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David, un Roi Entre Lumières et Ombres : Histoire et Héritage

David, dont le nom signifie "bien-aimé" en hébreu, est l'une des figures les plus marquantes et attachantes de l'Ancien Testament. Roi d'Israël ayant vécu vers l'an mille avant Jésus-Christ, il incarne un miroir de l'humanité, reflétant nos propres ombres et lumières. Sa vie, riche en épreuves, en triomphes et en péchés, continue d'inspirer les traditions juives, chrétiennes et musulmanes.

David dans la Bible

L'histoire de David est principalement relatée dans les Livres de Samuel et reprise dans les Livres des Chroniques. Le prophète Samuel, figure centrale de cette narration, introduit la royauté en Israël en oignant Saül, le premier roi. Cependant, Saül, décrit comme un roi aux côtés sombres, désobéit à Dieu et perd ainsi le droit de régner. C'est alors que David entre en scène, apportant une nouvelle lumière à l'histoire d'Israël.

Dans un contexte où Israël cherche à s'unifier face aux dangers extérieurs, le roi devient le symbole de cette unification des tribus. Le choix de Dieu se porte sur David, un jeune berger roux, aux beaux yeux, et d'une grande beauté. Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » (1Sm 16, 12).

Un Personnage Complexe

David inaugure quelque chose de neuf dans l'écriture. Il est présenté comme un résumé d'humanité. Il incarne l'amitié, grâce à la relation qu'il entretient avec Jonathan ; avec sa première épouse Mikhal, il incarne l'amour, mais aussi le désir avec sa maîtresse Bethsabée. Il est enfin le berger devenu roi… ”

David, le roi-prophète, était le dernier des huit fils de Jessé, demeurant à Bethléem vers l’an 1000 avant Notre Seigneur. Jeune berger à la chevelure rousse, au beau regard et à la tournure svelte et agile, il se distinguait par sa piété, sa sagesse, son humilité et sa grande douceur, que ne contredisait pas sa bravoure dans les combats. Suite à la désobéissance du roi Saül, Dieu se détourna de lui et envoya le prophète Samuel pour oindre en secret l’humble David, le dernier et le plus faible de la modeste famille de Jessé, comme roi d’Israël, en lui promettant Sa bienveillance sur lui et sur sa descendance pour toujours. Dès lors, l’esprit de Dieu s’écarta de Saül, le livrant périodiquement à de violentes crises de délire, et vint reposer sur le jeune pâtre. Appelé au chevet du roi, il calmait ses terreurs par les douces mélodies qu’il lui chantait au son de sa lyre et gagna ainsi sa faveur. Courant vers son adversaire, en ne se confiant en rien d’autre que dans le Nom du Seigneur, il l’abattit de la première pierre qu’il lui jeta au front au moyen de sa fronde. Devenu officier à la suite de ce succès, il remportait victoire sur victoire et acquit une telle renommée dans le peuple que le roi, saisi d’une féroce jalousie, chercha à plusieurs reprises à faire disparaître celui-là même qu’il avait pourtant fait son favori et à qui il avait accordé sa fille en mariage. Il l’envoyait dans les campagnes les plus risquées, pour qu’il mourût au combat, mais chaque fois David revenait vainqueur, couvert d’un surcroît de gloire qui augmentait d’autant la haine de Saül. Grâce à l’assistance de Jonathan, le fils de Saül, qui l’aimait comme son propre frère, David put échapper aux entreprises meurtrières du roi et s’enfuit de la cour. Ne pouvant trouver refuge chez les Philistins, il commença à mener alors une vie errante à la tête d’une troupe d’environ six cents hommes, membres de sa famille et gens opprimés par le tyran. Partout où ils allaient, ils étaient poursuivis par Saül et ses soldats, qui mettaient à mort quiconque venait en aide aux fugitifs, mais Dieu intervenait à chaque fois pour les secourir. Craignant de nouveaux emportements de Saül, David et sa troupe trouvèrent finalement asile à Gad, chez le roi des Philistins Akish, et menèrent la guerre contre les tribus nomades de la contrée. Quand une nouvelle guerre éclata entre les Philistins et Israël, on l’écarta du conflit et il partit lutter contre les Amalécites. À son retour, après la grande défaite d’Israël à Gelboé, David se lamenta à grands cris sur la mort de son cher ami Jonathan et pleura sincèrement la perte de Saül, en composant en leur honneur une émouvante élégie. Sur ordre de Dieu, il monta alors à Hébron et fut reconnu comme roi par la tribu de Juda, alors qu’Ishbaal, fils de Saül, était institué souverain des autres tribus par Abner, le chef de l’armée. Une guerre intestine éclata entre les deux royaumes et, au bout de sept ans, le royaume du Nord s’étant soumis, David put être reconnu comme roi unique sur tout le peuple d’Israël et installa sa capitale à Jérusalem, qu’il avait gagnée sur les Jébuséens. Après de nouvelles victoires sur les Philistins et autres tribus païennes, l’élu de Dieu étendit les limites de son royaume de l’Euphrate (Est) à la Méditerranée (Ouest) et du Liban (Nord) au désert d’Arabie (Sud). Puis, dans un grand concert de musique, de chants de joie et d’hymnes d’action de grâces, il fit transporter l’Arche d’Alliance à Jérusalem, devenue dès lors non seulement la capitale du royaume terrestre d’Israël, mais aussi le centre spirituel du peuple élu, la ville sainte où Dieu fait reposer Sa gloire, l’image et la figure prophétique de la Jérusalem céleste qui descendra des Cieux à la fin des temps (Apoc. 21). David avait fait serment au Seigneur de ne pas s’accorder de repos tant qu’il n’aurait pas trouvé un lieu de séjour et un tabernacle pour le Dieu de Jacob (Ps. 131, 5). Aussi, voyant dans cette procession la réalisation de son vœu, il fut saisi d’une telle joie que, comme en extase, il prit la tête du cortège en chantant et en dansant de toutes ses forces, sans en éprouver de honte. Par la suite, il organisa avec soin le déroulement des sacrifices et des cérémonies liturgiques, pour que tout s’accomplisse avec ordre et dignité, et il répartit les rôles respectifs des prêtres et des lévites consacrés au service du Seigneur. Le roi lui-même, inspiré par l’Esprit-Saint, composa un grand nombre de psaumes pour louer Dieu et servir dans le culte. Modèle de vertu dans ses actions et de sagesse dans ses paroles, David fut le plus glorieux des rois d’Israël et figura par avance le Messie, Jésus-Christ, nommé justement le fils de David -c’est-à-dire issu de sa lignée selon la chair [Voir la notice du Dimanche de la Généalogie, plus haut]- qui viendra réaliser par sa Résurrection les promesses faites par Dieu au roi-prophète (voir Actes 13, 32). C’est ainsi que le nom même de David est devenu synonyme du Sauveur attendu pour instaurer sur la terre un royaume spirituel «qui n’est pas de ce monde» (Jn 18, 36): «Moi, dit le Seigneur, je serai pour eux un Dieu et mon serviteur David sera prince au milieu d’eux» (Ézéch.

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Le Combat Contre Goliath

L'un des épisodes les plus célèbres de la vie de David est son combat contre Goliath. Alors que les Philistins menacent Israël, Goliath, un géant, défie les Israélites en duel. David, un jeune berger, se porte volontaire pour affronter le géant. Armé seulement de sa fronde et de sa foi en Dieu, il terrasse Goliath avec une pierre, devenant ainsi un héros pour son peuple. Courant vers son adversaire, en ne se confiant en rien d’autre que dans le Nom du Seigneur, il l’abattit de la première pierre qu’il lui jeta au front au moyen de sa fronde.

Roi d'Israël

Après la mort de Saül, David devient roi, d'abord de Juda, puis de tout Israël. Il conquiert Jérusalem et en fait sa capitale, y installant l'Arche d'Alliance, symbole de la présence de Dieu. Son règne est marqué par des victoires militaires et une expansion du royaume. En 997, la cité jébuséenne de Jérusalem est conquise par Joab, général de David, et devient la capitale du royaume d'Israël (II Sam., v). Des trente-trois années du règne de David à Jérusalem, les sources bibliques ne préservent que certains épisodes : campagnes militaires contre Philistins, Ammonites, Moabites, Araméens ; alliances avec Tyr et Sidon ; achat en bonne et due forme du mont Moriah, « esplanade du Temple » à Jérusalem (II Sam., xiv) ; la danse de David devant l'arche d'alliance(II Sam., vi) ; l'adultère du roi avec Bethsabée, épouse du Hittite Urie (II Sam., xi) ; les révoltes de son fils Absalon (II Sam., xv-xix) et de Chéba, fils de Bikhri (II Sam., xx) ; l'organisation du culte à Jérusalem (I Chron., xv-xvi, xxiii-xxvi) ; le sacre de Salomon (I Rois, i)… Lors d'une assemblée du peuple tenue à Jérusalem peu avant sa mort, David lègue à son fils Salomon l'œuvre du Temple à accomplir et à son peuple la Loi du Seigneur à mettre en pratique (I Chron., xxviii).

Péchés et Repentir

Malgré son statut de roi élu par Dieu, David n'est pas sans péché. Son adultère avec Bethsabée et l'assassinat d'Urie, le mari de cette dernière, sont des taches sombres dans son règne. Cependant, David se repent sincèrement de ses actes, et son psaume de pénitence (Psaume 51) est devenu un modèle de prière pour les pécheurs. Étant homme, il était soumis aux passions et tomba dans le péché. Quoiqu’il eût déjà vingt épouses, sa convoitise n’en était pas pour autant assouvie. Apercevant un jour la belle Bethsabée, il s’éprit d’elle à tel point qu’il n’hésita pas à envoyer son mari Urie le Hittite à une mort certaine en donnant l’ordre de le placer en première ligne lors du siège de Rabba, afin de ce débarrasser de lui. Une fois le deuil légal accompli, il épousa Bethsabée et obtint d’elle un fils, qui mourut peu de temps après, frappé par la colère divine. Mais Dieu, «qui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive» (Ézéch. 33, 11), n’abandonna pas ainsi son élu dans le gouffre de la perdition. Aveuglé par son désir coupable, il avait été conduit jusqu’au meurtre; mais dès que sa conscience fut réveillée par la réprimande du prophète, il reconnut avec humilité son péché devant Dieu et montra un si parfait repentir que le psaume qu’il entonna alors: «Aie pitié de moi ô Dieu dans Ta grande miséricorde, en Ton immense compassion efface mon iniquité…» (Ps 50), devint pour tous les pécheurs le modèle de la prière qu’ils doivent élever vers le Seigneur pour implorer Son pardon.

Héritage et Signification

Dans le Judaïsme

David est considéré comme le roi idéal, un modèle de justice et de piété. La tradition juive le considère comme l'ancêtre du Messie. Pour Israël, David est « le roi élu selon le cœur de Dieu », annonçant la venue d'un messie.

Dans le Christianisme

Les chrétiens voient en Jésus-Christ l'accomplissement des prophéties messianiques faites à David. Jésus est souvent appelé "Fils de David", soulignant ainsi sa lignée royale et sa mission de salut. Le premier verset du Nouveau Testament présente Jésus comme le « fils de David » (Mt 1, 1). Les évangélistes ont donc fait de Jésus le descendant de la lignée royale du patriarche, mais surtout, en tant que Messie, l’accomplissement de la prophétie initiée avec David. Il est aussi élu de Dieu, chéri en son cœur, et Roi de l’Univers.

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Dans l'Islam

L'islam reconnaît également David comme un prophète important, connu sous le nom de Daoud. Il est considéré comme un roi juste et un prophète de Dieu.

Représentations Artistiques

Le personnage de David, musicien, berger, roi et prophète, a inspiré d'innombrables artistes à travers les siècles. Des fresques des catacombes à l’œuvre de Gustave Moreau, David occupe une place importante dans l'iconographie chrétienne.

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