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Couches pour bébés : Composition toxique et alternatives plus sûres

L'inquiétude grandit quant à la composition des couches pour bébés disponibles sur le marché. Des études récentes ont révélé la présence de substances potentiellement toxiques dans de nombreuses marques, y compris celles se présentant comme écologiques. Cet article se penche sur les substances problématiques identifiées, les marques concernées, les mesures prises par les autorités et les alternatives plus sûres pour protéger la santé des bébés.

La présence de substances indésirables

Plusieurs enquêtes ont mis en évidence la présence de résidus de pesticides, de glyphosate, d'hydrocarbures aromatiques polycycliques, de dioxines, de traces de composés organiques volatils et de formaldéhyde dans les couches pour bébés. Le glyphosate, notamment, a été classé "cancérigène probable pour l'homme" par le Centre International de Recherche sur le cancer (CIRC).

Parmi les marques pointées du doigt, on retrouve des couches conventionnelles comme les "Pampers Baby Dry" et des couches écologiques comme les "Carrefour Baby Eco Planet". Il est important de noter que ces fabricants affirment respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur, ce qui soulève la question du niveau d'exigence de cette réglementation.

En 2017, une enquête menée par 60 millions de consommateurs a révélé que sur 12 couches de marques différentes, seulement 2 d'entre elles ne contenaient pas de "résidus potentiellement toxiques".

Manque de transparence des marques

Le manque de transparence des marques concernant la composition de leurs couches est également un sujet de préoccupation. Certaines marques se contentent d'inscrire des mentions vagues sur les emballages, sans détailler les substances utilisées. Par exemple, Pampers, leader du secteur, indique que ses couches sont "douces comme de la soie", sans préciser que cette douceur est due à la cellulose (fibre issue du bois) et à plusieurs matières plastiques.

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Aucun paquet de couche ne présente la composition. Il est écrit qu'on peut la consulter sur leur site Internet. Sur le site internet de Pampers, on constate un schéma sommaire, suivi du détail de la composition de chaque partie, mais sans description exacte. L'utilisation de chaque composant est simplement justifiée par un témoignage de «professeur», ou par des exemples d'utilisation dans d'autres produits.

Marques plus sûres et alternatives

Heureusement, certaines marques se distinguent par l'absence de substances potentiellement toxiques dans leurs couches. C'est le cas des marques écologiques "Love&Green" et "Mots d'enfants" (Leclerc). En plus de ne présenter aucun risque sanitaire, ces couches sont parmi les moins chères du marché.

Depuis l'enquête menée par 60 millions de consommateurs en 2017, il existe de plus en plus de marques de couches engagées, dont la composition ultra safe et la transparence sont leurs priorités. C’est le cas notamment de la marque française éco-responsable Les Petits Culottés, qui affiche sur son site internet des rapports toxicologiques plusieurs fois par an pour les couches afin d’écarter la présence de composants toxiques, substances nocives et perturbateurs endocriniens. En plus d’être clean pour la santé de nos bébés, les couches Les Petits Culottés sont classées A et obtiennent la meilleure note du marché quant à la qualité d’absorption, soit 90/100 ! Une prouesse inégalée qui s’explique par l’utilisation de cellulose naturelle certifiée FSC et TCF !

Réaction des autorités et évolution de la situation

Face à la polémique, les autorités ont réagi. En janvier 2019, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) publiait une enquête sur les couches jetables pour bébé, révélant la présence de substances chimiques dans 23 des modèles testés à l'époque. Le gouvernement a exigé des fabricants qu'ils réduisent drastiquement leur présence et qu'ils informent mieux de la composition sur les étiquettes.

La DGCCRF indique que cinq des modèles testés ne contiennent aucune trace de pesticides ou d'allergènes sur les huit substances chimiques qui ont été évaluées par ses laboratoires. «Les résultats sont positifs et les améliorations très nettes. […] Même s'il reste encore quelques progrès à faire, la situation, qui n'était pas acceptable l'an dernier, est bien plus favorable aujourd'hui», commente Loïc Tanguy, directeur de cabinet de la DGCCRF, dans Le Parisien.

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Dans une enquête complémentaire menée fin 2020, la DGCCRF confirme "l'absence de dépassement des seuils sanitaires" et "l'amélioration de la qualité de 9 références" de couches jetables pour bébés.

En juillet 2020, la DGCCRF avait analysé la composition de 32 modèles de couches vendus en France. Les résultats étaient déjà encourageants : la composition des couches est bien meilleure qu'avant depuis la mise en garde du gouvernement à destination des fabricants de couches en janvier 2019. Aucune couche ne présente de substances toxiques (pesticides, allergènes, phtalates, dioxines, hydrocarbures, furanes…) au-delà des seuils recommandés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Dans un avis publié ce 22 décembre 2020, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) propose, dans le cadre de la réglementation européenne des produits chimiques REACH, de restreindre à toute l'Union européenne les substances chimiques des couches jetables destinées aux bébés de 0 à 3 ans. Cette proposition "consiste à limiter au maximum la présence dans ces articles de près de 200 substances dont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dioxines, furanes, PCB et formaldéhyde", précise l'Anses.

Le formaldéhyde : une substance préoccupante

Le formaldéhyde est l'une des substances qui pose problème. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) l'a classé comme étant cancérigène pour l'homme. La présence de cette substance dans les couches pour enfants n'est toutefois pas un acte volontaire de la part des industriels : «Le formaldéhyde n'est pas une substance ajoutée, elle est liée à la contamination des matières premières, par exemple par la cellulose, présente dans le bois. Leur présence est liée au contexte environnemental», assure Loïc Tanguy.

Seules six références sur 32 garantissent un taux de présence du formaldéhyde inférieur à 10%. Pour 23 d'entre elles, l'Anses ne peut exclure un dépassement au delà des 10%.

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L'absence de réglementation spécifique

Bien que ces produits chimiques soient interdits en Europe depuis plusieurs années, aucune réglementation sur la composition des couches jetables n'est aujourd'hui en vigueur. «Les entreprises font ce qu'elles veulent: même en cas de fraude, ce qui s'est passé en 2019, rien ne pourrait être fait car il n'y a pas de réglementation, pas de seuil», lance Quentin Guillemain.

Actions en justice et revendications

Des parents de l'association pour la santé des enfants (APS-enfants) ont traîné l'État en justice pour commercialisation de couches toxiques. Leur requête faisait suite à une étude menée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui dévoilait la présence de produits cancérigènes dans les couches pour enfants pouvant «migrer dans l'urine et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés».

Près de cinq mois après cette polémique, des familles et une association ont saisi le Conseil d'Etat afin de connaître le nom de ces 23 marques en question. "Les ministères de l'Économie, de la Santé et de la Transition écologique n'ont pas répondu à notre lettre envoyée il y a deux mois, ce qui équivaut à un refus", explique au journal Le Parisien Quentin Guillemain, l'un des parents. "On porte donc l'affaire en justice pour demander la liste des marques mais également le retrait des couches dangereuses ainsi qu'une meilleure information auprès des parents. Il y a une urgence sanitaire", a-t-il déclaré.

Trois fabricants de couches pour bébé, appartenant au groupe Naturopera, lancent une pétition pour demander au gouvernement une réduction de la TVA à 5,5% sur les couches écolos. En effet, les marques bio Tidoo, Libellys, et Carryboo, vendues dans les réseaux de distribution bio, en pharmacie ou en grande surface, rappellent qu'il s'agit d'un produit "de première nécessité", et souhaitent que ces couches soient accessibles au plus grand nombre de parents.

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