L'histoire de Dijon est intimement liée à l'évolution de son université. Cet article explore les origines de cette institution, son développement tumultueux, et son association avec des figures princières, notamment les Condé. L'article met en lumière le rôle crucial de protecteurs tels que le Parlement de Bourgogne et le prince de Condé dans la naissance et la survie de l'université dijonnaise.
Genèse d'une Université à Dijon
Dijon, autrefois capitale ducale, aspirait à s'élever au rang des villes universitaires. Longtemps dépourvue d'évêché et d'université, elle dut attendre 1733 pour le premier et 1722 pour le second. La ville nourrissait de grands espoirs, soutenue par le Parlement de Bourgogne et le gouverneur de la province, le prince de Condé. Cependant, l'autorisation royale ne concerna initialement qu'une Faculté de droit, laissant l'institution paraître "un peu chétive" à ses débuts.
Les Premières Années et les Turbulences Révolutionnaires
L'université connut des débuts modestes, mais son existence fut brutalement interrompue en 1793, lorsque les établissements d'enseignement supérieur furent fermés. Après seulement soixante-dix ans d'existence, l'avenir de l'université semblait compromis. Heureusement, cette fermeture fut de courte durée.
Renaissance et Expansion au XIXe Siècle
Dès 1808, la Faculté de droit rouvrit ses portes, suivie en 1809 par une Faculté des Sciences et en 1810 par une Faculté des Lettres. Il fallut attendre 1967 pour la création d'une Faculté de médecine, mais l'École pratique de médecine et de pharmacie assura la formation des professionnels de santé pendant cette période.
Malgré ces avancées, les facultés connurent une période de stagnation au milieu du XIXe siècle, marquée par une stagnation des effectifs et la suppression de certaines chaires. Un renouveau se produisit dans les dernières décennies du siècle, porté par l'essor démographique de Dijon et la priorité accordée à l'enseignement par la Troisième République.
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L'Émergence de l'Université de Bourgogne
En 1896, une nouvelle loi permit aux différentes facultés de se regrouper pour former une véritable Université, un événement célébré avec enthousiasme au début de 1897. L'université de Dijon était enfin reconnue comme une institution à part entière.
Menaces et Résilience au XXe Siècle
Les années 1900 furent favorables à l'université, mais l'entre-deux-guerres fut marqué par de nouvelles menaces. En 1922, alors que l'on s'apprêtait à célébrer le bicentenaire, le gouvernement décida de supprimer plusieurs universités, dont celle de Dijon. La mobilisation des forces vives de la ville permit de surseoir à cette décision, mais la menace resurgit en 1934.
Malgré ces difficultés, l'université continua de se développer, offrant des services de plus en plus nombreux à ses étudiants, notamment des logements et des infrastructures d'accueil pour les étudiants étrangers.
La Seconde Guerre Mondiale et la Reconstruction
La Seconde Guerre mondiale et ses conséquences immédiates apportèrent de nouveaux défis. En 1945, un projet de loi visait à priver Dijon et Besançon de leurs Facultés des Sciences. Le chanoine Kir, figure emblématique de la ville, se mobilisa pour contrer cette menace, et le gouvernement fit marche arrière.
Le Campus Universitaire: Une Nouvelle Ère
Marcel Bouchard, recteur à partir de 1946, comprit la nécessité de moderniser les infrastructures universitaires. Il lança un projet ambitieux de construction d'un campus, qui permit de regrouper les différentes facultés et d'offrir aux étudiants des conditions d'études optimales. La Faculté des Sciences fut la première à être achevée en 1957, marquant le début d'une nouvelle ère pour l'université.
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Évolution et Transformation
À la suite des événements de mai 1968, l'université connut une période de transformation et d'émancipation. En 1971, elle élit sa première présidente, Françoise Moret-Bailly. En 1984, l'Université de Dijon devint l'Université de Bourgogne, reflétant son rayonnement régional.
Collaboration et Avenir
Au début du XXIe siècle, l'université de Bourgogne se rapprocha de l'université de Besançon, renouant avec une collaboration ancienne. Cette alliance témoigne de la volonté de l'université de Bourgogne de jouer un rôle majeur dans l'enseignement supérieur et la recherche en France.
L'implication princière : un éclairage sur les thèses dédiées à Louis XIV
Dès la fin du XVIe siècle, il était courant de dédier des thèses aux rois de France. Cette pratique prit de l'ampleur sous le règne de Louis XIV, avec plus de cent trente-six thèses portant son nom.
Les premières années du règne de Louis XIV (1638-1660)
Pendant la période allant de 1638 à 1660, on distingue deux phases dans la production de thèses dédiées au roi. La première (1638-1645) coïncide avec la jeunesse de Louis XIV et son accession au trône. On trouve des compositions dédiées à Louis XIII ou Anne d'Autriche, montrant le Dauphin nouveau-né, et d'autres dédiées au jeune roi. La seconde phase (1650-1660) voit la soutenance de dix-sept thèses, signe d'un retour à la stabilité après les troubles des années précédentes.
La naissance de Louis XIV et sa représentation dans les thèses (1638-1645)
La première représentation de Louis XIV sur une thèse remonte à sa naissance, le 5 septembre 1638. Charles Le Brun réalisa un dessin montrant "la Providence qui rapporte du ciel un enfant nouveau-né, et venait [le] présenter au Roi Louis XIII". L'atelier de Simon Vouet fut également sollicité, notamment par Alexandre Courtois, valet de chambre du roi et de la reine, qui demanda à Vouet de dessiner un frontispice pour la thèse de philosophie de son fils. Ce frontispice, gravé par Daret, représentait Anne d'Autriche remettant le nouveau-né à la France.
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Ces images participaient à la glorification du pouvoir royal. Louis XIV était représenté avec les attributs de la royauté dès sa naissance, soulignant le caractère miraculeux de sa venue au monde.
Louis XIV après la mort de Louis XIII (1643-1645)
Après la mort de Louis XIII en 1643, les étudiants commencèrent à dédier leurs thèses à son fils aîné. Le prince de Conti ouvrit la voie en présentant son premier exercice de philosophie à Louis XIV en avril 1643. Un an plus tard, il renouvela cet hommage par une autre thèse de philosophie. Un livret de trente-six pages, intitulé Le prince sçavant. À la reyne régente, fut publié à cette occasion. Gabriel Du Bois-Hus y célébrait l'éducation et les qualités du jeune roi, ainsi que ses liens de parenté avec le prince de Conti.
Du Bois-Hus soulignait les qualités morales du jeune Louis XIV, sa prudence, sa douceur et sa modération. Il rappelait également que Louis était roi de droit divin, fils de Louis le Juste et petit-fils de Saint Louis.
Le prince de Condé destina ses fils à l'armée et à l'Église pour le service du roi, espérant en retour protection et soutien pour sa famille. En appuyant la demande du prince de Conti, la France se trouverait affermie et grandie.
Les chapitres de congrégations tenus à Rome furent également l'occasion pour quelques couvents parisiens de rendre un hommage public au nouveau souverain. Les Franciscains de Paris demandèrent à Grégoire Huret de graver un frontispice mettant en scène le jeune roi pour la thèse que les frères Modeste de Saint François et Joseph de Saint Jean devaient soutenir à Rome en mai 1644.
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