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L'impact des Peluches Robotisées et de la Distraction sur le Bien-Être des Enfants en Pédiatrie

L'hospitalisation peut être une expérience bouleversante pour un enfant et sa famille. Entre le stress lié à la maladie et l'arrivée dans un environnement inconnu, l'enfant hospitalisé vit une expérience physique et émotionnelle intense. Valoriser l’accueil des enfants à l’hôpital est essentiel et aura une grande influence sur leur expérience vécue. Heureusement, des solutions innovantes et des approches attentionnées émergent pour rendre les soins plus agréables et réduire l'anxiété des jeunes patients. Cet article explore l'utilisation de peluches robotisées et de techniques de distraction comme outils précieux pour améliorer le bien-être des enfants en milieu hospitalier.

L'Animation et le Jeu : Un Pilier du Bien-Être en Pédiatrie

De plus en plus d'hôpitaux reconnaissent l'importance du jeu et de l'animation dans le processus de guérison des enfants. Des interventions sont organisées dans leurs unités de pédiatrie, durant lesquelles des animateurs spécialisés proposent des activités aux enfants hospitalisés afin de les aider à s’adapter au contexte et aux soins hospitaliers. Ces interventions comportent le jeu, pour la distraction, mais aussi la préparation et l'éducation aux soins médicaux de routine voire aux procédures plus difficiles. L'animation auprès des enfants hospitalisés peut être considérée comme une partie intégrante de la thérapie. En effet, pour garantir des conditions favorables au bien-être de l’enfant, les professionnels de santé doivent également pouvoir disposer d’un environnement de travail adapté et de qualité. Par ailleurs, la présence de professionnels de l'animation évite une surcharge de travail pour le personnel paramédical.

En plus de ses vertus récréatives, permettant d’oublier momentanément l’angoisse de la maladie, le jeu peut également être utilisé comme médiateur thérapeutique : les professionnels de la pédiatrie peuvent se servir du matériel ludique pour expliquer plus facilement à l’enfant les soins qu’il devra recevoir ou les examens qu’il devra passer - au moyen d’une poupée ou d’une figurine, par exemple. Grâce à la dimension ludique, le professionnel entre dans un univers positif et familier à l’enfant.

Des espaces de jeux intérieurs et extérieurs peuvent être aménagés dans des endroits clés de l’hôpital : à l’accueil, au sein du service pédiatrique, en salle d’attente ou encore dans le jardin, le cas échéant. L’aménagement d’un espace enfants en hôpital doit faire l’objet d’une véritable réflexion. Le jeu ou le jouet présenté à l’enfant doit répondre à ses besoins, son état de santé et sa prise en soins : si l’enfant doit rester alité, si certaines positions difficiles ou non recommandées, si la vue ou l’ouïe est déficiente, si la motricité fine est difficile… Il est donc intéressant de proposer des jeux variés et de différentes typologies pour s’adapter à tous types de situations. Les jeux doivent également être choisis avec beaucoup de précaution : priorité à la sécurité et à l’hygiène. Le nettoyage et la désinfection doivent être réguliers pour limiter le risque de transmission de virus et de bactéries.

La Robotique Sociale : Une Présence Réconfortante et Cohérente

Cependant ces personnels ne peuvent pas rester avec tous les enfants, tout le temps. L’idée est donc de donner accès aux enfants, à des robots sociaux qui apportent une présence plus cohérente tout au long de la journée. Les robots « sociaux » peuvent être bénéfiques aux enfants hospitalisés, stimuler les émotions positives et même leur engagement dans les soins.

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Des chercheurs du MIT Media Lab, du Boston Children's Hospital et de la Northeastern University ont développé un ours en peluche robotisé, nommé « Huggable" et l’ont déployé dans plusieurs unités pédiatriques. Huggable est un ours en peluche avec un écran représentant des yeux animés. Bien que l'objectif final soit de rendre le robot totalement autonome, pour l’étude, le robot a été piloté à distance par un spécialiste installé dans le hall situé à l'extérieur de la chambre d'un enfant. Grâce à un logiciel personnalisé, ce spécialiste peut contrôler les expressions faciales et les actions du corps du robot et diriger son regard.

Plus de 50 enfants hospitalisés ont été répartis au hasard en 3 groupes d’interventions : Interactions avec Huggable, interactions avec un Huggable virtuel sur tablette ou avec un ours en peluche traditionnel. Bonne humeur et réduction de la douleur perçue : les enfants ayant pu avoir des interactions avec le robot s’avèrent plus mobiles, ils sortent de leur lit plus souvent, et, finalement, nouent des liens émotionnels avec le robot, lui posant des questions personnelles et l’invitant même à revenir plus tard pour rencontrer leurs familles. De plus, les parents font part d’une réduction des niveaux de douleur perçue chez leurs enfants. Même s’il s’agit d’une petite étude, c’est la première à explorer la robotique sociale dans un environnement pédiatrique réel avec des enfants malades.

À l'avenir, ce robot automatisé pourrait être également utilisé pour améliorer la continuité des soins à domicile. L’enfant emporterait son robot à la maison après une visite à l'hôpital et le robot permettrait de renforcer l'observance du traitement.

L'Art de la Distraction : Un Allié Contre la Douleur et la Peur

La douleur est à la fois une sensation et une émotion, ainsi, la peur augmente la sensation douloureuse et à l’inverse quand on a moins peur on a moins mal. Mais placé dans un contexte favorable, le cerveau peut réguler la sensation douloureuse. A l’inverse, la douleur devient plus importante quand on est inquiet, qu’on ne comprend pas, que l’on est surpris, qu’on se sent impuissant… C’est pourquoi distraire votre enfant pendant un soin peut l’aider à avoir moins mal. Peur et douleur sont intimement liées.

Même si les soignants ont prévu des moyens médicamenteux adaptés pour éviter ou soulager la douleur de votre enfant (médicaments, crème anesthésiante, MEOPA…) pendant le soin ou l’examen, il peut toujours avoir peur : parce qu’il ne comprend pas, parce qu’il est inquiet du résultat des examens ou qu’il a de mauvais souvenirs…

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Au-delà du simple bon sens qui fait que spontanément et depuis longtemps certains soignants ou parents, distraient les enfants pendant les soins (en chantant une berceuse, en racontant une histoire, en parlant…), l’efficacité des moyens de distraction est maintenant scientifiquement prouvée. De nombreux professionnels de santé, désireux d’améliorer la prise en charge des enfants et le vécu du soin ont mené des études pour démontrer l’efficacité de ces moyens et leur action sur la perception de la douleur chez l’enfant. Par exemple, regarder une vidéo, faire des bulles de savon, écouter de la musique… Les résultats de ces études ont montré très clairement l’impact positif sur le vécu du soin et sur la douleur. Depuis, de plus en plus de professionnels de santé convaincus proposent systématiquement des moyens de distraction lors des soins en complément des moyens antalgiques. Mais cela est encore variable selon les services hospitaliers ou les lieux de soins, c’est pourquoi de votre côté, vous pouvez faire quelque chose.

L’objectif est de détourner momentanément l’attention de votre enfant vers quelque chose de plus positif que l’examen ou le soin qu’il doit vivre. En tant que parent, vous savez comment rassurer, détendre ou distraire votre enfant. Même dans un cabinet médical, un cabinet de radiologie, un centre de PMI, une salle de soin… vous pouvez lui chanter une chanson, le masser, lui raconter une histoire, vous pouvez apporter son jouet ou son personnage préféré du moment… Ce n’est pas parce que votre enfant est inquiet ou malade qu’il faut arrêter de jouer avec lui ou essayer de l’amuser, au contraire, même si cela peut paraitre incongru à certains ou trop difficile à faire. Vous ne maitrisez pas forcément les questions d’ordre médical, mais vous êtes compétents pour le rassurer et le distraire. D’ailleurs, si vous êtes inquiet vous-même, avoir un rôle actif en tant que parent vous fera également du bien car vous serez moins concentrés sur le soin qui se déroule.

La distraction peut se faire pour tout type de soin, qu’il soit court ou long, réalisé en situation d’urgence ou de façon programmée, exceptionnel ou répétitif… Par exemple : examen médical, vaccin, prise de sang, points de suture, pose ou retrait d’un plâtre, injection intra musculaire, injection de toxine botulique, radiographie…

On pourrait être tenté de penser qu’il est surtout nécessaire de distraire les bébés ou les jeunes enfants. C’est assez logique car ces derniers sont en effet très sensibles à l’ambiance, plus facilement inquiets par la découverte de nouveaux lieux ou de nouvelles personnes et ils comprennent moins bien la raison du geste désagréable ou douloureux. Mais les grands enfants ou les adolescents apprécieront également d’être distrait pendant un soin. L’éventail des moyens de distraction est plus limité mais on peut citer : les bandes dessinées, un Mp3 pour écouter de la musique, une console de jeu, un ordinateur pour regarder des vidéos ou se connecter à internet…

Collaboration et Rôles Partagés

Plusieurs éventualités sont possibles : Soit la distraction est une pratique courante dans le service hospitalier ou le lieu de soins : dans ce cas, les professionnels vous proposeront soit de distraire vous-même votre enfant, soit de le faire eux-mêmes. Soit le service ou le professionnel de santé n’est pas particulièrement investi dans cette démarche de distraction, alors c’est à vous d’être force de proposition. Dans tous les cas, l’impératif est de ne pas gêner la réalisation du geste technique par le ou les soignants et pour cela, un minimum de coordination est nécessaire.

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tags: #distraction #peluche #pediatrie #étude

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