Le terme "kawaii", imprégné de douceur, d'innocence et d'un charme irrésistible, a conquis le monde. Issu du Japon, ce concept englobe un large éventail de styles et d'expressions. Les Japonais sont très superstitieux et utilisent des prières, des pèlerinages, des porte-bonheurs, des amulettes ou des gri-gri pour attirer la chance, la bonne santé, la prospérité dans les affaires, le travail ou les relations, ou au contraire, une protection pour éloigner le mauvais sort, la malchance ou les yôkaï malfaisants.
Définition du Kawaii
"Kawaii" est un terme et un concept japonais signifiant simplement "mignon" ou "adorable". Mais sa signification est également beaucoup plus profonde que cela ; il englobe un style de vie et une philosophie qui valorisent la douceur, l'innocence et la vulnérabilité. Le concept de kawaii est omniprésent dans la culture japonaise, se manifestant dans les dessins animés, les mangas, la mode, les produits de consommation et même les comportements sociaux. Le mot peut être utilisé pour décrire des objets, des personnes, des animaux et des styles qui possèdent des caractéristiques enfantines, douces et charmantes. Les manifestations de kawaii sont nombreuses et variées, y compris des personnages de dessins animés tels que Hello Kitty et Pikachu, des styles vestimentaires colorés et excentriques tels que Lolita, et des produits de tous les jours ornés de motifs mignons et attrayants. Kawaii se reflète également dans la façon dont les Japonais expriment leurs émotions et leurs interactions sociales, en promouvant la gentillesse et la bonne volonté.
Tout le monde connaît le Maneki Neko, ce petit chat porte-bonheur japonais. Littéralement, le « chat qui invite » est toujours représenté avec une ou ses deux pattes levées. La patte droite attire la richesse en affaires comme dans les relations, l’argent et la bonne fortune. Le maneki neko traditionnel est de couleur blanche. Il peut être habillé d’un collier rouge avec une clochette ou d’une bavette. Parfois, il tient une pièce ovale représentative de la monnaie de l’ère Edo. On y retrouve aussi trois kanji célèbres. Envie de connaître leur signification ?
À l’origine, le daruma, petit culbuto de couleur rouge, était fabriqué en papier. Le daruma est traditionnellement vendu avec les yeux blancs. On peint une première pupille noire en faisant un vœu. Quand celui-ci se réalise, la seconde est dessinée. Le daruma japonais traditionnel est rouge, mais on le retrouve de plus en plus souvent décliné de différentes couleurs en fonction de l’effet recherché. Dans les signes distinctifs du daruma, il y a les kanji écrits sur son ventre. Elle est fréquemment peinte avec des décorations de couleur rouge. Cette couleur a la réputation de tenir éloignés les mauvais esprits, mais aussi d’apporter la santé ou de souhaiter un bon rétablissement.
Les motifs des kokeshi traditionnelles sont un peu la signature du maître artisan qui l’a confectionnée. Les omikuji sont de petits morceaux de papier sur lesquels sont écrites des prédictions. Il existe plusieurs degrés de chance et de malchance. Les prédictions les plus positives sont appelées dai-kichi. Les plus négatives sont appelées kyo. Les omamori sont de petits sachets en tissus soyeux. Ces petits objets porte-bonheurs sont à porter sur vous ou dans votre poche comme une amulette. Les ema sont un autre type de porte-bonheur qu’il est courant de retrouver dans les temples. Les plus créatifs les décorent avec de magnifiques dessins traditionnels ou non, ou des personnages de manga. Certains temples possèdent leur propre ema. Par exemple, celui du temple Fushimi Inari, le sanctuaire de Kyoto dédié au renard messager du dieu Inari, les ema sont en forme de renard. Elles sont très répandues au Japon pendant le Kodomo no Hi, la fête des enfants. Cette fête a lieu le 5 mai dans tout le Japon. Ces carpes Koïs en tissu sont accrochées devant les maisons. À l’époque d’Edo, elles étaient réservées aux garçons, pour leur souhaiter de grandir en bonne santé et de devenir des hommes forts et courageux. Les teru teru bozu sont de petites poupées en tissu ou en papier, fabriquées à la main. La teru teru bozu à une allure de fantôme. L’uso, ou kiuso, est une petite statuette en bois porte-bonheur. L’uso est le symbole du mensonge. Le 7 janvier a lieu au Japon, le dazaifu tenmangu, aussi appelé le festival Usokae, à Fukuoka. Le inu Hariko, signifie littéralement « chien en papier mâché ». Mais aussi aux femmes enceintes pour les protéger et leur souhaiter d’accoucher plus « facilement ». Sarubobo signifie littéralement « bébé singe ». Aujourd’hui, le sarubobo s’est démocratisé. La grue est un animal totem du Japon. Aussi appelées Tsuru, les grues sont un symbole de loyauté et de force. Senbazuru signifie « mille grues ». Par extension, la guirlande de 1000 grues senbazuru est également devenue un symbole de paix suite à l'histoire de la jeune Sadako : Irradiée à 2 ans suite au bombardement d'Hiroshima en 1944, la jeune Sadako tombe malade de Leucémie à l'âge de 11 ans. Connaissant la légende des mille grues, elle fit alors le choix de plier des grues avec le papier des notices des médicaments qui lui étaient administrés, aidée par des camarades. Le tanuki est un animal mythique appartenant aux légendes japonaises. Dans la culture nippone, le tanuki est un symbole de bonne fortune et de prospérité. La statue de gauche a généralement la bouche fermée afin de prononcer le son « Um », dernière lettre de l’alphabet sanskrit, représentant la mort. Le lion de droite, portant le nom d’Agyou, prononce le son « A », premier symbole du même alphabet qui représente la vie. Le shisa est une sorte de petit cousin du komainu, propre à la région d’Okinawa. Entre croyance religieuse et superstition, il n’y a qu’un pas. Ces sept dieux de la chance sont représentés dans un bateau appelé Takarabune. Talisman, amulette, symbole, statuette ou divinités protectrices, les Japonais ne manquent pas de moyens pour s’attirer la chance, la fortune, la réussite ou encore la santé.
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Origines et Évolution du Kawaii
Le terme "kawaii" tire ses racines de la période Edo (1603-1868), une période de changements importants au Japon. Mais sa signification moderne et sa popularité ont véritablement émergé au cours du 20e siècle. Le mot dérive à l'origine de l'expression "kawahayushi", qui décrit un sentiment de honte ou de vulnérabilité ressenti face à quelque chose d'excessivement mignon.
- Périodes Edo et Meiji : Les premières instances de "kawaii" étaient associées à des expressions d'affection et de protection envers des objets délicats ou des enfants.
- Années 1970 et 1980 : Le phénomène kawaii a réellement décollé dans les années 1970 avec l'émergence de la culture jeune et de la mode associée. Les adolescentes ont commencé à écrire d'une manière "mignonne" (le style "burikko-ji"), en utilisant des caractères ronds et enfantins.
- Années 1990 et 2000 : Au cours de ces décennies, kawaii est devenu une partie intégrante de la culture populaire japonaise. Les personnages kawaii ont proliféré dans les mangas, les anime et les produits dérivés.
Le kawaii est omniprésent dans la vie quotidienne au Japon. On peut le voir dans les nombreuses mascottes utilisées par les villes (par exemple, Kumamon et Barii-san, pour n'en nommer que quelques-unes) et les entreprises, les campagnes de publicité, et même dans des contextes sérieux tels que les services publics et la sécurité.
Expansion et Influence Mondiale
Kawaii a commencé à se répandre à l'international dans les années 1980 et 1990, grâce à l'influence croissante des mangas et des anime japonais. Des séries comme "Sailor Moon" et "Pokémon" ont introduit des éléments kawaii à un public international.
- Années 2000 et 2010 : Avec l'avènement d'Internet et des médias sociaux, kawaii a trouvé un nouveau débouché mondial. Les communautés en ligne ont adopté et adapté des éléments de cette esthétique, en les fusionnant avec les cultures locales pour créer des styles hybrides.
Aujourd'hui, kawaii est un élément important de la culture pop mondiale. On peut le voir dans la mode, les jouets, les jeux vidéo et même l'art contemporain. Les artistes et les designers s'inspirent de l'esthétique kawaii pour créer des œuvres qui évoquent la nostalgie, la tendresse et l'innocence.
Adopter le Style Kawaii
Pour adopter un look kawaii, il faut favoriser les accessoires mignons et tous les éléments de mode et de maquillage qui peuvent créer une apparence douce et colorée. L'objectif est d'avoir un style qui inspire l'innocence et/ou qui a quelque chose de jeune.
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- Yeux en amande : Appliquez un fard à paupières dans des couleurs douces comme le rose ou la pêche.
- Couleurs et styles : Les couleurs de cheveux pastel comme le rose, le bleu ou le violet sont très populaires. Les coiffures peuvent être simples avec des boucles ou des tresses, souvent agrémentées d'accessoires mignons.
Les Amigurumis : L'Expression Ultime du Kawaii
Les amigurumis, ces adorables doudous rembourrés crochetés, incarnent parfaitement l'esprit kawaii. Issus d'un mot-valise japonais, ils sont devenus une tendance DIY très prisée par les crocheteuses de tous niveaux.
Matériel Nécessaire
Pour créer un amigurumi, vous aurez besoin de :
- Crochet : Choisissez une taille adaptée au fil utilisé, en optant pour un crochet plus petit de 2 ou 3 tailles que celui recommandé pour un rendu plus serré.
- Fil : Un fil 100 % coton mercerisé est idéal pour les débutantes, car il est facile à crocheter et offre une bonne tenue.
- Rembourrage : Les fibres polyester sont un excellent choix, car elles sont bon marché, non allergènes et lavables en machine.
- Autres accessoires : Anneau marqueur, ciseaux, épingles à tête, fil et aiguille à broder ou yeux de sécurité pour les finitions.
Techniques de Base
Pour commencer un amigurumi, vous devez crocheter en rond. La technique du cercle magique est la plus recommandée pour éviter les trous au centre de la pièce. Une fois les différentes parties crochetées, vous pouvez les assembler au point de surjet.
Personnalisation
La broderie du visage est une étape cruciale pour donner une expression unique à votre amigurumi. Vous pouvez utiliser des points de nœud ou des points lancés pour les yeux, des points lancés superposés pour le nez, et laisser libre cours à votre créativité pour la bouche.
Astuces Supplémentaires
Pour faire tenir debout un amigurumi, vous pouvez placer des morceaux de plastique ou de carton à l'intérieur des pieds, ou rembourrer le bas avec des billes de lestage en plastique. Vous pouvez également insérer du fil de fer dans le corps pour articuler votre création.
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Le Mignon : Plus Qu'une Simple Esthétique
Le "mignon" (ou cute en anglais) se répand partout : dans la mode, les filtres Instagram, la nourriture et même dans les programmes de certains candidats à la dernière présidentielle posant avec un animal… Sur le Web, des millions de vidéos attendrissantes se disputent notre attention et certaines boules de poils connaissent un succès incroyable.
Loin d’être anecdotiques, les « grands yeux » sont au contraire au cœur de l’affaire. Car derrière notre amour du mignon se cache une émotion, l’attendrissement pour ce qui nous paraît juvénile, donc vulnérable. L'éthologue autrichien Konrad Lorenz a ainsi montré, dès les années 1940, notre sensibilité au « schéma du bébé » : de grands yeux, une face ronde, un crâne disproportionné, des membres épais et courts et des gestes gauches.
Au fil de l’évolution, les humains se sont programmés à ressentir de l’empathie et à vouloir protéger les êtres présentant ces caractéristiques, afin d’assurer leur survie. Ainsi tout ce qui s’apparente de près ou de loin au schéma du bébé déclenche inexorablement de la sympathie.
Une étude menée par Stephan Hamann, neuropsychologue à l’université Emory (États-Unis) a ainsi montré que des photos de bébé singe, de panda et de chaton, comparées à des images neutres, déclenchaient une activité cérébrale dans les régions générant des émotions positives et gratifiantes. Notamment dans le complexe amygdalien, une zone clé et profonde du contrôle des émotions, et le cortex orbitofrontal, qui entre en jeu dans les processus de décision. « Ces activations cérébrales sont associées au fait de se sentir plus positif mais aussi de vouloir interagir davantage. Par exemple, regarder plus longtemps l’objet suscitant notre intérêt, explique Stephan Hamann. Avec, aussi, des effets sur le corps : on transpire davantage des paumes, et le cœur bat plus vite.
En fait, nous sommes poussés à vouloir protéger ce petit être vulnérable, avant même d’en avoir conscience. Contrairement aux idées reçues, cette pulsion touche aussi bien les hommes que les femmes.
« Le mignon génère dans notre cerveau de l’ocytocine, l’hormone du plaisir. En quelques clics, on est à la fois amusé et détendu », explique Vincent Lavoie. Une équipe de l’université d’Hiroshima (Japon) affirme même que le mignon renforcerait notre efficacité.
Ainsi, l’équipe de Gergana Nenkov a demandé à des volontaires de tester deux cuillères à crème glacée, l’une sobre et la seconde en forme de personnage amusant. « Nous avons remarqué que nos testeurs mangeaient plus de glace avec la deuxième cuillère », explique la chercheuse.
Le kawaii, mot japonais qui signifie à la fois mignon, vulnérable, adorable et fragile, n’a pas qu’un ressort esthétique. « Ce mouvement est né au Japon dans les années 1970, une période où le pays se lance dans un productivisme effréné. Des jeunes femmes adoptent des vêtements, une attitude et des accessoires qui rappellent l’apparence de l’enfance, témoignant de leur refus de passer à l’âge adulte. Le kawaii, en ce sens, est une forme de résistance sociale », explique Vincent Lavoie.
Par ailleurs, le mignon peut générer une certaine agressivité. Il engendre parfois des émotions contradictoires », poursuit Vincent Lavoie. Ainsi il n’est pas rare que quelque chose ou quelqu’un soit tellement mignon que l’on ait envie de le dévorer : ne dit-on pas « je vais te manger tout cru » ? Aux Philippines, le mot gigil désigne « cette tension qui surgit en nous devant quelque chose d’insupportablement mignon ». Ce phénomène appelé « agression du mignon » a été mis en lumière par le département de psychologie de l’université Yale (États-Unis) en 2013.
Lors des conflits armés, il vise à adoucir l’image des soldats. Des dizaines de clichés montrent ainsi des nazis jouant ou nourrissant des chatons. Plus récemment sont apparues sur Internet des images de djihadistes câlinant de jeunes félins, avec le hashtag #catsofdjihad. « Toutes les guerres et toutes les nations ont eu recours à ces visuels, relate Vincent Lavoie. On voit d’ailleurs déjà apparaître sur le Web des photos de soldats russes avec des chats. Le but est de valoriser l’empathie du militaire en se fondant sur cette idée ancienne qui voudrait que la bienveillance envers les animaux soit la preuve d’une bonté tout court. Le chaton est ici un cheval de Troie. »
Tantôt arme de guerre, tantôt méthode de réconfort ou de résistance sociale, le mignon joue donc sur tous les tableaux. « En fait, on alterne d’un genre à l’autre. Soumis à des images d’actualité effroyables, nous compensons avec des images positives, un peu comme des antidotes », souligne Vincent Lavoie. Et en cas d’urgence émotionnelle, vous pouvez toujours taper « chat mignon » sur votre moteur de recherche, vous vous sentirez mieux !
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