L'accouchement, un événement marquant dans la vie d'une femme, est souvent associé à une douleur intense. Cet article explore les causes de cette douleur et les solutions disponibles, allant des approches pharmacologiques comme la péridurale aux méthodes non pharmacologiques comme la sophrologie, tout en abordant les douleurs post-partum.
Comprendre la Douleur de l'Accouchement
La douleur ressentie lors d'un accouchement est souvent considérée comme l'une des plus intenses qu'un être humain puisse vivre. Elle est subjective et dépend de nombreux facteurs, allant du stress à l'état psychologique, en passant par l'histoire personnelle et la préparation à ce moment.
Les Causes Physiologiques de la Douleur
Généralement, les contractions des muscles de l'utérus en phase de travail sont à pointer du doigt. À ce moment-là, le col de l'utérus durcit, les fibres musculaires s'allongent et se contractent comme des élastiques, entraînant les douleurs les plus intenses. C'est ce qui permet la dilatation, nécessaire pour que le bébé puisse descendre dans le bassin, avant de passer par le vagin.
La durée de l'exercice pèse aussi dans la balance. L'accouchement humain est l'un des plus longs du règne animal et le premier d'une femme peut durer entre huit et quatorze heures. Un moment qui peut sembler durer une éternité et que beaucoup redoutent.
Facteurs Influant sur la Perception de la Douleur
La perception de la douleur est une chose éminemment subjective et qui dépend de beaucoup de facteurs, allant du stress à l'état psychologique, en passant par l'histoire personnelle et la préparation face à un tel moment. Même dans la vie de tous les jours, chacun a un seuil de tolérance à la douleur qui lui est propre. Le seuil de déclenchement de la douleur est identique à tous. Elle est amplifiée par le stress et par la peur. Au contraire, elle est diminuée grâce à des méthodes de préparation à l’accouchement comme la sophrologie.
Lire aussi: Causes des douleurs après la naissance
L'Évolution de la Douleur de l'Accouchement
Selon plusieurs anthropologues, l'enfantement n'a pas toujours été aussi douloureux. La bipédie est notamment venue mettre le bazar: elle aurait modifié l'architecture pelvienne en réduisant l'espace entre les hanches et le sacrum, rendant le passage trop étroit pour le bébé.
Solutions Pharmacologiques: La Péridurale
Beaucoup de femmes pensent que la péridurale est la solution unique pour diminuer les douleurs des contractions de travail et les douleurs de l’expulsion. En fait, la péridurale est la réponse pharmacologique de prise en charge de la douleur, mais elle ne soulage pas la souffrance psychologique. Elle n’aide pas à réguler le flot d’émotions qui peut être ressenti. De plus, l’immobilité forcée engendrée par la péridurale peut être mal vécue, surtout quand cette immobilité dure de très longues heures (la mise au monde d’un premier enfant peut prendre jusqu’à 24h).
Approches Non Pharmacologiques de Soulagement de la Douleur
A côté de la péridurale, il est possible d’avoir recours à des approches non pharmacologiques de soulagement de la douleur. La sophrologie est sûrement la méthode naturelle la plus pratiquée car elle a démontré son efficacité depuis des dizaines d’années. Il est donc possible d’apprendre à gérer les douleurs de l’accouchement. Le travail de sophrologie effectué en amont vous accompagnera tout au long de votre accouchement. Il permet de vivre pleinement ce moment, de ne pas passer à côté à cause du stress ou de peurs paralysantes. Il pourrait être utile de discuter des options de soulagement de la douleur - les pour et les contre de chacune - avec le médecin qui vous suit pour vous aider à établir un projet de naissance.
Douleurs Post-Partum: Un Aspect Souvent Négligé
Le post partum, période qui suit l’accouchement, marque un chamboulement important dans la vie des nouveaux parents. Il s’accompagne d’un panel d’émotions très variées, parfois déroutant pour les jeunes mamans, qui peuvent passer du rire aux larmes en quelques minutes à peine. Sur le plan physique, le post partum est couramment associé à une grande diversité de douleurs, tant par leurs localisations que par leur intensité. Ces douleurs du post partum sont souvent taboues. En parler permettrait pourtant aux femmes de mieux les accepter.
Les Tranchées: Contractions Utérines Post-Accouchement
Les tranchées sont les contractions utérines qui surviennent après l’accouchement. Elles jouent un rôle très utile dans le post partum puisqu’elles permettent à l’utérus de retrouver progressivement sa taille normale. Les tranchées peuvent provoquer des douleurs pelviennes similaires à des douleurs de règles. Elles sont souvent plus intenses si vous avez déjà accouché au moins une fois ou si vous allaitez. En effet, au cours de la tétée, vous sécrétez de l’ocytocine, une hormone qui permet l’éjection du lait. Or, c’est cette même hormone qui provoquait les contractions lors de l’accouchement. Ce n’est donc pas étonnant d’avoir des contractions quand vous donnez le sein. Les tranchées sont plus fortes lors des premiers jours qui suivent l’accouchement puis ont tendance à s’estomper au bout de 3 à 7 jours. Pour vous soulager, l’équipe médicale vous prescrira si besoin des antalgiques compatibles avec l’allaitement. Pensez aussi à uriner régulièrement pour limiter la pression de la vessie sur l’utérus, ce qui pourrait majorer votre douleur. L’homéopathie, des exercices de respiration, ou encore l’application d’une source chaude telle qu’une bouillote, peuvent également atténuer ces douleurs du bas ventre. Ces douleurs que l’on appelle également « tranchées » peuvent se soulager naturellement. Vous pouvez utiliser les mêmes exercices de respiration que vous avez appris lors de vos cours de préparation à l’accouchement. Ces exercices respiratoires vous aideront à vous détendre et à détendre vos muscles. Songez également à uriner régulièrement, car une vessie pleine exerce une forte pression sur l’utérus d’où les contractions.
Lire aussi: Soulager la douleur dentaire après bébé
Douleurs Périnéales et Solutions
Le périnée, fortement sollicité lors de l’accouchement par les voies naturelles, a de nombreuses raisons d’être endolori dans le post partum : œdème, ecchymose, éraillures, déchirures, épisiotomie, hémorroïdes…Même si aucune lésion n’est visible à l’œil nu, vous pouvez tout de même éprouver un inconfort tel qu’une gêne ou une pesanteur puisqu’il ne faut pas oublier que votre bébé est passé par là ! De même, des sensations de brûlures sont possibles lors des premières mictions (fait d’uriner) qui suivent l’accouchement. Les douleurs du périnée peuvent être soulagées par une prise régulière d’antalgiques prescrits par l’équipe médicale, par l’application de poches de glace, et par la recherche de positions confortables : allongée sur le côté avec un coussin entre les jambes ou sur le dos avec un coussin sous les jambes par exemple. Le traitement doit bien évidemment tenir compte de la cause de la douleur. Ainsi, en cas de crise hémorroïdaire, on pourra ajouter l’application d’une crème locale associée à des règles hygiéno-diététiques visant à éviter la constipation (s’hydrater suffisamment, augmenter son apport quotidien en fibres). Pensez également aux techniques plus naturelles comme l’homéopathie ou l’acupuncture. Pour favoriser la cicatrisation en cas de déchirure ou d’épisiotomie, veillez à maintenir la zone la plus propre et la plus sèche possible. Pour cela, nettoyez-la à l’eau et au savon doux, puis séchez-la en tamponnant avec une serviette propre. Pensez également à changer régulièrement de protections hygiéniques et à vous essuyer d’avant en arrière après être allée à la selle. Lors de la visite postnatale, qui a lieu entre 6 et 8 semaines après l’accouchement, votre sage-femme ou gynécologue effectuera un examen clinique du périnée. Profitez-en pour lui faire part de vos douleurs s’il y en a, notamment si vous avez repris une activité sexuelle.
Douleurs Mammaires et Allaitement
Lors des premières mises au sein, il est possible que vos mamelons soient sensibles, surtout en début de tétée. Cet inconfort doit rester bref et transitoire. Si au contraire, vous ressentez une douleur au mamelon tout au long de la tétée, c’est qu’il y a un problème sous-jacent. La plupart du temps, cela est dû à un mauvais positionnement du bébé au sein ou à une succion non optimale de sa part. Pour prévenir l’apparition de crevasses et les traiter le cas échéant, vérifiez dans un premier temps que votre bébé est bien placé et essayez de varier les positions d’allaitement. En plus de cela, vous pouvez appliquer quelques gouttes de lait maternel sur le mamelon après chaque tétée, puisqu’il a des vertus hydratantes et cicatrisantes. Vous trouverez aussi en pharmacie des crèmes aux vertus cicatrisantes, compatibles avec l’allaitement, à base de lanoline ou de miel stérilisé. Attention ! Il ne faut surtout pas donner de miel aux enfants jusqu’à l’âge de 1 an en raison du risque de botulisme (maladie grave causée par l’ingestion de toxines présentes dans les aliments contaminés). D’autres désagréments peuvent survenir pendant l’allaitement. Aux alentours du 3ème jour après l’accouchement, les seins peuvent devenir très tendus, douloureux, et s’accompagner d’une sensation de trop plein en raison de la montée de lait. Ce phénomène normal et transitoire peut aussi être ressenti par les femmes qui n’allaitent pas. Plus tard, chez les mamans allaitantes, ces mêmes symptômes peuvent se manifester si le sein n’est pas assez drainé. Quelques petites astuces peuvent vous aider à passer ce cap. Si vous allaitez, mettez votre bébé au sein le plus souvent possible, car c’est lui qui est le plus à même de le vider correctement. Parfois, les seins sont tellement tendus que le bébé éprouve des difficultés à attraper le mamelon. Pour lui faciliter la tâche, essayez de les assouplir en les massant doucement ou en tentant d’en extraire un peu de lait avant de mettre votre bébé au sein ou en les passant sous l’eau chaude. Cela facilitera l’écoulement du lait.
Aspects Psychologiques et Émotionnels du Post-Partum
En plus des modifications corporelles, le post partum est une période de transformation psychique importante au cours de laquelle la femme passe d’un statut de femme enceinte à celui de mère. Le baby blues est un épisode de déprime transitoire qui touche 50 à 80% des accouchées. Il s’explique par la chute brutale des hormones après l’accouchement, et survient entre le 2ème et le 5ème jour après la naissance de l’enfant. Il se manifeste par une labilité émotionnelle qui peut surprendre à la fois la maman et son entourage, celle-ci passant des rires aux pleurs incontrôlés en très peu de temps. La jeune maman peut alors se sentir triste, anxieuse, dépassée par les évènements ou encore perdre confiance en elle dans sa capacité à s’occuper de son bébé. Le baby blues n’est pas pathologique. Si cet état persiste pendant plus de 15 jours, il est vivement conseillé de consulter un professionnel de santé (sage-femme, médecin, psychologue) car il peut s’agir d’une dépression du post partum. Celle-ci touche 10 à 20 % des mères, et survient dans les semaines voire les mois qui suivent l’accouchement. Les symptômes sont variés : tristesse intense, anxiété, perte de plaisir, irritabilité, manque d’énergie, troubles du sommeil, sentiment de dévalorisation, d’être une mauvaise mère etc… Ces mamans sont parfois dans l’incapacité de s’occuper de leur bébé, non pas à cause de leur manque de compétences mais à cause de la dépression qu’elles traversent, ce qui renforce leur sentiment de culpabilité. La dépression du post partum est une pathologie grave qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère. Le point positif, c’est qu’elle se soigne, avec un traitement antidépresseur et un accompagnement adapté. Il n’y a pas de honte à se sentir mal, même après un accouchement ! Alors si vous, ou l’un de vos proches, présente l’un de ces symptômes, consultez un professionnel de santé. Il pourra vous aider à surmonter cette épreuve pour que retrouviez de la confiance en vous, de la joie et de l’énergie pour vous occuper de votre bébé.
Autres Douleurs et Inconforts Post-Partum
La prise de poids conséquente, les poussées d’hormones entraînent le relâchement des ligaments, et les étirements des muscles au cours de l’accouchement mettent le dos de la mère à rude épreuve. La douleur du bas ventre, quant à elle, peut résulter de plusieurs causes. Ces douleurs ne doivent pas être négligées. Au moindre doute, il est préférable de consulter un médecin, car ces maux peuvent être la manifestation d’un problème bien plus grave. Puisque la grossesse a malmené votre corps pendant 9 mois (il faut l’admettre), il lui faut désormais du repos. Il faut également prévoir quelques exercices de relaxation ou de respiration, cela vous fera le plus grand bien. Lors des visites postnatales, les médecins vous montreront les exercices à faire qui serviront à renforcer vos muscles abdominaux et dorsaux. Les travaux respiratoires s’intensifient au fur et à mesure de vos séances personnelles. Vous n’avez pas besoin de vous rendre dans une salle de sport ni chez le kiné pour ces exercices périnéaux. Il faudra également que vous corrigiez votre posture au quotidien. Comme vous devez peut-être allaiter le bébé sept à huit fois par jour durant une dizaine de minutes, adopter la mauvaise position risquerait de vous faire souffrir davantage. Lorsque vous prenez bébé dans son berceau ou lorsque vous l’y déposez, il va falloir prendre votre temps. Ne vous brusquez pas. Les douleurs abdominales sont souvent dues à un organe particulier. En fait, un mal ressenti à ce niveau du corps doit toujours alerter. Bien souvent, ces douleurs s’accompagnent de vomissements, de migraines et de douleurs à la miction et parfois de constipations. Il y a de fortes chances pour que des pertes ou des hémorragies suivent ces douleurs. La détermination des origines de ces douleurs repose sur l’examen clinique que vous devrez réaliser dans les meilleurs délais. Encore une fois, vous devez subir une exploration gynécologique et même parfois un toucher rectal. Par contre, si la douleur dans le bas ventre est supportable, prendre un simple antalgique devrait pouvoir la calmer. Notons que le traitement dépend de la cause et de l’intensité des douleurs. Dans la majorité des cas, un traitement antibiotique est prescrit.
Kinésithérapie et Rééducation Post-Partum
Après l’accouchement, en fonction de vos symptômes, des séances de rééducation périnéale peuvent vous être prescrites. Pour les jambes lourdes, une partie du traitement repose sur des bons réflexes hygiéno-diététiques. Concernant les douleurs post partum, celles-ci peuvent faire l’objet de plusieurs traitements. La kinésithérapie est le traitement privilégié pour les descentes d’organes peu importantes ; le renforcement des muscles du périnée permet généralement de les corriger efficacement.
Lire aussi: Gérer la douleur pendant l'accouchement sans péridurale
Conseils Généraux pour Gérer la Douleur de l'Accouchement
- Préparation: La préparation à l'accouchement, qu'elle soit par la sophrologie ou d'autres méthodes, peut aider à gérer la douleur.
- Communication: Discutez des options de soulagement de la douleur avec votre médecin.
- Confiance: Faites confiance à votre corps, il est conçu pour donner naissance à votre bébé.
- Écoute: Écoutez votre corps et n'hésitez pas à demander de l'aide si vous en ressentez le besoin.
tags: #douleur #de #l #accouchement #causes #et