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La Fécondation In Vitro (FIV) avec Don d'Ovocytes : Exploration des Enjeux et Perspectives

Introduction

La fécondation in vitro (FIV) avec don d'ovocytes est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) qui offre une solution aux femmes confrontées à l'infertilité due à divers facteurs, tels que l'absence d'utérus (congénitale ou consécutive à une hystérectomie), la destruction fonctionnelle de l'utérus, les échecs répétés de FIV, ou l'existence de maladies mettant en jeu la vie de la mère au cours d'une grossesse. Cette technique suscite un débat sociétal intense, notamment à l'approche de la révision des lois de bioéthique. Cet article explore les différents aspects de la FIV avec don d'ovocytes, en mettant en lumière les arguments pour et contre, ainsi que les considérations médicales et éthiques qui l'entourent.

La Gestation Pour Autrui (GPA) : Un Contexte Essentiel

La gestation pour autrui (GPA) est une pratique qui consiste pour une femme à porter un enfant pour le compte d'un couple, qui en a assuré le projet et la conception, et à qui il sera remis après sa naissance. La GPA se distingue des autres formes d'assistance médicale à la procréation, car elle ne représente pas un progrès scientifique en soi. Il est crucial de distinguer les situations où la femme est uniquement gestatrice de celles où elle est à la fois gestatrice et génitrice.

En France, la GPA est interdite, mais elle est pratiquée depuis plusieurs décennies dans certains pays étrangers. Cette interdiction est inscrite dans le code civil, à l'article 16-7, qui stipule que "Toute convention portant sur la gestation pour le compte d'autrui est nulle". De plus, le code pénal sanctionne l'entremise entre une personne ou un couple désireux d'accueillir un enfant et une femme acceptant de porter cet enfant en vue de leur remettre.

Arguments Pour la Levée de l'Interdiction de la GPA

Plusieurs arguments sont avancés en faveur de la levée de l'interdiction de la GPA :

  • L'infertilité et l'absence d'alternative thérapeutique : Pour les femmes souffrant d'infertilité due à des problèmes utérins ou à des échecs répétés de FIV, la GPA peut être la seule option pour avoir un enfant. L'absence d'alternative thérapeutique est perçue comme une injustice par ces femmes.
  • La difficulté d'adopter : L'adoption peut être un processus long et complexe, et l'enfant adopté n'est pas issu des gènes des parents adoptants.
  • Le recours à la GPA à l'étranger : L'interdiction de la GPA en France pousse les couples à se rendre à l'étranger, où la pratique est légale. Cette démarche est coûteuse, discriminatoire et laisse l'enfant dans une situation juridique difficile à son retour en France.
  • Les résultats observés : Les études menées sur la GPA montrent des résultats globalement satisfaisants, avec des taux de succès comparables à ceux de la FIV classique.

Arguments Contre la Levée de l'Interdiction de la GPA

Les opposants à la GPA mettent en avant plusieurs arguments :

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  • L'interdiction de la commercialisation du corps humain : La GPA est perçue comme une commercialisation du corps de la femme, ce qui est contraire à l'éthique.
  • Un éventuel asservissement de la femme : La GPA pourrait entraîner un asservissement de la femme, qui serait réduite à un simple instrument de reproduction.
  • L'ébranlement de la valeur symbolique de la maternité : La GPA pourrait remettre en question la valeur symbolique de la maternité, en dissociant la gestation de la filiation.
  • Les risques physiques et psychiques : La GPA comporte des risques physiques et psychiques pour la femme qui porte l'enfant, ainsi que pour l'enfant lui-même.
  • Les risques pour le couple de la gestatrice et pour la fratrie : La GPA peut avoir des conséquences négatives sur le couple de la gestatrice et sur ses autres enfants.
  • Les risques pour le couple d'accueil : Le couple d'accueil peut être confronté à des difficultés relationnelles avec la gestatrice, ou à des problèmes juridiques liés à la filiation de l'enfant.
  • Les risques de dérives : La GPA pourrait ouvrir la voie à des dérives, telles que la sélection des embryons en fonction de critères non médicaux.
  • Les aspects financiers : La GPA peut être très coûteuse, ce qui la rend inaccessible aux couples les plus modestes.

Les Risques Médicaux de la GPA : État des Lieux

Les études médicales sur la GPA sont rares et souvent limitées à de courtes séries ne dépassant pas la centaine de cas. Il est donc difficile de tirer des conclusions définitives sur les risques médicaux de la GPA.

Une étude américaine a rapporté deux cas de complications sévères chez la gestante. Dans le premier cas, une femme de 39 ans, sœur de la mère d'intention, a subi une hystérectomie d'urgence à la suite d'une hémorragie importante du post-partum, confirmant l'existence d'un placenta accreta. Elle a également été victime d'un accident vasculaire cérébral laissant comme séquelle une cécité. Le second cas concernait une gestatrice, apparentée également avec la mère d'intention, ayant eu précédemment trois grossesses normales. Au cours de la césarienne effectuée à terme pour une dystocie sur un enfant de 4 000g, une rupture utérine a été découverte, entraînant une hystérectomie.

Ces cas, bien que rares, soulignent l'importance d'une surveillance médicale rigoureuse des grossesses issues de GPA.

L'Influence de l'Âge Masculin sur la Fertilité et la FIV

L'âge paternel est un facteur de plus en plus étudié dans le domaine de la procréation médicalement assistée. Contrairement à la croyance populaire, l'âge masculin a une influence sur la qualité du sperme et la santé de l'enfant.

Une étude publiée dans la National Library of Medicine a mis en lumière le fait que plus un père est âgé, plus le risque est élevé que sa progéniture développe des maladies congénitales comme les malformations cardiaques, l’autisme ou d’autres troubles mentaux. Les chercheurs suggèrent que les hommes, avec le passage du temps, peinent à produire du sperme de « bonne qualité », ce qui pourrait in fine entraîner des anomalies génétiques chez l’enfant.

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Cependant, deux études présentées par le groupe de cliniques IVI lors du congrès ESHRE 2022 se sont penchées sur l’influence de l’âge du père sur la réussite du traitement de fécondation assistée, sur le sexe ou la santé du nouveau-né. Ces deux études ont abouti aux conclusions suivantes :

  • L’âge paternel n’affecte pas les résultats obstétriques et périnataux dans les cycles de FIV ou d’ICSI avec des ovocytes autologues.
  • L’âge paternel est significativement corrélé au type d’accouchement ainsi qu’au sexe du nouveau-né dans des cycles de FIV ou d’ICSI avec don d’ovocytes.

Ces résultats suggèrent que l'âge masculin peut avoir une influence sur certains aspects de la FIV avec don d'ovocytes, notamment le type d'accouchement et le sexe du nouveau-né.

Les Délais et le Parcours en France : Témoignages

Le parcours de FIV avec don d'ovocytes en France peut être long et complexe. Les délais d'attente peuvent être importants, comme en témoignent les personnes ayant entrepris cette démarche. Il est donc conseillé de s'y prendre à l'avance et de se renseigner auprès des centres spécialisés.

Certains centres, comme l'HFME de Bron, regroupent le CHU et le CECOS, ce qui facilite le parcours. Cependant, il est important de noter que le CHU est le seul interlocuteur avec le CECOS.

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