L'histoire est souvent racontée à travers les exploits des hommes de pouvoir, mais qu'en est-il des femmes qui ont partagé leur vie, leurs ambitions et parfois leurs crimes ? Dans son ouvrage "Femmes de dictateur", Diane Ducret explore les destins complexes et souvent tragiques de ces figures féminines, offrant un regard fascinant sur le lien inextricable entre séduction et pouvoir. Cet article se penche sur ces femmes de l'ombre, leurs motivations, leurs sacrifices et les conséquences de leurs choix.
Une fascination pour les figures féminines secondaires de l'Histoire
Diane Ducret, historienne de formation, a toujours été attirée par les personnages féminins qui gravitent autour des grands hommes de l'Histoire. Son intérêt pour le sujet a débuté lorsqu'elle travaillait sur un documentaire sur les reines d'Égypte pour l'émission "Des racines et des ailes". Par la suite, la découverte de l'histoire d'une des sœurs Mitford, une aristocrate anglaise qui envoyait des lettres d'amour à Hitler, l'a confortée dans son idée d'explorer les vies de ces femmes souvent méconnues.
Les compagnes des dictateurs : héroïnes tragiques ou complices ?
Les femmes qui ont partagé la vie des dictateurs sont loin d'être des figures monolithiques. Certaines, comme Magda Goebbels, sont des figures tragiques, prêtes à sacrifier leur propre vie et celle de leurs enfants par amour et loyauté envers leur mari et le régime nazi. D'autres, comme Qiang Jing, la dernière épouse de Mao, sont des femmes de pouvoir ambitieuses, capables de manipuler et de contrôler leur entourage pour arriver à leurs fins.
Diane Ducret les compare à Andromaque et Antigone, des héroïnes tragiques, amoureuses des pires criminels, fragiles et dérangées, parfois touchantes et courageuses. Mais elle insiste sur le fait qu'elles ne sont pas des victimes, elles choisissent leur destin.
Révélations et Hypothèses Audacieuses
L'ouvrage de Diane Ducret regorge de révélations sur la vie privée des dictateurs et de leurs compagnes. Elle évoque le ménage à trois de Lénine, installé à Cracovie avec sa femme Nadia et la militante Inessa Armand. Elle dévoile le journal intime d'une maîtresse de Mussolini, qui décrit le Duce comme un don Juan obsédé sexuel. Concernant Staline, plusieurs sources donnent à penser que sa seconde épouse, Nadia, serait en fait sa fille, une révélation qui aurait poussé la jeune femme au suicide.
Lire aussi: Diane Kruger : Parcours et Maternité
L'auteure n'hésite pas à soulever des hypothèses audacieuses, comme celle d'une liaison entre Catherine Bokassa et le président Giscard d'Estaing. Elle suggère que l'affaire des diamants, qui a coûté sa réélection au président français, pourrait être une vengeance de Bokassa, jaloux de la relation entre sa femme et Giscard. Bokassa allait jusqu’à accuser Giscard d’avoir mis sa femme enceinte.
Le pouvoir de séduction des dictateurs
L'un des aspects les plus fascinants explorés par Diane Ducret est le pouvoir de séduction exercé par les dictateurs sur les femmes. Hitler, par exemple, a reçu plus de lettres d'amour que Mick Jagger et les Beatles réunis ! Ce pouvoir de séduction est lié à l'attrait du pouvoir lui-même, exacerbé dans le cas d'une dictature. Les femmes sont attirées par la force, le charisme et la capacité des dictateurs à changer le monde, même si c'est par la violence et la terreur.
Exemples de Femmes Marquées par l'Histoire
Margherita Sarfatti et Mussolini: Dès 1912, Margherita Sarfatti a parié sur un jeune journaliste nommé Mussolini. Cette intellectuelle vénitienne finance son journal, le forme, le polit. Elle devient sa maîtresse légitime, mais elle sait son Duce grand fornicateur. Lorsque son nouvel ami Hitler lui fait découvrir l'antisémitisme, il se souvient de sa judéité, la fait licencier et la chasse hors d'Italie.
Yang Kaihui et Mao: En 1930, Mao laisse sa première femme, Yang Kaihui, avec ses enfants, aux mains de l'ennemi, qui lui propose le marché suivant : la liberté contre le désaveu de son mari. Elle refuse et se laisse décapiter.
Clara Petacci et Mussolini: Clara Petacci rencontre Mussolini à 20 ans, en 1932. C'est l'amour fou, physique, convulsif. Il la trompe, mais elle le suit jusqu'au bout. Dans sa dernière lettre, écrite avant d'être tuée avec lui en avril 1945, on peut lire ces mots : "Qui aime meurt. Je suis mon destin et mon destin, c'est lui."
Lire aussi: Diane Tell : Parcours et influences
Geli Raubal et Hitler: Le 15 septembre 1931, Geli, 23 ans, se tire une balle dans le cœur. Elle est la nièce de Hitler et vit chez tonton Adolf depuis plus de trois ans. Elle aussi, il l'enferme. Affolée, elle choisit la mort pour porte de sortie.
Nadia Allilouïeva et Staline: Un an plus tard, Nadia Allilouïeva, l'épouse de Staline, se suicide. Il l'agonit d'injures, elle lui crie de se taire devant les invités et claque la porte. Après lui avoir écrit une lettre pleine de reproches qui disparaîtra, elle se supprime, achevant sa trajectoire déviante.
Qiang Jing et Mao: La redoutable Qiang Jing, la dernière épouse de Mao, n'a pas l'intention de subir le sort des épouses auxquelles elle succède. L'ex-actrice de série B gravit les échelons du pouvoir et, pour contrôler l'irrésistible frénésie sexuelle de Mao, forme elle-même les jeunes novices soumises à son bon plaisir.
L'accueil critique du roman "La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose"
Plus récemment, Diane Ducret a publié un roman intitulé "La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose". Ce roman, qui tient un peu de l'autofiction, raconte l'histoire d'Enaid Darmen, une jeune femme qui vit toutes sortes d'aventures, souvent malheureuses, le tout entrecoupé de pensées à la fois drôles et légères et d'autres fois plutôt interpellantes.
L'accueil critique du roman a été mitigé. Certains ont salué l'écriture moderne et l'humour de l'auteure, tandis que d'autres ont trouvé l'histoire trop décousue et les personnages peu attachants. Yann Moix, chroniqueur de l'émission "On n'est pas couché", a même qualifié le livre d'"illisible" et a reproché à l'auteure de se rendre "parfaitement antipathique".
Lire aussi: L'histoire inspirante de Diane Vanier
Parcours et Carrière de Diane Ducret
Diane Ducret voit le jour le 17 novembre 1982 en Belgique. Très rapidement elle est confiée à la garde des ses grands-parents, qui vont l’élever à Biarritz, sa mère ayant perdu sa garde. Enfants, ses grands-parents l’inscrivent à des cours d’équitation et c ‘est la révélation pour Diane. Devenue une excellente cavalière, elle participe à de nombreux concours. Mais à l’adolescence, lors d’un concours, elle se blesse gravement à une cheville. Dès lors, elle doit renoncer à ses rêves de carrière sportive et consulte de nombreux médecins. Elle va boiter plusieurs années avant de se faire opérer aux Etats-Unis. Diane continue ses études, passe son baccalauréat et intègre le lycée Molière, à Paris, en hypokhâgne. Par la suite, elle part étudier à Rome, puis revenue en France, elle étudie la philosophie à la Sorbonne et obtient un DEA. Elle va également poursuivre sa formation à l’École normale supérieure. Ses diplômes obtenus, elle débute sa carrière en collaborant pour l’émission Des racines et des ailes sur France 3 et pour la chaîne Histoire. En janvier 2011, elle publie Femmes de Dictateur, son premier livre. Le succès est au rendez-vous, le livre est un best-seller et se vend à plus d’un million d’exemplaires en France et à l’étranger. Son premier roman Corpus Equi (2013) remporte le prix du premier roman lors de La Forêt des livres. Dans les années qui suivent, Diane Ducret publie de nombreux livres : La Chair, L’homme idéal existe.
tags: #diane #ducret #enceinte