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Optimisation de l'alimentation des vaches en lactation : un guide complet

L'alimentation des vaches, qu'elles soient laitières ou allaitantes, est un facteur déterminant pour la performance de l'élevage. Comprendre les besoins nutritionnels spécifiques de chaque stade physiologique et adapter la ration en conséquence est essentiel pour optimiser la production laitière, la croissance des veaux et la santé globale du troupeau. Cet article explore en détail les différentes facettes de l'alimentation des vaches en lactation, en mettant l'accent sur les stratégies d'optimisation et les considérations économiques.

L'alimentation du veau : une phase cruciale

Durant les premiers mois de sa vie, l'alimentation du veau est exclusivement lactée. Un kilo de lait bu supplémentaire correspond en moyenne pour un veau à un gain marginal de croissance journalière d’environ 60 à 90 g, soit l’équivalent d’un apport de 250 à 300 g d’aliment concentré à base de céréales, d'après une étude sur la production laitière des vaches allaitantes réalisée par l'Inrae. Le lait permettrait également de développer davantage le maigre de l’animal que le concentré. Au cours des trois premiers mois de sa vie, l'alimentation du veau est essentiellement lactée d'où l'importance d'avoir des vaches avec un bon potentiel laitier.

La lactation chez les vaches allaitantes

Courbe de lactation et production laitière

La production des vaches allaitantes progresse plus lentement après le vêlage que celle des vaches laitières. Les races à viande affichent une courbe de lactation plus plate que les races laitières. Le maximum de lactation est atteint entre le premier et le troisième mois après le vêlage, et la production reste élevée tout au long de cette période. Pour les veaux d’hiver, un second pic de lactation s'observe lors de la mise à l’herbe. Les meilleures productrices atteignent leur pic de production plus tardivement.

Différences entre races

Les Charolaises produisent 1 840 (± 355) kg de lait pour une lactation moyenne de 266 (± 26) jours et les Limousines, moins bonnes productrices, produisent 1 628 (± 313) kg de lait pour une lactation moyenne de 276 (± 19) jours. Indépendamment de la parité, une Salers produit ainsi en moyenne 8,3 (± 2,1) kg de lait par jour, contre 6,9 (± 1,3) kg pour une Charolaise, et 5,9 (± 1,2) kg pour une Limousine. En moyenne, une Salers produit 2,4 kg de lait de plus par jour qu'une Limousine. La production laitière d’une Salers multipare avoisine par exemple les 10,4 kg/j, contre 8,3 kg/j pour la Limousine et 10,3 kg/j pour la Charolaise. À l’échelle d’une lactation, les primipares de races Salers produisent 280 kg de lait de moins que les multipares, 179 kg pour les primipares Limousines, et 200 kg pour les Charolaises. La production des primipares est ainsi inférieure à celle des multipares de l’ordre de 11 à 12 %. La production moyenne d'une primipare Salers et de 7,3 kg/j contre 8,5 pour une multipare. C’est en moyenne un regain de production de 1,2 kg/j qui est observé pour les Salers, et de 0,9 kg/j pour les Charolaises. Quant aux Limousines, aucune répercussion de la mise à l’herbe ne s’observe sur leur courbe de lactation. Par ailleurs, une mise à l’herbe éloignée du vêlage aura moins d’impact sur la production laitière qu’une mise à l’herbe précoce. Ce regain de production s’explique à la fois par le niveau d’ingestion élevé permis par le pâturage, et la qualité des fourrages pâturés.

Facteurs influençant la production laitière

La production laitière dépend également de la capacité du veau à solliciter sa mère. Les veaux les plus lourds à la naissance présentent généralement de bonnes vitesses de croissance. En début de lactation, la production laitière dépend en partie de la capacité du veau à vider la mamelle. En grandissant, le nombre de tétées ainsi que leur durée diminuent. Un veau Salers élevé en stabulation réalise entre 3 et 9 tétées par jour à l’âge de 40 jours, contre 2 à 4 à l’âge de 5 mois. La production dépend aussi du nombre de veaux. La production laitière d'une vache allaitante avec deux veaux augmente de 20 à 60 % selon les ouvrages de référence. Quoi qu’il en soit, ce regain de production ne permet pas de couvrir les besoins de chaque veau. Une moindre efficacité énergétique du lait à partir de 1 600 kg bus La croissance du veau est liée à la productivité de la mère, mais à partir des 1 600 kg de lait bu, l’efficacité du litre de lait bu est moindre. À ce niveau d’ingestion, l’énergie est davantage utilisée comme stock de lipides, plus demandeurs d’énergie. Au-delà des quatre premiers mois de lactation, avec le développement du rumen, le veau diversifie son alimentation. Un lait plus gras que les vaches laitières La composition du lait des vaches allaitantes est assez peu référencée. L’Inrae estime le TB autour des 45 g/kg, et le TP des 33 g/kg. Cependant, comme pour les vaches laitières, les taux doivent varier selon les conditions d’alimentation, la période de vêlage, et même au cours de la lactation. S’il est difficile d’estimer la composition du lait des vaches allaitantes, elles doivent toutes produire un lait semblable quelle que soit leur race, car pour une même quantité de lait ingérée en Salers, Limousine et Charolaise, les gains de poids sont similaires. En vêlage d’hiver, les vaches ayant vêlé précocement présentent des niveaux de production inférieurs à ceux des vaches ayant vêlé aux dates prévues. Après vêlage, la vache multiplie par 4 ses besoins en calcium. Si ses besoins ne sont pas satisfaits par l’alimentation, la vache laitière va puiser dans ses réserves sanguines.

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Le BACA : un indicateur clé pour la préparation au vêlage

Le BACA correspond au bilan alimentaire cations-anions de la ration : c’est la différence entre des agents alcalinisants (Na+, K+) et acidifiants (Cl-, S2-). Un BACA négatif stimule la parathormone (hormone qui régule le taux de calcium dans le sang) et donc la disponibilité du calcium. Les rations avec un BACA négatif stimulent mieux la mobilisation du calcium osseux, mais surtout la part de calcium assimilée par la ration via les parois intestinales. Il est recommandé d’obtenir un BACA négatif de la ration des vaches en préparation au vêlage. Pour ce faire, il existe plusieurs types de sels anioniques et types d’anions sur le marché qui permettent de réduire le BACA. La dose devrait être ajustée en fonction des fourrages et des objectifs d’acidification de la ration. Attention, le classique sel anionique utilisé, à savoir le chlorure de magnésium, a un goût et une odeur désagréable pour les vaches.

Maîtriser le coût alimentaire : un enjeu économique majeur

Le calcul du coût alimentaire représente un double enjeu. Premièrement, c’est un repère pour l’éleveur afin de piloter au mieux son atelier laitier. Par exemple, avec une production moyenne de 500 000 litres de lait, un gain de 5 euros pour 1 000 litres de coût alimentaire représente une économie potentielle de 2 500 euros de charges. Deuxièmement, il permet de se comparer entre exploitants pour se positionner et se fixer des objectifs.

Méthodes de calcul du coût alimentaire

Sur sa composition, les organismes de conseil sont globalement tous d’accord. Le coût alimentaire est la somme de trois composantes : la surface fourragère ; les achats de concentrés-minéraux et additifs ; ainsi que les achats de fourrages et coproduits. Là où il n’y a pas de consensus, c’est sur le calcul du coût des fourrages produits. De nombreuses méthodes sont possibles. Elles dépendent de la facilité à collecter des données individualisées en élevage. On peut citer : la méthode du coût opérationnel et celle du coût rendu auge.

La méthode du coût opérationnel

Cette méthode de calcul tient compte des intrants de production (engrais, semences et produits phytosanitaires), auxquels s’ajoutent les frais de mécanisation liés aux semis et à la récolte. Ces deux chantiers étant le plus souvent externalisés, il est facile de retrouver le montant facturé par l’entreprise de travaux agricoles. Pour les éleveurs équipés, les conseillers recourent à un montant forfaitaire issu de références régionales.

Cette méthode permet de facilement se comparer car les données utilisées sont communes à tous les élevages. La comparaison aux résultats de la marge brute est possible car elle ne tient compte que des charges opérationnelles engagées. Cependant, ce mode de calcul présente aussi certaines limites car il ne permet pas de raisonner au mieux son système fourrager. En effet, on ne peut pas conclure sur l’intérêt d’un fourrage plutôt qu’un autre au regard de son coût global, c’est-à-dire de l’implantation à la distribution. Le poste mécanisation reste intimement lié à la politique d’investissement du chef d’exploitation.

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La méthode du coût rendu auge

Elle s’avère intéressante dans une démarche de conseil pour décider de sa stratégie fourragère. Elle permet en effet de comparer l’intérêt d’implanter un fourrage par rapport à un autre ou encore par rapport à un achat externe (fourrage ou coproduit). Seul bémol, elle est très fastidieuse à calculer et à individualiser. Les données utilisées sont le plus souvent issues de référentiels, notamment pour la mécanisation et la main-d’œuvre. Cet indicateur reste fortement corrélé à la politique d’investissement du chef d’exploitation et rend donc la comparaison plus difficile.

Autres variantes

Pour les coûts liés à la surface fourragère, d’autres formules coexistent. Le coût du foncier peut notamment être comptabilisé, en plus des charges opérationnelles liées aux intrants et des frais de semis et de récolte. Certaines formules élargissent encore ce calcul en intégrant les frais de mécanisation relatifs à l’ensemble de l’itinéraire technique, on parle alors de « coût rendu silo ». Une autre variante consiste à ajouter aux charges opérationnelles la marge non réalisée sur une culture de vente pour prendre en compte la notion de concurrence entre ateliers.

Calcul en €/1 000l ou en €/VL ?

Le coût alimentaire s’exprime parfois en €/1 000 l et parfois en €/VL. Le calcul en €/1 000 l favorise les exploitations de grande dimension qui obtiennent des économies d’échelle par la dilution de leurs charges. Cette méthode de calcul est aussi plus communément utilisée car elle se base, le plus souvent, sur les données comptables et se calcule une fois par an dès la sortie du bilan. Le calcul en €/VL permet de se comparer entre exploitants et tient compte des moyens mis en œuvre pour la production du troupeau. Son avantage est d’être dissocié de la comptabilité et de se calculer facilement au mois le mois en fonction des quantités consommées par catégorie d’animal (vaches en lactation, vaches taries, renouvellement), multipliées par le prix de marché. Cela rend l’analyse plus pertinente et les plans d’action plus adaptables aux évolutions conjoncturelles (prix des intrants, prix du lait), aux opportunités du marché (coproduit à prix intéressants), disponibilités et qualité des fourrages autoproduits (pousse de l’herbe ? etc.).

Avis d’expert

Laurianne Carbonnaux, consultante Seenorest, souligne qu'il n'y a « Pas de bonne ou de mauvaise méthode ». « Chaque méthode a ses spécificités. Aucune n’est préférable à l’autre. L’important est surtout de savoir ce qui se cache derrière les calculs pour comparer des éléments comparables. La méthode choisie dépendra de différents paramètres. D’abord, du niveau d’information souhaité : veut-on un calcul très précis à l’échelle de l’exploitation, ou un outil simple et facile à calculer ? Mais aussi de la capacité à individualiser le calcul : dispose-t-on des informations nécessaires et du temps suffisant pour calculer au plus juste ce coût dans son élevage ? La périodicité à laquelle on souhaite calculer le coût alimentaire (annuellement ou mensuellement) entre aussi en ligne de compte. Et enfin, le choix dépendra du niveau de conseil souhaité en fonction de sa finalité. »

Le tarissement : une étape clé pour la lactation future

Le tarissement chez la vache laitière est la période durant laquelle la sécrétion de lait s’interrompt. Elle s’étend de 45 à 60 jours avant la mise-bas. Quinze jours avant le jour du tarissement, les concentrés doivent être diminués, et être supprimés les 3 ou 4 derniers jours de lactation. Il faut éviter une diète de fourrage ou d’eau, qui stresse beaucoup la vache et qui peut entraîner un amaigrissement non négligeable. La vache ne doit ni s’engraisser ni maigrir. Sa Note d’Etat Corporel (NEC) doit être idéalement de 3,25 à 3,75 à l’entrée au tarissement et se maintenir ainsi jusqu’au vêlage (c’est plutôt dans les 2 derniers mois de lactation que la NEC doit être corrigée). Si une vache est tarie trop grasse, elle ne doit pas perdre d’état sous peine d’être pénalisée, par une diminution plus précoce et plus importante de sa capacité d’ingestion en fin de tarissement. La ration alimentaire doit être peu énergétique et assez encombrante (en pratique : riche en fibre et pauvre en glucides type amidon). La quantité de matière sèche ingérée quotidiennement doit être entre 12 et 14 kg (environ 2% du poids vif de l’animal). Cela permet de maintenir un bon volume du rumen, indispensable à une reprise d’appétit précoce après le vêlage. Le stress, dû au changement brutal d’alimentation lors du tarissement, limitant l’ingestion. Le tri de la ration. En effet, pour réduire les apports énergétiques, il sera important d’associer ce fourrage à de la paille ou du foin de qualité moyenne. Or, l’appétence étant diminuée, les vaches auront tendance à trier. La compétition entre vaches. C’est la phase déterminante pour la préparation de la lactation et pour la prévention des maladies métaboliques. Pour permettre une efficacité de la flore bactérienne du rumen dès le vêlage, les fourrages et concentrés de la ration des vaches en lactation doivent être réintroduits progressivement dans les trois semaines auparavant. Durant le début du tarissement, la taille des papilles ruminales, responsables, entre autres, de l’absorption des acides gras dans le rumen, peuvent diminuer jusqu’à 50 %. La capacité d’ingestion diminue durant cette 2e phase, cela étant dû à la place toujours plus grande prise par l’utérus dans le dernier mois de gestation, comprimant le rumen. Les jours précédant le vêlage, cette capacité d’ingestion diminue de 30 à 35 %, une vache de 650 kg ne consomme alors plus qu’environ 9 kg de matière sèche. Le système immunitaire est bien moins fonctionnel dans les 4 semaines entourant le vêlage, la vache est donc plus sensible aux infections (principalement les mammites d’environnement). Il faut donc renforcer au maximum cette immunité (via le système antioxydant) en complémentant les animaux en oligo-éléments et vitamines : zinc, sélénium, vitamines A, C et E, cuivre, manganèse, fer (d’autant qu’il y a une exportation de ces éléments et molécules dans la mamelle pour l’élaboration du colostrum). Lors d’un tarissement long, les 2 phases alimentaires décrites plus haut sont à privilégiées. Le tarissement est une période charnière dans le cycle de production et de reproduction de la vache laitière. Un tarissement bien mené contribue à assurer un vêlage sans problème, un colostrum de bonne qualité et donc un veau en bonne santé, et un début de lactation sans pathologie métabolique telles que fièvre de lait ou cétose.

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Stratégies pour réduire le coût de l'alimentation

La réduction du coût de l’alimentation doit être raisonnée en fonction des objectifs de production recherchés par l’éleveur (niveau de croissance, état de finition…) et des compensations biologiques entre l’alternance des périodes d’alimentation restreintes ou non. Favoriser la consommation de fourrages (pâturage ou stocks) par le troupeau reproducteur ou les animaux en finition permet également de répondre à cet objectif, notamment en réduisant le recours aux concentrés. Une analyse de la valeur alimentaire des fourrages assure un meilleur ajustement des apports aux besoins des animaux. Les concentrés représentent un poste de charge alimentaire important.

Valorisation de l'herbe de printemps

La saison de pâturage est désormais lancée en France. Pour valoriser au mieux l’herbe de printemps, une transition alimentaire progressive au moment de la mise à l’herbe est nécessaire. En effet, l’herbe de printemps est riche en eau, en énergie et en azote, mais elle est pauvre en fibres, en sodium et en magnésium. Celle-ci est donc très appétente ce qui va entraîner une ingestion importante avec un transit trop rapide qui ne permet pas une valorisation optimale. Que faire ? Apporter un fourrage grossier (foin ou paille) lors de la mise à l’herbe durant 2 à 3 semaines en évitant les enrubannages ou les foins de deuxième coupe. Les animaux mettent souvent quelque temps (entre 5 à 10 jours), pour ressentir les effets laxatifs de l’herbe jeune. La mise à l’herbe doit s’effectuer à 300 °C jour dès lors que les sols sont portants et que la hauteur d’herbe avoisine 9-10 cm (herbe à la cheville) afin d’avoir une herbe feuillue de bonne valeur nutritive. En début de saison, l’herbe pâturée est un fourrage équilibré qui ne nécessite pas de complémentation. Tout au long de la saison de pâturage, la conduite en pâturage tournant permet une meilleure valorisation du potentiel herbager et une réduction des besoins en concentrés, d’autant plus si les prairies sont riches en légumineuses.

Optimisation de la production de fourrages

Produire des fourrages plus riches en énergie et en matières azotées est une stratégie gagnante pour réduire les apports en concentrés azotés de la ration. Cela passe par l’optimisation du stade et de la technique de récolte. Par exemple, un gain de 8 g PDIE/kg MS d’ensilage d’herbe en ensilant précocement (1 semaine avant début épiaison au stade feuillu) est possible. De plus, le fourrage sera moins encombrant et plus riche en énergie, ce qui améliorera l’ingestion. Pour un troupeau de 70 vaches allaitantes alimentées en bâtiment pendant 200 jours, l’introduction de 3 kg de MS d’ensilage d’herbe/vache/jour dans la ration hivernale représente une économie de l’ordre de 3 tonnes de tourteau de soja/an. A moyen terme, une réflexion peut être conduite sur la nature des prairies.

Complémentation des veaux sous la mère au pâturage

L’efficacité de la complémentation des veaux sous la mère au pâturage, mesurée dans différents essais, varie fortement en fonction de la disponibilité en herbe. Ainsi, une réduction de 1 kg par jour de l’apport de concentrés se traduit par une baisse de la croissance des veaux de l’ordre de 120 à 300 g/j. La réduction d’apport de concentrés permet une ingestion supplémentaire d’herbe presque équivalente à condition qu’elle soit disponible sur la parcelle. Le graphique illustre l’évolution de la consommation de concentrés par un veau allaitant Charolais de 4 mois et de 180 kg vifs avec des concentrés à volonté sur les 100 derniers jours avant le sevrage au pâturage selon la qualité de l’herbe disponible (2 situations : herbe limitante et non limitante). Le graphique montre que la consommation de concentrés par des veaux nés en hiver augmente de façon quasi linéaire au fil des semaines, lorsque la distribution est faite à volonté au pâturage. La consommation de concentrés par les broutards varie en fonction de la qualité de l’herbe offerte. Un bon moyen de réduire la dépendance en concentrés et l’impact d’un surcoût est donc d’améliorer la gestion du pâturage.

Restriction des apports de concentrés en hiver

Une réduction des apports de concentrés jusqu’à 1,5 kg/vache/jour pendant 2 à 3 mois sur la seconde partie de l’hiver est possible. En pratique, cela correspond à une suppression de l’apport de concentrés pour les multipares. En contrepartie, une perte d’état corporel de l’ordre de 0,2 point et une diminution de la croissance des veaux d’environ 100 g/j sont attendues. Si les fourrages sont distribués à volonté, la consommation supplémentaire de fourrages permise par la réduction des concentrés viendra atténuer ces effets. Suite à une période de restriction, le pâturage de printemps permettra une reprise d’état corporel des vaches plus rapide et une stimulation de la production laitière.

Conditions préalables à la suppression des concentrés

Disposer de fourrages de qualité et en quantité suffisante pour terminer la période hivernale, Avoir des vaches avec une note d’état corporel moyenne de 2,0 en milieu d’hiver, Avoir des disponibilités de surfaces pâturées au printemps et optimiser la conduite au pâturage afin d’avoir suffisamment d’herbe jusqu’au sevrage des veaux. Avant de supprimer l’apport de concentrés dans les rations, il faut d’abord s’assurer que l’on dispose de stocks fourragers de qualité « ordinaire » et que les animaux l’ingèrent en quantité suffisante (environ 1,6 kg de MS ingérée/100 kg de poids vif avant le vêlage et 1,8 kg de MS ingérée/100 kg de poids vif un mois après le vêlage). Sans apport de concentrés et avec des animaux en bon état corporel en début d’hiver, la note d’état corporel moyenne des vaches passera de 3 à 2 durant la période hivernale, ce qui correspond à une perte de poids d’environ 50 kg vifs en considérant des vaches de 750 kg vifs. Durant cette phase du cycle de production, il faut impérativement que les vaches soient en situation de reprise de poids. Pour cela, il est nécessaire de déterminer la valeur alimentaire des fourrages, le taux de matière sèche de l’ensilage le cas échéant, et les quantités distribuées de fourrages. Si les besoins ne sont pas couverts, une quantité de concentré énergétique et/ou protéique sera ajoutée pour équilibrer la ration. Une analyse de fourrages et un contrôle par pesée des quantités offertes peuvent permettre d’économiser jusqu’à 1 kg de concentrés par vache et par jour.

Allotement des vaches et rationnement

Dans les systèmes allaitants qui utilisent des mélangeuses, le principe est d’alloter les mères en fonction de la date de vêlage prévue ou réalisée. Lorsque primipares et multipares sont mélangées dans une même case, la distribution d’une ration mélangée unique, conduit à une mauvaise répartition de l’alimentation apportée, à cause de la différence de capacité d’ingestion des jeunes et des adultes (10 à 15 % d’écart). Dans ce cas, la ration conduit à un état corporel des adultes plus élevé et souvent excessif (vaches grasses) et se révèle finalement coûteuse. Dans les systèmes avec ensilage de maïs, un état corporel des vaches excessif est souvent constaté en période hivernale. Dans cette situation, les régimes alimentaires manquent en général de fibrosité et sont de fait, ingérés en trop grande quantité. La marge de manœuvre ne porte pas sur la réduction de la complémentation mais plutôt sur une diminution globale des quantités apportées. En effet, il n’est pas toujours nécessaire de saturer la capacité d’ingestion des vaches et une alimentation rationnée sur certaines périodes peut parfois permettre des économies substantielles. Des observations réalisées à la ferme de Jalogny montrent qu’à défaut de pouvoir apporter de la fibre complémentaire (paille ou foin), des vaches et génisses alimentées à hauteur de 80 % de leur capacité d’ingestion ne posent pas de problème de comportement.

Gestion de la croissance des génisses

Après la puberté (autour de 450 kg vifs), les génisses tolèrent des fluctuations de croissance. La réduction de 1 UFL du niveau énergétique de la ration (soit 1 kg de céréales) se traduira par une baisse de la croissance de 200 g/j, soit 10 à 20 kg de poids vif en moins qui sont « rattrapables » lors de la mise à l’herbe au printemps. L’organisation du pâturage de printemps doit permettre une disponibilité d’herbe suffisante en quantité et en qualité, notamment sur la deuxième partie du printemps.

L'importance des minéraux et oligo-éléments

Les minéraux et oligo-éléments sont indispensables tant sur le plan sanitaire, que pour la croissance et la production de vos bovins. Hypocalcémie vitulaire, tétanie, non délivrance, perte de système immunitaire, acidose.

Exemples de rations alimentaires

Ration classique pour vaches allaitantes

Souvent, les éleveurs français donnent à leurs vaches à l'étable une ration à base d'herbe composée de foin à volonté, complété d'1 kg de blé tendre par jour. Si on retire le blé tendre de cette ration, on rééquilibre l'apport d'énergie (UFL) et d'une partie des protéines. Les PDIE restent élevées dans ce cas à cause d'un foin de première coupe, riche en énergie. Les besoins des vaches allaitantes vont évoluer au cours de l'hiver, leurs besoins en énergie augmentant notamment dans les semaines suivant le vêlage.

Ration pour troupeau de vaches Charolaises à l'engrais

Voici une ration assez classique pour un troupeau de 50 vaches ou génisses charolaises de 24 mois à l'engrais. Elle contient 4,27 kg d'ensilage de maïs, 1,32 kg de paille de blé, 2,59 kg de maïs, 2,60 kg de blé tendre, 1,32 kg de tourteau de soja 48 et 0,3 kg de minéral 10 20 par vache et par jour. Cette première ration est assez bien équilibrée comme le montrent les indicateurs ci-dessus, mais offre légèrement trop de PDIN et PDIE, de protéines respectivement issues de l'azote et de l'énergie ingérées. Elle permet de bonnes performances avec un GMQ (Gain de poids Moyen Quotidien des animaux) de 1 260 grammes.

Ration alternative

Ce nouveau mélange conserve la base de 4,27 kg d'ensilage de maïs ainsi que les 2,6 kg de blé tendre. Pour les protéines, on remplace le tourteau de soja par de la drèche de blé. On ajoute du maïs épi, qui est, selon Arnaud, "si vous manquez d'énergie, le fourrage le plus intéressant au rapport qualité prix". Cette seconde ration est donc plus équilibrée, notamment au niveau des quantités d'azote apportée.

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