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Jean-Jacques Goldman : Parcours d'un Artiste Discret et Influent

Jean-Jacques Goldman est un auteur, compositeur et interprète français né à Paris le 11 octobre 1951. Reconnu comme l'un des artistes les plus populaires et influents de la scène musicale française, il a marqué plusieurs générations avec ses chansons devenues des classiques. Sa discrétion médiatique contraste avec l'immense succès de ses œuvres.

Une jeunesse parisienne et une éducation musicale

Jean-Jacques Goldman est né dans une fratrie de quatre enfants. Ses parents étaient propriétaires d’un magasin de sport. Dès son jeune âge, il développe un intérêt pour la musique. Pendant une dizaine d’années, il fréquentera l’association de scoutisme les "Éclaireurs de France", ce qui lui permettra de rompre avec la solitude. Il apprend le violon et le piano, instruments pour lesquels il développe une certaine virtuosité après sept ans d'études intensives, motivées par le désir de faire plaisir à ses parents. Cependant, à l'âge de seize ans, il est profondément touché par la musique d'Aretha Franklin, ce qui le pousse à s'acheter une guitare et à délaisser le classique.

Après avoir obtenu un bac scientifique avec mention, il intègre une école de commerce à Lille (EDHEC), tout en sachant qu'il ne se destine pas à une carrière derrière un bureau. "J'ai terminé mes études (H.E.C. Lille), dit-il, mais dans un coin de ma tête, je savais bien que je ne resterais pas une seconde derrière un bureau. La musique était devenue non seulement une passion mais un but." Pendant ses études, il profite de ses congés scolaires pour voyager en stop avec son ami Jean-Max. Il effectue son service militaire dans l'armée de l'air en 1974/1975.

Les débuts musicaux : de Taï Phong à la carrière solo

L'aventure musicale de Jean-Jacques Goldman prend forme avec des copains, le week-end, dans les bals, une expérience qu'il considère comme une bonne épreuve. "C'était souvent difficile de jouer et de chanter devant un public qui avait un peu trop arrosé la soirée, mais c'était finalement une bonne épreuve. Cela m'a permis d'envisager de grimper un échelon."

En 1975, une rencontre marque un tournant décisif : celle avec les membres du groupe Taï Phong. "On a rassemblé toutes nos économies pour faire une maquette qu'on a proposée à des tas de producteurs." Le groupe, influencé par le rock progressif, connaît un succès fulgurant avec le titre "Sister Jane". Goldman rejoint le groupe Taï Phong, puis décide de remplacer le chanteur, qui est alors malade. La formation est complétée par Jean-Alain Gardet (claviers) et Stéphane Causseriev (batterie). Ensemble, ils partagent l'idée de chanter en anglais et de proposer des maquettes soignées aux maisons de disques.

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Malgré le succès initial, des divergences musicales apparaissent et l'intérêt du public s'essouffle. C'est à cette époque qu'il rencontre Michael Jones, qui le remplacera plus tard au sein du groupe. En 1976, il découvre un intérêt pour la musique française, bouleversé par un concert de Léo Ferré. C'est en venant écouter le groupe qui faisait la première partie du spectacle que Goldman découvre qu'il peut être touché par des textes en français. Au total, l'aventure Taï Phong s'échelonne sur quatre ans.

L'envie d'écrire dans sa langue maternelle se fait de plus en plus forte. Il s'engagera dans cette aventure et cela nous vaut son premier album solo dont se détache cette superbe chanson, "Il suffira d'un signe". En 1979, il se sépare de Taï Phong et se lance véritablement en solitaire. Ce nouveau tournant de sa carrière sera marqué par une chanson phare : "Il suffira d’un signe", qui figure sur son premier album.

L'ascension en solo : succès et reconnaissance

Le tout premier album de Jean-Jacques Goldman en solo sort à la fin de l'année 1981. Ce premier album n'a pas de titre, mais aurait pu s'intituler "Démodé". Tel était d'ailleurs le vœu de Goldman, conscient du décalage sonore entre sa production et celle des groupes de l'époque. Sa musique est essentiellement inspirée des années 70/75 trouvant ses sources dans le son anglo-saxon de ces années-là, donc pas très moderne. Ce premier disque d'un parcours en solo laisse déjà percer la volonté de ne pas sacrifier le fond à une forme musicale exceptionnelle. Indiscutablement, les textes révèlent un auteur à part dans le paysage de la chanson française. Goldman tourne le dos à une certaine tradition. Il ne glorifie pas la rue, la laideur, la crasse ou la violence qui nourrissaient jusque-là un certain type de chansons "nouvelles". Tout l'album se construit autour du malaise personnel du chanteur, mais aussi à son incapacité à s'adapter à la société qui va jusqu'au refus de se conformer à l'ordre établi. Croyance forcenée en l'individu, rejet des solutions collectives, la philosophie du chanteur se trouve en ces termes. Il faut aussi évoquer son timbre de voix bien particulier. Habitué à interpréter ses textes en anglais, sa tessiture de voix très aiguë a du mal à s'accorder avec le français. Malgré la promotion faite autour de l'album, "Il suffira d'un signe" a du mal à décoller. Entré au "Hit RTL" le 11 octobre 1981 (quel anniversaire !), il ne progresse que de quinze places en 18 semaines. Heureusement, une certaine Monique Le Marcis, directrice des programmes de RTL, passe par là et matraque le titre sur les ondes. Jean-Jacques se retrouve numéro un le 9 mai 1982.

En 1982, la maison de disques de Jean-Jacques Goldman insiste pour accélérer la sortie du deuxième album, qui restera sans nom du fait des choix de l’artiste, jugés trop négatifs. On y retrouve des titres comme "Quand la musique est bonne" ou encore, "Comme toi". Jean-Jacques Goldman le baptisera toutefois officieusement "Minoritaire". Fin septembre 1982 le second album arrive dans les bacs des disquaires. Il aurait dû s'appeler "Minoritaire" mais le titre n'a lui non plus pas trouvé grâce auprès de la maison de disques. Le style Goldman a mûri, tout sur cet album est plus élaboré, plus affiné. L'album est révélateur de la puissance artistique de Jean-Jacques Goldman. D'ailleurs le public ne s'y trompe pas. Goldman n'a pas une nature à vouloir s'imposer, réussissant au-delà de ses espérances. Quelques-unes de ses chansons plus personnelles contribuent à argumenter en faveur d'un personnage public intègre. À aucun moment, il ne sera question d'évoquer sa vie privée. Simplement, quelquefois, Jean-Jacques ne peut passer sous silence ses racines et ses convictions : "Comme toi", le deuxième extrait, évoque son attachement à la mémoire collective juive. Ce titre voit le jour en février 1983 et ne met que huit semaines à atteindre la première place du Hit RTL. Comme les titres passés, "Au bout de mes rêves" troisième extrait, campe à la première place du Hit-parade. Contrairement aux apparences, Jean-Jacques Goldman s'impose vraiment comme un chanteur à part entière et non comme un brillant vendeur de 45 tours. "Quand la musique est bonne" et "Au bout de mes rêves" correspondent scrupuleusement à l'image que le public aime avoir de lui ; le musicien qui ne courbe pas l'échine et qui, sans nier les vicissitudes de la vie quotidienne, adopte pour s'en sortir une attitude dépourvue d'agressivité mais… positive.

Un troisième album du nom de "Positif" vient compléter la palette artistique du chanteur. Un nom qui n’a pas été choisi au hasard, mais en réaction aux précédents refus de sa maison de disque. "Positif". Cette fois le titre figure sur la pochette. Le succès rend libre… Un titre lapidaire pour prôner une forme d'individualisme qui révèle une fois de plus Goldman comme un lucide optimiste. C'est le premier album pour lequel Jean-Jacques n'a plus de chansons en réserve. Il ne contiendra donc que des chansons nouvellement écrites. Ce troisième disque s'inscrit dans une logique personnelle. De cet album seront extraits trois tubes très différents les uns des autres, mais qui prouvent que le public parvient à accepter de cet auteur-compositeur-interprète une palette sonore et musicale extrêmement variée. Le chanteur prend son travail au sérieux, mais fait gentiment échouer sa plume agile sur les rives de la provocation. Une provocation presque cynique, mais toujours pleine d'humour. Les chansons sont souvent des prétextes pour faire passer une idée force. Tout d'abord le rêve américain avec cette peinture presque primaire des clichés d'une Amérique "eldorado" de toutes les libertés qui peut paraître naïve, trop complaisante parce que vidée de toute dénonciation. Pourtant, Goldman n'est pas dupe, et sait que chaque espoir s'y décline en dollars. D'une chanson a priori gentille comme "Je chante pour ça" il énonce des idées extrêmement dérangeantes. Goldman fait cohabiter les genres avec bonheur et originalité sans jamais se trahir. Une cohérence impressionnante se dégage de l'univers du chanteur. Cet album, plus complexe qu'il n'y paraît, restera marqué par la dédicace de Goldman : "A ceux qui resteront fidèles quand il sera moins facile de l'être.". Ce nouvel opus contient des chansons comme "Encore un matin" ou encore "Envole-moi" et se vendra à plus d’un million d’exemplaires.

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Après ces succès sur vinyle tout le monde attend de Goldman qu'il monte sur scène. À la sortie de son premier album solo, Jean-Jacques disait : "Je ne suis pas une bête de scène genre Johnny Hallyday. Si un jour je fais des galas, il faudra que je m'entoure d'un bon groupe et d'une solide mise en scène. Son succès Goldman le doit à son talent, c'est certain, mais Jean-Jacques a eu aussi le don de bien savoir s'entourer. Bernard Schmitt, l'homme de l'image et ami d'enfance dira de leur relation "Nous étions chacun dans notre histoire jusqu'au jour où "Quand la musique est bonne" devient un tube. C'est le succès. "Dès notre première rencontre, il s'est passé quelque chose entre nous ! À la dissolution de Taï Phong, j'ai monté un groupe "Golfstream" avec les musiciens qui sont devenus aujourd'hui ceux de Jean-Jacques. C'est seulement après l'enregistrement du troisième album, que Jean-Jacques entamera sa première tournée: le "Positif Tour" en 1984 sans grande conviction "La scène reste et restera pour moi un moyen et non une fin." Cette tournée passera par Paris, plus exactement l'Olympia, où Jean-Jacques se produira du 26 mars au 1er avril 1984. Le public sort ravi des prestations du chanteur, partout on refusera du monde. "Positif Tour" est la première vraie tournée de Goldman. Ce fut un triomphe. "Autant je pense qu'en studio il faut des musiciens précis et expérimentés, autant je pense qu'un concert ne doit pas donner une réplique du disque complètement inintéressante ! Un concert doit amener de l'énergie et des images. C'est mon vieux complice Bernard Schmitt qui a réalisé tout le visuel du spectacle. Il a toujours vu des images quand moi j'entendais des notes !… Tous mes musiciens ont pour point commun qu'ils sont de vrai mordus de scène. Le succès est là et bien là. Jean-Jacques a finalement quitté son emploi pour se consacrer pleinement à sa carrière mais il ne change pas de mode de vie pour autant. Il ne déménage pas pour une luxueuse villa mais préfère rester dans sa banlieue de Montrouge avec sa femme et ses enfants.

En 1985 est une année d'engagement pour Jean-Jacques. C'est également en juin que sort "Je marche seul" le nouveau succès de Goldman, précédant de peu l'album "Non Homologué" sorti en septembre 1985. "Je marche seul" est un titre puissant et efficace. Il joue le rôle de locomotive, entraînant les dix autres chansons de l'album dans la spirale du succès. Ce tube fut l'objet d'une plus longue maturation. Le résultat est des plus satisfaisant. Succès public considérable et réussite artistique indéniable, il résistera le plus à l'épreuve du matraquage et même à la difficile loi du temps. Dans cet album Goldman persiste et signe. Il proclame qu'il ne ressemble pas aux autres. Musicalement cet album rassemble une palette d'instruments très divers. Goldman a reconduit l'équipe gagnante du "Positif Tour". Il reste dans la lignée de ses prédécesseurs mais s'avère plus riche, les arrangements sont plus diversifiés. Jean-Jacques s'offre un duo avec son complice Michael Jones "Je te donne" qui restera 8 semaines numéro 1 des ventes de 45tours. Michael expliquera "J'ai collaboré à "Je te donne" au niveau des textes, mais c'est avant tout une chanson de Jean-Jacques ! Nous la chantons à deux, mais c'est du Goldman ! Cet album colle à l'image de son créateur. C'est un raccourci synthétique remarquable des précédents disques. En effet, on y retrouve les idées comme l'amitié, l'apprentissage des différences, le refus de la respectabilité (sauf celle du public) et des lieux communs collectifs. Sa volonté de ne pas vouloir s'imposer aux autres. Il réaffirme son absence d'ambition. Ça et là quelques traces de désespoir. "Famille" dédiée sans tapage à la chanteuse disparue Danièle Messia et "Confidentiel", constat bouleversant après une séparation. En pleine promotion de "Je te donne" Jean-Jacques changera pour "Confidentiel" dans une émission télévisée en hommage à Daniel Balavoine, récemment disparu.

Une nouvelle tournée se profile à l'horizon "Deuxième visite". Elle débute à Paris où Goldman rempli le Zénith du 3 au 20 décembre 1985. "Dès la fin de la dernière tournée il nous paraissait évident qu'il fallait garder le même esprit, cette espèce de rencontre avec le public : laisser des espaces pour que le public puisse participer au spectacle, garder cette ambiance de complicité -que je ne leur en mette pas plein les yeux avec des feux d'artifice- tout simplement passer une soirée ensemble… Je ne pense pas que le public attende de moi que je me roule par terre et que je lacère mes vêtements… Il offrira à son public un duo avec Johnny Hallyday. Autre surprise, la page que se paye Jean-Jacques dans le journal "Libération" publiant ainsi les critiques acerbes de ces détracteurs tel Patrice Delbourg de l'Evénement du Jeudi, accompagnée d'un commentaire manuscrit"Merci d'avoir jugé par vous-même: Jean-Jacques Goldman". Il récidive dans le programme de la tournée. Les articles assassins s'étalent sur deux pages "Merci d'être venus quand même…" signe Jean-Jacques sur cette même page. Ces concerts et les 150 autres dates au travers de la France changeront radicalement l'avis que Goldman avait de la scène "Sur cette tournée la confiance existe vraiment. On se connaît, il n'y a plus d'examen de passage et dans ce sens c'est un vrai plaisir". L'année 86 est l'année de la scène. Alors qu'il est en tournée sortiront "Pas toi" et "La chanson des Restos" qu'il façonnera pour Coluche afin de donner un coup de main à la mise en place des Restaurants du Cœur. Jean-Jacques est absolument partout, radios, télés, magazines. En septembre 86 sort la version live de "La vie par procuration" et dans la foulée, un double album immortalisera la tournée triomphale qui s'est achevée en octobre au Canada. Il s'agit du premier album live de Jean-Jacques : "Jean-Jacques Goldman en public". "Dans un concert il se passe des choses que le disque ou la caméra ne peuvent jamais reproduire… Je crois que le but principal d'un album live, c'est de garder une trace… Là nous avons fait un an de tournée, nous avons réarrangé presque tous les morceaux. Ça m'aurait ennuyé qu'il ne reste aucune trace de tout ça… C'est donc un peu dans cet esprit souvenir, carte postale, que cet album a été réalisé". Ce cinquième disque restera un an dans le top album de l'époque.

Collaborations et projets parallèles

Après le succès de l'album "Rock'n Roll attitude" que Michel Berger a écrit pour Johnny Hallyday, la maison de disques sollicite Jean-Jacques. Les dernières semaines de l’année 1986 sont donc également marquées par la sortie de l’album "Gang" que Jean-Jacques Goldman a entièrement écrit, composé et réalisé pour Johnny Hallyday. En 1987, Jean-Jacques Goldman revient avec "Entre gris clair et gris foncé", un album riche qui propose notamment des titres comme "Elle a fait un bébé toute seule" ou encore "Là-bas". En 1990, Jean-Jacques Goldman se lance dans une nouvelle aventure en trio, avec Michael Jones et la choriste Carole Fredericks . Ensemble, ils sortiront "Fredericks Goldman Jones", "Rouge" et "Du New Morning au Zénith". En 1993, le chanteur continue d'offrir ses services à Marc Lavoine et Patricia Kaas . 1995 est l'année de sa première collaboration avec Céline Dion . « D'eux » confirme le flair et l'efficacité du musicien-arrangeur-parolier. Après une nouvelle collaboration avec Patricia Kaas, Jean-Jacques Goldman reprend avec brio sa carrière solo grâce à l'album « En passant », avec les titres « On ira », « Nos mains », et « Bonne idée ».

Jean-Jacques Goldman est également connu pour son engagement auprès des Restos du Cœur, association fondée par Coluche. Il écrit et compose "La chanson des Restos" en 1986 et participe activement aux concerts des Enfoirés pendant de nombreuses années, avant de se retirer en 2016.

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Retrait de la scène et héritage

Au début des années 2000, il décide de revenir vers des sonorités dansantes avec "Musicien pour les pieds" : un album musicalement riche, teinté de zouk et de disco. Après quelques collaborations, notamment avec "Les Enfoirés" ou avec Céline Dion, Jean-Jacques Goldman décide de se retirer de la musique, pour se consacrer à sa vie de famille.

Depuis son retrait de la scène musicale, Jean-Jacques Goldman cultive la discrétion. Il continue cependant d'écrire de temps en temps pour les autres. Il sort ainsi, entre autre, un single avec Patrick Fiori et Christine Ricol, « Quatre mots sur un piano », et en 2008 une chanson avec Patrick Fiori, « Merci ». En 2012, son fils, Michael, qui est également à la tête de My Major Company, lance le projet « Génération Goldman ».

Malgré sa discrétion, l'œuvre de Jean-Jacques Goldman continue d'inspirer et de toucher le public. Ses chansons sont régulièrement reprises par de nouveaux artistes et son influence sur la musique française est indéniable. Il reste une figure emblématique de la culture populaire française, apprécié pour son talent, son intégrité et son engagement.

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