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Nourrir un oisillon : Guide complet pour les soins et l'alimentation

Il arrive fréquemment de trouver un oisillon tombé du nid, que ce soit dans un jardin ou en pleine nature. Face à cette situation, il est crucial d'agir rapidement et de manière appropriée pour maximiser ses chances de survie. Cependant, il est essentiel de rappeler que la détention d'oiseaux sauvages est interdite, sauf en cas d'urgence ou si l'oiseau est blessé et doit être conduit vers un centre de sauvegarde. Avant de s'occuper d'un oisillon, il faut vérifier s'il est vraiment orphelin ou s'il est possible de le remettre dans son nid. Contrairement à une idée reçue, les parents oiseaux ne rejettent pas leurs petits si un humain les a touchés, car ils ont un sens de l'odorat limité et continueront de les nourrir s'ils sont replacés à proximité du nid.

Préparation de l'environnement de l'oisillon

Si vous avez ramené l'oisillon chez vous, installez-le dans un petit panier, une boîte à chaussures ou une boîte de margarine dont le fond sera tapissé de papier toilette ou de serviettes en papier pour un nettoyage facile. Déposez le nid de remplacement dans un carton pour l'isoler de l'entourage et faites attention aux poussières.

Identification de l'espèce et des besoins alimentaires

Quand on veut nourrir un oisillon, il est utile de reconnaître l’espèce, et en particulier de savoir s’il s’agit d’une espèce insectivore (merles, grives, rougegorges, troglodytes, rouge-queues, hirondelles…) ou granivore (verdier, pinson, serin, tarin…). Mais quand ils sont très petits, leurs besoins alimentaires sont très proches et doivent être riches en protéines. En outre, ces poussins sont indiscernables.

Il existe trois grandes catégories alimentaires chez les bébés oiseaux. Chacune demande une approche spécifique.

Oiseaux nidicoles et nidifuges

Il est important de distinguer les différents types d'oisillons :

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  • Les nidifuges : dès leur naissance, ils ont les yeux ouverts, sont couverts de duvet, sont actifs et sont capables de quitter le nid au bout d’un jour ou deux.
  • Les semi-nidicoles : (yeux fermés ou ouverts, peu ou pas de duvet, incapables de quitter le nid).
  • Les nidicoles : (yeux fermés, peu ou pas de duvet, incapables de quitter le nid pendant quelque temps).

Voici ci-dessous les descriptions d’oisillons de six espèces fréquentes dans les villes et les jardins peu après leur éclosion : savoir les reconnaître est utile pour les aider plus efficacement.

  • Oisillons nidicoles très jeunes de Merle noir (Turdus merula). Description : nidicole. Duvet assez long mais clairsemé gris fauve couvrant le dos et la tête. Gosier jaune. Période de dépendance : les deux parents prennent soin des oisillons qui séjournent 12 à 19 jours au nid.
  • Oisillons d’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris). Notez (1) le duvet assez long grisâtre et (2) le gosier jaune. Description : nidicole. Duvet assez long et abondant, grisâtre. Gosier jaune vif. Période de dépendance : les deux parents nourrissent les oisillons qui demeurent 20 à 22 jours au nid.
  • Description : nidicole. Duvet gris sur la tête et sur la partie supérieure du dos, plus fourni sur la tête. Gosier orange. Période de dépendance : les deux parents prennent soin des oisillons, dont les yeux s’ouvrent à huit ou neuf jours.
  • Description : nidicole. Duvet blanc grisâtre, court et clairsemé sur la tête et sur les épaules. Les premières plumes gris-bleutées sur les ailes aident à reconnaître l’espèce.
  • Description : nidicole. Nu. Gosier jaune rosâtre. Oisillons très jeunes de Mésange charbonnière (Parus major).
  • Oisillon très jeune de Moineau domestique (Passer domesticus).

Besoins spécifiques

  • Oiseaux insectivores: Ce sont les plus nombreux en milieu naturel (mésanges, rouges-gorges, hirondelles, martinets…). Ils consomment :Insectes vivants ou lyophilisés, Pâtée insectivore, Mélanges protéinés sans céréales. Objectif : apporter protéines, humidité et digestion facile.
  • Oiseaux granivores: Pigeons, tourterelles, moineaux… Contrairement aux idées reçues, les graines n’interviennent que tard. Au début, ils sont nourris de “lait de jabot” ou d’une bouillie tiède riche en protéines.Une préparation maison possible : eau + farine de maïs + pâtée d’élevage + œuf dur écrasé. Le tout mixé et tiédi.
  • Oiseaux omnivores: Merles, étourneaux, pies… Ils mangent un peu de tout. On leur donne :Insectes, Fruits mûrs (banane, pomme sans peau), Pâtée omnivore ou insectivore. Jamais d’agrumes. Leur acidité est mal tolérée.

Réhydratation

La plupart des poussins que l’on récupère sont déshydratés et sous-alimentés. Il faudra les réhydrater avant de leur donner à manger. Pour vérifier le degré de déshydratation, vous pouvez regarder l’intérieur de leur bec : s’il est humide, c’est que tout va bien. Un oiseau déshydraté a en outre, généralement la peau rougeâtre. Il ne faut jamais mettre de force du liquide dans le bec d’un oisillon car il y a un risque de pneumonie ou même de noyade. Il existe des boissons spécialement conçues pour la réhydratation, comme Gatorade ou Ringer lactate. Vous pouvez aussi élaborer votre propre boisson en faisant bouillir un quart de tasse de sirop de maïs (que l’on utilise de préférence à la place du saccharose car plusieurs poussins ne le supportent pas) et en ajoutant une pincée de sel. Laissez tiédir, trempez-y votre doigt et faites tomber des gouttes dans le bec. Il ne faut pas prendre l’oiseau dans la main pour le nourrir et l’hydrater, sauf si c’est absolument nécessaire, et en tout cas, il ne faut pas le tenir par son dos. Il ne faut pas non plus verser de liquide directement dans la gorge : il suffit d’en déposer un peu sur le bout du bec et le laisser descendre par capillarité.

Préparation de la nourriture

Quand on veut nourrir un oisillon, il est utile de reconnaître l’espèce, et en particulier de savoir s’il s’agit d’une espèce insectivore (merles, grives, rougegorges, troglodytes, rouge-queues, hirondelles…) ou granivore (verdier, pinson, serin, tarin…) : mais quand ils sont très petits, leurs besoins alimentaires sont très proches et doivent être riches en protéines. En outre, ces poussins sont indiscernables.

Les poussins d’oiseaux insectivores, comme les étourneaux ou les merles, ont besoin de grandes quantités de protéines animales. Ces oisillons sont en outre nourris presque exclusivement avec des insectes par leurs parents, et ils ne sont pas habitués à ingérer des aliments liquides. On estime qu’un étourneau adulte a un régime alimentaire constitué d’un tiers de protéines et de 12 % de matières grasses.

Les croquettes pour chats ou pour chiens imbibées d’eau sont aussi conseillées : il s’agit en effet d’une nourriture riche en protéines et facile à se procurer. Lors du choix d’une marque, lisez l’étiquette pour vous assurer non seulement que les proportions de protéines et de lipides sont correctes (environ 30 et 12 %), mais aussi que l’ingrédient principal est du poulet ou de la viande de boeuf. Pour un bénévole dans un centre de soins, il faut privilégier les marques d’aliments utilisant des produits de qualité comme Almo Nature. Il vaut mieux limiter l’usage de formules toutes prêtes disponibles dans les oiselleries car les oiseaux d’élevage ont des besoins nutritionnels différents de ceux trouvés dans la nature. Les régimes pour oiseaux de volière sont riches en protéines végétales (maïs, soja) et manquent de protéines animales (leur proportion est en général inférieure à 20 %). Quand l’oisillon grandira, ajoutez graduellement des vers finement découpés, des sauterelles, des grillons et d’autres insectes. Une bonne source d’approvisionnement en insectes est une lampe électrique « tueuse ».

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utilisez de la nourriture humide pour chat en s’assurant que le poulet ou le bœuf est bien l’ingrédient principal. Mélangez une tasse d’aliment, un quart de tasse de compote de pommes, un œuf dur, des vitamines pour oiseaux (en respectant le dosage), environ 750 mg de calcium réduit en poudre dissout dans un peu d’eau. Ce mélange peut être séparé en portions et congelé. Il ne faut le laisser à température ambiante que pendant une heure ou deux car il peut tourner.

Les moineaux, les pinsons ou les verdiers sont des espèces granivores. Les jeunes ouvrent leurs yeux quand ils ont entre trois et cinq jours et ils quittent le nid entre 14 et 21 jours. Les adultes possèdent dans leur gésier des particules dures qui les aident à digérer les graines. Le régime idéal pour leurs poussins sera composé de 21 à 30 % de protéines brutes, 2 à 3 % de matières grasses, et 6 à 12 % de fibres. Un bénévole dans un centre de soins conseille la pâtée d’élevage Nutribird A19 /A21 que l’on peut trouver dans les animaleries. Les boules ne devront pas être trop grosses. D’autres aliments concentrés (« starters ») sont disponibles dans le commerce, comme le Monkey Crunch 20 de Mazuri (Mazuri.purinamills.com) ou l’AvianBreeder Natural Diet de Zupreem (Zupreem.com). Après broyage, le Monkey Crunch 20 pourra par exemple être donné tel quel. Il est possible d’ajouter de la farine de soja, des germes de blé et de la poudre d’œuf entier dans un rapport de 4:1:1:1. Vous pouvez stocker les mélanges en poudre dans votre congélateur pour empêcher la présence de charançons et de papillons.

Il est aussi possible de créer une ration soi-même : dans une tasse, mélangez de la farine de maïs, de la farine d’avoine et deux tasses d’œuf dur râpé; ajoutez six tablettes broyées, de 750 mg de carbonate de calcium, 650 mg de vitamine E, 500 mg de vitamine C et une tablette multi vitaminée contenant environ 2 200 mg de vitamine A et 10 mg de vitamine D3.

Les adultes de pigeons et tourterelles produisent un « lait » (lire De nouvelles découvertes sur le lait de pigeon) dont ils nourrissent leurs oisillons. Un bénévole dans un centre de soins prépare un mélange composé de 80 grammes de farine complète (type 150) bio, de 20 grammes de poudre de jaune d’œuf (jaunette), de 30 grammes de son d’avoine moulu et de trois grammes de vitamines en poudre (ou liquide, à ajouter dans l’eau de boisson). Pour les jeunes oiseaux aux yeux à peine ouverts, il faut ajouter de l’eau bouillante à ce mélange selon la proportion d’un gramme pour 0,5 ml de liquide. Il faut confectionner une boule et que l’on divisera en petites boulettes que l’on retrempera rapidement dans l’eau chaude juste avant de les mettre dans le bec. Il faut peser l’oisillon tous les jours et augmenter progressivement la quantité distribuée (normalement un gramme en plus chaque jour, sachant qu’il faut qu’il grossisse quotidiennement d’environ six grammes).

Pour les canetons, vous pouvez donner du maïs, de la laitue et de la nourriture achetée en magasin. S’ils ne mangent pas seul, la présence d’un poussin de poule domestique pourra les stimuler.

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Les poussins de Moineaux domestiques sevrés vont commencer à ramasser et à manger de petites graines et de la nourriture pour chiens.

Ce qu’il ne faut surtout pas donner à un bébé oiseau

Face à un oisillon, beaucoup agissent avec de bonnes intentions mais des gestes inadaptés. Donner du pain, du lait, de la biscotte ou des miettes reste une erreur dramatique. Ces aliments gonflent dans l’estomac, entraînent des fermentations et bloquent l’appareil digestif. Le lait, même végétal, n’est jamais toléré par aucun oiseau. Contrairement aux mammifères, les oiseaux ne produisent pas de lactase, l’enzyme qui permet de digérer le lactose.

Autre erreur fréquente : donner de l’eau directement dans le bec avec une pipette ou une seringue. Le risque de fausse route est élevé, l’eau peut passer dans la trachée et causer une pneumonie par aspiration. La réhydratation se fait toujours via des aliments humides ou par des solutions spécifiques dosées et administrées avec précaution.

Méthode d'alimentation

Il ne faut pas prendre l’oiseau dans la main pour le nourrir et l’hydrater, sauf si c’est absolument nécessaire, et en tout cas, il ne faut pas le tenir par son dos. Il ne faut pas non plus verser de liquide directement dans la gorge : il suffit d’en déposer un peu sur le bout du bec et le laisser descendre par capillarité.

Les aliments doivent être à température ambiante. L’oiseau doit être nourri à la main, ou avec une touillette, un bâtonnet de glace, une paille coupée ou une pince. Le manche d’une cuillère en plastique est surtout utile pour les oiseaux plus âgés. Il faut éviter les petits objets pointus comme les cure-dents. Placez une main sur le dos de l’oisillon et sur les ailes, levez-lui la tête et appuyez légèrement à la base du bec pour lui signaler qu’il est temps de se nourrir. Placez une petite quantité de nourriture dans son bec en faisant attention de ne pas percer le fond de sa gorge. Si l’oiseau n’ouvre pas le bec, forcez doucement l’ouverture : vous pouvez par exemple lui écarter délicatement les mandibules avec une carte téléphonique (voir une vidéo). Pour stimuler l’ouverture du bec, vous pouvez tapoter doucement sur son bec, toucher ses commissures (= zone charnues colorées à la jointure des mandibules), lui caresser le dos et/ou lui parler. Les petits recueillis à un âge plus avancé mettront plus de temps à ouvrir le bec.

Fréquence

Le rythme de nourrissage des oisillons dépend de leur âge mais aussi des sources : une distribution toutes les heures est en général suffisante. Line Morel nous précise qu’elle a nourri un oisillon de Merle noir selon la fréquence de ses appels, soit environ toutes les 40 minutes à une heure en journée.

L’alimentation d’un oisillon n’est pas seulement une affaire de type de nourriture, mais aussi de fréquence. Elle diminue avec l’âge :

  • Jour 1 à 4 : toutes les 20 à 30 minutes, de 6h à 22h
  • Jour 5 à 10 : toutes les 30 à 45 minutes
  • Jour 11 à 20 : toutes les heures
  • Après 3 semaines : toutes les 2 à 3 heures

Le nourrissage s’interrompt la nuit. Les oisillons dorment profondément, comme dans un nid. Aucun aliment ne doit être donné pendant le repos nocturne, sauf cas de sauvetage sous avis vétérinaire.

Sevrage

Lorsque l’oisillon aura environ quatre semaines (dans le cas de l’Étourneau sansonnet, mais c’est un repère valable pour plusieurs espèces), vous pouvez commencer à placer de la nourriture dans un petit récipient tout en continuant à le nourrir à la main. Même lorsque l’oisillon commence à manger de façon autonome, il faut continuer à le nourrir à la main jusqu’à ce qu’il soit complètement sevré, à environ six à huit semaines, voire plus. Avant d’être relâché, il faut que toutes ses plumes soient entièrement développées, y compris celles de la queue, les dernières à pousser.

À partir de 3 semaines, les oisillons commencent à picorer seuls. On introduit progressivement des aliments entiers : insectes non broyés, morceaux de fruits, petites graines trempées. Il faut les stimuler à l’autonomie, sans les forcer. Placer une coupelle avec différents aliments accessibles les incite à expérimenter.Quand l’oisillon devient autonome, proposer des graines digestes comme le Millet jaune permet de faciliter l’apprentissage alimentaire. Cette graine légère, appréciée de nombreuses espèces, favorise l’autonomie et aide les jeunes oiseaux à développer leur comportement de picorage, proche de ce qu’ils rencontreraient dans la nature.

Surveillance et soins

Jusqu’à dix jours environ, les fientes d’un oisillon sont enfermées dans une enveloppe qui facilite leur enlèvement par ses parents. Elles devront ensuite avoir une certaine consistance, un peu comme de la pâte à dentifrice.

Un bon indicateur reste la qualité des fientes. Si elles sont liquides, verdâtres ou collantes, c’est que le régime est mal adapté. Des fientes compactes, blanches et bien formées indiquent un système digestif en bon fonctionnement.

Préparation au relâcher

Faites d’abord des essais chez vous : une moustiquaire placée à l’extérieur, par exemple sous un porche, serait idéale.

tags: #nourrisson #oiseau #alimentation

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