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La Crèche Tournante Allemande : Fonctionnement et Traditions

La crèche tournante allemande, ou Weihnachtspyramide, est un élément central des décorations de Noël en Allemagne. Originaire de la région de l’Erzgebirge, cette pyramide de Noël est plus qu'une simple décoration ; c'est un symbole de la lumière et de la tradition. Explorons son fonctionnement, son histoire et son importance culturelle.

Origines et Histoire de la Pyramide de Noël

La pyramide de Noël allemande a été conçue à la fin du XVIIIe siècle. L'objectif était de remplacer à peu de frais un véritable arbre de Noël. En Europe du Sud et de l’Ouest, ces pyramides en bois sont un élément incontournable des fêtes de fin d’année depuis le Moyen-Age, où elles étaient accrochées dans les maisons afin d'éloigner les forces de l’hiver.

Des Lichtergestelle aux Pyramides de Noël

Les origines des pyramides de Noël remontent au Moyen Âge. Au 16e siècle, on fabriquait dans les régions de Saxe et de Brandebourg des structures pyramidales avec quatre bâtons entrelacés et attachés ensemble au sommet. Ces structures, appelées Lichtergestelle (échafaudages de lumière), étaient décorées de buis, de branchages ou de papier, et de chandelles. Pendant l’Avent, on retrouvait ces structures (qui ne pivotaient donc pas) dans les églises de Saxe et de Brandebourg. Elles se vendaient sur les marchés de Noël.

Les Berlinois ont fait évoluer ces Lichtergestelle en ajoutant un plateau sur lequel ils placèrent des décorations. Au 19e siècle, elles étaient la « marque de fabrique » du marché de Noël de Berlin, prenant même le nom de « Pyramide de Berlin ».

Le Rôle de la Pyramide dans l'Évolution des Traditions de Noël

La forme pyramidale de ces Lichtergestelle n’est pas sans rappeler la forme du sapin de Noël. Il semble d’ailleurs qu’ils en aient été les précurseurs. En effet, la tradition du sapin de Noël est née au 16e siècle en Alsace. Le déclin qui mena à sa disparition est dû à la diffusion de la tradition du sapin de Noël dans les grandes villes allemandes au cours du 19e siècle. Trois faits majeurs ont contribué à ce petit bouleversement culturel :

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  • La campagne d’Allemagne de 1813 : Les États allemands soumis par Napoléon se soulevèrent contre lui les uns après les autres. Ce soulèvement aboutit à la bataille de Leipzig (16-19 octobre) qui marqua le repli de l’armée française vers la France. Il semblerait que la tradition du sapin de Noël, cantonnée à la Rhénanie supérieure (dont l’Alsace), se diffusa vers le nord et le nord-est des Pays allemands à ce moment. Ce symbole de la lumière était devenu celui du nationalisme allemand. Il s’installa dans les salons des riches familles allemandes, quelque soit leur appartenance à la foi catholique ou protestante.
  • L’avènement du chemin de fer en Allemagne : Il permit le déplacement plus facile et moins onéreux de grands sapins. En effet, à cette époque, les sapins étaient rares en Europe centrale. Tout d’abord, seules les classes les plus fortunées pouvaient se permettre d’acheter un arbre de Noël pour leur salon. Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du 19e siècle que l’on planta des conifères à proximité des grandes villes allemandes pour satisfaire la demande en sapin des citadins.
  • Le développement des Pyramides de Noël pivotantes : Originaires de la région des Monts Métallifères, contribua à l’abandon des Pyramides de Berlin statiques.

Toutefois, la Pyramide de Berlin trouva encore grâce aux yeux de la population la plus pauvre de Berlin. Celle qui ne pouvait justement pas se permettre d’acheter un sapin de Noël. C’est vers la fin du 19e siècle que les pyramides de Berlin disparurent pour de bon des marchés de Noël allemands.

L'Évolution vers la Crèche Tournante

La chaleur générée par les bougies mettait en mouvement une hélice située au sommet de la pyramide. Les plateaux situés à plusieurs niveaux de la structure commençaient à tourner. Les Lichtergestelle étaient devenus animés. Dès lors, les populations allemandes désignèrent les Lichtergestelle des Monts Métallifères « Weihnachtspyramide » (littéralement, la pyramide de la nuit de Noël). Jusqu’en 1830, on utilisait des matières onéreuses comme le suif ou les huiles végétales pour la composition des bougies. Avec l’invention de la paraffine, les bougies furent dès lors plus abordables pour tout le monde.

Les Pyramides de Globenstein

Flemming en vendait plus de 5000 exemplaires par an. La production s’est éteinte en 1948.

Fonctionnement d'une Crèche Tournante

Composée d’une partie fixe et d’une partie qui tourne (le carrousel), cette tour est constituée de plateaux à plusieurs étages à la base desquels se trouvent des petites bougies disposées sur la partie externe de la pyramide. Ces dernières dégagent de la chaleur permettant aux hélices, en haut de la pyramide, de tourner et d’entraîner la rotation de la partie mobile pour donner vie aux différentes scènes au centre de la pyramide.

Les Figurines et Scènes Représentées

Sur les différents plateaux sont disposés des petites figurines de la crèche de Noël comme Marie et Joseph, les bergers et les Rois Mages, des anges, des animaux, des villageois… afin de reconstituer l'histoire et la magie de Noël.

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Types de Pyramides de Noël

Il existe deux types de pyramides de Noël :

  • la pyramide miniature, qui est un élément de décor pour la maison
  • la grande pyramide en plein air, que l’on trouve sur les marchés de Noël

Pyramides Miniatures

Aujourd’hui, les pyramides de Noël miniatures décorent traditionnellement les salons des foyers allemands, au même titre que l’arbre de Noël. Certains modèles artisanaux atteignent 60 centimètres, voire 1 mètre. Les pyramides fonctionnent avec des bougies de types chandelle ou chauffe-plat.

Pyramides en Plein Air

La toute première pyramide de Noël d’extérieur fut inaugurée solennellement le 17 décembre 1933 à Frohnau. Haute de 4,75 mètres, elle possédait quatre étages avec des arches de style gothique. Le premier étage abritait des chameaux, le second la Sainte Famille et les Rois mages, le troisième des bergers et leurs moutons et le dernier des personnages… de l’industrie minière. la cime contenait les anges entonnant un cantique. Fait important, elle était illuminée à l’électricité.

Les Traditions de Noël en Allemagne

En Allemagne, la fête de Noël dure deux jours. Le 26 décembre est un jour férié, c’est le deuxième jour de Noël consacré à la visite des familles et des amis. Les cadeaux sont habituellement distribués dans la soirée du 24 (der Heiligabend), non pas par le Père Noël mais par le Christkind. La période de l’Avent est bien souvent joyeuse et festive. Elle commence quatre dimanches avant Noël. Pour célébrer le premier jour de l’Avent, la première des quatre bougies de la couronne de l’Avent est allumée. Malgré le froid ou parfois la neige, il n’est pas rare de se retrouver à la sortie du travail le soir entre amis ou en famille autour d’un bon vin chaud sur un stand d’un des nombreux marchés de Noël. L'occasion également d'acheter des cadeaux faits à la main et de goûter des friandises traditionnelles.

Les Marchés de Noël

Jusqu’à Noël, on visite en famille les innombrables crèches, miniatures ou grandeur nature, figuratives ou vivantes, qui se dressent partout. C’est aussi le moment de dresser et décorer les superbes sapins avec des boules de verre qui représentent des pommes, des sujets en pains d’épice, des roses en papier.

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Autres Traditions Allemandes

Les Allemands appellent Noël "Weihnachten" ou "Heiligabend", soit nuit sainte. Ce n'est pas la naissance du Christ qui est évoquée, comme dans les langues latines, mais la messe de la nuit de Noël comme au Royaume-Uni. La couronne de l'Avent, confectionnée en famille, avec des branches d'épicéa et autres verdures célébrant la nature, est disposée dans les maisons. Pour Noël, les Allemands attachent beaucoup d'importance à la décoration de la maison. Ces 24 jours de festivités sont également rythmés par d’autres célébrations au centre desquelles les enfants sont les rois et les gourmands de la fête.

Noël dans d'Autres Pays Européens

Bien que la crèche tournante soit typiquement allemande, il est intéressant de noter comment Noël est célébré dans d'autres pays européens.

Belgique

Les fêtes de Noël commencent le 6 décembre en Belgique. Ce jour-là Saint-Nicolas commence à faire la joie de tous les enfants avec ses cadeaux. Mais attention, Saint-Nicolas ne se déplace pas seul. Les enfants belges doivent être très sages car ils sont à nouveau gâtés à Noël par le Père Noël. Le réveillon de Noël est une fête familiale mais comprend aussi ses temps forts en public. Si de moins en moins de gens assistent à la messe de minuit, ils sont toujours nombreux à se regrouper à minuit dans la rue. C'est le cas sur la grande place de Bruxelles où, quelle que soit la température, des milliers de personnes assistent en famille à l'illumination des bougies à minuit précise.

Bulgarie

A l’image de nombreuses traditions liées à Noël, le folklore bulgare est d’origine païenne puis a été assimilé dans la culture chrétienne orthodoxe. Le rite des Kolédari est emblématique de Noël en Bulgarie. Leurs chansons ont pour fonction de chasser les mauvais esprits.

Chypre

A Chypre, les fêtes de Noël issues de la tradition orthodoxe s'étendent de la fête de la Saint-Nicolas (6 décembre) jusqu'à l'Epiphanie (6 janvier). Lors de cette période, les familles se réunissent avec leurs enfants pour chanter des "Kalanda", des chants de Noël, de porte en porte, en échange de bonbons ou d'argent. Le 6 janvier, jour de l'Epiphanie, est un moment important à Chypre. Il donne lieu a une cérémonie très suivie dans les églises orthodoxes. Pour célébrer le baptême du messie par Saint-Jean-Baptiste, les hommes chypriotes plongent dans les mers ou les rivières - souvent très froides - pour récupérer une croix bénie par un prêtre orthodoxe.

Croatie

La célébration de Noël en Croatie est riche en traditions anciennes. Nombre de foyers possèdent par exemple une couronne de l'Avent, sur laquelle se dressent quatre cierges. Lors des quatre dimanches précédant Noël, la famille se réunit pour allumer une nouvelle bougie. Durant cette période, deux fêtes sont importantes en Croatie. Pour la Saint-Nicolas le 6 décembre, les enfants voient leurs bottes, posées la veille, remplies de cadeaux et de bonbons au petit matin. La deuxième fête est la Sainte-Lucie. Côté cuisine, les Croates mangent traditionnellement de la morue lors du réveillon de Noël, accompagnée de pommes de terre. Le lendemain, c'est viandes rôties et "mlinci", un pain plat coupé en petits morceaux et mélangé au jus de cuisson. En dessert, le choix est large : gâteau aux noix, aux graines de pavot, aux figues ou aux caroubes.

Danemark

Au Danemark, Noël est une période de fête qui se partage en famille et entre amis. Les festivités de l’Avent commencent quatre dimanches avant Noël, date marquant le début de l’année liturgique. La famille ou les amis se réunissent fréquemment le week-end, notamment pour préparer les décorations de Noël et des biscuits aux épices et aux fruits secs. Début décembre, les maisons et les appartements s’illuminent avec des bougies, des photophores, ou des décorations plus sophistiquées. De nombreux établissements, entreprises, administrations, cantines et restaurants organisent leur “buffet de Noël”. On trouve dans les rues, magasins, cafés et maisons toutes sortes de confiseries, fruits, gâteaux et boissons associés à Noël. Parmi elles, le traditionnel vin chaud ("gløgg"). Auréolée d’une couronne de bougies et vêtue de blanc, la patronne des lumières Sainte-Lucie est célébrée dans la nuit du 12 au 13 décembre. Le 24 décembre, les boutiques ferment tôt et les bus cessent de circuler dès la fin de l’après-midi. Le dîner en famille, qui peut s’étendre pendant plusieurs heures, est habituellement composé de canard, d'oie ou de porc rôtis, accompagnés de pommes de terre et de chou rouge. Une risalamande (riz au lait), agrémentée d'une sauce aux cerises piquante, est apportée en dessert. Le repas est généralement suivi d’une danse et de chants traditionnels en ronde autour de l’arbre de Noël, avant que les cadeaux ne soient déballés. La légende veut que ceux-ci soient apportés par le Julemanden (“Homme de Noël”), accompagné de Nisses, des elfes malveillants. Les jours suivants sont propices aux visites auprès d’autres parents ou d’amis.

Espagne

En Espagne, les fêtes de Noël commencent à la mi-décembre et se terminent le 6 janvier, le "jour des Rois". Dans certaines régions, la bûche de Noël choisie le 13 décembre (Sainte-Lucie) est recouverte d'un drap les jours qui précédent Noël.

Estonie

En Estonie, Noël se dit “jõulud”, un terme pré-chrétien issu des traditions locales qui désigne le solstice d’hiver (21-25 décembre). Noël débute d’ailleurs à deux moments différents, selon les régions. Elle peut commencer lors du premier dimanche de l’avent, où il est coutume d’acheter un calendrier de l’avent et d’allumer les bougies de l’Avent. Ou bien, elle peut débuter à la Saint-Thomas, le 21 décembre, date issue du calendrier folklorique traditionnel. Durant cette période de fêtes, il est coutume de fabriquer des couronnes de l’avent et de décorer un sapin, une habitude venue des populations germanophones locales. La nuit de Noël est pour certaines familles un moment mystique : les esprits bons et mauvais se déplacent, les esprits des ancêtres visitent les familles et l’on y prédit l’avenir de l’année et des récoltes qui viennent.

Finlande

Pour les Finlandais, Noël est une période de festivités importante. Chaque année, le Père Noël fait son entrée officielle à Helsinki. Cette dernière dérive d’une tradition populaire suédoise introduite en Finlande en 1950, consistant à élire la “Lucie nationale” parmi dix jeunes filles. Habillée d’une longue robe blanche et auréolée d’une couronne de bougies, Lucie fait sa première apparition le 13 décembre. Jusqu’à la fin du mois, elle visite les hôpitaux, les écoles et assiste à diverses fêtes de Noël en délivrant un message de lumière, d’espoir et de charité. La veille du jour de Noël, les Finlandais se rendent au cimetière s’ils ont un parent disparu et déposent une bougie sur la tombe du défunt. Beaucoup se rendent également au sauna, la veille ou le jour de Noël. Selon une coutume nordique datant du Moyen Âge, le secrétaire général de mairie de la ville de Turku, dans le sud-ouest de la Finlande, proclame publiquement le début de la Paix de Noël à midi. Le jour de Noël, les Finlandais partagent habituellement leur dîner en famille. Celui-ci se compose traditionnellement de morue au lait, de hareng baltique en diverses sauces, de poissons crus et d’un volumineux jambon de 8-10 kg, le roi de la fête. Le porridge de riz est également un mets classique : on y cache une amande censée porter chance. En guise de dessert, les Finlandais dégustent des tartelettes de Noël, en forme d’étoile de mer, pâtisseries omniprésentes durant toute la période de Noël. Le vin chaud tient également une place importante à cette période. Les 25 et 26 décembre sont des jours fériés en Finlande. Le 24, les magasins ne sont généralement ouverts que le matin.

France

Plusieurs jours avant Noël, les villes et les villages de France prennent un air de fête. La plupart des familles françaises dresse au cours du mois de décembre son sapin de Noël. Le calendrier de l'Avent est également très populaire en France. Le réveillon de Noël est l'occasion de se réunir en famille autour d'un repas copieux. Les croyants se rendent à l'église pour assister à la messe de minuit.

Grèce

En Grèce, la période des fêtes de fin d'année débute la veille de Noël et s'achève le 6 janvier, jour de l'Epiphanie ; cette période est appelée la "douzaine", en référence au nombre de jours écoulés. Dans de nombreuses familles survit une vieille tradition : le bateau de Noël. Les chants traditionnels grecs occupent également une place importante lors des fêtes de fin d'année ; ce sont des "kalanda". Lors des réveillons de Noël et du Nouvel An, la tradition veut que les enfants aillent de maison en maison pour chanter en échange d'une petite somme d'argent. Quant aux cadeaux, ils sont échangés lors du jour de l'An. Saint-Basile, ou "Agios Vassileios", est l'homologue grec du Père Noël selon la tradition. Concernant la nourriture, on retrouve sur les tables grecques des "kourabiedes" (sortes de petites galettes recouvertes de sucre glace) ou encore des "melomakarona" (gâteau à base de noix et de sirop de miel).

Hongrie

Saint-Nicolas, Mikulás en hongrois, passe le 6 décembre. Les enfants mettent leurs bottes sous la fenêtre le 5 au soir. Le 24, la famille la plus proche se réunit et décore le sapin. Si les boules de Noël sont de mise comme en France, les Hongrois ont pour habitude d'y accrocher des "szaloncukor", sorte de papillotes au chocolat. Le soir de Noël, il est de coutume d'allumer des bougies et d'entonner des chants de Noël avant d’échanger les cadeaux.

Irlande

En Irlande, les fêtes de Noël s'étalent sur presque un mois. Elles combinent religion chrétienne, traditions païennes liées au solstice d'hiver, habitudes rurales et pratiques commerciales. La période des fêtes commence le 1er décembre, avec le début de l'Avent. Ensuite, vient le 8 décembre et la fête de l'Immaculée Conception. Pendant cette journée, les Irlandais ont pour coutume de faire des emplettes. Le reste du mois, les occupations des familles sont nombreuses : correspondance avec les proches vivant aux Etats-Unis, tombolas pour gagner un mouton ou une dinde et nettoyage des foyers. Et, dans les villages, des groupes de jeunes hommes vont de pallier en pallier pour souhaiter de bonnes fêtes et entonner des chants traditionnels. A la campagne, d'autres traditions rythment les fêtes de Noël. Par exemple, depuis le milieu du XX° siècle, les familles se rendent au "An Margadh Mór" (le grand marché de Noël). Elles y vendent leurs poules, œufs et autres volailles pour pouvoir ensuite acheter à la ville de quoi passer les fêtes : fruits secs, épices, bougies, bonbons ou encore vêtements, whisky ou tabac. Pour certains commerçants, la période est aussi l'occasion de remercier les clients réguliers.

Italie

La plupart des Italiens ouvrent leurs cadeaux le matin de Noël, même si certains attendent l'Epiphanie. Les traditions autour des cadeaux varient selon les Régions. Les communes sont très investies lors des fêtes. Durant cette période, les villes d'Italie s'animent avec des concerts, foires, illuminations et même des crèches dans les rues. Des marchés de Noël sont également organisés et l'on peut par exemple y acheter des crèches artisanales, en papier mâché et en terre cuite. Dans certaines petites villes, des acteurs déambulent même dans les rues pour représenter une scène de la Nativité.

Lettonie

En Lettonie, les fêtes de Noël se disent “Ziemassvētki”. Issues de la culture chrétienne imposée par l’ordre teutonique, elles comprennent des éléments que l’on retrouve dans le reste de l’Europe chrétienne : marchés de Noël, sapins décorés, etc. Ces pratiques coexistent avec “Ziemas saulgrieži”, les fêtes de Noël païennes, centrées autour des évolutions du soleil, le solstice d’hiver en particulier. Nombreuses sont les coutumes qui entourent ces fêtes à mi-chemin entre la chrétienté et le monde païen. Par exemple, l’activité phare de la soirée de Noël est la “bluķa vilkšana” : la famille, ou le groupe, se réunit pour tirer une grande bûche autour de l’habitat. Les fêtes de Noël sont aussi l’occasion de décorer sa maison avec des “puzurs” : des structures en bois/en paille/métal formant les arrêtes d’un cube, que l’on empile ensuite ensemble de manières diverses : guirlande, plafonnier, etc.

Lituanie

En Lituanie, Noël se dit "Kūčios". C'est une fête qui mélange paganisme et christianisme. Le pays est en effet majoritairement catholique mais compte encore des fidèles de cultes païens (Romuva par exemple). Par exemple, le repas de Kūčios, le 24 au soir, qui se fait après avoir nettoyé son domicile, doit compter 12 plats sans viande. Après le repas, pendant la nuit, une légende raconte que les langues des animaux se délient et que ceux-ci se mettent à parler. Certains se pressent donc d'aller les écouter. Ensuite, à minuit, une autre tradition explique que si une jeune fille célibataire se promène dehors et suit les aboiements des chiens, elle saura que c'est dans cette direction que se trouve son futur marié. La période des fêtes est aussi l'occasion de se rendre dans les grandes villes pour déambuler dans les marchés de Noël. Celui de Vilnius, la capitale, est particulièrement réputé. Chaque année, un sapin géant différent déploie ses branches en son centre.

La Crèche Tournante et le Carillon d'Anges

Il est intéressant de noter la similitude entre la crèche tournante et le carillon d'anges. Le carillon d’anges fonctionne effectivement sur le même principe. La chaleur des quatre petites chandelles placées à la base fait tourner l’hélice fixée en haut du mât. Ainsi, elle entraîne une série d’angelots trompettistes qui frappent les clochettes. La pyramide est faite en bois, le carillon est en métal. La production en série a commencé en 1910 et Adrian & Stock a perfectionné ses carillons en proposant différentes versions. L’entreprise fut rachetée en 1933 par Paul Hartkopf qui poursuivit la fabrication de plusieurs modèles jusqu’à la fin des années 1960.

Avant la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne était le principal producteur de carillons. La guerre eut raison de ce monopole. D’autres fabricants, notamment suédois, prirent le relais et imposèrent leur propre esthétique. La structure à la Suédoise était épurée par rapport à l’Allemande d’avant-guerre. Elle n’était plus lithographiée ou gravée comme « à l’ancienne ».

Les Arcs Lumineux de Noël (Schwibbogen)

Les arcs lumineux (Schwibbogen) sont des décorations de Noël dont l’origine remonte aux mineurs des Monts Métallifères en Allemagne. C’est un grand classique de l’Avent dont les premiers exemplaires (datant de 1740) consistaient en une arche de fer sur laquelle se dressaient onze bougies. Ils étaient peints et affichaient le soleil, la lune et les étoiles.

Les Anciennes Crèches de Noël

Les anciennes crèches de Noël, symboles vivants de la nativité, sont des représentations historiques riches en significations culturelles et religieuses. Leur apparence et leurs pratiques ont évolué au fil des siècles, influencées par les traditions locales et les événements historiques. La première crèche connue est attribuée à Saint François d’Assise en 1223, dans le village de Greccio, en Italie. Il organisa une crèche vivante avec des habitants locaux jouant les rôles de Marie, Joseph, les bergers et les rois mages. Cette initiative avait pour but de rendre la nativité plus accessible aux fidèles.

Au XVIe siècle, sous l’influence des franciscains, des crèches miniatures apparurent dans les couvents et les églises. Ces modèles, faits de bois, de cire ou d’argile, comportaient des personnages indépendants, souvent habillés de tissus précieux.

La Révolution Française marqua un tournant pour les anciennes crèches de Noël. Avec l’interdiction des pratiques religieuses et la fermeture des églises, les crèches furent intégrées aux foyers. De petits personnages, souvent faits de matériaux simples comme la mie de pain ou la terre, permettaient aux familles de recréer discrètement la scène de la nativité. C’est aussi durant cette période que les santons provençaux virent le jour.

Les Crèches Régionales

  • Provence : La crèche provençale se démarque par ses santons qui incluent non seulement les figures bibliques, mais aussi des artisans, paysans et personnages typiques de la région.
  • Naples : Les crèches napolitaines, connues pour leur style baroque, se distinguaient par leur luxe. Les personnages en bois ou en terre cuite étaient ornés de costumes richement décorés.

Les anciennes crèches de Noël continuent d’inspirer les traditions modernes. En Provence, la Foire aux Santons de Marseille célèbre ce riche héritage, tandis qu’en Italie et en France, de nombreuses églises exposent encore des crèches historiques.

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