La complexité du corps féminin, régie par un ballet hormonal subtil, influence de nombreux aspects de la santé, allant du cycle menstruel à la fertilité, en passant par le métabolisme et le poids. Comprendre les interactions entre le corps jaune, les hormones sexuelles et la perte de poids est essentiel pour appréhender les défis spécifiques auxquels les femmes peuvent être confrontées à différentes étapes de leur vie.
Le Cycle Ovarien : Un Orchestre Hormonal
Pour saisir l’influence du corps jaune sur la perte de poids, il est impératif de comprendre le cycle ovarien. Ce cycle, d’une durée moyenne de 28 jours, est orchestré par une série d’événements hormonaux complexes, visant à préparer l’organisme à une éventuelle grossesse.
Les Phases du Cycle Menstruel
Le cycle menstruel se divise en trois phases principales :
Phase folliculaire : Cette phase débute avec les règles, qui durent de 3 à 7 jours. Elle se termine au 14e jour lors de la libération de l'ovule. La phase folliculaire sert à préparer l’ovule. Ce terme doit son nom aux follicules qui se trouvent dans les ovaires. Ce sont de petits sacs qui permettent aux ovocytes de se développer sous l’action des œstrogènes avant qu’ils ne deviennent des ovules.
Phase ovulatoire : Au 14e jour ou à la moitié du cycle selon sa durée, l’ovaire libère un ovule grâce à l'hormone lutéinisante (LH). Par la suite, l’ovule est capté par la trompe de Fallope. L'ovulation est essentielle à la conception, car c'est le moment où un ovule mature est disponible pour être fécondé par un spermatozoïde. Sans ovulation, la fécondation et donc la grossesse ne pourraient pas se produire.
Lire aussi: Prévention du mélasma
Phase lutéale : Du 14e au 28e jour, Le corps jaune (reste du follicule après ovulation) produit de la progestérone. La progestérone transforme la paroi utérine afin d’accueillir l’ovule fécondé, cela permet la nidation de l’ovule fécondée. Si l’ovule est fécondé par un spermatozoïde dans les 24h qui suivent son expulsion, il devient un embryon.
Rôle du Corps Jaune
Après l'ovulation, le follicule rompu se transforme en corps jaune. Son rôle principal est de sécréter de la progestérone, une hormone stéroïdienne essentielle pour préparer l'utérus à la nidation d'un ovule fécondé. La progestérone induit des changements dans l'endomètre, la muqueuse utérine, la rendant plus épaisse et réceptive à l'implantation. Elle contribue également à maintenir la grossesse en inhibant les contractions utérines.
Si la fécondation n'a pas lieu, le corps jaune se désintègre au bout d'environ 14 jours, entraînant une chute des niveaux de progestérone et d'œstrogènes. Cette chute hormonale provoque la desquamation de l'endomètre, entraînant les menstruations.
Ménopause : Un Changement Hormonal Majeur
La ménopause est un phénomène naturel dans la vie d’une femme, marquant la fin de la période de reproduction. Elle se caractérise par une chute hormonale et un arrêt de la période du cycle menstruel. Les femmes sont en général ménopausées entre 45 et 55 ans avec une moyenne autour de 50 ans.
Les Étapes de la Ménopause
Pour bien comprendre ce qu’est la ménopause et les conséquences qu’elle peut avoir sur la vie des femmes, il est nécessaire de connaître le mécanisme du cycle ovarien.
Lire aussi: Fausse couche : le corps et l'esprit
- Préménopause : La préménopause est la conséquence de la baisse du taux de progestérone. Cette période peut durer entre 2 et 4 ans.
- Transition ménopausique : La transition ménopausique est la phase qui précède les dernières règles. Les cycles deviennent irréguliers environ 5 ans avant l’interruption définitive des règles. Phase dite « phase folliculaire courte » Le taux de progestérone est normal. Les cycles se raccourcissent. Seconde phase dite de « corps jaune inadéquat » Le taux de progestérone diminue. Troisième phase : les réserves folliculaires sont épuisées, il n’y a plus d’ovulation. Les fluctuations imprévisibles du taux d’œstrogène aboutissent à des hémorragies de privation irrégulières et espacées ; elles peuvent être plus ou moins abondantes, durer plus ou moins longtemps.
- Ménopause : La ménopause s’installe lorsque la production hormonale d’œstrogènes cesse. La carence en œstrogènes liée à la ménopause contribue à l’apparition de symptômes qui peuvent altérer la qualité de vie des femmes.
Impact de la Ménopause sur le Corps
De la puberté à la ménopause, les œstrogènes produits par l’organisme des femmes jouent un rôle clé dans la fonction reproductive, mais aussi dans tous les tissus du corps humain. Ils agissent notamment sur :
- Le système cardiovasculaire : les œstrogènes améliorent la fonction de la paroi des vaisseaux sanguins, ce qui favorise la régulation de la pression artérielle ; ils interviennent dans le maintien d’un taux de « bon » cholestérol (HDL-c) élevé et participent à la prévention de l’athérosclérose ; ils conduisent aussi à une répartition des graisses différente de celle observée chez les hommes (principalement au-dessous de la taille chez les femmes, plutôt au niveau abdominal chez les hommes), moins néfaste sur le plan cardiovasculaire.
- Le tissu osseux : les œstrogènes participent à la préservation de la densité minérale des os et de leur structure, en limitant la résorption osseuse (dégradation) et en favorisant la formation de tissu osseux par les ostéoblastes.
- Le tissu cérébral : les effets anti-inflammatoires et antioxydants des œstrogènes participent au bon fonctionnement cognitif (concentration, mémoire).
Lorsque les taux d’œstrogènes et de progestérone deviennent erratiques, cela engendre l’apparition des symptômes de la périménopause : règles irrégulières et/ou abondantes, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles génito-urinaires (sécheresse vulvovaginale, infections urinaires), une sensation de fatigue, des troubles du sommeil, une irritabilité, ou encore une impression de brouillard cérébral (brain fog)… Certains de ces symptômes - appelés symptômes du climatère ou troubles climatériques (« climatère » étant synonyme de « ménopause ») - sont transitoires. Présents les premières années après l’arrêt des règles, ils s’atténuent avec le temps. Néanmoins, un quart des femmes les déplorent encore au bout de dix ans. D’autres symptômes, comme les troubles génito-urinaires, peuvent s’installer de façon plus durable et s’aggraver avec le vieillissement.
Risques à Long Terme
La diminution du taux d’œstrogènes circulant dans l’organisme va de pair avec la diminution des bénéfices physiologiques qu’apportent ces hormones sur le plan cardiovasculaire, osseux ou cognitif. Dans les premières années suivant l’arrêt des règles, les femmes ménopausées voient ainsi leur risque de maladies cardiovasculaires augmenter au niveau de celui des hommes. Elles sont par ailleurs souvent exposées à une perte osseuse qui entraîne une baisse de leur densité minérale osseuse (DMO), favorisant la survenue de l’ostéoporose. Cette pathologie est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes ménopausées que chez les hommes du même âge. Il en découle un risque de fractures plus élevé. Parmi les femmes qui ont 50 ans aujourd’hui, une sur trois ou quatre aura une fracture par fragilité osseuse d’ici la fin de sa vie. Les femmes qui présentent une insuffisance ovarienne prématurée ou chez lesquelles la ménopause (naturelle ou iatrogène) est survenue avant l’âge de 45 ans ont un risque de déclin cognitif et de maladie neurodégénérative majoré par rapport aux femmes dont la ménopause est survenue autour de 50 ans. Sur le plan neuropsychique, la périménopause et le début de la ménopause peuvent aussi constituer une période de vulnérabilité, notamment chez les femmes avec des antécédents de trouble de la santé mentale (anxiété, dépression…). Le risque de cancer du sein n’augmente pas avec la ménopause, mais avec l’âge et avec la durée de la période d’imprégnation hormonale. Ce risque est donc plus élevé en cas de puberté précoce et/ou de ménopause tardive. D’autres paramètres entrent aussi en jeu : l’âge à la première grossesse, le nombre de grossesses, les périodes d’allaitement… Une étude publiée par l’Inserm en 2016 suggère par ailleurs que plus de la moitié des cancers du sein qui apparaissent après la ménopause seraient attribuables à des facteurs comportementaux : indice de masse corporelle, consommation d’alcool, alimentation, faible activité physique ou encore utilisation d’un traitement hormonal de la ménopause.
Traitement Hormonal de la Ménopause (THM)
Si la ménopause n’est pas une maladie, la carence en œstrogènes qui lui est associée peut se manifester par des symptômes qui affectent parfois la qualité de vie des femmes. C’est aussi une période où des pathologies potentiellement graves (fractures ostéoporotiques, maladies cardiovasculaires…) peuvent survenir en raison de ces changements hormonaux et du vieillissement. Un traitement hormonal est susceptible de prévenir ces complications, dans certaines conditions.
Le traitement hormonal de la ménopause (THM) combine schématiquement un œstrogène et un progestatif. Il peut être prescrit lorsque la nature et l’importance des troubles climatériques et du risque osseux de la patiente le justifient. Ce traitement a été discrédité en 2002, suite à la publication de l’étude américaine WHI (Women Health Study) qui évoquait son association avec un sur-risque de cancer et de pathologies cardiovasculaires (infarctus, AVC, thrombose veineuse). Cependant, cette étude avait été conduite chez des femmes traitées pour la plupart plus de 10 ans après le début de leur ménopause, qui présentaient peu de symptômes mais un risque cardiovasculaire, et dans un objectif d’améliorer leur vieillissement global. De plus, les modalités du THM étudié faisaient appel à des molécules qui ne sont pas utilisées en France. Depuis, le rapport bénéfice-risque de ce traitement a été réévalué et il apparaît globalement positif, en l’absence de contre-indications et sous réserve qu’il soit prescrit dans les 10 premières années de la ménopause physiologique (ou globalement avant 60 ans).
Lire aussi: Victimes du Vésuve
Corps Jaune, Hormones et Prise de Poids
Les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel et à la ménopause peuvent influencer le métabolisme, l'appétit et la répartition des graisses, contribuant ainsi à la prise de poids chez certaines femmes.
Influence des Œstrogènes
Les œstrogènes, hormones féminines prédominantes, jouent un rôle complexe dans la régulation du poids. Avant la ménopause, ils favorisent une répartition des graisses sous-cutanée, notamment au niveau des hanches et des cuisses. Cependant, un excès d'œstrogènes, appelé hyperœstrogénie, peut entraîner une prise de poids, une rétention d'eau et une accumulation de graisse au niveau abdominal.
Influence de la Progestérone
La progestérone, sécrétée par le corps jaune après l'ovulation, a un effet relaxant et sédatif. Elle peut également augmenter l'appétit et favoriser le stockage des graisses en prévision d'une éventuelle grossesse. Un déficit en progestérone, souvent observé en période de préménopause, peut entraîner une dominance des œstrogènes, contribuant ainsi à la prise de poids.
Hyperoestrogénie et Perte de Poids Difficile
Il existe de nombreuses causes d’une perte de poids difficile malgré un bon équilibre alimentaire : stress chronique, hypothyroïdie et… hyperœstrogénie ! Cette dernière se caractérise par une accumulation de masse graisseuse autour des hanches ou répartie harmonieusement sur le corps. L’activité physique ne peut pas grand-chose, sinon épuiser la femme, pour favoriser la perte de poids lié aux œstrogènes : lors d’un effort physique, le corps transforme les réserves graisseuses en sucre utilisable pendant l’effort. Toutefois, en cas d’hyperœstrogénie, ce sucre est directement stocké dans les graisses.
Stratégies pour Gérer le Poids et l’Équilibre Hormonal
Face aux défis posés par les fluctuations hormonales et la prise de poids, plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre pour favoriser un équilibre hormonal sain et une gestion du poids efficace.
Alimentation Équilibrée et Adaptée
L’alimentation est au cœur du bien-être menstruel, coude à coude avec la gestion du stress. Il y a trois grandes raisons à cela :
- Les hormones sont essentiellement fabriquées à partir de protéines.
- Tout comme le fait de ne pas consommer des vitamines, des minéraux et des oligo-éléments en quantité suffisante, car ces derniers participent aux réactions chimiques et cellulaires de l’organisme.
- Le cycle menstruel est connecté aux autres fonctions du corps : la glycémie peut modifier la testostérone, qui elle-même peut inhiber l’ovulation.
Le fait de s’alimenter en fonction des phases du cycle est-il si saugrenu qu’il en a l’air au premier abord ? Pas tant que ça. Après les règles où le corps a perdu beaucoup de nutriments, l’organisme a besoin de retrouver de l’énergie ainsi que des matières premières pour la fabrication des hormones. S’il subsiste de la fatigue, notamment lorsque les œstrogènes ont du mal à être sécrétés, on risquera davantage de se tourner vers les excitants. Alors que le corps poursuit son travail d’élimination des œstrogènes, la progestérone commence à être sécrétée.
Après l’ovulation et jusqu’aux menstruations, on veillera à consommer des protéines et des féculents à index glycémique bas tels que les céréales complètes, les légumineuses et les noix oléagineuses. En effet, après l’ovulation, le métabolisme a besoin de 80 à 280 calories (de qualité !) supplémentaires par jour. C’est, en moyenne, l’équivalent de 3 œufs ou d’un bol de haricots rouges sur la journée.
Le début de la phase menstruelle peut être marqué par une inflammation de l’organisme : c’est d’ailleurs cette réaction inflammatoire qui permet à l’utérus de se contracter. Mais en cas de réaction disproportionnée, la femme va éprouver des symptômes pour le moins inconfortables : douleurs menstruelles, migraines et diarrhées. Concernant les besoins nutritionnels, ils restent élevés pendant les règles mais de nombreuses femmes ont moins d’appétit. En règle générale, il vaut mieux opter pour des repas riches en nutriments mais faciles à digérer.
Les nutriments et aliments à favoriser en phase menstruelle :
- Le magnésium, qui favorise la relaxation musculaire et aide à réduire les douleurs menstruelles : sardines, cacao amer, amandes, noisettes, noix du Brésil, noix de cajou, graines de tournesol, bigorneau et autres fruits de mer, germe de blé, levure maltée, sarrasin, banane, légumes vert foncé,
- Le potassium, également pour réduire les crampes menstruelles : tofu, banane, abricot sec, figue sèche, raisin sec, pistache, légumineuses, châtaigne, épinards, artichaut, avocat,
- Les aromates, pour leurs vertus digestives et antispasmodiques : basilic, estragon, cumin, menthe, coriandre, romarin, carvi, gingembre,
- Les aliments naturellement anti-inflammatoires : ananas, papaye, raisin, grenade, céleri, betterave crue, choux et légumes verts feuilles,
- Les soupes cuisinées maison et les jus de légumes : ils favorisent le repos digestif et permettent de faire le plein de nutriment rapidement, et surtout lorsque la femme a peu d’appétit,
- Le chocolat noir : il satisfait généralement les envies de petites douceurs et apporte du magnésium et de quoi soutenir les hormones du bien-être.
Activité Physique Régulière
L’exercice physique régulier peut contribuer à la santé osseuse. L’exercice physique est en outre également associé à la réduction du risque de maladies cardiovasculaires et de cancers.
Gestion du Stress
Le premier ennemi de la progestérone est le stress chronique et notamment l’hormone cortisol, qui aide le corps à s’adapter au stress. Le problème est que le cortisol et la progestérone dérivent tous les deux d’une même hormone : la prégnénolone, et que celle-ci est sécrétée en quantité limitée. Le corps fait donc, en quelque sorte, un choix : s’il doit sécréter du cortisol pour notre propre survie, alors il sécrétera moins de progestérone au détriment de notre fertilité et notre bien-être général.
Sommeil de Qualité
Un mauvais sommeil impactera également le bon fonctionnement de la détox hormonale et te poussera souvent à avoir des comportements notamment alimentaires favorisant le déséquilibre.
Limiter l’Exposition aux Perturbateurs Endocriniens
Perturbateurs endocriniens : Exposition aux perturbateurs endocriniens au travers de la nourriture mais aussi de l’eau, des produits cosmétiques, de nettoyage… Ces substances sont souvent des xéno-oestrogènes qui se font passer pour nos oestrogènes naturels et il est important de les limiter au maximum.
Soutien Médical et Thérapeutique
Si vos symptômes impactent fortement votre quotidien, parlez-en à votre médecin. La plateforme deuxiemeavis.fr vous permet d’obtenir un deuxième avis médical. De la puberté à la ménopause, le corps féminin subit des changements hormonaux et y faire face seule n’est pas toujours évident. Bien connaître son corps aide à se sentir bien dans sa peau et permet d’être plus sereine quant à sa santé sexuelle.
Des traitements symptomatiques des bouffées de chaleur (phytothérapie, acupuncture, hypnose…) ou de la sécheresse vaginale (hydratants, lubrifiants, voire œstrogènes par voie vaginale) peuvent être utilisés ou prescrits.
tags: #corps #jaune #et #perte #de #poids