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Courbe de Température et Ovulation Tardive : Causes et Interprétations

L'ovulation est un moment clé du cycle menstruel féminin, synonyme de fertilité. Comprendre son déroulement et les facteurs pouvant l'influencer est essentiel, notamment en cas de désir de grossesse. Cet article explore en profondeur les causes et les implications de l'ovulation tardive, ainsi que l'intérêt du suivi de la courbe de température basale.

Qu'est-ce que l'Ovulation Tardive ?

L'ovulation se produit lorsque l'ovule est libéré par un follicule mature de l'ovaire, prêt à être fécondé par un spermatozoïde dans une trompe de Fallope. Dans un cycle classique de 28 jours, l'ovulation survient généralement 14 à 16 jours avant le premier jour des prochaines règles. On parle d'ovulation tardive lorsque l'ovule est libéré plus tard, généralement à partir du 21ème jour avant le premier jour des prochaines règles.

Selon la Dre Elizabeth Paganelli, gynécologue, sur un cycle menstruel long de 35 jours, on estime que l'ovulation survient au 21ème jour.

Le Cycle Menstruel : Un Rappel

Pour bien comprendre l'ovulation tardive, il est important de rappeler les différentes phases du cycle menstruel :

  • Les menstruations : le premier jour des règles marque le début du cycle.
  • La phase folliculaire : cette phase débute le premier jour des règles et dure jusqu'à l'ovulation. Elle correspond à la période de croissance des follicules sous l'influence de l'hormone FSH sécrétée par l'hypophyse. La durée de cette phase, d'environ 14 jours, peut varier et influencer la date de l'ovulation.
  • L'ovulation : l'ovule est libéré de l'ovaire.
  • La phase lutéale : cette phase débute après l'ovulation. L'ovulation entraîne la fabrication de la progestérone, qui prépare l'endomètre à accueillir le futur fœtus. Cette hormone est sécrétée à partir du corps jaune, présent après la libération de l'ovocyte. La présence de progestérone génère de la chaleur corporelle, c’est l’effet hyperthermique. Elle augmente la température basale corporelle (température du corps au repos). Pour permettre à l’embryon de s’installer, elle doit durer au minimum 11 jours. Si cette phase est trop courte, il faut en informer le médecin ou le gynécologue qui suit la patiente.

La durée moyenne d'un cycle est de 28 à 30 jours, mais cela peut varier considérablement d'une femme à l'autre, et même d'un cycle à l'autre en cas de cycles irréguliers. Certaines femmes ont des cycles courts (moins de 26 jours) tandis que d'autres ont des cycles longs de 35, voire 40 jours.

Lire aussi: Tout savoir sur la courbe de température d'ovulation

Causes Possibles d'une Ovulation Tardive

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'une ovulation tardive :

  • Cycles longs naturels : Chez une femme qui a toujours présenté une ovulation tardive avec des cycles menstruels longs, la seule conséquence sera qu'elle aura mathématiquement moins d'ovulations au cours de l'année, donc des chances plus réduites d'avoir un enfant. Des cycles longs peuvent être le signe d’ovaires un peu fainéants, sans que cela ne soit pathologique cependant.
  • Facteurs liés au mode de vie : Des carences alimentaires, une brusque perte de poids, une période de grand stress, un choc affectif peuvent également avoir un impact sur la durée du cycle. L'environnement et les événements peuvent avoir un impact considérable sur l'activité hormonale ovarienne.
  • Problèmes de santé : Parfois, des cycles longs peuvent être la conséquence d'un problème gynécologique, et notamment un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou dystrophie ovarienne, une pathologie qui touche 5 à 10% des femmes et l'une des causes de stérilité les plus fréquentes. L'ovulation tardive peuvent aussi accompagner une affection assez courante : le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou des anomalies du fonctionnement de la thyroïde.
  • Autres causes : Une maladie (maladie de Crohn, par exemple) ou avec un choc émotionnel ou environnemental (deuil, séparation…).

Impact de l'Ovulation Tardive

L'impact de l'ovulation tardive dépend de sa cause :

  • Si l'ovulation tardive est habituelle : Chez la femme qui a toujours eu des cycles longs, la seule conséquence sera mathématique : celle-ci ayant moins d’ovulations au cours de l’année, elle aura donc moins de possibilités de tomber enceinte. Mathématiquement cependant, des cycles longs se traduisent par des cycles moins nombreux sur l’année : « au lieu de 12 cycles par an, une femme ayant des cycles longs peut n’en avoir que 8 ou 9 ». Soit autant d’occasions en moins pour une éventuelle rencontre entre l’ovule et un spermatozoïde et une fécondation.
  • Si l'ovulation tardive est liée à une maladie ou un choc : On pourra observer une ovulation de moindre qualité.

Suivi de la Courbe de Température Basale

La courbe de température est un outil précieux pour comprendre son cycle menstruel et détecter l'ovulation, même tardive. Elle consiste à prendre sa température tous les matins, au réveil, avant de poser le pied à terre, si possible à la même heure, et de reporter les valeurs sur un graphique. Débuter dès le premier jour des règles. Prendre la température tous les matins (même pendant les règles), au réveil, avant même de poser le pied à terre, si possible à la même heure.

Voici les différentes phases observées sur une courbe de température typique :

  • 1ère phase : (plate) Pendant les jours qui suivent les règles la température basale se maintient au dessous de 37°C. Il n'existe pas de température basale « normale » ; chaque femme a sa propre température de base. Cette phase correspond à la croissance folliculaire = phase folliculaire. Théoriquement, le nadir ou le point le plus bas de la courbe de température (que l'on observe juste avant le décalage thermique) correspond à l’ovulation.
  • 2ème phase : (ascension thermique) Ascension thermique de 3 à 5 dixièmes de degré qui survient brusquement vers le 14ème jour du cycle (ou dans certains cas, en quelques jours). Ce qui compte c’est la survenue d’un décalage thermique. La courbe est dite alors "biphasique".
  • 3ème phase : (plateau hyperthermique) La température va se maintenir élevée pendant 10 à 12 jours. Cela traduit l’influence de la progestérone sécrétée par le corps jaune et correspond à la phase lutéale. Normalement la phase progestative du cycle varie peu dans la durée. Elle est de 14 jours plus ou moins 2 jours.
  • 4ème phase : (chute de la température) Chute de la température, qui survient la veille ou pendant les premiers jours des règles pour atteindre une température basale identique à celle précédent le plateau thermique.

L'étude de la courbe thermique est basée sur l'effet hyperthermiant de la progestérone sécrétée par le corps jaune en deuxième moitié du cycle menstruel.

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Comment Interpréter une Courbe de Température ?

Tu peux imprimer le graphique d’une courbe de température vierge, noter les résultats et tes observations dans un carnet ou sur ton téléphone. L’important, c’est d’avoir toutes les informations nécessaires pour pouvoir montrer l’évolution au médecin.

Plusieurs cas de figure peuvent apparaître en observant ta courbe de température :

  • La phase lutéale est trop courte : moins de 11 jours s’écoulent entre l’ovulation et le début des règles suivantes. Ton médecin doit t’aider à trouver une solution pour rallonger cette phase. La prise de certaines plantes peut grandement aider mais attention à ne pas jouer les apprentis sorciers ! Cela pourrait avoir des interactions avec ton protocole PMA.
  • La courbe est irrégulière en phase lutéale : cela signifie que la progestérone a du mal à se maintenir, ce qui cause des cycles irréguliers. L’endomètre est donc moins bien préparé à accueillir un embryon. Là encore, il existe des traitements et des solutions naturelles pour rééquilibrer la production hormonale.
  • La courbe est positive : hausse de température qui forme un plateau pendant au moins 3 jours d’affilée (0,3 degrés de plus que les 6 jours précédents). Tu as ovulé ! La période fertile s’étend quelques jours avant et quelques jours après l’ovulation. Il n’y a pas de température idéale pour détecter l’ovulation, et elle ne sera jamais trop basse. C’est l’évolution positive de la courbe qui en témoigne.
  • La température reste constante tout au long du cycle : si tu n’observes aucune hausse de température, c’est que tu n’as pas ovulé. Les variations de 0,1 degrés sont courantes et ne sont pas à prendre en considération.

Pour faire simple : pas d’ovulation, pas de sécrétion de progestérone, pas d’augmentation de température. Une grossesse est donc impossible. Garde en tête que chaque cycle est différent et que tu peux malgré tout ovuler lors des cycles suivants.

La Courbe de Température Dysovulatoire

La courbe de température dysovulatoire est une des courbes de température qui, au cours d’un projet bébé, indique un trouble de l’ovulation. Elle se traduit par une montée de la température tardive ou lente. De même, dans le cas d’une courbe dysovulatoire, la durée du plateau thermique est souvent courte. Elle peut survenir avant ou après une grossesse, parfois aussi après une fausse couche. Parmi les causes, on note l’hyperprolactinémie (sécrétion excessive de prolactine, hormone secrétée par la glande hypophysaire), ovaires micropolykystiques (se caractérisant par une élévation du taux des hormones sexuelles mâles), insuffisance ovarienne periphérique…). Si les causes sont multiples et peuvent varier d’une personne à l’autre, il arrive souvent que ce type de courbe ne soit que temporaire.

Conseils pour un Suivi Efficace de la Courbe de Température

Voici quelques astuces pour calculer ta courbe de température :

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  • Utiliser le matériel adapté : Je te conseille un thermomètre à double décimale (deux chiffres après la virgule), qui recueille la température de manière précise. Les variations de température sont minimes ! On parle d’un écart de 0,1 à 0,3 degrés. Il s’agit de prendre en compte les dixièmes et non pas une hausse de plusieurs degrés. Tu peux également te munir d’un moniteur de fertilité, connecté à une application de suivi.
  • Trouver le bon moment : L’idéal est de prendre ta température le matin, avant de démarrer la journée. Tout mouvement réchauffe le corps. Évite donc de t’étirer, de bouger, de te redresser avant d’utiliser le thermomètre. Dès ton réveil, reste allongée, prends ta température et note-la, puis tu peux te lever. Attention, tu dois respecter une prise de mesure à la même heure chaque jour (une heure de décalage grand maximum), pour que la courbe soit fiable. C’est une contrainte à intégrer : tu devras mettre un réveil pour mesurer ta température, y compris le week-end et pendant les vacances.
  • Faire preuve de régularité : Commence le premier jour de tes règles, et surtout conserve ce rituel dans le temps. Pour une courbe représentative, veille à conserver le même endroit pour chaque prise, en plus de la même heure. Observe l’évolution pendant 3 mois consécutifs, pour commencer. Tu pourras détecter des tendances (un cycle court ou long, une ovulation prématurée ou tardive), et mettre en relation certains signes avec le stade correspondant.
  • Observer les signaux du corps : Note ce que tu ressens au quotidien (maux de tête, douleurs au niveau des ovaires, irritabilité, fatigue, nausées, transit perturbé, aspect de la glaire cervicale…). Il s’agit de la méthode de la symptothermie. Chaque femme étant différente, tu peux ressentir un ou plusieurs de ces désagréments, ou bien aucun. Ces ressentis permettent souvent de situer l’ovulation en complément de l’observation de la courbe.
  • Prendre en compte les éléments extérieurs : N’oublie pas de noter les détails qui pourraient expliquer une variation de température (stress, maladie, prise de médicaments, sommeil perturbé…). Dormir suffisamment joue un rôle important sur les variations observées. Si tu dors moins de 5 heures consécutives, la température peut être faussée. Ces informations permettront d’identifier les facteurs externes qui perturbent la courbe.

Il s’agit de la prise quotidienne de la température reportée sur un graphique sur lequel peuvent également être mentionnés : les règles, les pertes blanches, l’abondance de la glaire cervicale, les douleurs pelviennes, les douleurs ou la tension mammaire, les rapports sexuels, la survenue de saignements intermenstruels ou de fièvre, la prise de thérapeutiques.

Tests d'Ovulation et Pic de Glaire

Les tests d'ovulation mesurent le pic de l'hormone LH, qui précède généralement l'ovulation de 24 à 48 heures. Le pic de glaire fertile est un autre indicateur d'ovulation.

Des tests d’ovulation sont proposés en vente libre dans le commerce pour faciliter la mise en route d’une grossesse. Ces tests réagissent avec l’urine pour indiquer les jours où on a le plus de chance de tomber enceinte après un rapport sexuel. Les tests d’ovulation clearblue notamment, sont particulièrement connus mais il en existe d’autres comme ovulatest ou encore Suretest.

Interprétation Imprécise de la Courbe de Température

Aujourd’hui on sait que l’interprétation d’une courbe de température peut être imprécise car la survenue réelle d’une ovulation peut être décalée de quelques jours par rapport au nadir. On constate un retard de règles associé à un plateau thermique qui se prolonge au delà de 16 jours parallèlement au retard des règles. Un plateau thermique de 21 jours permet d’affirmer avec certitude une grossesse débutante. A l’inverse, malgré un retard de règles, on peut affirmer l’absence de grossesse s’il n’y a pas de plateau thermique. Préciser la durée du corps jaune = le nombre de jours du plateau hyperthermique.

Que Faire en Cas d'Ovulation Tardive ?

Si vous suspectez une ovulation tardive, il est conseillé de consulter un médecin gynécologue. Une femme qui nourrit un projet de grossesse et présente des cycles longs et irréguliers doit consulter son gynécologue. « En première intention on prescrira un bilan hormonal afin de vérifier la prolactinémie - c’est-à-dire le taux de prolactine dans le sang - ainsi que la FSH », explique la Dre Bagot. « On demandera également à la patiente de faire sa courbe de température : c’est très simple à réaliser et cela donne rapidement une idée du cycle.

Le traitement de l'ovulation tardive dépend bien entendu de la cause. Un bilan sanguin sera réalisé afin de doser différentes hormones : l’hormone folliculo-stimulante (FSH), l’hormone lutéinisante (LH), la prolactine, l’oestradiol. Dans certains cas de SOPK, un traitement de stimulation ovarienne permettra d’obtenir une ovulation de meilleure qualité. Les examens complémentaires ne doivent être prescrits qu’après avoir réalisé un examen clinique approfondi. Certains examens para cliniques relèvent des compétences de la sage-femme et peuvent être effectués dans le cadre du suivi gynécologique de prévention. Ils peuvent être prescrits sur signes d’appel anamnestiques et/ou cliniques. Il convient d’éviter toute demande d’examens inutiles, coûteux, parfois invasifs et douloureux pour la patiente.

Symptômes d'Ovulation (Même Tardive)

Il existe plusieurs symptômes permettant à la femme de savoir si elle est en période d'ovulation (même tardive).

  • Un changement de la température basale du corps (TBC).
  • Une modification de la glaire cervicale qui devient plus importante, plus fine et visqueuse au moment de l'ovulation.
  • Un changement au niveau du col de l'utérus qui devient plus souple, plus humide et plus largement ouvert pendant l'ovulation.
  • Si vous êtes attentives aux signaux de votre corps, vous pourrez parfois sentir cette douleur en bas du ventre, à gauche ou à droite, durant la période d’ovulation. Ce n’est pas une douleur forte, plutôt une sorte de pincement ou de crampe momentanée.

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