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Diabète gestationnel et réglisse : un danger à surveiller

Les femmes enceintes sont souvent confrontées à des choix alimentaires complexes, notamment en ce qui concerne les édulcorants et les alternatives au sucre. Le diabète gestationnel, une forme de diabète qui se développe pendant la grossesse, nécessite une attention particulière à l'alimentation. Cet article examine les dangers potentiels de la réglisse, en particulier en raison de sa teneur en glycyrrhizine, et explore d'autres options pour gérer le diabète gestationnel.

Édulcorants et grossesse : un sujet de débat

La consommation d'édulcorants, souvent appelés "faux-sucres", suscite de nombreuses questions, surtout pendant la grossesse. Ces additifs alimentaires, qu'ils soient d'origine chimique (comme l'aspartame) ou naturelle (comme la stévia), offrent un fort pouvoir sucrant avec peu de calories. Cependant, leur innocuité et leur intérêt nutritionnel font l'objet de discussions.

Types d'édulcorants courants

  • Aspartame : Cet édulcorant artificiel, présent dans de nombreuses boissons "light" et aliments à faible apport calorique, est composé de phénylalanine et d'acide aspartique. Son pouvoir sucrant est 200 fois supérieur à celui du sucre.
  • Saccharine : Le plus ancien édulcorant artificiel, vendu à l'origine en pharmacie, possède un pouvoir sucrant 300 fois supérieur à celui du sucre. Son arrière-goût amer ou métallique peut être un inconvénient.
  • Stévia : Issue des feuilles d'un arbuste d'Amérique du Sud, la stévia a un pouvoir sucrant 300 fois supérieur à celui du sucre. Elle est présente dans certaines boissons et laitages.

Avantages et inconvénients des édulcorants pendant la grossesse

Certains médecins estiment que les édulcorants peuvent être intéressants pour leur faible apport calorique et leur potentiel dans la prévention du diabète gestationnel, bien que cette dernière affirmation soit contestée. Des études épidémiologiques suggèrent même un lien entre la consommation d'édulcorants et le surpoids, malgré une réduction de l'apport calorique global. Il est important de noter que les édulcorants sont à proscrire chez les nourrissons et interdits dans les aliments industriels pour bébés.

Alternatives naturelles au sucre

Pour les femmes enceintes souhaitant sucrer leurs aliments de manière plus naturelle, plusieurs options existent :

  • Sirop d'agave : Issu de la sève d'un cactus d'Amérique du Sud, il a un goût neutre et une texture proche du miel, avec un pouvoir sucrant 1,5 fois supérieur à celui du sucre blanc.
  • Xylitol : Provenant de l'écorce du bouleau.
  • Fructose : Aussi appelé "sucre du fruit", il est issu de la betterave ou de la canne à sucre et possède un faible index glycémique.
  • Sucre de coco : Issu de la sève de la fleur de cocotier, il ressemble à du sucre brun.
  • Stévia : Bien qu'elle ait un arrière-goût de réglisse, la stévia est un édulcorant naturel avec un pouvoir sucrant 300 fois supérieur à celui du saccharose et peut être chauffée.

La réglisse : un danger potentiel pendant la grossesse

La réglisse, souvent consommée sous forme de tisane ou de confiserie, peut présenter des risques pour les femmes enceintes, en particulier en cas de diabète gestationnel.

Lire aussi: Prise en charge du diabète gestationnel

Pourquoi éviter la réglisse ?

La réglisse contient de la glycyrrhizine, une substance qui peut provoquer une rétention de sodium et une élimination accrue de potassium, entraînant une hypertension artérielle. Une étude de l'Université d'Helsinki a montré que l'exposition in utero à de fortes concentrations de réglisse via l'alimentation de la mère peut avoir des effets néfastes sur le développement du fœtus. Les jeunes exposés à la glycyrrhizine in utero ont obtenu de moins bons résultats aux tests de Q.I., ont présenté plus de problèmes de type TDAH et, chez les filles, ont connu une puberté plus précoce.

Quantités à risque

Une grande quantité de réglisse a été définie dans l'étude comme plus de 500 mg de glycyrrhizine par semaine, ce qui équivaut à environ 250 g de réglisse. Les chercheurs appellent donc les cliniciens à bien informer les femmes enceintes et les femmes qui planifient une grossesse sur ces effets nocifs. En Finlande, l'Institut national de la santé déconseille déjà la consommation de réglisse aux femmes enceintes.

Toxicité de la réglisse

Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), la consommation excessive et durable d'aliments contenant de la réglisse est responsable de quelques cas d'intoxication grave nécessitant des soins d'urgence chaque année en France. La toxicité de la réglisse est bien connue, avec ses symptômes liés à l'hypertension artérielle et à l'hypokaliémie.

Comment la réglisse agit-elle sur la pression artérielle ?

Après ingestion, la glycyrrhizine est hydrolysée en acide 3β-monoglucuronyl-18β-glycyrrhétinique (A3MG), qui induit un pseudo-hyperaldostéronisme en inhibant l'enzyme qui catalyse la transformation des 11-cortico-stéroïdes. Cela conduit à une augmentation de la concentration de cortisol sanguin, entraînant une élimination rénale de potassium, une rétention hydrosodée, une élévation de la pression artérielle et une freination du système rénine-angiotensine-aldostérone.

Recommandations de l'Anses

L'Anses recommande une consommation quotidienne ne dépassant pas 10 mg/j de glycyrrhizine en cas de consommation chronique, en veillant à ne pas multiplier les sources d'apport par les aliments, les médicaments ou les produits issus du tabac.

Lire aussi: Causes et symptômes du diabète insipide chez l'enfant

Tisanes et diabète gestationnel : quelles précautions ?

Les tisanes sont souvent perçues comme des alliées naturelles pour la santé, mais certaines peuvent interagir avec la glycémie ou les traitements en cours pour le diabète.

Tisanes à éviter

  • Réglisse : En raison de la glycyrrhizine.
  • Ginseng : Peut interagir avec les médicaments antidiabétiques, entraînant une baisse excessive de la glycémie (hypoglycémie).
  • Sauge : Peut interférer avec les traitements antidiabétiques, modifiant l'efficacité des médicaments et rendant la gestion de la glycémie plus complexe.

Conseils pour les tisanes

  • Consultez votre médecin : Avant d'intégrer une nouvelle tisane à votre routine.
  • Privilégiez les plantes neutres : Rooibos, camomille ou menthe poivrée sont généralement sans danger.
  • Évitez les tisanes sucrées : Préférez-les sans ajout de miel ou de sucre.
  • Surveillez votre glycémie : Après l'introduction d'une nouvelle tisane.

Gestion du diabète gestationnel : au-delà de la réglisse

Gérer sa prise de sucre est un défi pour les personnes diabétiques. Il est important de comprendre les différents types de glucides et de connaître les alternatives au sucre raffiné.

Glucides : simples et complexes

Les glucides sont un nutriment nécessaire au bon fonctionnement du corps. Il en existe deux types : les simples (glucose, fructose, maltose, lactose, saccharose) et les complexes (amidon, fibres). Les glucides simples sont plus rapidement absorbables par le corps que les glucides complexes. Les fibres alimentaires, elles, ne sont pas absorbées et digérées par l’organisme donc elles permettent de ralentir l’absorption du bol alimentaire.

Alternatives naturelles au sucre raffiné

Outre les édulcorants, il existe des alternatives naturelles au sucre raffiné, telles que le miel, les sirops de canne, sirop d’agave et d’érable ou le sucre de coco. Il existe aussi le sirop de tapioca (à base de manioc), le sirop de riz ou encore le sucre de bouleau (ou xylitol).

Conseils alimentaires pour le diabète gestationnel

  • Lire les étiquettes : Le sucre raffiné peut se cacher dans des plats préparés, des sauces ou des soupes industrielles.
  • Être attentif aux mentions : "Sans sucres ajoutés" signifie uniquement le sucre naturellement présent dans les ingrédients du produit, tandis que "allégé en sucres" indique 30 % de sucre en moins par rapport à la moyenne des produits similaires.
  • Consommer des bonbons avec modération : Il existe des bonbons avec la mention « sans sucres », mais ils ne sont pas exempts de calories.

Boissons pendant la grossesse : choix et précautions

Pendant la grossesse, chaque choix compte, y compris celui des boissons.

Lire aussi: Diabète Gestationnel : Que Manger ?

Boissons à privilégier

  • Eau : Reste l’alliée numéro un.
  • Chicorée : Naturellement sans caféine, douce pour la digestion et riche en antioxydants.
  • Tisanes : Rooibos, verveine et gingembre peuvent être bénéfiques.
  • Thé (avec modération) : Le thé, et en particulier le thé matcha, peut être un allié intéressant, mais sa teneur en théine impose une consommation quotidienne modérée.
  • Lait (végétal ou animal) : Peut être une excellente base pour un latte gourmand.
  • Jus de fruit frais ou smoothie maison : Un bon moyen de faire le plein de bonnes vitamines, à condition d’éviter l’excès de sucre.

Boissons à éviter ou à consommer avec modération

  • Boissons alcoolisées : Totalement proscrites.
  • Boissons énergisantes : Contiennent des composants dont les effets ne sont actuellement pas connus chez la femme enceinte.
  • Café et thé : Ne pas dépasser 3 tasses par jour.
  • Sodas : À boire avec parcimonie en raison de leur forte concentration en sucres.
  • Jus de fruits : Présentent un taux élevé de sucres.

Aspartame et grossesse : que faut-il savoir ?

L'aspartame, un édulcorant synthétisé à partir de deux acides aminés, est souvent sous le feu des critiques. Bien que peu d'études se soient penchées sur ses conséquences chez la femme enceinte, certaines présentent un très faible risque de perturbation de la flore intestinale du futur bébé ou de risque accru de prématurité.

Études et recommandations

  • Une étude danoise pointe un risque d’accouchement prématuré plus important chez la femme enceinte qui boit une « boisson light » quotidiennement.
  • Des études de l’Institut Ramazzini montrent que la consommation d’aspartame chez le rongeur pendant toute sa vie entraîne une augmentation du nombre de cancers.
  • Une étude canadienne établit un lien de causalité entre consommation d’aspartame au cours de la grossesse et perturbations de la flore intestinale du nouveau-né.
  • L’ANSES et l’EFSA estiment que les données disponibles ne permettent pas de conclure à un effet préjudiciable des édulcorants intenses pendant la grossesse.

Édulcorants à consommer sans danger (avec modération)

Certains édulcorants chimiques semblent absolument sans danger pendant la grossesse, notamment l’alitame, la thaumatine ou encore le sorbitol et son sirop.

Aliments à proscrire ou à consommer avec précaution pendant la grossesse

Pour écarter tous risques potentiels de contamination et d’infection, il est indispensable de connaître les aliments à proscrire pendant votre grossesse, ainsi que les aliments dont la consommation doit être exceptionnelle, et ceux à consommer avec modération.

Aliments à proscrire

  • Fromages au lait cru : En particulier les fromages à pâte molle.
  • Charcuterie : Qu’elle soit cuite, fumée, séchée ou crue.
  • Viandes crues.
  • Poissons crus.
  • Fruits de mer et coquillages crus.
  • Graines germées ou les pousses crues.

Aliments à consommer avec précaution

  • Œufs : Quand ils ne sont pas suffisamment cuits.
  • Certaines espèces de poissons : Présentent des taux élevés en PCB ou méthyl-mercure.
  • Foies d’animaux : Doivent faire l’objet d’une consommation exceptionnelle durant votre grossesse.
  • Soja : La consommation de soja (et de produits et compléments alimentaires à base de soja) doit être limitée.

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