Le dalaï-lama, Tenzin Gyatso, a célébré son 90e anniversaire le 6 juillet 2025. Cet événement a été marqué par des célébrations à travers le monde, notamment dans son repaire en exil à McLeod Ganj, un quartier de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où des milliers de bouddhistes se sont réunis pour honorer son leadership spirituel et son combat pour l'autonomie du Tibet. Cette année marque également ses 75 ans à la tête du régime tibétain bouddhiste.
Un chef spirituel et politique dès l'âge de deux ans
Né le 6 juillet 1935, sous le nom de Lhamo Dondhup, Tenzin Gyatso a été reconnu dès l'âge de deux ans comme la réincarnation du treizième dalaï-lama, devenant ainsi le quatorzième chef spirituel et politique des Tibétains. Son intronisation, un mois après le début de l'intervention de l'armée chinoise au Tibet en novembre 1950, l'a placé au cœur d'une période tumultueuse de l'histoire tibétaine. Il a été intronisé en tant que tel dans la dernière grande école du bouddhisme tibétain, à l'école de Gelugpa.
L'exil et la lutte pour le Tibet
Depuis sa fuite du Tibet en 1959, suite à la répression chinoise, le Dalaï Lama a élu domicile à McLeod Ganj, où il passe le clair de son temps. De là, il a inlassablement mené un combat d'abord pour l'indépendance, puis pour une autonomie significative du Tibet au sein de la Chine. Son engagement pour la non-violence et la paix lui a valu une reconnaissance internationale, notamment le prix Nobel de la paix en 1989.
En 2006, il a reçu la médaille d'or du Congrès, la plus haute distinction civile américaine, à la suite d'un vote du Congrès des États-Unis.
La question sensible de la succession
À l'approche de son 90e anniversaire, la question de son successeur est devenue un sujet central de préoccupations. Les Tibétains craignent que le régime chinois, qui a envahi le Tibet pour en faire une province chinoise, tente de nommer un successeur à sa main, ce qui compromettrait l'indépendance du futur chef spirituel. Le dalaï-lama a affirmé que son successeur sera « forcément né dans le monde libre » et que la responsabilité de désigner un successeur « reposera exclusivement sur les membres du Gaden Phodrang Trust, le bureau de Sa Sainteté le dalaï-lama. Personne d’autre n’a l’autorité requise pour se mêler de cette question ».
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Cette question de la succession est d'autant plus délicate que la Chine ne cache pas son hostilité à ce projet. "La réincarnation de grandes figures bouddhistes doit être approuvée par le gouvernement central", martèle Mao Ning, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. En clair, l'administration de Xi Jinping veut choisir le prochain dalaï-lama. L'idée derrière ces velléités chinoises est assez simple : contrôler le processus de "réincarnation" pour affaiblir l’emprise de l’institution religieuse sur la population tibétaine.
Le précédent de l'enlèvement du panchen-lama, un jeune garçon de 6 ans disparu en 1995 avec toute sa famille après sa désignation, alimente ces craintes. Pékin a par la suite reconnu avoir orchestré l'enlèvement de l'enfant, dont on n'a plus de nouvelles depuis plus de trente ans. Aucune preuve de vie n'a jamais été donnée, et très peu d'informations ont filtré. En 2015, les autorités chinoises avaient simplement affirmé qu’il menait une "vie normale" et "ne voudrait être dérangé par personne". Dans le même temps, elles ont nommé leur propre panchen-lama, Chokyi Gyalpo.
Un symbole mondial de paix et de compassion
Malgré les défis politiques et les controverses, le Dalaï Lama reste une figure emblématique de paix, de compassion et de résilience pour des millions de personnes à travers le monde. Il est un symbole durable d'amour, de compassion, de patience et de discipline morale. Son message de paix et de non-violence continue d'inspirer et de résonner auprès de nombreuses personnes, comme en témoignent ses rencontres avec des personnalités telles que Lady Gaga, Hillary Clinton et des dirigeants du monde entier.
Le Tibet : Un enjeu géopolitique majeur
Le Tibet est stratégique à plus d'un titre. Au-delà de sa situation géographique clé en Asie, le contrôle de ce territoire permet de maîtriser l'eau dans la région. En effet, une dizaine de fleuves descendent de l'Himalaya et alimentent 11 pays en aval. "Imaginez que la Chine coupe l'eau. C'est l'Inde, le Pakistan, tous ces pays en dessous qui vont se retrouver sans rien", pointe Katia Buffetrille.
Un héritage spirituel et politique
Le dalaï-lama a officiellement renoncé à tout pouvoir politique en mars 2011, se concentrant sur ses responsabilités religieuses et favorisant un processus démocratique au sein de la communauté tibétaine en exil. L'arrivée au pouvoir de Lobsang Sangay en 2011 a marqué une nouvelle page d'histoire pour le Tibet.
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Depuis les années 60, le quatorzième dalaï- lama vit à Dharamsala et est considéré comme le plus haut chef spirituel des bouddhistes tibétains. Il se bat pour l'indépendance de l'ensemble du Tibet au sein de la Chine jusqu'en 1973, puis pour une « véritable autonomie » du Tibet à cet instant rattaché à des provinces chinoises.
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