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Les droits des femmes : avortement, salaire et statistiques

L'égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale de l'Union Européenne depuis sa création en 1957. Cependant, des disparités persistent dans de nombreux domaines, notamment en matière de salaires et d'accès à l'avortement. Cet article examine la situation actuelle des droits des femmes en France et en Europe, en mettant l'accent sur l'avortement, les inégalités salariales et les statistiques pertinentes.

L'accès à l'avortement : un droit fragile

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes. En France, le nombre d'IVG a atteint un niveau record en 2022, avec 234 000 IVG enregistrées, soit 17 000 de plus qu'en 2021 et 7 000 de plus qu'en 2019. Cette augmentation souligne l'importance de l'accès à l'avortement pour les femmes.

Cependant, ce droit reste fragile et menacé dans plusieurs pays. Aux États-Unis, la révocation du droit fédéral à l'avortement par la Cour suprême en juin 2022 a complexifié l'accès à l'IVG pour 40 % des femmes âgées de 15 à 44 ans. Le temps de recours a triplé et le coût a augmenté. En Europe, l'avortement est interdit dans certains pays, comme Malte et la Pologne, où il n'est autorisé qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

Même dans les pays où l'avortement est légalisé, il peut être remis en question par la clause de conscience des médecins, l'absence de structures hospitalières adéquates, les restrictions de personnel et les suppressions de centres pratiquant l'avortement. L'élection de gouvernements réactionnaires peut également menacer ce droit.

Face à ces menaces, plusieurs initiatives ont été prises pour protéger le droit à l'avortement. En France, des députés ont proposé d'inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution. Le 8 mars 2024, la France a inscrit la liberté garantie de mettre fin à sa grossesse dans la Constitution. De plus, la campagne « Ma Voix, mon choix » appelle à un soutien financier de l'UE pour rendre l'avortement accessible et sans danger partout en Europe.

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Les inégalités salariales : une persistance inacceptable

L'égalité salariale entre les femmes et les hommes est un autre défi majeur. En Europe, les femmes sont moins nombreuses que les hommes à travailler (68,2 % contre 79,6 %) et leur rémunération est inférieure de 15 % en moyenne à emploi égal.

En France, les inégalités salariales persistent également. Les femmes gagnent en moyenne 20 % de moins que les hommes. Les écarts de salaire peuvent s'expliquer par la surreprésentation des femmes dans l'emploi à temps partiel (78 % des personnes employées à temps partiel sont des femmes) et par leur orientation vers des secteurs dits « féminisés », souvent moins bien rémunérés, tels que les métiers du soin.

Même à temps de travail équivalent, les femmes sont moins nombreuses à accéder aux postes à responsabilité. L'Observatoire des Inégalités souligne que les hommes ont tendance à choisir d'autres hommes pour les postes de pouvoir, ce qui contribue à maintenir les inégalités salariales.

Dans le secteur public, les écarts de salaires persistent également. En moyenne, les femmes sont payées 11 % de moins que leurs collègues masculins dans les ministères. Ces inégalités s'expliquent principalement par la différence de corps dans lesquels femmes et hommes font carrière.

Pour sensibiliser le public à cet écart, Les Glorieuses calculent et dévoilent l'horaire exact auquel les femmes commencent à travailler « gratuitement » chaque année.

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Plusieurs mesures ont été prises pour lutter contre les inégalités salariales. L'Index de l'égalité professionnelle, adopté en France, vise à réduire les écarts de rémunérations et à sanctionner les organismes qui ne respectent pas la loi. Cependant, la portée de cet index est limitée, car il ne couvre que 26 % de l'emploi salarié privé. De plus, peu de pénalités financières ont été prononcées.

La directive européenne 2023/970, adoptée le 10 mai 2023, définit des objectifs et outils de contrôle précis à l'encontre des secteurs privés et publics. Cette directive oblige les employeurs à partager les informations concernant les montants versés aux femmes et aux hommes. Si les écarts dépassent 5 %, les organismes devront prendre des mesures sous peine de sanctions. Les États membres ont jusqu'au 7 juin 2026 pour transposer cette directive dans leur législation nationale.

Pour réduire les inégalités salariales, il est essentiel de revaloriser et de reconnaître professionnellement les secteurs dits féminisés. Il est également important de lutter contre les stéréotypes de genre et de mieux prendre en compte les difficultés financières des foyers monoparentaux. De plus, il faut renforcer et aligner les congés maternité et paternité pour un congé partagé d'au moins 6 mois entre les deux parents.

Les violences faites aux femmes : une réalité alarmante

Les violences faites aux femmes restent un problème majeur en France. En 2022, 321 000 femmes ont été victimes de violences conjugales et 188 ont été tuées par leur partenaire. Le niveau des violences conjugales est quasi stable (+0,4 %) avec 272 382 victimes : 84 % sont des femmes. Les mis en cause sont des hommes le plus souvent (85 %). Entre 2017 et 2022, le nombre de violences sexuelles enregistrées, avec encore une fois les femmes comme principales victimes, a doublé.

Plusieurs mesures ont été prises pour lutter contre les violences faites aux femmes. La loi n° 2023-22 d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur (Lopmi) revoit le code pénal pour sanctionner plus sévèrement l'outrage sexiste et sexuel, qui devient un délit dans certaines circonstances aggravantes. La loi prévoit l'augmentation du nombre d'enquêteurs spécialisés et des intervenants sociaux police-gendarmerie afin de renforcer la lutte contre les violences intrafamiliales. La possibilité de porter plainte "hors les murs" d'un commissariat est généralisée.

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La loi n° 2023-140 créant une aide universelle d'urgence pour les victimes de violences conjugales permet aux victimes de quitter rapidement le foyer conjugal pour se mettre à l'abri et prendre un nouveau départ.

La loi n° 2024-536 renforçant l'ordonnance de protection et créant l'ordonnance provisoire de protection immédiate porte à 12 mois (contre 6 mois auparavant) la durée initiale des mesures prononcées au titre de l'ordonnance de protection et autorise la victime à dissimuler son adresse à l'auteur des violences.

Malgré ces mesures, les violences faites aux femmes persistent et augmentent. Il est essentiel de renforcer la prévention, la protection des victimes et la sanction des auteurs.

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