William Sheller, de son nom de naissance William Desbœuf (plus tard modifié en William Hand), est né le 9 juillet 1946 à Paris 17e. Il est un auteur-compositeur-interprète français dont la carrière prolifique a débuté dans les années 1970. Artiste aux multiples facettes, il a su allier une solide formation classique à son amour pour la variété, créant ainsi un style unique et reconnaissable.
Une Formation Classique Solide
Dès son plus jeune âge, William Sheller se passionne pour la musique classique. Il suit des cours particuliers auprès d’Yves Margat, qui le prépare au Concours de Rome. Son talent est évident, et il apprend l’harmonie et le contrepoint. Plus tard, Mozart et Stravinsky auront sa préférence, sans oublier Gabriel Fauré.
Des Influences Familiales Fortes
Avec un père musicien de jazz, une grand-mère ouvreuse au Théâtre des Champs-Élysées et un grand-père décorateur à l'Opéra Garnier, il était naturel que William Sheller se tourne vers la musique et le spectacle. Ses grands-parents maternels, qui œuvrent dans le monde du spectacle, l’immergent dans un univers artistique riche et stimulant. C’est ainsi qu’il découvre, en coulisses, de nombreux spectacles de musique classique et qu’il décide d’étudier le piano.
Des Débuts Éclectiques
Malgré sa formation classique, William Sheller est attiré par la musique rock, notamment celle des Beatles. Il rejoint The Worst, avec qui il donne des concerts sur les bases américaines de l’OTAN. En 1968, il rencontre Les Irrésistibles, pour qui il compose « My year is a day », un tube international également interprété en allemand sous le titre « Ein jaar ist ein tag ». Cette expérience lui ouvre les portes de la composition pour d’autres artistes.
Avant de se lancer en solo, William Sheller met son talent au service d’autres artistes. Il compose des musiques de film et écrit un morceau pour Dalida. En 1973, il arrange des chansons pour Barbara, qui l’encourage à chanter. C'est Barbara qui va pousser William Sheller à se lancer dans la chanson.
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L'Ascension Solo : "Rock'n'Dollars" et le Premier Album
William Sheller se fait connaître du grand public en 1975 avec le titre "Rock'n'Dollars". Dans ce titre, l’artiste se moque de ses confrères qui utilisent des anglicismes à tout va. La même année sort son premier album de chansons, "William Sheller", presque entièrement écrit et composé par lui. Le succès est immédiat et l’album se vend à plus de 500 000 exemplaires, faisant de son interprète une vedette.
Les Années 1970 : Une Période Prolifique
Une fois son premier succès en poche, William Sheller travaille comme un forçat et multiplie les projets, sortant trois albums en trois ans. En 1976, il sort "Dans un vieux rock 'n' roll", qui contient le titre "Le Carnet à spirale", un autre grand succès. En 1977, il sort "Symphoman". L'imaginaire du musicien est alors peuplé de créatures de science-fiction et c'est tout naturellement qu'il collabore avec le dessinateur de bandes dessinées, Philippe Druillet.
Les Années 1980 : Entre Succès et Retrait
Les années 1980 sont moins prolifiques, mais l’artiste renoue régulièrement avec les sommets des charts grâce à des tubes comme "Un homme heureux". Cette chanson lui vaut d’ailleurs une Victoire de la musique de la meilleure chanson originale. En 1980, il revient avec "Nicolas", dont sont extraits "Fier et fou de vous" et "Ho ! J'cours tout seul". Après trois opus et une notoriété qu’il vit mal, le chanteur prend du recul et s’exile aux Etats-Unis.
Les Années 1990 : Retour à la Scène et Consécration
En 1991, le chanteur enregistre un album public, "Sheller en solitaire", où il reprend tous ses grands succès. La même année, il sort l'album "Univers", qui rencontre un certain succès devenant disque d’or. Il va également remporter deux Victoires de la musique : meilleur album et meilleure chanson. Fort de son succès, l’artiste entame une tournée début 2001 mêlant classique et rythmique. Après "Albion" (1994), William Sheller se fait plus rare, se consacrant à la composition classique, et animant des classes musicales pour les enfants.
Les Années 2000 : Retour sur le Devant de la Scène
Trois ans plus tard, celui qui sait faire vibrer les cordes sensibles, part en tournée avec le Quatuor Stevens. Il revient sur le devant de la scène avec "Les Machines absurdes" (2000), qui reçoit de nombreuses critiques dithyrambiques. De nombreux albums suivront comme "Albion" en 1994, "Ostinato" en 2006 ou "Avatars" deux ans plus tard.
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Une Œuvre Diversifiée et Récompensée
William Sheller dénombre un total de vingt-huit albums studios, albums en public et autres formats, vendus à près de deux millions d'exemplaires rien qu'en France. Parmi ses plus grands succès figurent entre autres "Dans un vieux rock 'n' roll", "Le Carnet à spirale", "J'me gênerais pas pour dire que j't'aime encore", "Oh ! J'cours tout seul", "Les Filles de l'aurore", "Un homme heureux" et "Les Machines absurdes". En 2016, l’artiste est récompensé pour l’ensemble de sa carrière par une Victoire de la musique et par une standing ovation de la part du public présent pour l’occasion au Zénith de Paris.
Quelques Chansons Inoubliables
- Rock’n’dollars : Sortie en 1975, la chanson "Rock’n’dollars" est le premier extrait de l’album "William Sheller". Pour l’anecdote, la première interprétation de ce titre se fait dans une émission de Philippe Bouvard, dans la rubrique "La chanson idiote".
- Le carnet à spirale : Figurant en tant que single sur l’album "Dans un vieux rock’n’roll", la chanson a rencontré un important succès lors de sa sortie en 1976.
- Un endroit pour vivre : C’est sur le troisième album live de l’artiste, "Sheller en solitaire", qu’est sortie la chanson en 1991.
- Oh ! J’cours tout seul : Dans cette chanson sortie en 1979 dans le cadre de l’album "Nicolas", William Sheller raconte un cauchemar obsédant dans lequel il s’imagine courir à côté d’un train.
- Un homme heureux : Unique chanson inédite de l’album live "Sheller en solitaire" de 1991, "Un homme heureux" est l’un des plus grands succès de l’artiste.
Vie Privée et Origines
William Sheller est le fils de Paulette Desboeuf et de Collin Thomas McLeod, un soldat américain. Mais il ne rencontrera pourtant jamais son père biologique, séparé de sa mère au moment de sa naissance. William Sheller sera en effet élevé par son beau-père. Ce n’est que sur son lit de mort que sa mère lui annoncera une partie de la vérité. L’artiste ne découvrira la réelle identité de son père qu’après de longues recherches généalogiques. Lorsqu’enfin il retrouve sa trace en 2006, celui-ci est décédé depuis plus de quinze ans. William Sheller fait néanmoins connaissance avec ses demi-frères et sœurs qui vivent au Texas. Quand il a trois ans, toute la famille part s’installer aux Etats-Unis, dans l’Ohio. À l’époque ses parents fréquentent beaucoup le milieu du jazz. Quelques années plus tard, ils se réinstallent en France. À cette époque, le petit garçon retrouve ses grands-parents maternels, qui travaillent dans le milieu artistique.
Retraite et Héritage
Après une longue et fructueuse carrière faite d’une trentaine d’albums et des disques écoulés à plusieurs millions d’exemplaires, William Sheller a annoncé sa retraite en mars 2021, à l'occasion de la sortie d’un livre autobiographique. L’artiste a néanmoins pris soin de préciser qu’il continuerait à écrire et à composer, mais pour d’autres artistes. Dans cette optique, William Sheller s’astreint à encourager et à promouvoir le talent. Après avoir découvert le chanteur Damien Saez à la fin des années 1990, il met son expérience à profit afin de faire émerger de nouveaux talents. En 2021, il prend sous son aile un jeune pianiste, accordéoniste et compositeur : William Teyssedou.
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