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DJ Abdel: Parcours d'un Pionnier du Hip-Hop et du R&B Français

DJ Abdel est une figure emblématique de la scène hip-hop et R&B en France. Son parcours, d'abord dans l'ombre, l'a mené à devenir un acteur incontournable de ce milieu. Cet article retrace sa biographie, ses collaborations marquantes et son influence sur la musique urbaine française.

Les Débuts et l'Ascension

DJ Abdel a fait ses premières armes au sein du collectif Black Blanc Beur et du groupe Positive Black Soul. C'est grâce à son rôle de DJ officiel dans l'émission "Nulle Part Ailleurs" sur Canal+ qu'il se fait connaître du grand public. Progressivement, il s'impose comme un DJ et producteur de renom.

Double H Production et Collaborations Notables

En collaboration avec Cut Killer, autre figure emblématique du DJing français, DJ Abdel fonde le label Double H Production. Ce label a permis de lancer des artistes tels que 113, Doudou Masta, Crazy B et DJ Pone. Les deux compères ont également travaillé ensemble sur les volumes IV et V de la série "Hip Hop Soul Party".

Outre ses projets avec Cut Killer, DJ Abdel a participé à de nombreuses compilations, notamment "R'n'B 2000 International", et a collaboré avec des humoristes tels que Jamel Debbouze et Gad Elmaleh pour leurs spectacles. Il a également contribué aux bandes originales de films comme "La Squale" et "La Vérité Si Je Mens II".

La Série "À l'Ancienne": Un Tournant Musical

Au printemps 2001, DJ Abdel lance "À l'Ancienne", une compilation qui deviendra mythique. Ce projet revisite les classiques de la soul et du funk des années 70 et 80, en les remixant pour un public moderne. Face au succès rencontré, il sort "À l'Ancienne II" l'année suivante, en 2002.

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En 2003, il retrouve Cut Killer pour la compilation rap R&B "Hip Hop Soul Party Vol.6". L'année suivante, DJ Abdel revient en solo avec la compilation "Total RNB 2".

L'Influence de Jeff Dominguez sur le Son du Rap Français

Pour comprendre l'évolution du son rap français, il est intéressant de se pencher sur le parcours d'acteurs moins médiatisés mais tout aussi importants, comme Jeff Dominguez. Jeff Dominguez est un ingénieur du son qui a été un témoin privilégié de l'explosion du rap français à la fin du vingtième siècle. Ingénieur du son autodidacte, il débarque au tout début des années 1990 sur Paris par l’entremise de son ami, Philippe Zdar. Jeff est à l’époque un sacré numéro. Il aime la fête, les raves et la musique. Il est un enfant des années punk, qui débarque dans les studios les plus prestigieux de la capitale. Ça tombe bien, au même moment, d’autres phénomènes se mettent à toquer à la porte des cabines d’enregistrement : les rappeurs français. Leurs trajectoires vont se croiser, au point que Jeff deviendra l’un des ingénieurs du son emblématiques de l’âge d’or. Porté par les succès de la Mafia K’1 Fry, développant une synergie avec le travail de producteur de DJ Mehdi, ouvrant son propre studio qui accueillera de nombreux rappeurs français, Jeff est de ceux qui ont tenu les sessions aussi bordéliques que géniales, un sourire aux lèvres et un joint dans la bouche. Il est aussi l’emblème, et peut-être même un peu l’explication, de ces ingénieurs du son issus du rock qui étaient les seuls à prendre les manettes lorsque le hip-hop français voulait sonner sur disque.

Jeff Dominguez est né en 1966. Jeff Dominguez a grandi à la montagne, à Aix-les-bains dans les Alpes, et il avait la chance d’avoir un pote qui s’appelait Philippe Cerboneschi, qui est Zdar de Cassius. On était à l’école ensemble. Il avait un groupe de heavy metal, j’étais plus sur le punk et le rock anglais. On avait une culture musicale un peu différente. Pour moi c’était les Clash, les Sex Pistols, les Stones, David Bowie, avec en parallèle de la chanson française, puisque la France sait faire de la bonne chanson à textes. Du Gainsbourg, du Bashung, toutes ces choses-là. Mais ma culture était surtout anglaise. Un groupe comme les Black Flag par exemple, je suis passé à côté. Et j’écoute encore ça. Récemment j’ai découvert Sleaford Mods, un groupe de post punk de Nottingham. C’est typiquement ce que j’aime. Les mods, le ska, ça me plaisait. Zdar entre en tant que technicien en studio cinq ans avant moi. C’était au studio Plus XXX. Moi, je glandais un peu, j’aurai dû faire des études, mais ça m’a cassé les couilles assez rapidement, j’étais plus occupé à faire des allers-retours à droite et à gauche dans des histoires un peu louches. J’ai rapidement fait le con, j’ai découvert la drogue, puis plus tard le monde des raves une fois à Paris. C’est un cheminement ! Pendant que je glandais chez moi, Philippe m’a dit : « je travaille en studio, viens, tu leur dis ça, ça devrait le faire. » À l’époque, dans les studios, ceux qui n’étaient pas musiciens avaient toujours un peu de bagage technique. Mais moi, je n’avais aucune formation, rien ! J’ai fait du solfège et du violon quand j’étais jeune, et le violon m’a un peu dégoûté de l’apprentissage de la musique. Quant à une formation sur le matériel, je n’avais rien. Philippe m’a donc briefé, je suis arrivé avec un petit discours, et ça a fonctionné. Je suis entré en tant que stagiaire à Plus 30, une sorte d’assistant de l’assistant de l’assistant, tout en bas de l’échelle. J’avais 22 ans. Du coup, techniquement, ça a été assez compliqué, car tu utilises des vieilles machines où tu as quatre boutons et tout le reste ça se passe à l’intérieur, c’est à toi de comprendre. Tous les problèmes de synchro entre analogique et numérique, c’était par exemple très compliqué. Pendant les premiers dix-huit mois, j’avais l’impression de bosser pour la NASA : des boutons partout, des trucs qui clignotent, et je n’y comprenais rien. Paul Jarvis, qui était le directeur technique de Plus 30 et qui venait de chez SSL s’est pointé un jour et a commencé à me poser des questions. Je lui ai dit « écoute Paul, moi ce que je sais, c’est que le son il rentre ici, il sort là, et que l’equalizer est là, voilà » C’était encore la grande époque des studios du début des années 1990, où chacun devait avoir sa place. Tout était bien réglé. D’abord, je faisais principalement des thés et des cafés, je mettais très peu les pieds en cabine à proprement parler. Les grands studios de cette époque, comme l’était Plus 30, c’était très protocolaire. Tu étais stagiaire, on t’appelait pour aller chercher un café, tu le faisais. J’avais une expérience de la vie, mais celle d’un jeune con qui cherchait du shit là où il y en avait. Voilà comment je suis rentré en studio, en ayant la chance d’avoir un bon pote d’enfance qui avait un pied dedans. Là j’ai rencontré Etienne qui était l’assistant de Philippe. Puis tout une galaxie d’ingénieurs du son de l’époque, assez réputés : Dominique Blanc-Francard, Laurent Gueneau, Mitch Olivier aka Babosso, Hervé de Marignac, Didier Lohazic, Stéphane Luginbul qui à l’époque était assistant… Il y a beaucoup d’albums où j’étais là, mais où je ne suis pas crédité car mon rôle était vraiment celui d’assistant stagiaire. La musique urbaine n’était pas encore arrivée dans les grands studios. J’ai bossé un petit peu comme assistant avec Bashung, que je respecte beaucoup. J’ai fait de la variété française, à laquelle je ne comprenais souvent pas grand-chose. Un peu plus tard, quand j’avais un peu plus de bouteille, j’ai aussi bossé sur du zouk, des séances de nuit avec notamment Ronald Rubinel. Ce n’était pas du tout des genres musicaux dont j’étais familier, mais c’était ça qui était génial. Ça te fait comprendre que même la musique que tu n’aimes pas forcément, c’est du gros boulot et que les gens y mettent leurs couilles. J’écoutais beaucoup de musique française en parallèle des Sex Pistols, un mec comme Higelin par exemple, et aussi tout le rock alternatif des années 1980, donc je pense que j’avais déjà une ouverture musicale. De toute façon, la musique, c’est un truc physique. J’aimais l’énergie dans le rock, mais j’aimais aussi les sensations de la musique française. Quand il a fait son album où il y a « Ballade pour Izia », j’étais assistant. Et j’avais l’ouverture musicale, mais surtout, tu as le respect pour le travail effectué devant toi. Ce respect est encore renforcé par l’atmosphère du studio, où c’est le sérieux et la rigueur qui priment. Ce n’est pas qu’on te demande tes papiers à l’entrée, mais tu sais combien ça coûte donc tu sais que personne n’est là pour déconner. Et c’est cool de faire de la musique. Un exemple complètement ouf : l’un de mes souvenirs, c’est l’album Anne de Walt Disney. Hervé de Marignac était l’ingénieur du son, on dormait deux heures par nuit, le réalisateur de l’album était un mec du Sud qui faisait des micro-siestes en cabine, et les rencontres étaient géniales. Passer autant de temps en studio, ça devient ta vie. Tu te rends compte que tu es dans un truc assez particulier, que si tu arrives à tenir, tu es en train d’échapper au job à la con que tu fais étudiant ou quand t’as un peu trop fais le con dans ta vie. Ce n’est pas être élitiste, car c’est même différent d’un métier avec des études. Je ne dis pas qu’un ingénieur en électronique ne kiffe pas son métier, il faut être passionné pour faire ça. Mais là, tu es dans quelque chose de différent. Moi, je n’avais pas grand-chose à faire de mon existence, donc c’était cool. Et il y a aussi autre chose qui a compté : l’esprit de famille. Philippe était un pote d’enfance, Étienne est devenu un ami, on était très proches. Très rapidement, on a récupéré un appartement attenant à Plus 30, sur la même propriété. On y vivait avec Étienne et Stéphane Luginbuhl qui était aussi assistant. Quand Philippe a quitté le studio pour passer freelance, Étienne est monté Ingénieur du son. On passait notre vie à Plus 30, aussi bien pour dormir que pour bosser. Le studio devient ta vie sociale, ta vie tout court. Je finis par me faire virer de Plus 30, car j’étais encore trop punk. Nathalie d’Hardemare m’aimait bien, elle était géniale, elle manageait le studio et m’a beaucoup aidé, elle faisait partie de cette nouvelle famille que je me faisais. Elle savait traiter les artistes, et avec elle ça se passait bien, mais le patron ne m’avait pas à la bonne et je me suis fait sortir pour des trucs à la con… En gros, je suis arrivé en retard à une session, un retard d’une dizaine de minutes, alors qu’à ce moment-là je faisais à la fois des sessions de nuit et de jour. Le patron a sauté sur l’occasion et j’ai pris la porte au tout début des années 1990.

Comme je me fais virer de Plus 30, je dois partir de l’appartement. Pendant qu’on était tous à Plus 30 on avait découvert les raves. La première que l’on fait est Trance Body Express, dans une péniche stationnée au pont de Puteaux. C’est fou, je vais mieux me souvenir de ma première rave que de ma première session en studio. On découvre ce monde où la musique est associée étroitement à la drogue, notamment les ecsta’, que moi je connaissais déjà via la new wave de Madchester dans laquelle je baignais aussi. Les Happy Mondays, je kiffais, toute ma vie j’ai rêvé d’être Bez. Bez, c’était le mec qui dansait un shaker à la main à côté du chanteur des Happy Mondays. À cette rave, j’étais avec Philippe, Étienne, Philippe Gandilhon qui plus tard devient directeur artistique chez Sony. C’était ces raves du tout début des années 1990, complètement ghetto où tout le monde se casse la gueule à la drogue. On était stupéfaits par ce truc. On a commencé à prendre le pli, tous les week-ends, puis ensuite les marathons du jeudi soir au dimanche matin. Philippe a fini par acheter des platines et une mixette, tout le monde n’avait pas le fric pour s’acheter ça, alors tu imagines bien… Étienne et Philippe mixaient. On a fini par atterrir dans le triplex de Philippe Gandilhon rue Lepic. Philippe avait monté avec Anne Claverie une société de management : Absolut Management. Il était l’assistant d’Anne et habitait dans ce triplex, avec l’ingénieur du son de Taratata, Patrice Cramer. Il était à deux doigts de perdre cet appart, on est donc venus habiter dedans pour amortir le loyer. Là, ça a été le début d’une grande folie qui a duré deux ans. C’est la première moitié des années 1990 et c’était le bordel, les raves, ce triplex où on fait la fête. Moi, je suis resté dans ce milieu pour danser. Étienne et Philippe, eux, ont fait de la musique. Philippe et Étienne se mettent vraiment à produire. On a été habiter rue Blanche, et là il y avait des machines par terre, un sampler, je ne sais plus si c’était le S1000 ou S1100 d’Akaï ou un autre, des enceintes sur pieds. Ils ont fondé un groupe, Motorbass, ont fait des maxis puis un album mixé sur une Mackie, alors que Philippe commençait à être un ingénieur du son reconnu. Étienne commençait à peine, et moi je commençais à mettre les pieds dans le hip-hop en tant qu’assistant. Philippe bossait encore en studio avec son sampler. Étienne avait une TB 303 pour faire ses basses. Motorbass a été fait comme ça, et moi j’ai continué à faire le con. J’étais dans mes trucs de studio d’un côté, de rave de l’autre, et je n’ai pas cherché à faire de la musique. Je commence à être ingénieur du son quand eux partent sur un truc plus électro et techno. C’est seulement quelques années plus tard que j’ai produit 2, 3 morceaux pour la Mafia K1Fry. J’avais à l’époque une SP12 que m’avait vendu Rafik et Wilfrid du Gang du Lyonnais, de très bons potes, et un S900 Akai.

Dans les raves, j’avais rencontré Stéphane « Alf » Briat qui est aujourd’hui un grand ingénieur du son français. Il travaillait au studio Bastille. Il m’a remplacé à Plus 30 et moi je l’ai remplacé au studio Bastille. À la même période, je rencontre Laurent Gueneau, qui avait fait le premier album d’IAM. Je ne découvrais pas le rap musicalement parlant. Quand j’étais encore à Aix-les-Bains, Philippe rentrait régulièrement avec des K7 et en me parlant de tas de trucs. Celui qui faisait tourner des sons de soul, de funk, puis de hip-hop, c’était Hubert alias Boom Bass. Philippe ramenait des K7 faites par Hubert, avec des vieux trucs de soul et de funk. Dans ma culture musicale, la black music vient vraiment des K7 de Hubert. Et le premier groupe de rap américain que j’ai kiffé, c’est De la Soul. J’ai aimé avant tout la Native Tongue. Ensuite sur Paris, j’ai pris DJ Premier et Gang Starr dans la figure. C’est le début des années 1990. Plus tard, quand on était déjà en studio, on avait même les albums et les maquettes de Solaar avant que ce soit sorti. Il y avait déjà une parano du piratage à l’époque, il y avait un marché noir du disque physique. Les bandes étaient des trucs sacrés, enfermées dans des pièces verrouillées à clef, auxquelles peu de monde pouvait accéder. Avec Laurent, on fait le premier album de Jhonygo, sur lequel je dis d’ailleurs deux mots lorsqu’il faut faire une intervention de jeune con blanc sur un interlude. Je suis l’un de ses assistants. Laurent est freelance et je pars l’assister. Assistant, c’est être au service de ton ingé son. Ingénieur du son, c’est s’arranger pour qu’un artiste soit bien. On bosse également pour Labelle Noir, le label qui sort Rapattitude. En freelance, on fréquente différents studios. On va à Davout pa…

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Le Rôle des Rappeurs et DJs Français dans la Culture Musicale

Les rappeurs français sont des artistes qui se spécialisent dans le rap, un genre musical caractérisé par des paroles rythmées et souvent parlées, sur des beats percussifs. Ces artistes sont issus de divers milieux sociaux et culturels, apportant une diversité de perspectives et d'expériences à leurs textes. Les rappeurs français abordent une large gamme de sujets, incluant la vie urbaine, les inégalités sociales, la politique, l'amour, l'identité personnelle, et plus encore. Le flow, ou la manière dont les paroles sont livrées, est un élément crucial. Les rappeurs et DJs français sont des piliers de la scène musicale, chacun apportant des contributions uniques à travers des paroles percutantes, des techniques de mixage innovantes, et une capacité à captiver et à inspirer leur audience.

Hommage à DJ Mehdi

Thomas Roussel a signé la musique originale du documentaire de Thibaut de Longeville sur le défunt DJ/producteur DJ Mehdi, jeune banlieusard d’origine tunisienne qui créera le son du collectif le plus dur du rap français et deviendra l’un des plus brillants ambassadeurs de la “French Touch” à l’international.

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