Le syndrome prémenstruel (SPM) est une réalité pour de nombreuses femmes en âge de procréer. Il s'agit d'un ensemble de symptômes physiques et psychiques qui se manifestent généralement quelques jours avant les règles et disparaissent peu après leur arrivée. Bien que souvent minimisé, le SPM peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Cet article vise à démystifier le SPM, à explorer ses causes, ses symptômes, et à présenter des solutions pour atténuer ses effets.
Qu'est-ce que le Syndrome Prémenstruel (SPM) ?
Autrefois considéré comme une "maladie imaginaire" ou une simple "période difficile" à traverser, le syndrome prémenstruel (SPM) est aujourd'hui reconnu comme un trouble hormonal récurrent qui affecte un grand nombre de femmes en âge de procréer. Le SPM trouve son origine dans les variations hormonales qui se produisent tout au long du cycle menstruel.
Le cycle menstruel se divise en plusieurs phases distinctes :
- La phase menstruelle : Le cycle débute avec les règles, lorsque les niveaux d'hormones sont bas, permettant l'élimination de la muqueuse utérine. Cette phase peut être accompagnée d'une production accrue de prostaglandines, pouvant entraîner des douleurs abdominales légères.
- La phase folliculaire : Durant cette phase, l'augmentation d'œstrogène favorise la croissance de l'endomètre et stimule la production de sérotonine.
- La phase lutéale : Le SPM survient généralement pendant cette phase, lorsque la progestérone atteint son apogée et commence à chuter si l'ovule n'est pas fécondé.
Prévalence du SPM
En France, on estime qu'entre 20 % et 40 % des femmes en âge de procréer sont concernées par le SPM. Près de 75 % des femmes présentent, chaque cycle, un ou plusieurs symptômes du SPM. Les symptômes du SPM sont surtout vécus par les femmes âgées de 20 à 30 ans, bien que toutes celles ayant leurs règles soient susceptibles de le connaître. Chez la plupart des femmes, les symptômes ne provoquent qu’une gêne légère à modérée, mais dans certains cas, le SPM peut se révéler très pénible.
Causes et Facteurs de Risque
Aussi étonnant que cela puisse paraître pour un problème qui nuit à la qualité de vie d’une grande partie de l’humanité, les causes exactes du SPM restent floues. Compte tenu de son lien avec le cycle menstruel, on soupçonne l’implication de facteurs hormonaux. Ainsi, la diminution des hormones sexuelles dans le sang après l’ovulation joue probablement un rôle. Une prédisposition génétique est également soupçonnée, tout comme d’éventuelles carences en sérotonine (une molécule impliquée dans la communication entre neurones), en magnésium et en calcium. Il est probable que le syndrome prémenstruel corresponde à la réaction de votre corps face aux fluctuations hormonales associées à votre cycle menstruel, bien que personne n’en connaisse véritablement la cause réelle.
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Symptômes du SPM : Une Grande Variété de Manifestations
Le SPM se manifeste par une grande diversité de symptômes. Plus de 150 inconforts ont été répertoriés et peuvent être classés en deux grands groupes : les symptômes physiques ainsi que les symptômes émotionnels/comportementaux.
Symptômes physiques (les plus fréquents) :
- Seins douloureux (mastodynie) : sensation de lourdeur, augmentation du volume… La sensibilité varie de légère à intense. Les seins sont tendus, sensibles et douloureux au toucher. Le fait de ressentir une tension dans les seins pendant les jours précédant les règles peut être considéré comme un phénomène physiologique normal. On parle de mastodynie, ou de douleur mammaire, lorsque cette sensation devient inconfortable et pousse la patiente à consulter.
- Troubles digestifs : ballonnements, constipation, diarrhée…
- Rétention d'eau : prise de poids, gonflement des extrémités…
- Sensations de douleurs : crampes utérines, maux de tête, inconforts articulaires…
- Fatigue intense : réveils nocturnes…
Symptômes émotionnels/comportementaux (les plus handicapants) :
- Émotionnels : irritabilité, anxiété, crises de larmes incontrôlables.
- Cognitifs : difficultés de concentration, oublis fréquents.
- Comportementaux : crises de boulimie (envie de sucre), repli sur soi.
Ces symptômes sont souvent plus intenses chez les femmes dont le taux de progestérone est plus bas ou celles dont l'œstrogène est en excès par rapport à la progestérone.
Types de SPM
Des signes spécifiques ont permis de définir plusieurs tableaux cliniques de SPM, définissant des « types » dominants :
- Le SPM de type A (comme Anxiété) : Lié à un excès d’œstrogène et à un déficit de progestérone pendant la phase prémenstruelle, ce SPM se caractérise par des symptômes d’anxiété, d’irritabilité et d’instabilité émotionnelle.
- Le SPM de type H (comme hyperhydratation) : Ce SPM qui amène des ballonnements abdominaux, des tensions mammaires, de la rétention d’eau, voire une prise de poids (+ 1.5 kg) semble découler d’un excès d’ « aldostérone », une hormone liée à la production de progestérone augmentant la rétention d’eau. Ce phénomène peut être lié au stress, à un excès d’œstrogène, à un déficit en magnésium ou à un excès de sel.
- Le SPM de type C (carbohydrate craving) : Maux de tête, fatigue, évanouissement, palpitations, appétit excessif et boulimie de sucré caractérisent ce SPM. Les tests de tolérance au glucose (“GTT“) montrent une augmentation de la capacité de fixation de l’insuline, probablement en rapport avec la régulation hormonale.
- Le SPM de type D (dépression) : Relativement rare et mal connu, ce syndrome prémenstruel est supposé associé à une chute importante des neurotransmetteurs par suite d’une diminution importante du niveau d’œstrogène.
Il est important de noter que ces types de SPM peuvent se recouper.
Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM)
Bien que la majorité des femmes souffrant de SPM éprouvent des symptômes modérés, il existe une forme plus sévère : le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), qui touche environ 3 à 8 % d’entre elles. C’est une forme grave de syndrome prémenstruel, qui s’accompagne de symptômes physiques et émotionnels. Bien que des symptômes physiques soient communs à ceux du syndrome prémenstruel, ce sont les signes émotionnels qui distinguent le TDPM du SPM. Le TDPM a également tendance à commencer un peu plus tôt, avec des symptômes apparaissant 7 à 10 jours avant le début de vos règles. Les femmes qui trouvent que leur humeur est liée à leurs fluctuations hormonales y sont particulièrement sensibles, ce qui se produit à l’approche de la ménopause. Si vous remarquez des perturbations extrêmes de votre humeur, vous souffrez peut-être d’un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une forme grave de syndrome prémenstruel.
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Diagnostic du SPM
Il existe différents moyens pour diagnostiquer le syndrome prémenstruel, mais aucun test irréfutable. Votre médecin peut vous demander de tenir un journal sur plusieurs mois ; vous y consignerez tous les symptômes physiques et mentaux du SPM que vous observez, ainsi que les jours où vous avez vos règles. Il est important que vous notiez comment vous vous sentez chaque jour. Après trois ou quatre mois, vous serez probablement en mesure d’identifier un ensemble de symptômes. Bien que ces symptômes puissent varier d’un cycle à l’autre, les femmes souffrant du syndrome prémenstruel tendent à noter que ceux-ci s’arrêtent rapidement après le début de leurs règles.
Atténuer les Symptômes du SPM : Approches et Solutions
Comme on ne comprend pas bien d’où il vient, il n’existe encore aucun traitement spécifique du SPM. Cependant, plusieurs approches peuvent être tentées pour réduire l’impact des symptômes.
1. Hygiène de Vie : La Base du Bien-Être
Adopter une hygiène de vie équilibrée peut atténuer les symptômes du SPM. L’INSERM recommande une activité physique régulière, une alimentation riche en nutriments (magnésium, calcium, oméga-3), ainsi qu’une bonne qualité de sommeil. Boire beaucoup d’eau et manger équilibré font partie des mesures les plus simples ayant pourtant démontré leur efficacité. Il est essentiel d’avoir une alimentation riche en fruits et légumes frais, et de réduire votre consommation de sel, de sucre et d’aliments transformés. De nombreuses femmes trouvent que limiter les apports en caféine (que l’on trouve dans le thé, le café et le cola) et en alcool soulage également les symptômes du syndrome prémenstruel.
2. L'Alimentation : Un Allié Précieux
L’alimentation joue un rôle crucial dans la gestion des inconforts du SPM.
3. Activité Physique et Relaxation : Un Duo Gagnant
Faire régulièrement de l’exercice peut aussi vous aider, principalement parce que la pratique d’une activité physique fait baisser le stress et la tension, et influe sur votre humeur. Si vous souffrez de SPM, vous constaterez peut-être que marcher, nager ou courir soulage les symptômes associés aux règles : pourquoi n’essaieriez-vous pas de pratiquer une telle activité pendant 30 minutes, 3 fois par semaine ? L’exercice physique peut également atténuer la fatigue et vous aider à dormir. Vous pouvez aussi essayer des techniques de relaxation comme la méditation, les exercices de respiration ou le yoga.
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4. Compléments Alimentaires : Un Soutien Naturel
SPM'NAT® est un complément alimentaire 100 % naturel, conçu pour apporter une solution efficace aux femmes confrontées aux symptômes du SPM. Il combine les bienfaits des meilleurs actifs, comme le gattilier, le dong quai, la mélisse, l'armoise, l'ortie, et le PEA, pour cibler et aider à apaiser les sensations de douleurs, déséquilibres hormonaux et autres troubles associés au SPM. Vous constaterez peut-être que le magnésium peut contribuer à soulager certains de vos symptômes, surtout si votre syndrome prémenstruel vous déclenche des maux de tête ou des migraines. Toutefois, veuillez d’abord consulter votre médecin avant de prendre un complément en magnésium.
5. Médicaments : Une Option à Considérer
Des médicaments peuvent aussi être prescrits pour atténuer les douleurs (paracétamol ou anti-inflammatoires non stéroïdiens), diminuer la rétention d’eau (diurétiques) ou soulager les symptômes émotionnels (anxiolytiques). L'usage d'hormones progestatives (afin de corriger le déséquilibre hormonal qui survient après l'ovulation) du 16e au 25e jour du cycle est controversé : elles semblent améliorer les symptômes chez certaines femmes, mais les aggravent chez d'autres. Parfois, des progestatifs en gel sont prescrits tout au long du mois. Il arrive que certaines pilules contraceptives provoquent des sensations pénibles au niveau des seins, voire des mastodynies.
6. Traitements Hormonaux : Un Soulagement Possible
Par ailleurs, des traitements hormonaux soulagent certaines femmes, mais pas toutes.
SPM et Grossesse : Comment Faire la Différence ?
Si vous avez eu des relations sexuelles non protégées récemment, vous vous demandez peut-être si les symptômes que vous ressentez sont dus au syndrome prémenstruel ou s’ils pourraient être des signes précoces d’une grossesse. Gardez à l’esprit qu’il existe des différences subtiles, même entre symptômes communs de grossesse et de SPM. Vos nausées peuvent s’accompagner de vomissements. Vous pouvez avoir des envies très spécifiques ou présenter une aversion pour certains goûts et odeurs. Le SPM débute souvent avant le moment où vous pourriez repérer un retard de règles indiquant une grossesse. Vous ne pouvez donc pas vous fier à ce signe physique des plus évidents pour vous aider à faire la différence. Cependant, si vous pensez être enceinte ou si vous n’êtes pas sûre, vous pouvez faire un test de grossesse afin d’ôter tout doute. Le Test de grossesse Détection Précoce de Clearblue vous permet de faire un test six jours avant votre retard de règles (soit cinq jours avant la date présumée de vos règles).
SPM et Âge
Le SPM tend à s'atténuer avec l'âge et disparaît à la ménopause, mais il peut aussi évoluer différemment selon les périodes de la vie. Oui, le syndrome prémenstruel peut s’aggraver au cours de la trentaine et la quarantaine, surtout à l’approche de la ménopause.
Quand Consulter un Médecin ?
Dans tous les cas, lorsqu’on souffre de SPM ou de tout autre problème lié aux règles, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin : le cycle menstruel n’est pas censé être pénible. Ce n’est pas un « mal nécessaire » et souffrir n’a rien de normal ou d’acceptable. Si les symptômes sont invalidants ou s’accompagnent de troubles psychologiques marqués (idées noires, anxiété sévère), il est important de consulter un professionnel de santé. Si ces conseils simples concernant votre style de vie ne vous permettent pas de soulager vos symptômes de SPM, consultez votre médecin pour obtenir des conseils plus détaillés.
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