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Convulsions chez les Nourrissons : Causes, Traitement et Gestion

Lorsqu’elles surviennent, les convulsions fébriles sont, d’après les parents, l’un des moments les plus effrayants de leur vie. Pourtant, malgré leur caractère impressionnant, de récentes études ont affirmé à nouveau leur caractère bénin. Cet article vise à fournir une information claire et structurée sur les convulsions chez les nourrissons, en abordant les causes, les traitements et les mesures à prendre.

Introduction aux Convulsions Infantiles

Une crise de convulsions est une contraction brutale et involontaire d’un ou plusieurs muscles (spasmes musculaires). Chez l’enfant, les crises convulsives sont plus fréquentes, notamment entre 6 mois et 5 ans, et souvent liées à la fièvre. Évènement souvent traumatisant pour les parents, les convulsions chez un enfant en bas âge interpellent et font craindre le pire. Elles ne représentent, heureusement, pas toutes une urgence médicale absolue.

Qu'est-ce qu'une Crise Convulsive Hyperthermique (CCH) ?

On parle de crise convulsive hyperthermique (ou convulsion fébrile) lorsque des convulsions surviennent au moment d’une fièvre. En général, elle se produit chez un enfant n’ayant jamais eu d’épisode de convulsion sans fièvre et âgé de 3 mois à 5 ans. Elles surviennent chez 3 à 8 % des enfants de moins de 7 ans. Il s’agit d’une convulsion de courte durée, survenant pendant un épisode de fièvre chez des enfants EN BONNE SANTÉ, entre 6 mois et 6 ans. Votre enfant n’est pas épileptique et n’a pas de risque accru de le devenir.

Causes des Convulsions chez les Nourrissons

Crises Convulsives Hyperthermiques (CCH)

Cette question est mal élucidée. Il existe un terrain génétique, puisqu’environ ¼ des enfants qui font une CCH ont un antécédent familial similaire. La fièvre est généralement élevée. Mais contrairement à ce qui se dit, les convulsions ne surviennent pas forcément au moment où la fièvre est maximale et peuvent aussi être déclenchées par fièvres modérées.

La crise épileptique peut être causée lors d’infections simples, de type rhinopharyngite, otite, toux… et contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’a pas besoin d’une forte fièvre pour se produire : on voit des convulsions débuter même lors de fièvres modérées (38 °C). Tous les contextes où un jeune enfant a de la fièvre, par exemple en cas d’infection bactérienne ou virale, peuvent être à l’origine de convulsions fébriles de l’enfant. Les convulsions résultent de la fièvre, et pas de la cause de la fièvre. Les convulsions se produisent généralement lors de la montée de la température corporelle ou dans les premières heures d’une fièvre élevée.

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Autres Causes Possibles

On sait également qu’une cause infectieuse comme une méningite, ou une encéphalite herpétique, peuvent provoquer une crise épileptique. Les enfants qui connaissent des problèmes de reins, ou une maladie qui les prive de sodium potassium et calcium peuvent également connaître des épisodes de convulsion. Bien plus sérieuses, des convulsions peuvent également arriver lors d’un traumatisme, lors d’une chute par exemple. Dernière cause qu’il faut garder à l’esprit : l’intoxication. La convulsion peut survenir après l’absorption de médicament, par exemple, ou en présence de monoxyde de carbone, qui peut arriver dans les foyers en hiver, lorsque les chauffages ne sont pas aux normes.

Comment Reconnaître une Convulsion ?

Lors d’une crise, l’enfant pâlit, se raidit, ses yeux se révulsent et subit des secousses musculaires sur tout ou partie du corps. Puis des mouvements anormaux des membres, bras et jambes parfois de la même façon des deux côtés, parfois dissociés. Au total, la crise dure plusieurs minutes. En général, la phase où le patient se raidit et convulse dure environ 1 à 2 minutes. À la fin des secousses, il est nécessaire de laisser l’enfant épuisé dormir. La plupart des crises convulsives durent peu de temps : généralement moins de 2 à 3 minutes.

Pour le spécialiste, il est important que l’adulte en présence observe la forme de la convulsion pour la détailler par la suite : « est ce que les bras et jambes bougent de la même façon des deux côtés, y a-t-il des mouvements oculaires, une bouche qui se tord, ces signes qui peuvent être le fait d’une activité désordonnée d’une zone du cerveau » explique-t-il.

Que Faire Lors d’une Crise Convulsive ?

En cas de crise convulsive, il faut laisser se dérouler la crise. Pendant la durée des convulsions, ne touchez pas la victime et écartez ce qui pourrait la blesser. Ne tentez pas de mettre quoi que ce soit dans la bouche de la victime : elle risquerait soit de vous mordre, soit de l’avaler.

  1. Mettre l’enfant en sécurité, protéger sa tête tant qu’il se secoue, éviter qu’il tombe. Ne rien mettre dans sa bouche (ni objet, ni médicament, ni vos doigts).
  2. Placer l’enfant en position latérale de sécurité (allongé et sur le coté).
  3. Vérifier que rien ne l’empêche de respirer, mais ne rien introduire dans sa bouche.
  4. Rester à coté de lui et noter l’heure de début de la crise : la durée est très difficile à évaluer, mais elle est importante pour la suite de la prise en charge.
  5. Lorsque la convulsion est terminée, mettre l’enfant sur le côté en position latérale de sécurité : tournez-le sur le côté, tête légèrement plus basse que le corps pour laisser la salive s’écouler. Il est fréquent qu’il vomisse, cette position évite qu’il fasse une fausse route. L’enfant est très endormi, ronfle parfois. La récupération est LENTE et PROGRESSIVE, et peut prendre 20 à 30 minutes.

Écarter tout objet autour de la victime pour éviter des chocs et des blessures accidentelles. Ne pas laisser la victime seule dès la fin de la crise.

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Quand Contacter un Médecin ?

Contacter un médecin pour avoir un conseil sur la suite de la prise en charge si la crise dure moins de 5 minutes. S'il elle dure plus de 5 minutes, appeler le centre 15. Toute victime de convulsions doit être hospitalisée, d’autant plus s’il s’agit d’une première crise convulsive.

Ce qui intéresse le médecin urgentiste en premier lieu c’est d’avoir le plus d’éléments en main, et de voir comment le bébé récupère de sa crise. Cela dépend évidemment du contexte de convulsion.

Hospitalisation : Est-elle Nécessaire ?

La nécessité d’une hospitalisation dépend essentiellement de la nature de cette crise convulsive : est-elle simple ou complexe ? Cela est déterminé par - en autres - la durée de la crise, le type de convulsions, l’âge de l’enfant…

Après une convulsion, les informations recueillies par les témoins peuvent être très utiles aux secours ou au médecin. Si possible, notez l’heure de début, la durée approximative de la crise, les mouvements observés (secousses généralisées ou localisées), la présence ou non d’une perte de connaissance, les modifications de la respiration, de la couleur du visage, ou encore une éventuelle chute ou blessure. Il est également utile de préciser ce qui s’est passé juste avant la crise (fatigue, fièvre, stress, traumatisme, prise de médicaments).

Prise en Charge Après une Convulsion

Après une convulsion, la personne entre souvent dans une phase dite post-critique. Elle peut être désorientée, très fatiguée, avoir des maux de tête, des douleurs musculaires ou éprouver des difficultés à parler ou à se souvenir de ce qui vient de se passer. Cette période peut durer de quelques minutes à plus d’une heure selon les cas. Il est important de rester auprès d’elle, de la rassurer et de la laisser récupérer calmement.

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Traitement et Prévention des Récidives

Après une première CCH, 30 % des enfants auront une ou plusieurs récidives. Aucun traitement préventif n’a montré d’efficacité : ni l’acharnement à faire baisser une fièvre lorsqu’elle apparait, ni les traitements anticonvulsivants qui ont, en revanche, d’importants effets secondaires.

Après une première CCH, les équipes pédiatriques prescrivent parfois un traitement à donner à l’enfant en cas de récidive : du valium, par voie intra-rectale, si la crise se prolonge plus de 5 minutes. Cependant cette prescription ne fait pas l’unanimité car si les CCH sont bénignes, le valium a des effets secondaires comme la somnolence ou l'irritabilité. Bien que transitoires, ces effets peuvent gêner l’évaluation clinique de l’enfant après la crise.

Dans la plupart des cas, la crise convulsive de l’enfant est brève et ne nécessite pas de traitement particulier. Le diazépam est administré par voie rectale et plusieurs administrations peuvent être nécessaires si les convulsions se prolongent ou se répètent dans les 24 heures.

Risque de Séquelles et d'Épilepsie

En cas de CCH simple, le risque d’épilepsie (crises convulsives se répétant, sans fièvre) est quasiment identique à celui des enfants n’ayant pas fait de crise. Des études récentes ont montré que le comportement des enfants, leur niveau d’intelligence ou encore leur mémoire n’étaient pas affectés par le fait d’avoir fait une ou plusieurs crises convulsives hyperthermiques, même complexes. Une récente étude danoise ayant porté sur 1.6 millions d’enfants suivis pendant 25 ans a pu montrer que les crises convulsives hyperthermiques ne sont pas associées à une augmentation de la mortalité.

Les convulsions fébriles de l’enfant ne constituent pas une forme particulière d’épilepsie. Le risque de développer une épilepsie à la suite d’épisodes de convulsions fébriles est aujourd’hui encore controversé. Il est estimé à 1 % après une crise de convulsions fébriles simples et à 10 % après des convulsions fébriles compliquées. À savoir ! Le plus souvent, en l’absence d’autres troubles, la survenue de convulsions fébriles n’impacte pas le développement psychomoteur et intellectuel de l’enfant.

Dans le cas d’une crise bénigne, et un retour rapide à l’état normal, aucune inquiétude, les crises épileptiques ne laisseront aucune séquelle à votre enfant et ne seront qu’un mauvais souvenir pour les parents. Pour le reste des causes, l’urgentiste rappelle que tout est fait pour éviter les séquelles à vos enfants, et une prise en charge rapide limite le risque de séquelles.

Diagnostic des Convulsions Fébriles

Comment savoir si mon enfant fait des convulsions fébriles ? Le diagnostic des convulsions fébriles de l’enfant repose essentiellement sur les symptômes caractéristiques de la crise convulsive associés à une fièvre élevée. Le médecin s’appuie sur les données recueillies au cours de la crise par l’entourage de l’enfant. Néanmoins, des examens peuvent être nécessaires pour rechercher la cause de la fièvre ou une origine neurologique aux convulsions.

Convulsions et Tétanie : Quelle Différence ?

La différence essentielle entre la convulsion et la tétanie (elles sont souvent confondues) est liée à l’absence de perte de connaissance. Dans la tétanie/spasmophilie, on assiste à une contraction plus ou moins volontaire des muscles, mais la personne n’est pas inconsciente : un contact verbal est possible. La victime respire vite mais vous parle.

Origine Cérébrale des Convulsions

L’origine de la crise convulsive est cérébrale et est liée à un dérèglement brutal de l’activité électrique du cerveau. Il y a soudainement une excitation anormale d’un groupe de neurones qui vont produire des décharges électriques et des influx nerveux excessifs et désordonnés dans le cerveau. Si les décharges électriques restent localisées à une zone du cerveau, cela donnera des crises partielles, c’est-à-dire que les symptômes toucheront seulement certaines parties du corps.

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