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Christine de Pizan : Pionnière de la littérature et de l'éducation des femmes au Moyen Âge

Introduction

Christine de Pizan (1364-1430 ?) est une figure emblématique de la fin du Moyen Âge. Romancière et poétesse, elle est considérée comme la première femme écrivain professionnelle de l'histoire occidentale. Son œuvre variée aborde des thèmes aussi divers que la politique, la morale, la religion et l'amour courtois. Elle s'est distinguée par sa défense des femmes et son plaidoyer pour leur éducation, faisant d'elle une pionnière du féminisme.

Contexte historique et biographique

Née à Venise en 1364, Christine de Pizan est la fille de Thomas de Pizan, médecin, astrologue et conseiller à la cour du roi de France Charles V. Elle grandit à Paris, où elle reçoit une éducation soignée, rare pour une femme de son époque. Elle étudie les auteurs classiques, la philosophie et les sciences.

En 1379, elle épouse Étienne Castel, un notaire royal. Leur union est heureuse et ils ont trois enfants. Cependant, le destin frappe durement Christine. En 1389, son père décède, suivi de près par son mari. Veuve à 25 ans, avec trois enfants à charge et des dettes importantes, elle se retrouve dans une situation financière difficile.

La carrière d'écrivain

Pour subvenir aux besoins de sa famille, Christine de Pizan se lance dans l'écriture. Elle commence par composer des ballades et des poèmes d'amour pour la cour. Son talent est rapidement reconnu et elle reçoit des commandes de plusieurs princes et nobles.

Christine devient ainsi la première femme à vivre de sa plume. Elle produit une œuvre abondante et variée, comprenant des poèmes, des romans, des traités politiques et moraux, et des biographies.

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Œuvres poétiques

Les œuvres poétiques de Christine de Pizan sont regroupées en trois volumes publiés par Maurice Roy. Ces volumes contiennent des œuvres de différents caractères, des prières, des compositions morales et des poèmes d'amour. Roy a suivi, autant que possible, dans son édition, l'ordre de transcription adopté dans les manuscrits, qui, d'ailleurs, paraît correspondre à la succession chronologique des inspirations poétiques de Christine.

Oraisons

En même temps qu'elle écrivit des dits d'amour, Christine composa quelques œuvres exclusivement religieuses. A ce genre appartiennent les trois prières dont nous donnons le texte et une paraphrase en prose des Sept Psaumes. La première de ces compositions, l'Oraison Nostre-Dame, comprend dix-huit strophes de douze vers de huit syllabes. Christine invoque successivement la Vierge en faveur de l'Église, de ses pasteurs, du roi, de la reine, de la famille royale et des personnes de toutes conditions. La pièce suivante, les Quinze Joyes NostreDame, comprend, comme l'indique le titre même, quinze strophes d'invocation à la Vierge pour chacune des joies qu'elle a éprouvées. L'Oraison Nostre-Seigneur, composée sur le même plan, rappelle en soixante strophes les actes de la vie et de la passion du Sauveur.

Enseignements et proverbes moraux

Comme l'indiquent les rubriques qui précèdent les Enseignements, Christine aurait composé spécialement ce recueil de sentences morales à l'intention de son fils, Jean de Castel; cependant les conseils qu'il renferme en cent treize quatrains paraissent s'adresser aux personnes de tous âges et de toutes conditions. Par cette oeuvre, Christine continue la tradition d'une littérature morale remontant jusqu'à l'antiquité. Sous l'influence des auteurs classiques et de la Bible, les sentences morales furent en grande vogue dès le commencement du moyen âge. Les Moralités des philosophes par Alart de Cambrai et les Proverbes de Sénèque et autres compositions du même genre, manifestent, plus d'un siècle avant Christine de Pisan, cette tendance à la fois moralisatrice et classique. Mais le livre de morale le plus célèbre et le plus employé au moyen âge pour l'instruction de la jeunesse fut, sans contredit, le recueil de préceptes qui porte le nom d( Distiques de Caton, et où la sagesse de l'antiquité s'allie aux enseignements chrétiens. Les Distiques furent traduits et imités bien souvent du XIIe au XIVe siècle. C'est sous la même influence que Christine a composé ses Enseignements et ses Proverbes moraux; laissant de côté les dictons populaires, elle s'attache surtout à reproduire les sentences des anciens philosophes. Les Proverbes moraux forment le complément naturel des Enseignements. Ils comprennent 101 distiques et paraissent empruntés surtout aux dits des anciens philosophes.

Le Livre du Duc des vrais amants

Ce poème a été composé par Christine à la prière d'un jeune prince qui ne lui a pas permis de divulguer son nom, l'autorisant seulement à le surnommer « le Duc des vrais amoureux ». Comme dans le Dit de la Pastoure, où la bergère présente elle-même ses aventures, le jeune duc prend ici la parole et raconte ses premières amours : A peine au sortir de l'enfance, il éprouvait déjà le désir d'avoir une maîtresse et implorait le dieu d'amours de lui donner satisfaction. Un jour, parti pour chasser des lapins avec un de ses parents et quatre de ses gentilshommes, suivis de veneurs tenant en laisses des lévriers et portant des furêts, il fit la rencontre d'une princesse royale qui était venue récemment habiter un château voisin. Après un entretien au bord d'une source, sur l'herbe verte et à l'ombre d'une « saulsoie », le duc sentit pour la première fois l'amour blesser son cœur et rentra, à la nuit, à la demeure paternelle tout transformé. A partir de ce jour il changea complètement sa manière d'être, devint plus gai et plus gracieux, se procura de beaux destriers, revêtit de riches robes, en distribua largement à sa suite, et prit une devise où se trouvait en anagramme le nom de la dame de ses pensées. Sous le prétexte d'apprendre à jouter, il fit préparer une fête de tournoi, non sans avoir obtenu auparavant la promesse que sa dame s'y rendrait. Christine trouve ici l'occasion de nous retracer avec une grâce exquise les détails intéressants d'une de ces belles fêtes si fréquentes au XIVe siècle. C'est d'abord l'arrivée en litière de la princesse au château du duc, la veille du tournoi, la réception qui lui est faite, le souper d'apparat où elle prend place sous un grand dais, ayant à ses côtés la mère du duc et quatre comtesses, les danses joyeuses qui suivirent ; puis, le lendemain matin, la visite du prince à sa dame qui lui accorde la manche d'hermine de son corset et une couronne de pervenches pour porter sur son heaume. Après avoir dîné assez rapidement dans les chambres, on descend en champ clos; vingt dames blondes, vêtues de superbes robes de soie blanche brodée d'or, au milieu desquelles se tenait la princesse, prennent place dans de superbes tribunes. Le jeune duc, couvert d'armures blanches et monté sur un destrier caparaçonné blanc et or, accompagné de chevaliers aux mêmes armures blanches, sort tout joyeux de son pavillon et s'avance dans la lice où il attache son heaume et reçoit sa lance des mains d'un noble comte, puis s'élance pour jouter contre un chevalier. Sa vaillance et ses nombreux exploits lui font remporter le prix de la journée que lui décernent.

La Cité des Dames : Un plaidoyer pour les femmes

L'œuvre la plus célèbre de Christine de Pizan est sans doute La Cité des Dames, écrite en 1405. Dans ce livre, elle imagine une cité idéale, construite par des femmes vertueuses et savantes. Elle y défend les femmes contre les accusations de misogynie et met en valeur leurs qualités intellectuelles et morales.

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Christine de Pizan y décrit une société allégorique, où la dame est une femme dont la noblesse est celle de l'esprit plutôt que de la naissance. Elle fonde une institution destinée à enseigner l’enluminure et la poésie aux jeunes filles, en plus des enseignements classiques, un acte novateur pour l’époque.

L'engagement féministe de Christine de Pizan

Christine de Pizan est considérée comme une pionnière du féminisme. Elle remet en question les stéréotypes de genre et défend l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle critique les auteurs misogynes et met en lumière les réalisations des femmes dans l'histoire.

Elle s'attaque notamment aux clichés répandus par Le Roman de la Rose, une œuvre influente de la littérature médiévale qui véhicule une vision négative des femmes.

L'influence de Christine de Pizan

L'œuvre de Christine de Pizan a eu une influence considérable sur la littérature et la pensée de son époque. Elle a inspiré d'autres femmes écrivains et a contribué à faire évoluer les mentalités sur la place des femmes dans la société.

Ses écrits ont été traduits et diffusés dans toute l'Europe. Elle est aujourd'hui considérée comme une figure majeure de la littérature médiévale et une source d'inspiration pour les mouvements féministes contemporains.

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Christine de Pizan et l'éducation

Christine de Pizan, consciente de l'importance de l'éducation, a non seulement plaidé pour l'instruction des femmes dans ses écrits, mais a également agi concrètement. Elle fonde une institution destinée à enseigner l’enluminure et la poésie aux jeunes filles, en plus des enseignements classiques.

Dans ses œuvres, elle insiste sur la nécessité pour les femmes d'acquérir des connaissances et de développer leur intelligence. Elle considère que l'éducation est un moyen d'émancipation et d'amélioration de la condition féminine.

Héritage culturel et activités contemporaines

L'héritage de Christine de Pizan est toujours vivant aujourd'hui. Son œuvre continue d'être étudiée et appréciée pour sa richesse et sa modernité. De nombreuses institutions et événements culturels portent son nom, témoignant de son importance dans l'histoire de la littérature et du féminisme.

Par exemple, la ville de Poissy a constitué un fond de 8 000 documents prêtés aux crèches et mène une réflexion sur la formation. La médiathèque de la ville porte également son nom, soulignant son rôle dans la promotion de la lecture et de l'éducation.

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