L'accouchement naturel, une approche qui met l'accent sur la physiologie et minimise les interventions médicales, suscite un intérêt croissant. Cet article explore les différentes facettes de l'accouchement naturel, en abordant ses bienfaits potentiels, ses risques, ainsi que les différentes méthodes et considérations associées.
L'Accouchement Sans Douleur : Une Perspective Historique
Dans la seconde moitié du XXe siècle, une nouvelle approche de l'accouchement a émergé en France : l'accouchement sans douleur (ASD). Cette méthode, importée d'URSS par le médecin-obstétricien Fernand Lamaze en 1951, visait à remplacer les médicaments analgésiques tout en promettant de supprimer les douleurs de l'enfantement.
Fernand Lamaze, à la fois médecin accoucheur des grandes familles bourgeoises et proche du parti communiste français (PCF), dirigeait la maternité de la polyclinique des Bluets, financée par les syndicats CGT des métallurgistes de la région parisienne. Grâce à ses liens avec le PCF, il fut convié à un voyage en URSS en septembre 1951, où il assista à une « naissance sans douleur » auprès du docteur Nicolaiev. Ce dernier était convaincu que la douleur résultait d'un réflexe conditionné, véhiculé par la société, conformément à l'injonction biblique d'enfanter dans la douleur.
De retour en France, Lamaze introduisit la nouvelle méthode, cherchant à convaincre le milieu médical et les femmes françaises. Assisté des médecins René Angelergues, André Bourrel et Pierre Vellay, il adapta la pratique soviétique et la définit selon trois principes : une éducation physique comportant six séances d'instruction, une instruction pédagogique pour supprimer la peur de l'accouchement et de la douleur, et une « restructuration » du cerveau visant à écarter les croyances erronées.
Les communistes jouèrent un rôle décisif dans la diffusion de l'ASD. En 1952, le magazine Regards lui consacra vingt-neuf pages, et le groupe communiste du conseil de Paris demanda la mise en place de la méthode dans toutes les maternités parisiennes. À partir de 1953, la pratique se généralisa dans un grand nombre de maternités françaises.
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Cependant, les partisans de l'ASD rencontrèrent de nombreux adversaires, médecins, politiciens ou catholiques. Les résistances étaient principalement politiques et idéologiques, accentuées par le contexte de la guerre froide. L'environnement communiste dans lequel l'ASD était née dérangeait, et les détracteurs souhaitaient décrédibiliser le PCF.
Malgré ces obstacles, la méthode continua sa progression. Le 8 janvier 1956, le pape Pie XII autorisa l'accouchement sans douleur, relançant la discussion sur cette méthode. En juin, la Sécurité sociale autorisa le remboursement de six cours de préparation.
Malgré son importance dans les années 1960-1970, l'ASD s'essouffla dans les années 1980, laissant place à la péridurale. Cependant, cette méthode a changé le regard que l'on portait sur l'accouchement, en donnant une place aux pères.
L'Accouchement dans l'Eau : Une Option Douce et Naturelle
L'accouchement dans l'eau, longtemps perçu comme une lubie personnelle ou une pratique risquée, gagne peu à peu les maternités françaises. Cette approche offre aux femmes la possibilité de vivre un accouchement plus naturel et doux.
De nombreuses femmes enceintes souhaitent se diriger vers un projet de naissance plus naturel et physiologique afin d'être actives de la naissance de leur bébé. Elles se sentent parfois infantilisées par un parcours de naissance trop médicalisé, ou par le fait de ne plus pouvoir prendre une décision sans l'aval de leur médecin.
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L'accouchement dans l'eau présente plusieurs avantages potentiels :
- Une vertu décontractante du bain : L'eau, maintenue à la température du corps (37 degrés), favorise la relaxation et réduit la tension musculaire.
- Une mobilité plus naturelle : La femme peut adopter les positions qui lui conviennent le mieux pour gérer la douleur et faciliter la progression du travail.
- Un meilleur retour veineux : L'immersion dans l'eau favorise la circulation sanguine et peut aider à réduire l'enflure des jambes et des pieds.
- Un sentiment de satisfaction : La femme se sent plus actrice de la naissance et a le sentiment d'avoir respecté son choix.
- Un traumatisme atténué pour le bébé : Le passage d'un liquide chaud à un autre à 37 degrés adoucit la transition pour l'enfant.
Cependant, l'accouchement dans l'eau n'est pas adapté à toutes les femmes. Seules celles qui s'inscrivent dans un contexte de « bas risque obstétrical » peuvent y prétendre. De plus, il est essentiel que la femme enceinte comprenne les motivations et la réalité d'un accouchement dans l'eau, ainsi que les situations qui pourraient entraîner une sortie de l'eau plus ou moins en urgence.
La naissance aquatique se déroule dans la « salle nature » d'une maternité, à l'aide d'une baignoire de naissance, en présence de la sage-femme et de l'auxiliaire de puériculture, dans un contexte de médicalisation raisonnée. Une surveillance constante est mise en place via un monitoring waterproof qui suit toute l'évolution jusqu'à la naissance du bébé.
Les Critères d'Éligibilité et les Contre-Indications
Pour être éligible à un accouchement naturel, il est essentiel de répondre à certains critères de « bas risque obstétrical ». Ces critères peuvent varier d'une maternité à l'autre, mais ils incluent généralement :
- Absence de complications médicales préexistantes (diabète, hypertension, etc.)
- Grossesse unique
- Bébé en position céphalique (tête en bas)
- Absence de signes de souffrance fœtale
- Travail spontané (sans induction)
Certaines situations peuvent contre-indiquer un accouchement naturel, notamment :
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- Présence de complications médicales maternelles ou fœtales
- Grossesse multiple
- Bébé en siège ou dans une autre position non optimale
- Signes de souffrance fœtale
- Nécessité d'une induction du travail
- Antécédent de césarienne (dans certains cas)
Il est essentiel de discuter de ces critères et contre-indications avec son médecin ou sa sage-femme afin de déterminer si l'accouchement naturel est une option appropriée.
Le Projet de Naissance : Exprimer ses Préférences et ses Besoins
Le projet de naissance est un document écrit dans lequel la femme enceinte exprime ses préférences et ses besoins concernant le déroulement de son accouchement. Il peut inclure des informations sur :
- Le lieu de l'accouchement (maternité, maison de naissance, domicile)
- Les personnes présentes (partenaire, doula, etc.)
- Les positions d'accouchement souhaitées
- L'utilisation ou non de médicaments contre la douleur (péridurale, etc.)
- Les interventions médicales souhaitées ou refusées (épisiotomie, césarienne, etc.)
- Les soins au nouveau-né (peau à peau, allaitement, etc.)
Le projet de naissance est un outil de communication important entre la femme enceinte et l'équipe médicale. Il permet d'exprimer ses souhaits et de s'assurer qu'ils soient pris en compte dans la mesure du possible. Cependant, il est important de comprendre que le projet de naissance n'est pas un contrat et que certaines situations médicales peuvent nécessiter des interventions non prévues.
La Préparation à l'Accouchement : Se Préparer Physiquement et Mentalement
La préparation à l'accouchement est essentielle pour se préparer physiquement et mentalement à l'accouchement naturel. Elle peut inclure :
- Des cours de préparation à la naissance : Ces cours permettent d'acquérir des connaissances sur le déroulement du travail, les techniques de gestion de la douleur, les positions d'accouchement, et les soins au nouveau-né.
- Des exercices physiques : Des exercices de yoga, de Pilates, ou de stretching peuvent aider à renforcer les muscles du plancher pelvien et à améliorer la souplesse.
- Des techniques de relaxation et de respiration : La relaxation et la respiration peuvent aider à gérer la douleur et à réduire l'anxiété pendant le travail.
- La lecture et la recherche d'informations : S'informer sur l'accouchement naturel permet de mieux comprendre le processus et de se sentir plus en confiance.
Les Risques Potentiels de l'Accouchement Naturel
Bien que l'accouchement naturel présente de nombreux avantages potentiels, il est important de connaître les risques potentiels :
- Douleur intense : L'accouchement naturel peut être douloureux, et certaines femmes peuvent avoir du mal à gérer la douleur sans médicaments.
- Fatigue : Le travail peut être long et épuisant, et certaines femmes peuvent se sentir très fatiguées.
- Complications : Bien que rares, des complications peuvent survenir pendant l'accouchement naturel, telles que des saignements excessifs, une déchirure périnéale grave, ou une souffrance fœtale.
- Nécessité d'une intervention médicale : Dans certains cas, une intervention médicale peut être nécessaire pendant l'accouchement naturel, telle qu'une épisiotomie, une extraction instrumentale (forceps ou ventouse), ou une césarienne.
Il est essentiel de discuter de ces risques avec son médecin ou sa sage-femme afin de prendre une décision éclairée.
Les Alternatives à l'Accouchement Naturel
Si l'accouchement naturel n'est pas une option appropriée, il existe d'autres alternatives, telles que :
- La péridurale : La péridurale est une méthode d'analgésie qui permet de soulager la douleur pendant le travail.
- L'accouchement médicalisé : L'accouchement médicalisé implique l'utilisation de médicaments et d'interventions médicales pour gérer la douleur et faciliter la progression du travail.
- La césarienne : La césarienne est une intervention chirurgicale qui permet d'extraire le bébé par une incision dans l'abdomen et l'utérus.
L'Hémorragie du Post-Partum : Un Risque à Surveiller
La prévention de l'hémorragie du post-partum (HPP) est un enjeu majeur de santé publique. Elle est définie par des pertes sanguines au-delà de 500 mL dans les 24 heures qui suivent un accouchement. La césarienne est associée à un risque plus élevé d'HPP. La pratique du peau à peau (PAP) est déjà largement réalisée et encouragée lors d’un accouchement par voie vaginale.
La Placentophagie : Une Pratique Controversée
De nombreuses femmes voient le placenta comme un ingrédient miracle. La pratique de la placentophagie, qui consiste à consommer son propre placenta après l'accouchement, est née dans les années 1970 aux États-Unis et a gagné en popularité grâce à certaines célébrités.
Certaines femmes affirment en ressentir le besoin, puisqu’il s’agit du lien les unissant directement à leur enfant. D’autres l’utilisent pour lutter contre la fatigue ou la dépression post-accouchement. La plupart des stars choisissent donc une méthode moins rebutante, la prise sous forme de gélules. Autre solution : se mettre aux fourneaux. Des tutoriels YouTube proposent d’avaler son placenta en smoothie ou en steak. Des livres de cuisine proposent des recettes pour les déguster en lasagne, ou encore sous forme de chocolat… Il y en a pour tous les goûts.
Cependant, aucune étude ne prouve les bienfaits du placenta. En 2015, la revue Archives of women’s mental health dénonçait déjà l’absence de règles concernant la conservation et la préparation du placenta. Le risque : que la chaîne du froid ne soit pas respectée et que le placenta devenu aliment ne s’avarie.
En France, contrairement aux pays anglo-saxons, les sages-femmes ont l’interdiction formelle de récupérer et de donner le placenta des patientes. L’organe se retrouve donc à la poubelle ou en laboratoire.
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