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Ginette Reno : Biographie d'une Icône de la Chanson Québécoise

Ginette Reno, née Ginette Raynault le 28 avril 1946 à Montréal, Québec, Canada, est une figure emblématique de la chanson populaire francophone. Sa carrière, riche et diversifiée, s'étend sur plusieurs décennies et a fait d'elle une véritable légende au Québec et dans le monde francophone.

Les Débuts d'une Carrière Prometteuse

Dès son enfance, Ginette Reno manifeste un talent indéniable pour le chant. Elle se produit sur le marché Saint-Laurent à Montréal, où son père exerçait le métier de boucher. Afin de perfectionner son art, elle vend des journaux pour financer ses leçons de chant. Son talent est rapidement reconnu lorsqu'elle remporte un prix à l'"Amateur Hour" de la station CKVL.

En 1962, sous l'égide de son impresario, Jean Simon, elle enregistre son premier album. Le succès est immédiat, propulsant la jeune fille de 16 ans au rang de célébrité de la chanson. Jean Simon joue un rôle déterminant dans le lancement de sa carrière, allant jusqu'à changer son nom de Raynault en "Reno". Il la propose également à la compagnie Apex pour un premier disque 45 tours, qui inclut des titres comme "Non papa" et "Roger".

L'Ascension d'une Star

En 1964, elle est élue Découverte de l'année au Gala des Artistes grâce à sa chanson "Tu vivras toujours dans mon coeur". Cette reconnaissance marque le début d'une ascension fulgurante. Elle se produit dans les cabarets montréalais, notamment au Café de l'Est, au Casa Loma et au Café Provincial.

À 18 ans, elle est consacrée découverte féminine de l'année au Gala des artistes du Québec. Par la suite, sa carrière prend une dimension internationale avec des prestations en Angleterre, aux États-Unis et en France. Elle foule les scènes les plus prestigieuses du Québec, dont la Place des Arts. Les années 1960 sont marquées par une production discographique prolifique.

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Une Carrière Jalonnée de Succès

Ginette Reno a enrichi son répertoire d'une cinquantaine de succès au cours de ses quarante ans de carrière. Parmi ses chansons les plus populaires, on peut citer "Roger" et "J'aime Guy" (1963), "La dernière valse" (1969), "Aimez-le si fort" (1971), "Dans la vie" (1973), "Je t'offrirai" ("Les croissants de soleil") (1974), "La vie" et "À ma manière" (1977), "Toi le poète", "J'ai besoin d'un ami", "Ça va mieux", "Tu es là" et "Je ne suis qu'une chanson" (1979), "Quand on se donne" et "Rouge" (1981), "Un homme ça tient chaud" et "J'ai besoin de parler" (1983), "Paris Québec" et "De plus en plus fragile" (1985), "Ma fille" (1986), "Ceux qui s'en vont" et "La deuxième voix" (1988), "L'essentiel", "Remixer ma vie" et "Y'a des enfants" (1991), et "Galaxies", "L'hymne à l'amour de l'an deux mille" et "Laissez-moi rev'nir sur terre" (1996).

Elle a également connu des succès en duo, notamment avec Jean-Pierre Ferland ("T'es mon amour, t'es ma maîtresse" en 1975) et Jacques Boulanger ("Le sable et la mer"). En 1985, elle participe à une association Care France avec d'autres chanteuses françaises pour interpréter "La chanson de la vie".

En 1965, Ginette triomphe à la Place des Arts et y retourne l’année suivante aux côtés de Gilbert Bécaud. Peu après, c’est la fin de l’association Ginette Reno - Jean Simon. À l’Olympia de Paris, elle participe avec d’autres artistes québécois au spectacle « Vive le Québec » (1967) et « Musicorama » (1968). L’année qui suit est particulièrement marquante pour la chanteuse. La même année, elle donne une série de spectacles à la Comédie-Canadienne et au Jardin des Étoiles de Montréal et effectue une tournée à travers le Canada. Ginette Reno chante ensuite avec l’Orchestre Symphonique de Montréal, et présente ses spectacles à la Place des Arts (Montréal) et au Centre National des Arts (Ottawa). En janvier 1970, Ginette Reno tient la vedette du Savoy de Londres pendant deux semaines et fait quelques apparitions à la BBC(British Broadcasting Corporation). Elle effectue ensuite des tournées au Canada et au Québec, donne une autre série de spectacles à la Place des Arts et est élue Meilleure chanteuse canadienne par la revue RMP. En 1972, Ginette Reno, représentant l’Angleterre, remporte le Premier prix du Yamaha World Popular Song Festival à Tokyo avec la chanson « I can’t let you walk out of my life ». La CBC diffuse alors un « Spécial Ginette Reno » dans tout le Canada. Durant les deux années qui suivent, la chanteuse réduit ses activités. Cependant, une suite ininterrompue de succès, dont « Aimez-le si fort » et « Reste près de moi », continue d’en faire la chanteuse Numéro Un au Québec. Au même moment, elle connaît deux importants succès sur disque avec « Des croissants au soleil » et « T’es mon amour, t’es ma maîtresse », en duo avec Jean-Pierre Ferland. En 1975, elle tient la vedette pendant une semaine au Royal York de Toronto et donne 12 concerts au Centre National des Arts à Ottawa. En juin, sa touchante interprétation de « Un peu plus loin » de Jean-Pierre Ferland, devant plus de 250 000 personnes réunies sur le Mont-Royal dans le cadre de la Fête nationale, devient un des hauts faits de sa carrière. En novembre, un autre spectacle, à la Place Bonaventure (Montréal) attire plus de 15 000 personnes. Après une tournée du Québec, comprenant des récitals dans les plus grandes salles, Ginette Reno démontre son talent pour le jazz lors d’un « Spécial Gershwin » diffusé par la SRC en décembre 1976. Après avoir fondé, en 1977, la maison de disques Melon-Miel, Ginette Reno est de nouveau en vedette à la Place des Arts et édite en France, l’album « Ce que j’ai de plus beau » qui contient le grand succès « La vie ». En 1978, elle chante à la télévision américaine au « Dinah Shore Show » et au « Merv Griffin Show », en plus de donner des spectacles à Las Vegas avec le comique Don Rickles. En décembre 1979, Télé-Métropole consacre un spécial télévisé d’une heure à la chanteuse qui termine alors une tournée de 45 spectacles au Québec. Suivent des prestations au célèbre Roxy de Los Angeles et une apparition à l’émission « The Palace » avec le chanteur britannique Jack Jones. Avec la pièce titre de Diane Juster ainsi que les chansons « Ça va mieux », « Toi le poète » et « J’ai besoin d’un ami » (première chanson signée Ginette Reno), l’album dépassera le cap des 385 000 exemplaires vendus, un record absolu qui tiendra plus de 15 ans. Plus populaire que jamais, Ginette Reno tient la vedette à la Place des Arts 24 soirs d’affilée et effectue une tournée de 28 villes du Québec à l’automne de 1980. En 1981, Ginette Reno lance l’album « Quand On se donne », dont elle signe la musique de plusieurs chansons (y compris la pièce titre), anime avec Frank Mills, la soirée des Juno à Toronto et est élue la Femme la plus populaire de l’année au Salon de la femme. En avril 1983, le public français découvre, à son tour, la voix de Ginette Reno lors de ses apparitions aux émissions « Coeur en fête », « Champs-Élysées » et à son premier spectacle en vedette à l’Olympia de Paris. La chanteuse demeure présente sur les palmarès avec les chansons « Ça tient au chaud un homme », « C’est beaucoup mieux comme ça » et « De plus en plus fragile ». En juillet 1985, Ginette Reno chante avec Michel Legrand au Festival International de Jazz de Montréal et, en décembre, elle anime avec Michel Drucker l’émission « Champs-Élysées » entièrement tournée au Québec. Elle revient sur la scène de la Place des Arts, en septembre 1986, avec le spectacle « Si ça vous chante » qu’elle présente également en tournée. Elle termine l’année avec un spectacle au Grand Théâtre de Québec avec l’Orchestre Symphonique de cette ville. Au Gala Métrostar de 1988, Ginette Reno reçoit les trophées de la Chanteuse de l’année et de l’Artiste favorite du public. Suite au succès des chansons « Ne m’en veux pas », « Comment te dire » et « La deuxième voix », elle donne en mars 1989, une série de 12 spectacles au Théâtre St-Denis de Montréal. Elle lance, en avril 1991, l’album « L’essentiel » pour lequel elle effectue, ensuite, une tournée de promotion en France.

Diversification Artistique

En 1991, Ginette Reno explore de nouveaux horizons en se tournant vers le cinéma et la télévision. Elle fait ses débuts remarqués au cinéma dans le film "Léolo" de Jean-Claude Lauzon. Elle tient également le rôle principal dans deux films réalisés par Denise Filiatrault, adaptés d'une pièce de Michel Tremblay. En 1995, elle joue un rôle dans la mini-série « Les jumelles Dionne ».

Reconnaissance et Distinctions

Ginette Reno a reçu de nombreux prix et récompenses au cours de sa carrière, témoignant de son talent et de sa popularité. Parmi ceux-ci, on peut citer :

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  • Trois trophées Juno (1969, 1971, 1972)
  • Quatre Prix Métrostar
  • Vingt prix ADISQ
  • Huit Félix de l'ADISQ, dont celui de l'album le plus populaire de l'année en 1996

En 1982, à l'âge de 36 ans, elle est devenue la plus jeune artiste à être nommée officier de l'Ordre du Canada. Elle est Officier de l'Ordre du Canada depuis 1981.

Elle a reçu trois fois le prix de la meilleure chanteuse canadienne de l'année au Junos (1969, 1971 et 1972). En 1980, elle reçoit trois prix Félix dans les catégories interprète de l'année, album populaire de l'année et album le plus vendu de l'année (soulignant la vente de 350 000 copies de Je ne suis qu'une chanson).

  • 1964 - Gala Meritas : découverte féminine de l'année
  • 1968 - Gala Meritas : Miss radio-télévision
  • 1968 - Festival du disque : chanteuse la plus populaire, chanteuse ayant vendu le plus de disques, meilleur microsillon de l'année
  • 1968 - Prix spécial au MIDEM, à Cannes (France)
  • 1969 - Gala Meritas : Trophée Rolande-Desormeaux
  • 1969 - Festival du disque : chanteuse ayant vendu le plus de disques
  • 1970 - Juno Award : Female Vocalist of the Year (chanteuse de l'année)
  • 1970 - RPM : chanteuse de l'année
  • 1971 - Juno Award : Outstanding Performance - Female (performance féminine)
  • 1972 - Juno Award : Outstanding Performance - Female (performance féminine)
  • 1972 - Festival populaire de la chanson Yamaha (Tokyo) : Prix or et argent
  • 1980 - Salon de la femme : Rose d'or (vote populaire)
  • 1980 - Adisq : interprète féminine de l'année, Microsillon de l'année - Populaire pour "Je ne suis qu'une chanson", Microsillon le plus vendu pour "Je ne suis qu'une chanson"
  • 1986 - Artis : chanteuse de l'année
  • 1987 - Artis : chanteuse de l'année
  • 1987 - Prix MetroStar : chanteuse de l'année, Métrostar féminine
  • 1988 - Artis : chanteuse de l'année
  • 1988 - Prix MetroStar : chanteuse de l'année, Métrostar féminine
  • 1989 - 20e Salon de la femme : Trophée hommage
  • 1989 - Adisq : Microsillon de l'année - Populaire pour "Ne m'en veux pas", Microsillon le plus vendu pour "Ne m'en veux pas", Spectacle de l'année - Populaire pour "La prochaine fois que j'aurai vingt ans"
  • 1992 - Adisq : Album de l'année - Populaire pour "L'essentiel", Spectacle de l'année - Interprète pour "L'essentiel…

"Un peu plus loin" : Un Moment Marquant

L'interprétation de Ginette Reno de la chanson "Un peu plus loin" de Jean-Pierre Ferland lors de la Fête nationale du Québec en 1975, devant 250 000 personnes rassemblées sur le Mont Royal, reste un moment emblématique de sa carrière. Cet événement a renforcé son statut d'icône de la culture québécoise.

Retour sur Scène et Nouveaux Projets

Après quelques années d'une présence plus discrète, Ginette Reno lance un nouvel album, "Fais-moi la tendresse", le 24 mars 2009, réalisé par son fils Pascalin. L'album inclut des collaborations avec des paroliers français et québécois, dont Martine Pratte, qui signe une chanson relatant sa vie : "J'ai soixante-deux ans". L'album est rapidement certifié disque d'or, puis disque platine. Elle part ensuite en tournée, se produisant à guichets fermés à la Salle Pierre-Mercure à Montréal.

En octobre 1998, elle part en tournée québécoise avec son nouveau spectacle « Un peu plus haut » et interprète pour la première fois depuis 1975 la chanson « Un peu plus haut, un peu plus loin » au prestigieux Gala de La Presse.

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Ginette Reno : Une Biographie Non Autorisée

Les éditions des Intouchables ont publié une biographie non autorisée de Ginette Reno, écrite par Michelle Chamonat. L'ouvrage retrace la vie de la chanteuse, de ses débuts modestes à son statut de légende de la musique québécoise.

tags: #ginette #reno #biographie

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