Loading...

Eden Hine : Une histoire d'infirmière, de survie et de Monoprix

Introduction

Eden Traeh Hine, 32 ans, bientôt 33, est une figure complexe et attachante. Naviguant entre un passé tumultueux et un présent précaire, elle incarne la résilience et la capacité à trouver de la joie dans les petites choses. De son enfance atypique à son métier d'infirmière, en passant par ses addictions et ses amitiés improbables, Eden est un personnage riche et nuancé.

Pièce d'identité et origines

Née près du centre de tri des eaux usées de Willawong, dans la banlieue de Brisbane, Eden porte un nom qui ne lui inspire aucune fierté : Hine. Dans son quartier, c'est un nom connu pour les pires raisons. Ses parents, peu inspirés, lui ont donné deux prénoms quasi-bibliques, Eden Traeh (Heart à l'envers), préférant cela à Alfred. Son frère, Spirit à l'envers, s'appelle Tirips.

Une enfance marquée par la débrouille

Papa et Maman Hine ont toujours besoin d'argent, mais n'ont pas envie de travailler pour un État avec lequel ils n'ont pas contracté. Ils envoient donc Eden et son frère passer leurs petites mains dans les boîtes aux lettres pour voler des colis et en revendre le contenu. Ils louent un bureau et vivent par terre pour ne pas dépenser trop d'argent. Quand ça ne suffit pas, ils demandent à l'aînée de cacher un morceau de verre dans son burger au restaurant avant de manger. Les petites escroqueries sont les plus communes, mais celles qui visent les enfants sont les meilleurs : on ne soupçonne jamais un gamin de mentir quand il hurle.

Joetta, la sœur protégée

À ce savoureux mix déjà créé par Tirips, devenu Jackson, et Eden, viendra s’ajouter Joetta, la benjamine et préférée de la famille. Joetta, elle a pas besoin de bouffer du verre, ni foutre sa main dans les boîtes aux lettres ; tout lui est servi avec une admiration quasi-religieuse et les aînés doivent mettre les bouchées doubles pour la protéger elle de la faim qui les tenaille trop. Eden développe un syndrome de sauveur vis-à-vis de la gamine ; Jackson, lui, lui voue en grandissant une haine proportionnelle au dédain qu'on lui retourne.

Une fuite en avant

A peine adulte, Eden fugue, emprunte des faux noms et entreprend de cumuler tous les petits jobs du monde pour se payer des études d’infirmière. C’est en 2014 qu’elle saisit l’opportunité de partir en Afrique de l'Ouest - elle n'en rentrera que dix ans plus tard, tirée de force par des parents toujours omniprésents dans son univers.

Lire aussi: Utilisation MycoHydralin®

Un quotidien entre espoir et désillusion

Eden s'est un peu faite à l'idée qu'elle était une cause perdue, alors elle vivote avec à peu près autant d'espoir qu'un plongeur avalé par une baleine. Elle partage sa coloc, ses médicaments, ses magazines pornos et son café mal fait avec Lee et Ellie depuis quelques temps. ça se passe à peu près aussi bien que vous pouvez l'imaginer.

Infirmière et plus si affinités

Fraîchement infirmière en centre d'hébergement, elle gagne encore moins bien qu'avant mais au moins, elle s'y plaît. Elle ne crache pas sur les missions courtes à l'hôpital. Continue à faire Uber les soirs de semaine et à tenir l'accueil d'une boutique rétro quand elle a besoin d'extras.

Un style vestimentaire unique

Dotée d’un sens de l’esthétique assez particulier, son style vestimentaire est tel qu’elle a toujours l’air de revenir de funérailles et d’y avoir passé un super moment. Eden expérimente et s’amuse, pour des résultats très rarement probants ; elle n’a jamais réellement appris à se maquiller ou à accorder ses fringues. Son combo fétiche, c'est les Birkenstock-chaussettes : confort en toute occasion. Elle a toujours des chaussettes super originales et des t-shirt imprimés improbables. Fervente porteuse du combo sandales-chaussettes.

Des amitiés atypiques

Bonne vivante, pétillante, Eden est montée sur ressorts et a le sourire aussi facile que la trinque, elle se trimballe même en chaussures avec des petites roulettes dessous. Eden, c’est facile de s'en faire une pote, c’est beaucoup plus complexe de la faire évoluer au rang d’amie : elle a toujours mille trucs à faire, les excuses les plus péraves pour s’éclipser plus tôt, et la fâcheuse tendance à disparaître sans prévenir. Ses meilleurs amis sont donc, dans l'ordre d’importance : Clarence, 37 ans et très tolérant avec ses conneries, Roberto, 52 ans, à qui elle refile un café tous les matins en allant au boulot, et Bassem, 85 ans, avec qui elle joue au café-pong devant les rediffs de Days of Our Lives.

Un passé trouble et des addictions

Trinque facile va souvent avec narines ouvertes : les Hine déplacent de la drogue, parfois, quand les fins de mois sont vraiment dures, et comme seul acte de rébellion, Eden en vole, un peu, puis un peu plus à chaque fois. La nana pour laquelle elle se faisait passer en allant à des cours de futures mamans contre 20 balles l’heure lui fait rencontrer son cercle, et Eden bouge des quantités un peu plus larges, mais seule : l’argent va dans une pochette qu'elle garde soigneusement en vue de se payer des études. Le temps qu’elle finisse l’école d’infirmières, Eden est accro. Le départ en Afrique fera office de sevrage forcé, et elle dépendra entièrement de la surveillance de Clarence pour ne pas y retomber dans les quartiers les plus démunis. Aujourd'hui, c’est l'alcool, qui remplace - elle évite de trop y penser histoire d’éluder le début de problème jusqu'à ce qu'il en devienne réellement un.

Lire aussi: Combiner allaitement maternel et lait en poudre

L'Afrique, une expérience marquante

Des années dans le conflit, les traumas et la maladie : Eden sillonne l’Afrique avec le travail, en compagnie de Clarence, de sa femme et de leurs collègues, du Burundi au Niger. Ça va des opérations simples aux pandémies qui ravagent les pays, d’abord pour le VIH puis en première ligne pendant l’épidémie d’Ebola, entre deux conflits sous-jacents. Dix ans à voir à peu près le pire, sans s’attendre tout à fait à ce qu'il arrive aussi près : perdre Emma est un poing dans le ventre dont la douleur ne s’efface jamais. Avec elle, elle perd aussi un bout de Clarence, qu’elle ne retrouvera jamais complètement : les années n’effacent rien, mais au moins le deuil l’unit-elle un peu plus à l'homme qu’elle considère comme son frère, elle qui a déjà perdu une sœur.

Quand Clarence retourne en Australie, elle décide elle aussi de fuir : il n’y a plus grand-chose pour elle ici. D’Octobre 2022 à Mai 2024, elle demande à être mobilisée sur les Îles Cook, pour se rapprocher de ses origines.

Amour et relations : un terrain miné

Après des années dans des relations qu’elle a toujours vues comme éphémères et sans avenir, elle a acté d’être plus sérieuse à son retour sur brisbane. elle a tellement pris sa résolution au pied de la lettre qu’elle est entrée dans un mariage. celui de deux autres personnes, mais un mariage quand même. Tout le charme qu’elle possède ne compense tristement pas sa réticence à l’attachement ; Eden ne sait pas trop traiter les relations, ni être dans l’une d’elles, d’ailleurs. Adepte du courage, fuyons, elle n'est généralement que peu encline à s’ouvrir émotionnellement, c’est le genre à passer la nuit et à ne jamais rappeler, plus par anxiété que par réelle envie de couper les ponts. Ce n'est pas de la mauvaise volonté : il y a une vraie tentative, mais rarement le coût bénéfice/risques lui semble pertinent. Il n’y a qu’elle, l’exception qui confirme la règle : elle est déjà engagée dans une autre relation qui la rend un peu plus inaccessible. Parfois, Eden se demande si elle ne s'est pas volontairement attachée à quelqu'un d'indisponible pour ne pas avoir à prendre des risques. Son orientation est chaotique bi.

Culture et passions : une échappatoire

Après des années dans une ignorance oppressante, Eden se réfugie rapidement dans les films et dans tous les arts jusque-là hors de sa portée : elle se réconforte devant des vieux slashers de merde et derrière les bouquins de poésie de W.H. Auden, elle cultive un amour sans bornes pour les vieux albums un peu obscurs et se forge une culture musicale qui traverse époques et styles. Elle a économisé suffisamment pendant ses déplacements pour tout claquer dans un appareil photo un peu vieux et sans fioritures, avec un filtre sympa : elle n’a aucune idée de ce qu’elle fout et rate souvent tous ses clichés, mais c’est un amour qui se développe.

Une famille toujours présente

L'échine courbée, le regard vers le sol, toujours : c’est même plus une habitude, à ce point, c'est un putain de rituel, et ça l'arrange parce qu'au fond, elle ne saurait même plus comment les regarder en face. En dix ans, Francisco en a pris vingt : la veine sur sa tempe ressort encore plus qu’avant, et elle est infoutue de savoir si c’est à cause de l’énervement ou de l'alcool. Gloria est impassible, comme toujours, et elle n’a pas bougé d'un pouce : c’est toujours elle qui fait le plus peur, parce que c’est elle qui s’emporte sans prévenir tandis que lui, il est le caractère soupe-au-lait le plus prévisible du monde. Eden les revoit à treize ans, quand ils lui ont fait croire que Jackson avait un cancer du pancréas et qu'il fallait ramasser des dons dans la rue ; ils lui avaient même rasé le crâne pour l'occasion et ils lui avaient juré que c'était vrai, droits dans leurs bottes, ajoutant des larmes pour l’effet dans la voix tremblante qui disait qu'ils allaient perdre leur bébé. Vingt ans plus tard, Jackson est toujours vivant, et le manque cruel de neurones n’a pas été provoqué par la chimiothérapie. Mais aujourd'hui, c’est Joetta, dont il est question. Joetta, vingt-quatre ans, cheveux peroxydés, déjà la poudre au nez en permanence et les aspirations de vie d'une septuagénaire paraplégique qui a déjà tout vu, tout connu. Joetta, qui a un problème de foie et qui a absolument besoin d’opérations trop chères, sous peine de vivre sous tube pendant quelques années avant d’en périr.

Lire aussi: PACS entre cousins : est-ce possible en France ?

Eden a un souvenir net de la gamine de l'époque, de son sourire et de sa fossette si caractéristique, pile entre la joue et le menton, de la façon dont elle se retenait de pleurer pour ne pas que ses aînés soient blâmés de son malheur. Joetta, c’est la seule qui a réellement eu une enfance ; qui a été perçue comme telle, et non comme une partenaire avec laquelle on partageait tout équitablement depuis qu’elle a été capable de marcher. Avant elle, Eden ne pensait pas ses géniteurs capables d’amour parental qui dépasse la notion de business un peu mal foutue qu'ils avaient développé. « On t’a élevée, on t’a nourrie et logée pendant des années. On t’a protégée de tout ce que tu pouvais craindre. » Dix, neuf, huit… Mentalement, elle fait le décompte pour s’empêcher de craquer, et ce laps de temps lui permet d'établir une liste de preuves qu’elle n'a jamais été protégée de quoi que ce soit, ou même nourrie, d'ailleurs. « À toi de nous rendre la pareille. De la rendre à Joetta, pour l'amour de Dieu. Tu l’as vue ?

tags: #Doggett #son #doudou #histoire

Articles populaires:

Share: