La vitamine D est essentielle à l'organisme, notamment pour assurer l'absorption intestinale du calcium et sa fixation sur les os. Elle joue un rôle essentiel dans la croissance osseuse puisqu’elle permet l’assimilation du calcium et du phosphore par l’organisme. Elle prévient donc la maladie des os mous (le rachitisme). Son origine est double : une partie est produite par l'organisme via la peau sous l'action des rayons UV, l'autre est apportée par l'alimentation. La vitamine D joue un rôle essentiel au moment de la grossesse, mais aussi au cours de la petite enfance.
Importance de la vitamine D pendant la grossesse
La vitamine D est indispensable à la formation du squelette du fœtus. Elle est produite par l’organisme maternel lors de l’exposition au soleil, les rayons UVB permettant la production de vitamine D3 à partir d’un précurseur présent au niveau de la peau, le 7-déhydrocholestérol. La forme active de la vitamine D présente dans l’organisme maternel n’est pas en mesure de traverser la placenta, l’interface entre la mère et le fœtus qui permet de satisfaire les besoins du bébé. En revanche, son précurseur, le calcidiol, y parvient. Les niveaux de vitamine D présents dans l’organisme du bébé à la naissance sont déterminés par la quantité de vitamine D circulant dans l’organisme de sa mère.
Un bon statut en vitamine D de la mère protégerait son enfant à naître des infections respiratoires basses comme la bronchite. La vitamine D facilite aussi le fonctionnement des muscles, du système nerveux et participe à l’amélioration des défenses immunitaires.
Risques de carence en vitamine D pendant la grossesse
Un manque de vitamine D peut favoriser la survenue de complications en cours de la grossesse. Le déficit en vitamine D est associé à une augmentation du risque de pré-éclampsie. Du côté fœtal, un manque de vitamine D contrarierait le développement osseux et la croissance selon une étude DanoiseSelon le site de la Haute Autorité de Santé, les bébés dont les mères ont manqué de vitamine D pendant la grossesse présentent un poids plus faible à la naissance et ont plus de risque d’être victime d’hypocalcémie néonatale. Le déficit en vitamine D contrarie par ailleurs le développement du fœtus, ce qui se traduit par un poids plus faible à la naissance. Les formes les plus sévères de déficit conduisent au rachitisme, une situation pathologique associée à une mauvaise minéralisation des os et entraînant des déformations de ceux-ci. Mais, même dans des situations moins extrêmes, les conséquences néfastes sont durables. Les jeunes enfants dont la mère a un statut sous-optimal en vitamine D en cours de grossesse ont un risque accru de présenter des signes d’asthme. En étudiant la concentration sanguine en vitamine D durant la période néonatale chez 310 enfants atteints d’autisme et 1 240 enfants non atteints d’autisme, des chercheurs chinois ont mis en évidence des niveaux réduits en cette vitamine chez les premiers par rapport aux seconds.
Supplémentation en vitamine D pendant la grossesse
En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée aux femmes enceintes de façon systématique. A partir des données issues de nos études sur la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse, ainsi qu’à partir de nos données d’observation, d’intervention et celles d’autres chercheurs à travers le monde, nous suggérons que les femmes désireuses d’avoir un enfant ou déjà enceintes, maintaiennent un taux de vitamine d dans le sang d’au moins 100 nmol/L (40 ng/mL).Atteindre ces taux permettra de réduire le risque de complications de la grossesse liées au déficit en vitamine D, ce qui inclue la pré-éclampsie, la prématurité et le risque d’asthme chez les enfants.Pour atteindre ces taux, un apport d’au moins 4000 UI de vitamine D3 par jour sera requis en raison des variations individuelles pour activer la vitamine D dans l’organisme.Cette dose a été démontrée comme sécuritaire sur des milliers de patients au cours des 15 dernières années. De plus, cette dose est bien inférieure à la dose limite de sécurité fixée par la Société d’Endocrinologie Américaine (10 000 UI par jour, ndlr).Carol L. Wagner et Bruce W. Hollis.
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L’administration d’une forte dose unique n’est en effet pas plus efficace que la prise de doses modérées quotidiennes, comme l’a montré un essai clinique menée au Pakistan. Les femmes enceintes recevaient 2000 ou 5000 UI de vitamine D au quotidien, ou une dose unique de 200 000 UI. L’élévation la plus importante du taux sanguin de vitamine D a été obtenue avec la dose de 5 000 UI par jour. Lors d’un essai clinique américain, l’efficacité de trois posologies - 400 UI, 2000 UI et 4 000 UI - a été testée. Une dose de 4 000 à 5 000 UI semble donc idéale au cours de la grossesse.
Plus simplement une dose de charge de l’ordre de 100 000 U peut être administrée au début du 3e trimestre de la grossesse. Les obstétriciens et les pédiatres doivent veiller à assurer des apports en vitamine D durant la grossesse et dès les premiers jours de vie du nouveau-né en maternité. Chez la femme enceinte, les doses de vitamine D sont soit de 1 000 UI par jour durant le dernier trimestre de la grossesse soit une dose unique de 100 000 UI au début du 3e trimestre (Collège des obstétriciens 1997).
Vitamine D : quelles sont les doses recommandées pour un bébé ou un enfant ?
L’enfant a besoin chaque jour de 1000 unités de vitamine D (UI) maximum, soit trois à quatre gouttes des spécialités pharmaceutiques que l’on trouve dans le commerce. La posologie dépendra de la pigmentation de la peau, des conditions d’ensoleillement et d’une éventuelle prématurité. Pendant l’hiver (en cas de confinement éventuellement aussi), où l’exposition au soleil est diminuée, le médecin prescrit 2 doses en ampoule de 80 000 ou 100 000 UI (unités internationales), espacées de trois mois. On donne soit les deux ampoules, soit une seule ampoule par an de vitamine D, mais dosée à 200 000 UI. Avant 18 ans, s’il est en bonne santé sans présenter de facteurs de risque, il ne faut pas dépasser une moyenne de 400 UI par jour.
Risques liés à la supplémentation en vitamine D
Mais y a-t-il des risques liés à la supplémentation en vitamine D à cette période de la vie ? Un rapport de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) paru en mai dernier alerte sur les risques de la prise de compléments alimentaires pendant la grossesse : hypercalcémie et hypothyroïdie chez le nouveau-né. À savoir ! Depuis 2009, sur les 44 signalements d’effets indésirables potentiellement liés à la consommation de compléments alimentaires au cours de la grossesse, 18 ont fait l’objet d’une analyse approfondie (les autres étant jugés irrecevables par manque d’informations ou absence d’effets indésirables). L’ANSES insiste et rappelle aux femmes enceintes de ne pas utiliser de compléments alimentaires sans l’avis d’un professionnel de santé.
En revanche, la plupart des formes de vitamine D en ampoules fortement dosées ou en gouttes peuvent contenir des additifs potentiellement problématiques. Le benzoate de sodium. Il peut en effet déclencher des réactions allergiques et de l’asthme, et des expériences chez l’animal suggèrent la survenue de dommages à l’ADN, poussant certains spécialistes à le déconseiller aux femmes enceintes. L’association Que Choisir déconseille cet additif.Le polysorbate 80 qui perturberait le microbiote intestinal, promeut les phénomènes inflammatoires et pourrait favoriser l’obésité.
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Comment apporter à son enfant les bénéfices de la vitamine D sans danger ?
Pour apporter à son enfant les bénéfices de la vitamine D sans danger, il est nécessaire d’être particulièrement vigilant sur le choix du produit. Il doit contenir de la vitamine D3 et non pas de la vitamine D2, moins efficace, voire dangereuse. Le mode d’administration a son importance aussi puisque les pipettes peuvent provoquer un malaise vagal chez le nourrisson. Plutôt que de supplémenter le bébé, une autre approche semble possible : supplémenter la maman pour enrichir son lait en vitamine D.
Aliments riches en vitamine D
Les aliments les plus riches en vitamine D sont les produits animaux gras comme certains poissons et l’huile de foie de morue. Cependant, les apports alimentaires ne suffisent pas à couvrir les besoins en France et les risques de carences sont élevés en l’absence de supplémentation via un complément alimentaire.
Recommandations de l'OMS
Dans sa récente mise à jour de février 2018, l'OMS ne recommande plus la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse en raison du manque de données pour évaluer ses avantages et ses inconvénients directs. L'OMS rappelle également les mesures de bon sens : "il faudrait inciter la femme enceinte à recevoir une nutrition adéquate [apport suffisant en poissons gras, jaunes d'œufs, produits laitiers ou encore champignons], un régime équilibré étant le meilleur moyen d'y parvenir", ce qui n'est pas toujours facile chez les femmes les plus défavorisées.
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