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Mort Subite du Nourrisson et Fausse Route : Causes, Prévention et Conduite à Tenir

La mort subite du nourrisson (MSN) est une tragédie qui touche de nombreuses familles à travers le monde. Elle représente la première cause de mortalité chez les bébés de moins d'un an. Parallèlement, les fausses routes, bien que souvent bénignes, peuvent également avoir des conséquences graves chez les nourrissons et les jeunes enfants. Cet article vise à explorer les causes, les facteurs de risque, les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de MSN et de fausse route chez les nourrissons.

La Mort Subite du Nourrisson (MSN)

La mort subite du nourrisson (MSN) est définie comme le décès subit et inattendu d'un enfant de moins d'un an, apparemment en bonne santé, pour lequel aucune cause n'est trouvée après une enquête approfondie. Selon l'Institut de veille sanitaire, 90 % des cas de MSN surviennent avant l'âge de 6 mois, avec un pic entre 2 et 4 mois.

Facteurs de Risque et Prévention

De nombreuses dispositions ont été mises en place pour réduire la mortalité infantile, notamment en ce qui concerne la MSN. Parmi les recommandations clés, on retrouve :

  • Coucher le bébé sur le dos : Cette position est la plus sûre pour le sommeil du nourrisson.
  • Environnement de sommeil sécurisé : La chambre doit être fraîche (entre 18 et 20°C), sans couverture, oreiller, ni objets mous pouvant obstruer les voies respiratoires.
  • Éviter le "co-dodo" : Le partage du lit avec les parents, en particulier sur le ventre d'un adulte, augmente le risque de MSN.

Malgré une diminution constante des cas de MSN entre 2000 et 2013, une légère augmentation a été observée récemment, notamment en raison du "co-dodo" et du couchage sur le ventre d'un adulte.

Prise en Charge et Soutien aux Familles

En cas de MSN, l'accueil des parents à l'hôpital est primordial. Il est essentiel de les déculpabiliser, de les informer et de les orienter vers une prise en charge psychologique. La mort subite du nourrisson est un drame non seulement pour les parents, mais aussi pour les autres membres de la famille, en particulier les enfants plus âgés, qui peuvent développer des troubles psychologiques.

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La Fausse Route chez le Nourrisson

Communément appelée « fausse route », la suffocation chez l’enfant survient lorsque l’absorption d’un aliment ou de tout autre objet emprunte les voies respiratoires (la trachée) au lieu des voies digestives (l’œsophage). Les suffocations représentent 1 % des accidents de la vie courante chez les moins d’un an et moins de 1 % pour les 1-3 ans. Observés dès l’âge de 6 mois, 80 % des cas concernent l’enfant de moins de 3 ans. Ils sont 2 fois plus fréquents chez le garçon. Il s’agit dans l’immense majorité des cas de corps étrangers alimentaires, en particulier la cacahuète qui demeure l’« ennemie publique N°1 ».

Aliments et Objets à Risque

Les enfants de moins de trois ans courent les plus grands risques d’obstruction des voies respiratoires. En effet, leur voie respiratoire est très étroite et ils continuent à apprendre à mastiquer et avaler leurs aliments. Les aliments à risque d’étouffement sont les fruits à coques (cacahuètes, pistaches, amandes, noix), les fruits et légumes durs (pommes), filandreux (céleri, haricots verts…) ou ceux possédant des noyaux. Pour les tomates cerise, les raisins, il est conseillé de les couper en deux ou quatre selon leur taille. Mieux vaut trancher les saucisses dans le sens de la longueur que les couper en petites rondelles. Les textures molles (mie de pain) ou collantes (bonbons) sont également suceptibles de se coincer dans la gorge et d’obstruer les voies respiratoires. Les comprimés ou gélules ne sont pas indiquées chez les enfants de moins de 6 ans, sauf avis médical. Les médicaments liquides doivent être donnés doucement à l’aide d’une pipette que vous pouvez diriger vers l’intérieur de la joue de l’enfant pour lui permettre de mieux l’absorber. Les enfants peuvent s'étouffer avec un grand nombre de petits objets et de petits aliments, dès que ceux-ci sont à leur portée.

Prévention des Fausses Routes

Pour prévenir les accidents, il faut être très vigilants surtout pendant les repas. L’enfant doit être bien assis à table ou dans sa chaise haute, le plus droit possible. Vous devez toujours être présent lorsqu’il prend son repas. Ne laissez pas un enfant courir avec des aliments dans la bouche. Son repas ne doit pas durer plus de 20 minutes afin qu’il ne relâche pas son attention et risque d’avaler de travers. Gardez hors de la portée des jeunes enfants les jouets contenant des petites pièces.

Reconnaître les Signes d'une Fausse Route

Lorsqu'un corps étranger est inhalé, l'enfant peut présenter une toux violente, devenir bleu et avoir des difficultés à respirer. Il peut suffoquer et ne plus parvenir à parler. Dans certains cas, la toux peut être légère et passer inaperçue, d'où l'importance d'être attentif à tout signe de respiration difficile, pâleur, ou coloration bleutée des extrémités.

Conduite à Tenir en Cas de Fausse Route

Tant que l’enfant tousse, ne pratiquez aucun geste, attendez qu’il expulse le corps étranger. Si l’enfant manque d’air et commence à s’étouffer, en revanche, il faut agir vite. Premier réflexe : contacter les secours. En attendant, vous devez pratiquer la manoeuvre de Mofenson pour expulser le corps étranger.

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  • Placez l’enfant le long de votre bras à plat ventre sur votre cuisse fléchie (sa tête est dirigée vers le bas, au delà de votre genou).
  • Avec la paume de l’autre main, donnez 5 claques fermes et vigoureuses entre ses omoplates.
  • Poursuivez la manoeuvre jusqu’à ce que le corps étranger soit expulsé.

Même si l’élément est dégagé et que l’enfant retrouve ses esprits, une consultation médicale s’impose.

Malaises Graves du Nourrisson

Le malaise du nourrisson est défini comme un accident inopiné et brutal, associant à un degré variable des troubles du tonus (hypo- ou hypertonie) et/ou de la coloration des téguments (pâleur ou cyanose), avec ou sans modification du rythme respiratoire (bradypnée, tachypnée, apnées), avec ou sans perte de connaissance. Il s’agit essentiellement d’enfants de moins de 6 mois.

Évaluation et Prise en Charge

L’identification d’un nourrisson gravement malade se fait selon les principes de l’ABCDE :

  • A : Airways (voies aériennes) : Vérifier la liberté des voies aériennes.
  • B : Breathing (évaluation respiratoire) : Évaluer la fréquence respiratoire, le travail respiratoire, le volume courant et l’oxygénation.
  • C : Circulation (évaluation hémodynamique) : Évaluer la fréquence cardiaque, la pression artérielle, l’amplitude des pouls et la perfusion périphérique.
  • D : Disability (état neurologique) : Évaluer l’état de conscience.
  • E : Exposure (exposition, environnement).

En cas de détresse respiratoire, hémodynamique ou neurologique, une équipe médicale doit se déplacer en urgence au domicile.

Causes des Malaises Graves

Les causes de malaise grave du nourrisson sont nombreuses et peuvent inclure des infections, des problèmes cardiaques, des troubles métaboliques ou neurologiques. Il arrive qu’aucune cause ne soit identifiée.

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Uvestérol D et Risque de Malaise

Des malaises ont déjà été signalés après l’administration d’Uvestérol D (vitamine D). Depuis onze ans, des responsables de la pharmacovigilance ont pourtant régulièrement questionné la pertinence de laisser sur le marché une prescription pour laquelle une dizaine de cas de malaise vagal ou de fausse route alimentaire sont signalés chaque année. Ils ont réclamé à plusieurs reprises une suspension de l’Uvestérol. Deux mécanismes peuvent expliquer ces malaises, selon un responsable d’un centre régional de pharmacovigilance : une fausse route alimentaire ou un malaise vagal. Dans le premier cas, ce qui doit aller dans l’œsophage passe dans la trachée vers les voies respiratoires. Dans le second, l’introduction d’une pipette dans la bouche d’un nouveau-né ou d’un nourrisson risque d’être un geste agressif susceptible d’entraîner par réflexe le malaise vagal.

Recommandations Générales

La prévention reste actuellement le meilleur moyen pour réduire le nombre de décès et de complications liés à la MSN et aux fausses routes.

  • Suivre les recommandations de couchage sécurisé : Coucher le bébé sur le dos, dans un environnement de sommeil sûr, sans objets mous ni surchauffe.
  • Être vigilant lors des repas : Surveiller attentivement l'enfant pendant les repas, éviter les aliments à risque et s'assurer qu'il est bien assis.
  • Connaître les gestes de premiers secours : Apprendre la manœuvre de Mofenson et savoir réagir en cas d'étouffement.
  • Consulter un médecin en cas de malaise : Tout malaise inexpliqué chez un nourrisson doit être évalué par un professionnel de santé.

Rôle des Centres de Référence Régionaux

La circulaire interministérielle du 14 mars 1986 a défini des centres de référence régionaux de la mort inattendue du nourrisson (CRRMIN) afin de prendre en charge dans une structure hospitalière adaptée les enfants de moins de 2 ans décédés de mort inattendue du nourrisson et réaliser les investigations diag­nostiques post mortem. Ces centres de référence ont aussi pour mission d’accompagner les familles, de développer des axes de recherche visant à améliorer la compréhension de cette patho­logie, de participer à la prévention et formation des professionnels de santé et des familles.

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