juments gestantes. La torsion utérine est une affection rare chez la jument, mais doit être recherchée lorsque des signes de coliques sont observés. À la suite de coliques, la jument gestante présente parfois des signes d’endotoxémie, avec une dépression, une anorexie, de la fièvre, une tachycardie, une leucopénie et une déshydratation.
Gestion de la jument gestante
Il est judicieux de consigner la conformation vulvaire et la présence d’écoulements avant la palpation. L’examen exhaustif du tractus génital de la jument comprend toujours la palpation du col, de la bifurcation entre les deux cornes, des deux cornes utérines et des deux ovaires. Chez la jument gravide, les ligaments larges doivent également être palpés.
Enfin, il est toujours intéressant d’échographier la corne non gestante dont les replis paraissent plus épais que ceux de la corne gestante dilatée par la présence du fœtus. Cet aspect épaissi des replis ne doit pas être confondu avec une placentite.
Il est essentiel de se renseigner au préalable sur la technique de monte disponible pour cet étalon afin d'anticiper la gestion des chaleurs pendant la saison de monte. De façon globale, il faut éviter de cumuler les risques pour une fertilité optimale. Par exemple, si votre jument a une fertilité faible, préférez lui mettre un étalon fertile avec une technique de monte donnant les meilleurs résultats (monte en main ou IAF).
Alimentation de la jument gestante
Le foin et l’herbe doivent constituer la majeure partie du repas de la poulinière. Le foin doit être de bonne qualité, idéalement riche en protéines, non-poussiéreux et surtout sans moisissure. Si l’herbe vient à manquer ou si le foin est peu riche, il est possible d’ajouter une ration de concentrés, surtout dans les 3 derniers mois de gestation.
Concernant ses besoins nutritionnels, ils sont quasiment identiques durant les cinq premiers mois de gestation. Le besoin augmente, mais la capacité d’ingestion de la jument va diminuer à cause de la place que prend le fœtus dans la cavité abdominale, il faudra donc trouver un moyen de lui apporter plus d’énergie dans de plus petits volumes.
Une alimentation insuffisante d’une jument en lactation ou présentant une faible note d’état corporel peut entraîner une interruption précoce de la gestation. Un régime appauvri en protéines conduit plus souvent à l’interruption précoce de la gestation qu’un régime à haute teneur en protéines (36 % versus 7 %). Une diminution de poids supérieure à 25 kg pendant la lactation est souvent à l’origine d’une perte de l’embryon en début de gestation, tandis que cela n’est pas observé chez des juments nourries avec une ration de meilleure qualité.
Suivi ovarien et hormonal
Entre le 6e et le 15e jour postovulation, la mobilité de la vésicule embryonnaire joue un rôle important dans le mécanisme de reconnaissance maternelle. Le corps jaune (CJ) produit à ce stade de la progestérone en quantité suffisante pour obtenir des concentrations circulantes d’environ 4 ng/ml. La présence du conceptus dans la lumière utérine inhibe la sécrétion de prostaglandines (PG) F2α par l’endomètre au moment de la lutéolyse. Cela entraîne une sécrétion continue de progestérone par le CJ, responsable du début de la gestation. Le premier CJ est la source principale de progestérone jusqu’au 40e jour de gestation.
La supplémentation en progestérone est couramment utilisée pour tenter de prévenir une perte embryonnaire précoce, bien que l’efficacité d’un tel traitement ne soit pas encore bien établie. En France, l’altrénogest (Regumate®) est utilisé à 0,044 mg/kg par voie orale. La durée de la supplémentation dépend de la production de progestérone par les CJ ; elle comprend la période pendant la formation des cupules endométriales et du placenta (environ 120 jours postovulation). Si le traitement progestatif doit être interrompu avant 120 jours de gestation, il est judicieux d’analyser auparavant les concentrations sériques de progestérone. Les concentrations minimales en progestagènes placentaires requises pour la survie et le développement du fœtus sont difficiles à apprécier.
Seul un vétérinaire peut pratiquer le suivi ovarien de votre jument. Il a les connaissances et la compétence pour effectuer un diagnostic et ensuite bien vous conseiller.
Corps jaune persistant
Sur une jument vide, après une ovulation normale, il arrive que le corps jaune se mette en place mais ne soit pas détruit au bout de 12-13 jours, alors qu'il n'y a pas de gestation en cours. Cet état survient plutôt en fin de printemps ou début d’été, bien qu’il soit possible d’en avoir pendant la saison. Les raisons de l’apparition de ce type de corps jaune ne sont pas connues. Plusieurs hypothèses sont possibles, comme par exemple une deuxième ovulation pendant la phase lutéale, qui forme un corps jaune qui ne serait pas sensible aux prostaglandines (car âgé de moins de 5 jours à la décharge), ou alors un utérus abîmé qui ne va pas naturellement sécréter la prostaglandine. Si rien n'est fait, ce corps jaune peut rester en place jusqu'à 80 jours. À cause de ce dernier, la jument ne revient pas en chaleurs.
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