L'accouchement, un événement à la fois universel et profondément personnel, est souvent entouré de mystère, d'anxiété, mais aussi d'une certaine dose d'humour. De la phase d'expulsion du bébé à la délivrance du placenta, chaque étape est une aventure en soi. Cet article explore la délivrance du placenta sous différents angles, allant du vécu des professionnels de la santé aux anecdotes insolites, en passant par des conseils pratiques et des perspectives historiques.
L'accouchement : un événement hors du commun
L'accouchement est un processus physiologique complexe, souvent imprévisible, qui peut surprendre même les professionnels de la santé les plus aguerris. L'histoire d'Anne, infirmière confrontée à un accouchement impromptu sur le parking de l'hôpital, en est une illustration frappante.
Une nuit inoubliable
C’était un vendredi soir, un service assez lourd, avec pas mal de gens en soins palliatifs, et surtout une dame de 46 ans atteinte d'un cancer du sein métastasé. Très anxieuse, elle avait demandé à être hospitalisée car la prise en charge à domicile ne lui convenait pas. Après les transmissions de début de service, on fait le tour des chambres. Anne parle avec son mari, elle approche de la fin. Ensuite, en préparant les médicaments du service, elle met la radio et entend la nouvelle des attentats à Paris. Un peu choquées, avec sa collègue, elles allument la télé. Puis elles font leur tour de minuit. Le mari de la dame regarde lui aussi les infos à la télé, assis dans un fauteuil, médusé. Anne s'occupe d'elle, elle est en train de mourir, elle fait des pauses respiratoires. Elle prévient son époux et reste avec eux. Elle est morte cinq ou dix minutes plus tard, sans reprendre connaissance. Plutôt ébranlés tous les deux, ils préviennent ses enfants. Avec sa collègue, Anne fait la toilette mortuaire, pour la rendre le mieux possible pour ses proches. Après le départ de la famille, elles se remettent devant la télé pour voir où ça en est à Paris.
Souvent, chez eux, les gens sonnent et se trompent parce qu’il y a le centre de médecine généraliste d’urgence juste à côté, qui est ouvert jusqu’à minuit. Mais là, Anne se dit, « 4 h du matin : ça ne peut pas être pour ça ». Elle va à la fenêtre et voit un monsieur qui lui dit : « Ma femme est en train d’accoucher ! » Sa première réaction est de lui dire : « Mais non ! On n’a pas de médecin ! » Ça a toujours été une de ses grandes peurs de se retrouver avec un truc comme ça, parce qu’un accouchement, elle n’en a jamais vu. Elle n’a pas fait de stage en obstétrique quand elle était élève. Sa seule expérience, ce sont ses propres accouchements, ce qui n’a rien à voir. Elle lui dit donc d’aller à la maternité, mais il lui répond que ce n’est pas possible, le travail est trop avancé. Elle descend, et là elle voit la dame dans la voiture. Elle est à l’avant sur le siège passager, nue à partir de la ceinture, les deux pieds sur le tableau de bord et elle pousse. À partir de ce moment-là, c’est comme si elle est deux. Dans sa tête, ça va à une vitesse dingue : « Ça c’est bon, c’est pour toi Anne ! Elle va accoucher tu n’as pas le choix ! » Et de l’autre côté elle raisonne : « Bon qu’est-ce que je fais ? » Elle n’est pas transportable, ils n’ont même pas de brancards, et puis elle l’aurait mise où, de toute façon ? On ne peut pas la bouger, ça c’est impossible. Elle appelle le SAMU, et en même temps elle commence à discuter avec elle : « Quel âge vous avez ? C’est votre premier ? Il est prévu pour quand ? » Le SAMU lui dit : « Bon écoutez, on va faire ça là, quand vous voyez la tête, vous nous rappelez. » Elle refuse d’abord avec la panique dans laquelle elle est, mais ils lui répondent que ça va aller : « Vous prenez des gants, des serviettes. » Elle remonte dans le service, elle est tellement tourneboulée qu'elle commence par prendre des gants de toilette avant de réaliser : « Mais qu’est-ce que je fais avec des gants de toilette ! Non, non, il me faut des gants, des gants quoi ! » Elle redescend. Elle fait enlever les sièges auto qui sont à l’arrière pour qu’on puisse reculer son siège à elle. Quand tu es sur une table d’accouchement, tu as les fesses au bord de la table. Là elle les a sur le siège - ils ont été prévoyants, ils avaient mis une serviette. Et puis elle attend. Elle est dans la voiture avec le mari qui est derrière, elle à l’avant, la lumière qui s’éteint toutes les deux minutes et qu’on rallume, heureusement ils sont sous un lampadaire donc on voit clair, et la dame qui pousse et qui crie. Elle regarde entre ses jambes évidemment, et pas autre chose, et à un moment elle se dit que quelque chose se passe et que c’est la tête qui arrive. Et la dame hurle à cause des contractions tout en gérant très bien, c’est son troisième, elle a 30 ans. Elle rappelle alors le SAMU. « Bon ben alors vous mettez votre main, vous retenez le bébé parce qu’il ne faut pas qu’il sorte d’un coup pour ne pas déchirer la mère. » Tout en pensant « Mais c’est dingue il y a un bébé qui arrive ! », elle fait comme ils lui ont dit : elle met sa main et elle retient doucement la tête. Le SAMU a appelé une équipe mobile de pompiers et elle n’a qu’une hâte, c’est qu’ils arrivent. La tête est toute sortie vers le bas, un peu sur le fauteuil forcément. Pendant tout ce temps, elle reste en ligne avec le SAMU, mais avec la femme qui souffre et qui hurle, elle entend mal le médecin. Il est en train de lui dire : « Bon, maintenant pour l’épaule, il va falloir le tourner. » et elle ne voit pas du tout comment faire. Enfin sa collègue la prévient que les pompiers sont là. Elle pense « Alléluia ! » Mais comme une idiote elle avait bloqué la sécurité des portières, donc ils sont enfermés. Elle ne sait pas comment ouvrir, en plus elle n’y connaît rien en voiture moderne et c’est la dame qui en poussant se relève d’un coup et appuie sur le bouton ! Un pompier arrive et elle lui dit : « S’il vous plait prenez-le ! » Il la remplace et pffout, le bébé sort, et hop, c’est fait. Une petite fille. Il est bien 5 h du matin. C’est une des premières nuits fraiches de la saison, il a fait bon jusque là mais cette nuit, la météo a changé. Les pompiers ont chauffé le camion, craignant que le bébé ne prenne froid. Ils clampent la maman et après avoir eu du mal à la sortir de la voiture, ils la mettent dans le camion où elle fait la délivrance du placenta. Et ils l’ont emmenée. Enfin, Anne s'est sentie bien seule quand même.
Cette histoire illustre parfaitement l'imprévisibilité de l'accouchement et la nécessité pour les professionnels de santé de faire preuve d'adaptation et de sang-froid.
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La délivrance : une étape cruciale
La délivrance, ou expulsion du placenta, est la dernière étape de l'accouchement. Elle se produit généralement dans les minutes qui suivent la naissance du bébé, sous l'effet de contractions utérines.
Comment ça se passe ?
Après la naissance du bébé, l'utérus continue de se contracter pour expulser le placenta. Ces contractions sont généralement moins intenses que celles du travail, et la délivrance du placenta est souvent moins douloureuse.
En général, quand on allaite direct à la sortie du bébé, la succion du sein entraîne des contractions de l'utérus qui favorisent une expulsion rapide et un placenta nickel. Mais quand les médecins appuient sur le ventre, ça arrive parfois que le placenta ne soit pas entier, qu'il reste des bouts. Dans ce cas, ces petits bouts qui resteraient collés à ta paroi utérine empêcheraient l'utérus de refermer les tissus et les vaisseaux sanguins, ce qui provoquerait une hémorragie. C'est pour ça que après l'accouchement, par contre, ça arrive que, si le placenta n'est pas entier, on t'endorme quelques minutes (si t'as pas eu de péri), pour aller faire une "révision utérine"…en gros, le docteur va avec sa main aller chercher ce qui manque…C'est ça qui est désagréable voire douloureux. Mais normalement, si on n'appuie pas sur le ventre pour faire sortir bébé, si tu allaites précocément (même juste en "bienvenue"), y'a quand même peu de chances que le placenta soit pas entier.
Dans la plupart des cas, la délivrance se fait naturellement. Cependant, il arrive que l'équipe médicale intervienne pour faciliter l'expulsion du placenta, notamment en cas de rétention placentaire (lorsque le placenta ne se détache pas de l'utérus).
Ce que l'on ressent
L'expérience de la délivrance varie d'une femme à l'autre. Certaines ne ressentent pratiquement rien, tandis que d'autres décrivent des contractions similaires à celles du travail, mais moins intenses.
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Tu ne sens plus rien j'ai accouché de BB2 sans péri, et sincerement, tu ne sens pas du tout le placenta car c'est assez petit par rapport à BB et surtout c'est tout mou.
Pour celles qui ont accouché sous péridurale, la sensation de la délivrance peut être atténuée, voire inexistante.
J'étais sous péri et j'ai pas plus senti le placenta que ma filleJe me suis rendu compte que j'avais ma fille dans mes bras et que le placenta était dans un bol. C'est le fun la péri.
Cependant, certaines femmes peuvent trouver cette étape désagréable, voire douloureuse, surtout si l'équipe médicale doit intervenir.
Ben moi j'ai pas aimé du toutfatiguée, éreintée, épuisée … ras le bol qu'on touche à ma foufounette (et c'était pourtant pas fini lol) … et là … arghhh encore des contractions pour faire sortir ce truc !!!
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Les complications possibles
Bien que la délivrance se déroule généralement sans problème, certaines complications peuvent survenir :
- Rétention placentaire : le placenta ne se détache pas de l'utérus dans les 30 minutes suivant la naissance du bébé.
- Hémorragie : saignement excessif après la naissance, souvent dû à une rétention de fragments placentaires.
Dans ces cas, une intervention médicale est nécessaire pour éviter des complications graves.
Anecdotes et humour autour de la délivrance
L'accouchement est un événement intense, mais il peut aussi être source d'humour et d'anecdotes insolites.
Histoires drôles
Le ministre de la santé visite une clinique ultramoderne. Dans une chambre, il voit une infirmière qui branle un patient. 'Mais que faites-vous'? L'infirmière : 'il a un problème hormonal. sinon ses testicules gonflent et risquent d'éclater'. Le ministre continue son tour et voit une autre infirmière en train de sucer un patient. 'C'est plus grave pour lui'?
Un médecin demande à un ami vétérinaire de tenir la boutique le temps qu'il revienne de la pêche. L'ami véto lui répond: 'D'accord. revienne. s'est bien passé et que la délivrance s'est bien faite. Et le médecin s'en va pêcher. 'Eh oui, un beau garçon de 4 kg!
La première infirmière dit à une patiente: J'ai reçu les résultats de vos analyses. C'est incurable et il vous reste 6 mois à vivre. - La seconde dit à une autre patiente: ça fait 5 mois que je tente de vous joindre sans succès pour vous annoncer l'arrivée d'un heureux évènement.
Une sage-femme entre dans une chambre avec une tenaille. Elle attrape l'objet et referme la porte sans laisser le loisir au père de regarder. 5 minutes plus tard elle ressort en sueur et demande une scie à métaux. Le père lui donne la scie. - Il y a un problème? Que se passe-t-il? - Il va falloir appeler une autre sage-femme…
Un patient arrive à la pharmacie avec une sacoche. - Je voudrais de l'acide acétylsalycilique! - Ah! vous voulez dire de l'aspirine! - Ben oui, j'ai toujours eu de la difficulté à me rappeler du nom!
La naissance en BD : une approche humoristique
La bande dessinée "La Naissance en BD" de Lucile Gomez offre une vision décalée et humoristique de l'accouchement, de la dilatation complète à la sortie du bébé, en passant par la délivrance du placenta. Elle dévoile, en dessin et avec humour, la connaissance élémentaire de votre corps, de vos émotions et du processus de la naissance. Ces secrets à propager permettent de dépasser la peur, d'affronter la douleur, d'éviter déchirures et complications, et de se concentrer sur l'essentiel : l'enfant qui vient à vous, sa peau contre la vôtre, son odeur et ses yeux… L'amour, l'amour, l'amour… seul élément indispensable (la science le prouve), pour donner la vie dans de bonnes conditions.
Conseils et astuces pour une délivrance sereine
Bien que la délivrance soit un processus naturel, certaines astuces peuvent aider à la vivre plus sereinement :
- Allaiter rapidement : la succion du sein stimule les contractions utérines et favorise l'expulsion du placenta.
- Adopter des positions confortables : certaines positions, comme être à quatre pattes ou accroupie, peuvent faciliter la descente du placenta.
- Se détendre : la relaxation et la respiration profonde peuvent aider à gérer la douleur et à favoriser les contractions.
Perspectives historiques et culturelles
La gestion du placenta a varié considérablement à travers l'histoire et les cultures. Dans certaines sociétés, le placenta est considéré comme un organe sacré, lié à la vie et à la fertilité.
Les traditions d'Adeline Favre
Dans le temps, et même pendant les dix premières années où elle était sage-femme, on n’osait pas mettre le placenta n’importe où. La coutume était de l’enterrer sous le toit ou dans la cave, car il ne fallait pas qu’il sorte de la maison. Ils l’ont toujours enterré. Jamais, jamais n’a-t-on jeté le placenta, même pas dans la fumassière avec les déchets du bétail. Adeline Favre a décidé de le brûler, malgré les oppositions et les bagarres. Quand les fourneaux en pierre ollaire chauffaient en hiver, elle ouvrait la porte et hop… dans le fourneau ! Ca brûlait bien. Pendant la morte-saison on ne pouvait pas le mettre au fourneau en raison de sa forte odeur. Plus tard, elle a envoyé les placentas aux sanatoriums valaisan et genevois à Montana. Avant qu’ils n’entrent en contact avec quoi que ce soit, elle les coupait en morceaux avec des ciseaux stériles et les mettais en bocaux. Ils étaient appliqués sur des plaies qui ne guérissaient pas, surtout celles des tuberculeux, après une opération.
Ces pratiques témoignent de la valeur symbolique et des croyances associées au placenta dans différentes cultures.
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