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Diversification Phénotypique: Méiose, Fécondation et l'Origine de la Variabilité Génétique

Introduction

La diversification phénotypique, c'est-à-dire la variété des caractères exprimés chez les individus d'une même espèce, est un phénomène fascinant qui résulte d'une interaction complexe entre le génotype (l'ensemble des gènes) et l'environnement. Les caractères exprimés dans le phénotype sont dus à des protéines, qui sont formées par l’expression des gènes. Comprendre comment cette diversité émerge est essentiel pour appréhender les mécanismes de l'évolution et de l'adaptation. La reproduction sexuée, avec la méiose et la fécondation, joue un rôle central dans ce processus en générant de nouvelles combinaisons génétiques à chaque génération. Cet article explore en profondeur comment la méiose et la fécondation contribuent à la diversification phénotypique, en mettant en lumière les mécanismes de brassage génétique et les anomalies potentielles qui peuvent survenir.

Les Bases de la Génétique: Génotype et Phénotype

Chez un individu diploïde, chaque cellule contient deux chromosomes de chaque type, donc deux exemplaires de chaque gène. Le phénotype vient de l’expression des allèles présents (donc du génotype). Lors de la reproduction sexuée, les parents ayant chacun 46 chromosomes fabriquent au sein des organes génitaux (testicules et ovaires) des cellules particulières ayant seulement 23 chromosomes: ce sont les gamètes (ovules/spermatozoïdes/cellules polliniques). Chaque gamète contient donc un seul allèle de chaque gène. Si les deux parents sont homozygotes et ont des allèles différents l’un de l’autre, la descendance aura toujours un allèle venant de chaque parent. Tous les individus de la descendance auront donc le même génotype et le même phénotype : C’est la loi d’uniformité hybride de Mendel.

La Méiose: Un Processus Clé pour la Diversification Génétique

La méiose est un type de division cellulaire qui se produit dans les cellules germinales (les cellules qui produisent les gamètes). Elle est essentielle pour la reproduction sexuée car elle réduit de moitié le nombre de chromosomes dans les gamètes. Ainsi, lors de la fécondation, la fusion des gamètes restaure le nombre diploïde de chromosomes dans le zygote. La méiose se compose de deux divisions successives, chacune divisée en plusieurs phases: prophase, métaphase, anaphase et télophase.

Méiose I: La Division Réductionnelle

La première division de méiose est qualifiée de méiose réductionnelle. Au cours de la prophase I, on assiste à l’individualisation et la condensation des chromosomes. La prophase I est une étape cruciale où se produisent des événements qui augmentent la diversité génétique. Les chromosomes homologues s'apparient étroitement, formant des structures appelées bivalents ou tétrades. C'est à ce stade que se produisent les crossing-over, des échanges de segments d'ADN entre les chromosomes homologues. La membrane nucléaire disparaît.

En métaphase I, les centromères de chromosomes se disposent de part et d'autre de la plaque équatoriale qui divise la cellule en deux.

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L’anaphase I se caractérise par une disjonction des chromatides au niveau de leur centromère. Les paires de chromosomes homologues se séparent et migrent indépendamment vers les pôles opposés de la cellule.

La télophase I: les chromosomes sont maintenant aux pôles de la cellule et l'enveloppe nucléaire se reforme chez certaines espèces. Ensuite, la cellule se divise au niveau de la plaque équatoriale, c'est la cytodiérèse ou cytocinèse. On obtient deux cellules filles haploïdes. À la fin de cette division, on aboutit à deux cellules à n chromosomes.

Méiose II: La Division Équationnelle

La seconde division de méiose se déroule directement après la première, sans réplication, avec une enveloppe nucléaire qui disparaît à nouveau en fonction des espèces. La prophase II : les chromosomes se recondensent. Cette phase est très rapide car les chromosomes se sont peu décondensés à la fin de la première division. À ce stade, on a deux cellules à n chromosomes à 2 chromatides. La métaphase II : les centromères des chromosomes s'alignent sur la plaque équatoriale. L'anaphase II : les chromatides des chromosomes se séparent et migrent aux pôles opposés de la cellule. La télophase II : la cellule subit la cytodiérèse ou cytocinèse. On obtient quatre cellules à n chromosomes à 1 chromatide. La deuxième division de méiose est une division dite équationnelle car on part de deux cellules-mères (issues de la première division de méiose) à n chromosomes à 2 chromatides, pour obtenir 4 cellules-filles à n chromosomes à 1 chromatide, les cellules-mères et les cellules-filles sont donc toutes haploïdes.

La méiose produit donc quatre cellules filles haploïdes à partir d’une cellule mère diploïde.

Les Mécanismes de Brassage Génétique

La méiose est caractérisée par l'existence de deux brassages génétiques qui augmentent la diversité des gamètes produits. Lorsque l’on étudie la transmission de plusieurs gènes au cours de la reproduction sexuée, on voit apparaitre de nouveaux génotypes, donc de nouveaux phénotypes. On appelle ces nouveaux génotypes des génotypes recombinés. On va chercher par la suite à étudier les processus qui permettent de produire ces génotypes recombinés (donc de mélanger les allèles parentaux.

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Le Brassage Interchromosomique

La disposition des chromosomes d’un côté ou de l’autre du plan équatorial étant aléatoire, les proportions de chaque génotype créé seront équivalentes. Le brassage interchromosomique entraine donc le mélange d’allèles de gènes indépendants, créant ainsi des génotypes recombinés et parentaux dans des proportions équivalentes. En anaphase I de méiose, chaque chromosome d'une paire d'homologues va migrer de façon aléatoire et indépendante pour chaque paire vers l'un ou vers l'autre pôle cellulaire. C'est le brassage interchromosomique. Là encore, un croisement-test entre un parent hétérozygote pour 2 gènes portés par des chromosomes différents et un parent homozygote pour des allèles récessifs de ces gènes montre le brassage interchromosomique, car on observe dans la descendance des combinaisons chromosomiques qui n'étaient pas présentes chez les parents. Les différents phénotypes des descendants sont en quantités équivalentes et cela montre le caractère aléatoire de la migration des chromosomes homologues.

Le Brassage Intrachromosomique

Dans la majorité des cas, ils se séparent ensuite correctement, mais il arrive (1 à 10% des méioses) que lors de la séparation, les chromatides cassent au niveau du chiasma et que des morceaux de chromatides soient échangés entre les 2 chromosomes homologues. Le brassage intrachromosomique entraine donc, suite à un crossing-over, le mélange d’allèles de gènes liés, créant ainsi des génotypes recombinés dans de faible proportions. En prophase 1, l'accolement des deux chromosomes d'une même paire permet des crossing-over, des échanges réciproques et équilibrés de portions de chromatides entre deux chromatides appartenant à deux chromosomes homologues. Ce brassage intrachromosomique s'effectue lors de certaines méioses, avec une fréquence variable selon les gènes.

Les chromosomes appariés en prophase I montrent des chromatides enchevêtrées qui forment des figures en croix appelées chiasmas. C'est au niveau de ces chiasmas que des échanges de morceaux de chromatides peuvent se réaliser entre chromosomes homologues ; on nomme cet enjambement le crossing-over. Dans cette nouvelle association des chromatides des combinaisons nouvelles d'allèles apparaissent : les remaniements intrachromosomiques. Si l'individu est hétérozygote pour deux gènes appartenant au même chromosome, le crossing-over est responsable de la création de gamètes recombinés, que l'on met en évidence par un croisement-test (l'individu étudié est croisé avec un individu homozygote pour les allèles récessifs des deux gènes observés). Le résultat donne, avec les gamètes recombinés en proportion minoritaire, des descendants dont le phénotype est différent des parents.

La Fécondation: Un Mélange Aléatoire de Génomes

La fécondation est la fusion des noyaux haploïdes mâles et femelles (pronuclei) lors de la rencontre des gamètes des deux sexes. Le résultat donne un zygote qui se divise immédiatement par mitose pour donner un embryon pluricellulaire. Le zygote renferme un matériel génétique dont la combinaison est inédite car elle résulte d'un assemblage aléatoire de deux matériels génétiques eux aussi aléatoires tirés au sort lors de la rencontre.

Au cours de la fécondation, un gamète mâle et un gamète femelle s’unissent : leur fusion conduit à un zygote. La diversité génétique potentielle des zygotes est immense. et nouvelle d’allèles. Selon François Jacob (prix Nobel de médecine, 1965), la sexualité peut être considérée comme une « machine à faire du différent ». Dans cette citation, on ne perçoit pas les parts respectives de la méiose et de la fécondation dans la diversification génétique.

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La fécondation est la réunion des gamètes, elle marque la fin de la phase haploïde. La fécondation correspond à la réunion des gamètes de deux individus, de la même espèce, de sexe opposé. Elle se fait par fusion des gamètes (plasmogamie). Les noyaux haploïdes de chaque gamète, appelés pronuclei, fusionnent : c'est la caryogamie, ce qui forme le zygote diploïde, aussi appelé cellule-œuf. La fécondation permet au zygote de retrouver la diploïdie caractéristique de son espèce. Ainsi, l'espèce conserve son nombre de chromosomes au cours des reproductions sexuées : il y a conservation de la formule chromosomique de génération en génération.

Anomalies de la Méiose et Conséquences sur la Diversification

Des anomalies peuvent survenir au cours de la méiose. En prophase I de méiose, des appariements incorrects se réalisent quelquefois si le chromosome possède plusieurs fois la même séquence. Des crossing-over inégaux (voir schéma) peuvent se réaliser alors entre deux chromosomes homologues. Une telle opération anormale provoque la duplication de gènes et les différentes copies développent des mutations au cours des temps qui sont à l'origine de l'apparition de nouveaux allèles. L'évolution peut ainsi construire des familles multigéniques qui contribuent à la diversification du vivant. L'erreur peut être bénéfique à long terme.

Lors des crossing-over inégaux, des fragments de chromatides sont échangés de façon déséquilibrée entre chromosomes homologues. Les gamètes formés peuvent ainsi perdre ou gagner certains gènes. Dans certains cas, la duplication de gènes est à l'origine de la formation de familles multigéniques.

De même, il peut se produire une anomalie lors de la migration des chromosomes pendant les anaphases I et II de la méiose. Un autre type d'anomalie est l'absence de séparation des deux chromosomes homologues en anaphase 1, ou des deux chromatides d'un chromosome en anaphase 2, ce qui entraîne l'absence d'un chromosome pour la moitié des gamètes et la présence d'un chromosome surnuméraire pour l'autre moitié. Après fécondation par un gamète normal, les cellules-œufs portent une anomalie chromosomique : soit une monosomie (un chromosome en moins), soit une trisomie (un chromosome en plus). Dans l'espèce humaine, ces anomalies chromosomiques sont fréquemment létales, mais certaines sont viables comme les trisomies 21, 18, et celles affectant les chromosomes sexuels (XXX, XXY ou XYY).

D'un point de vue évolutif, les accidents lors de la méiose peuvent être source d'une diversification importante des génomes.

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