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Diabète gestationnel non insulino-dépendant : prise en charge et traitement

Le diabète gestationnel non insulino-dépendant (DGD) est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie diagnostiquée pour la première fois pendant la grossesse. Il se distingue du diabète pré-gestationnel, qui peut être de type 1 ou de type 2, et qui est présent avant la grossesse. La gestion du DGD est primordiale pour minimiser les risques pour la mère et l'enfant.

Grossesse et diabète : une planification essentielle

De nos jours, les femmes atteintes de diabète, qu'il s'agisse de type 1 ou de type 2, peuvent envisager une grossesse, mais celle-ci nécessite une préparation minutieuse et un suivi médical rigoureux. La grossesse, par nature diabétogène, peut révéler un diabète ancien passé inaperçu ou déclencher un diabète gestationnel temporaire.

Risques associés au diabète pendant la grossesse

Une glycémie mal maîtrisée avant et pendant la grossesse peut entraîner des complications significatives :

  • Risque de fausse couche : Un diabète mal contrôlé peut doubler le risque de fausse couche précoce, qui est d'environ 15 % dans la population générale.
  • Malformations congénitales : L'hyperglycémie pendant les premières semaines de la grossesse, période où les organes du fœtus se forment, est étroitement liée à un risque accru de malformations congénitales, notamment cardiaques, du système nerveux ou musculo-squelettiques.
  • Macrosomie fœtale : Le fœtus peut présenter une macrosomie, c'est-à-dire un poids de naissance supérieur à 4 kg, ce qui peut compliquer l'accouchement et augmenter le recours à la césarienne.
  • Autres complications : Hydramnios (augmentation du liquide amniotique), souffrance fœtale, problèmes respiratoires à la naissance dus à un manque de maturation pulmonaire, dystocie des épaules.

Préparation et suivi médical

Afin de minimiser ces risques, une planification de la grossesse est essentielle :

  • Consultation préconceptionnelle : Les femmes diabétiques doivent être suivies dès qu'elles envisagent un enfant. Cette visite permet d'évaluer l'état de santé général, de discuter des risques potentiels, de définir des objectifs glycémiques, d'ajuster le traitement si nécessaire et de réaliser un bilan complet.
  • Contrôle glycémique optimal : Le maintien d'un bon contrôle glycémique avant et pendant la grossesse est essentiel pour réduire les risques de complications. L'objectif est d'atteindre une hémoglobine glyquée (HbA1c) entre 6 et 6,5 % au moins 3 mois avant la conception.
  • Suivi médical renforcé : Une grossesse chez une femme diabétique nécessite un suivi médical pointu et attentif, incluant un gynécologue connaissant le diabète, un diabétologue et une diététicienne. Des examens réguliers et spécifiques seront pratiqués en complément du suivi médical classique, notamment une HbA1c ou une fructosamine une fois par mois, et un examen du fond d'œil tous les 3 mois.

Diagnostic du diabète gestationnel

Le dépistage du diabète gestationnel est réalisé pendant la grossesse, généralement entre la 24e et la 28e semaine d'aménorrhée. Il consiste en un test d'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) :

Lire aussi: Dépistage et gestion du diabète gestationnel

  1. Une prise de sang est effectuée à jeun.
  2. La patiente ingère une solution contenant 75 g de glucose.
  3. Des prises de sang sont réalisées 1 heure et 2 heures après l'ingestion de glucose.

Le diabète gestationnel est diagnostiqué si les valeurs glycémiques dépassent certains seuils établis.

Traitement du diabète gestationnel non insulino-dépendant

La prise en charge du DGD repose principalement sur des mesures hygiéno-diététiques. Si ces mesures ne suffisent pas à atteindre les objectifs glycémiques, un traitement par insuline peut être nécessaire.

Mesures hygiéno-diététiques

  • Alimentation équilibrée : L'alimentation doit être variée, équilibrée et riche en calcium, fer et vitamines. La quantité de glucides n'est pas nécessairement modifiée, mais plutôt fractionnée. Il est conseillé de consulter une diététicienne pour élaborer un plan alimentaire personnalisé.
  • Activité physique : Une activité physique régulière, adaptée à la grossesse, est recommandée pour améliorer la sensibilité à l'insuline et favoriser le contrôle glycémique.

Insulinothérapie

Si les mesures hygiéno-diététiques ne permettent pas d'atteindre les objectifs glycémiques (glycémie inférieure ou égale à 0,95 g/L à jeun et inférieure ou égale à 1,20 g/L deux heures après le repas), un traitement par insuline est instauré. L'insuline est administrée par injections sous-cutanées, réalisées par la patiente elle-même après une formation adéquate. Dans certains cas, une pompe à insuline peut être proposée pour une administration continue d'insuline et un meilleur contrôle glycémique.

Les antidiabétiques oraux sont généralement contre-indiqués pendant la grossesse.

Surveillance glycémique

Une surveillance glycémique régulière est essentielle pour adapter le traitement et maintenir un bon contrôle glycémique. Elle comprend :

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  • Autosurveillance glycémique : La patiente mesure sa glycémie plusieurs fois par jour à l'aide d'un lecteur de glycémie. Les objectifs glycémiques sont :
    • Glycémie à jeun et avant les repas : < 0,90 g/l
    • Glycémie postprandiale (2 heures après le début du repas) : < 1,20 g/l
  • HbA1c ou fructosamine : Ces analyses sanguines permettent d'évaluer le contrôle glycémique sur une période plus longue (1 à 3 mois).

Accouchement et suivi postnatal

L'accouchement est souvent programmé entre 38 et 39 semaines d'aménorrhée, en raison des risques potentiels liés à la macrosomie fœtale, aux risques obstétricaux ou à la souffrance fœtale. Un protocole est mis en place avec l'anesthésiste et le diabétologue pour la gestion des glycémies et de l'insuline pendant l'accouchement et immédiatement après la délivrance.

Après l'accouchement, le diabète gestationnel disparaît généralement, mais un suivi est nécessaire :

  • Surveillance glycémique : La glycémie de la mère est surveillée dans les jours suivant l'accouchement. Si un traitement par insuline était nécessaire, il est généralement arrêté.
  • Dépistage du diabète de type 2 : Un test de dépistage du diabète de type 2 est recommandé 3 mois après l'accouchement, puis tous les ans, car le risque de développer un diabète de type 2 est augmenté chez les femmes ayant eu un DGD.
  • Conseils hygiéno-diététiques : Il est conseillé de maintenir une alimentation équilibrée et de pratiquer une activité physique régulière pour prévenir le risque de diabète de type 2.

Allaitement

L'allaitement est possible et recommandé, même en cas de diabète. Il peut cependant déséquilibrer le diabète en consommant du glucose et en augmentant le risque d'hypoglycémie. Les doses d'insuline doivent donc être adaptées. En cas de diabète non insulinodépendant, il faut retarder la reprise des comprimés hypoglycémiants car ils passent dans le lait.

Surveillance du nouveau-né

Le nouveau-né est surveillé pour détecter d'éventuelles hypoglycémies, qui peuvent survenir en raison d'une production excessive d'insuline pendant la vie intra-utérine. La glycémie du bébé est régulièrement contrôlée et, si nécessaire, des mesures de resucrage sont mises en place.

Lire aussi: Diabète gestationnel : Comprendre et agir

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