L'accouchement est une expérience transformatrice, mais il peut parfois laisser des séquelles physiques, notamment des douleurs persistantes liées à l'épisiotomie ou aux déchirures périnéales. Bien que la cicatrisation se produise généralement en quelques semaines, certaines femmes continuent de ressentir des douleurs plusieurs mois après l'accouchement. Ces douleurs peuvent impacter la vie intime et le bien-être général. Cet article explore les causes de ces douleurs persistantes et propose des solutions pour les soulager.
Épisiotomie ou Déchirure du Périnée : Quand l'Expérience Devient Traumatisante
Lors de l’accouchement, une épisiotomie a pu être nécessaire ou une déchirure naturelle est survenue. Même si l’épisiotomie est un acte chirurgical fréquent et maîtrisé, qui implique une coupure nette des chaires, peut-être n’avez-vous pas eu le choix et avez subi cette épisiotomie. Et être recousue à cet endroit est déjà difficile à accepter psychologiquement. Pour peu que les points soient faits sans anesthésie ou quand la péridurale ne fait plus effet, et vous pouvez en être traumatisée. Outre l’atteinte psychologique, les points qui sont faits sur plusieurs plans ne sont pas réalisés par un chirurgien esthétique, mais par un gynécologue-obstétricien… même si le geste est largement maîtrisé, cette partie de l’anatomie demande toute la délicatesse du monde et beaucoup de précision. Quant à la déchirure, quand elle est superficielle et légère, des points peuvent être contreproductifs. Profonde, en revanche, elle peut s’avérer compliquée à cicatriser.
L'épisiotomie, une incision chirurgicale pratiquée pour élargir l'ouverture vaginale, peut être mal vécue, surtout si elle est réalisée sans anesthésie adéquate ou si la patiente n'a pas eu le choix. La suture, effectuée sur plusieurs plans, peut ne pas être aussi délicate qu'une chirurgie esthétique, ce qui peut entraîner des complications. Les déchirures périnéales, quant à elles, peuvent varier en gravité, les déchirures profondes étant plus difficiles à cicatriser.
Pourquoi la Cicatrice Est-Elle Toujours Douloureuse ?
Certaines jeunes mamans vont avoir une cicatrisation rapide de leur épisiotomie ou de leur déchirure : passé quelques semaines, elles pourront reprendre leur vie sexuelle comme avant. D’autres vont ressentir une gêne, une véritable douleur, une brûlure, notamment lors des rapports, et cela ne dépend pas forcément de l’importance de l’épisiotomie ou de la déchirure. Vous pouvez également avoir une sensation de resserrement ou de pincement à l’endroit de votre épisiotomie ou déchirure.
Bien que certaines femmes connaissent une cicatrisation rapide, d'autres ressentent une gêne persistante, une douleur, ou une sensation de brûlure, en particulier lors des rapports sexuels. Cette douleur ne dépend pas toujours de la gravité de la déchirure ou de l'épisiotomie. Une sensation de resserrement ou de pincement peut également être présente.
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Douleurs Intimes Après Accouchement : Un Problème Bien Réel
Vous en avez déjà parlé avec votre sage-femme, à l’occasion de votre rééducation du périnée. Pourtant, à l’œil nu, votre praticien n’a rien relevé, ni au toucher. Est-ce que ça serait dans votre tête alors ? Pas du tout ! La suture d’une épisiotomie ou d’une déchirure peut se faire sur plusieurs plans : muqueuse vaginale, muscle du périnée, et peau de la vulve. Si en surface, au niveau de la peau, la cicatrice est belle, voire inexistante, à l’intérieur, dans les couches plus profondes, il peut y avoir eu un traumatisme ou un problème de cicatrisation. Aussi, au moment où vous avez été recousue, il suffit d’un point trop serré pour que votre intimité en soit bouleversée. Enfin, des adhérences peuvent se créer, des bandes fibreuses qui viennent « tirer » sur d’autres muscles.
Il est crucial de reconnaître que ces douleurs ne sont pas imaginaires. La suture d'une épisiotomie ou d'une déchirure se fait sur plusieurs plans (muqueuse vaginale, muscle du périnée, peau de la vulve). Même si la cicatrice semble belle en surface, des problèmes de cicatrisation ou un traumatisme peuvent subsister dans les couches plus profondes. Un point trop serré lors de la suture ou la formation d'adhérences (bandes fibreuses tirant sur d'autres muscles) peuvent également causer des douleurs.
Dyspareunie et Atrophie Muqueuse : Comprendre les Douleurs Post-Partum
Ce symptôme appelé scientifiquement dyspareunie reste un important tabou. Nombre de femmes présentent un inconfort évoluant depuis des années et éprouvent des difficultés à exprimer leurs symptômes à un professionnel. Quelle que soit la voie d’accouchement, les muqueuses vulvo-vaginales subissent (comme le reste du corps) une chute hormonale. Cela crée une atrophie muqueuse : c’est le caractère fin, fragile et moins bien lubrifié des muqueuses qui rend la vulve et le vagin plus inconfortables. Il peut en résulter des douleurs lors des rapports sexuels notamment lors de la pénétration. Cette phase est de durée variable : classique en période d’allaitement, elle peut être renforcée par une contraception microprogestative (pilule ou stérilet ou implant à base de desogestrel) qui peut maintenir, selon les femmes, un certain degré d’atrophie. Normalement, cet inconfort régresse progressivement dans les mois qui suivent.
La dyspareunie, ou douleur pendant les rapports sexuels, est un problème fréquent et souvent tabou en post-partum. Les muqueuses vulvo-vaginales subissent une chute hormonale après l'accouchement, entraînant une atrophie muqueuse (muqueuses fines, fragiles et mal lubrifiées), qui peut causer des douleurs lors de la pénétration. Cette atrophie peut être exacerbée par l'allaitement ou l'utilisation de contraceptifs microprogestatifs. Bien que cet inconfort régresse généralement avec le temps, il est important de le prendre en compte.
Cicatrices et Adhérences : Sources de Douleur Persistante
Lors de l’accouchement par voie basse, il peut aussi se produire une déchirure du périnée. Une épisiotomie a pu aussi être nécessaire afin de laisser passer le bébé. Après la suture, il est normal que la zone reste sensible pendant plusieurs jours à quelques semaines. Cependant la douleur peut parfois s’installer plus durablement. Les tissus cicatriciels peuvent s’épaissir en laissant une zone indurée, fibreuse, sensible au toucher ou à la pression, ou en créant une adhérence en profondeur. Non traitées, ces adhérences persistent et provoquent des douleurs aux rapports. La meilleure prévention est l’auto massage périnéal et des cicatrices, quotidiennement pendant quelques minutes, à faire sur plusieurs semaines.
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Après la suture d'une déchirure ou d'une épisiotomie, il est normal de ressentir une sensibilité pendant quelques semaines. Cependant, une douleur persistante peut indiquer la formation de tissus cicatriciels épais, indurés et sensibles, ou la présence d'adhérences profondes. Ces adhérences peuvent provoquer des douleurs lors des rapports sexuels si elles ne sont pas traitées. L'auto-massage périnéal quotidien pendant plusieurs semaines est une excellente méthode de prévention.
Autres Causes de Douleurs Intimes
La carence oestrogénique Elle est induite par une diminution des estrogènes. L’allaitement maternel Il implique une hyperprolactinémie qui a pour conséquence une chute des hormones sexuelles donc une diminution de la libido. Glazener et al : les femmes qui allaitent au sein sont 3 fois plus indifférentes à la reprise des rapports sexuels durant les 3 premiers mois du post-partum VS les femmes qui allaitent au biberon. Une infection vaginale (mycose, herpès…) peut générer des brûlures et des démangeaisons, associées à des pertes vaginales inhabituelles. Ce peut être aussi un simple déséquilibre de la flore vaginale. Des pathologies gynécologiques chroniques comme l’endométriose ou l’adénomyose occasionnent des douleurs aux rapports, mais plutôt au fond vaginal lors de la pénétration. Il n’y a classiquement pas de douleur vulvaire ou vaginale basse dans ces pathologies.
Plusieurs autres facteurs peuvent contribuer aux douleurs intimes après l'accouchement. La carence en œstrogènes, souvent induite par l'allaitement (qui entraîne une hyperprolactinémie et une diminution des hormones sexuelles), peut réduire la libido et rendre les rapports sexuels moins agréables. Les infections vaginales (mycoses, herpès) ou un déséquilibre de la flore vaginale peuvent également causer des brûlures, des démangeaisons et des douleurs. Enfin, des pathologies gynécologiques chroniques comme l'endométriose ou l'adénomyose peuvent provoquer des douleurs profondes lors de la pénétration.
Douleurs Après une Épisiotomie ou une Déchirure : Quand Consulter ?
Même si votre gynécologue ou votre sage-femme n’a pas constaté d’anomalie, ne perdez pas espoir. Ce genre de douleur sur cette partie intime de votre corps, cela peut réellement vous gâcher la vie : rapports douloureux ou impossibles, tensions dans le couple, baby blues exacerbé, pertes de confiance en vous, les conséquences d’une déchirure ou d’une épisiotomie encore douloureuse longtemps après l’accouchement ne doivent pas être sous-estimées. Si votre gynécologue n’entend pas votre détresse, aussi bien physique que psychologique, changez-en. Votre douleur existe, et il faut trouver une solution pour ne plus en souffrir. Une personne spécialisée dans la prise en charge des douleurs chroniques peut également vous aider.
Il est essentiel de consulter un professionnel de la santé si les douleurs persistent, même si les examens initiaux ne révèlent aucune anomalie. Ces douleurs peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie, entraînant des rapports douloureux ou impossibles, des tensions dans le couple, un baby blues exacerbé et une perte de confiance en soi. Si votre gynécologue ne prend pas votre douleur au sérieux, n'hésitez pas à consulter un autre spécialiste ou un expert en douleurs chroniques.
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Signes d'Infection et d'une Épisiotomie Mal Faite
Vous l'aurez compris, lorsque vous avez subi une épisiotomie, il est primordial que vous restiez attentive aux signes d'infection potentielle afin de prendre des mesures rapidement. Voici des signes clés à rechercher : Si vous remarquez que la zone de la cicatrice d'épisiotomie devient de plus en plus rouge et que la plaie ne cesse d'enfler, cela peut être un signe d'infection. Si la douleur s'aggrave ou si elle est accompagnée d'autres symptômes, n'hésitez pas à consulter rapidement votre médecin. Si vous remarquez un écoulement purulent, jaunâtre ou avec une odeur désagréable, cela peut indiquer la présence d'une infection.
Après une épisiotomie, il est crucial de surveiller les signes d'infection. Une rougeur croissante, un gonflement, une douleur accrue et un écoulement purulent ou malodorant sont des indicateurs potentiels d'infection et nécessitent une consultation médicale rapide.
Comment Soulager la Douleur d'une Épisiotomie ou d'une Déchirure ?
Tous les jours, vous pouvez masser la zone avec une huile végétale ou périnéale afin d’assouplir la cicatrice. Ça prend du temps, mais au bout de quelques mois, ça devrait aller mieux. Utilisez un lubrifiant lors des rapports sexuels pour éviter toute irritation ou micro déchirure à l’endroit sensible. Prenez le temps surtout de faire des préliminaires : plus vous vous sentez excitée et détendue, plus votre vagin sera lubrifié et plus vous serez à même de lâcher prise et de ne pas vous crisper par peur d’avoir mal. Une rééducation ciblée avec de l’électrostimulation avec sonde sur la cicatrice peut également soulager. Si la douleur persiste et n’est pas tolérable, renseignez-vous pour avoir peut-être recours à une petite opération chirurgicale réparatrice que l’on appelle la « reprise d’épisiotomie ». Elle consiste à reprendre la cicatrice afin de recoudre à nouveau, mais en corrigeant ce qui provoque des douleurs. En revanche, si vous envisagez une nouvelle grossesse, mieux vaut laisser passer au moins 6 mois entre la reprise de votre cicatrice et vos nouveaux essais bébé.
Plusieurs options peuvent soulager la douleur :
- Massage de la cicatrice : Masser quotidiennement la zone avec une huile végétale ou périnéale peut aider à assouplir la cicatrice.
- Lubrifiant : Utiliser un lubrifiant lors des rapports sexuels peut réduire l'irritation et les micro-déchirures.
- Rééducation périnéale : La rééducation ciblée avec électrostimulation peut soulager la douleur. Lors des séances de rééducation du périnée, le kinésithérapeute ou la sage- femme peut exercer des techniques à visée de relaxation musculaire telles que le biofeedback négatif, le contracter-relâcher, l’étirer-relâcher, la fascia thérapie ou l’ostéopathie. Ces méthodes doivent être systématiquement associées à la respiration et à la relaxation.
- Reprise d'épisiotomie : Dans les cas de douleurs persistantes, une intervention chirurgicale réparatrice peut être envisagée pour corriger les problèmes de cicatrisation. Elle consiste à reprendre la cicatrice afin de recoudre à nouveau, mais en corrigeant ce qui provoque des douleurs. En revanche, si vous envisagez une nouvelle grossesse, mieux vaut laisser passer au moins 6 mois entre la reprise de votre cicatrice et vos nouveaux essais bébé.
Techniques Complémentaires pour Soulager la Douleur
- Auto-massage périnéal : La meilleure prévention est l’auto massage périnéal et des cicatrices, quotidiennement pendant quelques minutes, à faire sur plusieurs semaines.
- Radiofréquence vulvo-vaginale : cette méthode, réalisée par un praticien formé, utilise une énergie venant des ondes électromagnétiques dégageant une chaleur dans les tissus.
- Injections : Des méthodes d’injections de graisse autologue ou d’acide hyaluronique sont efficaces pour traiter les fissures récidivantes, les épisiotomies et cicatrices de déchirures douloureuses, mais aussi pour la correction des symptômes tels que l’atrophie, la sécheresse, ou pour apporter du volume aux grandes lèvres.
- MIL-thérapie ou biophotomodulation : La MIL-thérapie ou biophotomodulation, s’effectue quant à elle par l’intermédiaire d’un appareil qui associe des techniques du LED (Light-Emetting Diode), du laser et des champs électromagnétiques.
- Haute fréquence : L’utilisation de la haute fréquence a une action drainante, anti-inflammatoire et antalgique.
- Laser O2 fractionné : Le laser O2 fractionné améliore quant à lui la trophicité vulvo-vaginale grâce à une bio stimulation.
- Acide hyaluronique : Afin d’améliorer la trophicité vulvovaginale, l’apport d’acide hyaluronique peut être intéressant. En effet, son rôle dans la matrice cellulaire implique des propriétés cicatrisantes et anti-inflammatoires prouvées. Il existe sous forme de gel à appliquer sur le périnée et sous forme d’injections que seuls un dermatologue ou un gynécologue formé à cette technique, peuvent pratiquer.
- Mobilisation précoce du périnée : L’intérêt de la connaissance prénatale de son périnée et d’exercices à mettre en place dans les jours qui suivent l’accouchement (sans examen vaginal) n’est plus à démontrer. La mobilisation précoce du périnée va favoriser la cicatrisation, le retour veineux et diminuer les problèmes de continence. La rééducation périnéale pendant la grossesse diminue de 40% les problèmes urinaires après. Source : Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français, Recommandations pour la pratique Clinique - Diagnostic et prise en charge de l’incontinence urinaire de la femme adulte.
- Électrostimulation : De plus, l’électrostimulation a une valeur antalgique prouvée.
Prévention des Douleurs Périnéales
- Massage périnéal prénatal : Le CNGOF le recommande dans ses dernières RPC de 2018 concernant la prévention et la protection périnéale en obstétrique. Le massage périnéal doit être encouragé chez les femmes souhaitant le pratiquer. Les études montrent qu’il diminue le taux d’épisiotomie et les douleurs périnéales dans le post-partum. Le massage prénatal, réalisé à partir de la 36ème semaine de grossesse, peut assouplir et distendre les tissus, les rendant plus extensibles lors du passage du bébé. Ce massage peut être effectué par un professionnel ou réalisé soi-même avec l'aide d'un miroir et d'une huile de massage adaptée.
- Exercices de Kegel : La pratique régulière d'exercices de Kegel, visant à tonifier les muscles du plancher pelvien, peut améliorer l'élasticité et la force des tissus périnéaux, les rendant moins susceptibles de se déchirer.
Importance d'une Approche Holistique
Il est important d’aborder le sujet en consultation gynécologique avec sa sage-femme, son gynécologue ou son médecin généraliste. Le professionnel interroge sur la date d’apparition du trouble, la localisation précise, la présence systématique ou positionnelle, la description de la douleur et de son intensité pendant et après les rapport sexuels. Il aborde également le positionnement du partenaire vis-à-vis de ces symptômes (culpabilisation, acceptation, soutien, critique). La dimension psychologique doit être évaluée pour envisager un accompagnement par un professionnel (psychologue ou sexologue).
Une approche holistique est essentielle pour traiter les douleurs post-accouchement. Il est important de discuter ouvertement de vos symptômes avec un professionnel de la santé (sage-femme, gynécologue, médecin généraliste) qui évaluera la nature, la localisation et l'intensité de la douleur, ainsi que son impact sur votre vie sexuelle et votre relation de couple. La dimension psychologique doit également être prise en compte, et un accompagnement par un psychologue ou un sexologue peut être bénéfique.
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