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Convulsions chez le bébé : Causes, symptômes et conduite à tenir

Les convulsions chez les bébés, bien que souvent effrayantes pour les parents, ne sont pas toujours le signe d'un problème grave. Comprendre les causes, les symptômes et la manière de réagir face à une convulsion peut aider à gérer la situation avec calme et efficacité. Cet article vise à fournir des informations claires et précises sur les convulsions chez le nourrisson, en abordant les aspects suivants : les causes fréquentes, les symptômes à reconnaître, la conduite à tenir pendant et après une crise, ainsi que les examens et traitements possibles.

Comprendre les convulsions

Le terme « convulsions » est utilisé pour désigner les manifestations motrices d’une crise épileptique. Une crise de convulsions est une contraction brutale et involontaire d’un ou plusieurs muscles (spasmes musculaires). Elle peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Les convulsions fébriles, autrefois appelées crises convulsives hyperthermiques, sont les crises épileptiques les plus fréquentes chez le nourrisson et le jeune enfant. Les convulsions fébriles sont des crises convulsives survenant lors d’un épisode de fièvre élevée chez les nourrissons et les jeunes enfants.

Épilepsie : une cause moins fréquente

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique. Les épilepsies constituent un groupe hétérogène de maladies qui partagent la caractéristique de crises épileptiques se répétant sans facteur déclenchant. Une première crise d’épilepsie peut être inaugurale d’une épilepsie. Il est important de vérifier qu’il n’y a pas eu de crises passées inaperçues ou non diagnostiquées comme telles avant l’épisode amenant à consulter. Un avis neuropédiatrique est indispensable en cas d’épilepsie du nourrisson.

Il existe différents types de crises épileptiques, notamment :

  • Les crises épileptiques à début focal (anciennement appelées partielles), qui débutent initialement dans une seule partie du cerveau ; ces crises peuvent avoir une diffusion dans les deux hémisphères.
  • Les crises généralisées tonicocloniques débutent de manière brutale, avec une perte de connaissance et une chute si l’enfant est en position verticale sans qu’il ne puisse prévenir ou se protéger. Se succèdent : une phase tonique (contraction soutenue des quatre membres avec pause respiratoire) de 10 à 20 secondes, une phase clonique (secousses rythmiques et synchrones des quatre membres) de 30 secondes à 2 minutes (avec parfois morsure de langue), puis une phase de relâchement musculaire (avec perte d’urine fréquente).
  • Les absences surviennent de manière pluriquotidienne, avec un début et une fin brusques. Elles sont marquées par une suspension brève de la conscience (2 à 20 secondes), avec interruption des activités en cours. Le regard de l’enfant est fixe, avec parfois des myoclonies de faible intensité des paupières et des globes oculaires. L’enfant reprend ensuite son activité où il l’avait arrêtée.
  • Les myoclonies entraînent un sursaut brutal et une chute secondaire à une contraction brève de la musculature axiale, sans rupture de contact, avec récupération rapide.
  • Elles se caractérisent par des signes focaux (moteurs, sensitifs, sensoriels…) stéréotypés, suivis d’un déficit post-critique, en rapport avec la région cérébrale en cause. Par exemple, une crise partielle occipitale se traduira par des hallucinations visuelles. Elles peuvent être à conscience conservée ou altérée.

Parmi les épilepsies débutant chez le nourrisson, le syndrome des spasmes infantiles (anciennement syndrome de West) doit être connu, car les crises caractéristiques de ce syndrome, les spasmes épileptiques, peuvent être frustes, avec un risque d’errance diagnostique et de retard de prise en soins préjudiciables. Il s’agit d’une épilepsie grave du nourrisson, débutant entre 3 et 12 mois (habituellement vers l’âge de 6 mois) associant un type particulier de crises : les spasmes épileptiques, qui surviennent le plus souvent en cluster, un EEG intercritique anormal pouvant aller jusqu’à un tracé hypsarythmique (ondes lentes et pointes multifocales diffuses et asynchrones de grande amplitude, disparition de l’activité de fond), ainsi qu’une stagnation ou régression psychomotrice, parfois absentes si le diagnostic est précoce. D’autres syndromes épileptiques peuvent débuter chez le nourrisson, comme par exemple, la plupart des épilepsies focales secondaires à une dysplasie corticale focale, qui sont responsables de crises focales, stéréotypées, souvent résistantes au traitement médical. De manière exceptionnelle, l’épilepsie du nourrisson peut être d’origine monogénique. Une des causes d’épilepsie monogénique la plus fréquente est le syndrome de Dravet. C’est une épilepsie rare, génétique, non héréditaire, qui débute dans la première année de vie par des crises convulsives prolongées dans un contexte fébrile ou post-vaccinal.

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Les causes des convulsions chez le bébé

Les causes des convulsions chez le bébé peuvent être variées, allant de causes bénignes à des conditions plus graves nécessitant une attention médicale immédiate.

Convulsions fébriles

La cause la plus fréquente de convulsions chez les bébés est la convulsion fébrile ou convulsion hyperthermique. Le tableau est celui d’un enfant qui présente une fièvre dans un contexte le plus souvent banal, type rhinopharyngite. A un moment donné, que la fièvre soit passée inaperçue et donc non traitée ou qu’elle augmente brutalement, un épisode convulsif peut apparaître. Les convulsions fébriles touchent 2 à 5% des enfants de moins de 5 ans lors d’un épisode de forte fièvre, avec une fréquence accrue en cas d’antécédent familial. Elles surviennent chez un enfant en bonne santé sans maladie neurologique connue.

Les convulsions ne sont pas favorisées par une fièvre très élevée, ou qui augmente rapidement, et peuvent donc survenir avec des températures peu élevées, ou prolongées.

Infections

Une cause infectieuse comme une méningite, ou une encéphalite herpétique, peuvent provoquer une crise épileptique. Même s’il y a moins de risque aujourd’hui de contracte cela, les bébés étant vaccinés assez tôt.

Traumatisme crânien

Un hématome sous-dural ou extradural aigu peut compliquer un traumatisme crânien accidentel de l’enfant. Bien plus sérieuses, des convulsions peuvent également arriver lors d’un traumatisme, lors d’une chute par exemple. Il suffit parfois d’une chute du canapé, ou bien souvent de la table à langer pour provoquer des convulsions. Si un hématome se forme dans le cerveau de l’enfant, la convulsion peut provoquer des mouvements oculaires, et des signes dissociés.

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Troubles métaboliques

Les enfants qui connaissent des problèmes de reins, ou une maladie qui les prive de sodium potassium et calcium peuvent également connaître des épisodes de convulsion.

Intoxication

La convulsion peut survenir après l’absorption de médicament, par exemple, ou en présence de monoxyde de carbone, qui peut arriver dans les foyers en hiver, lorsque les chauffages ne sont pas aux normes. Ce sont les enfants qui connaissent les effets en premiers, car ils sont plus petits et en position allongée.

Symptômes des convulsions chez le bébé

Reconnaître les symptômes d'une convulsion chez un bébé est crucial pour agir rapidement et de manière appropriée. Les signes peuvent varier, mais certains sont plus fréquents que d'autres.

Les symptômes courants incluent :

  • Agitation synchrone répétée des membres (crise clonique), survenant après une phase d’hypertonie (crise tonique).
  • Pâleur.
  • Rejet de la tête en arrière.
  • Yeux révulsés.
  • Raideur du corps.
  • Secousses musculaires sur tout ou partie du corps.
  • Perte de conscience.
  • Fixité du regard.
  • Révulsion oculaire.
  • Accès brutal de pâleur ou cyanose.

Certaines manifestations peuvent être trompeuses, comme :

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  • Perte de contact.
  • Spasmes en flexion ou en extension pris à tort pour des coliques.

Que faire en cas de convulsions chez un bébé ?

Face à une crise de convulsions chez un bébé, il est essentiel de garder son calme et d'agir rapidement. Voici les étapes à suivre :

  1. Mettre l’enfant en sécurité : Mettre l’enfant en sécurité, protéger sa tête tant qu’il se secoue, éviter qu’il tombe. Écarter tout objet autour de la victime pour éviter des chocs et des blessures accidentelles.
  2. Ne rien mettre dans sa bouche : Ne rien mettre dans sa bouche (ni objet, ni médicament, ni vos doigts). Inutile par exemple de lui tenir la langue 'pour qu’il ne l’avale pas'.
  3. Allongez l'enfant sur le côté : Placez-le en position latérale de sécurité pour éviter tout risque d'étouffement en cas de vomissement : Tournez-le sur le côté, la tête plus basse que son corps pour laisser la salive s’écouler. Il est fréquent qu’il vomisse, cette position évite qu’il fasse une fausse route. Soutenez sa tête et enlevez lui ses lunettes s’il en porte pour éviter qu’il se fasse mal.
  4. Découvrez le : Découvrez le en raison de sa fièvre.
  5. Ne lui donnez rien à boire ni à manger : Ne lui donnez rien à boire ni à manger tant qu’il est somnolent.
  6. Notez la durée de la convulsion : Il est toutefois très important de chronométrer sa durée, car une convulsion qui se prolonge au-delà de 5 minutes peut devenir une urgence médicale. Si elle dépasse 15 minutes, contactez les services d'urgence.
  7. Observez la forme de la convulsion : Pour le spécialiste, il est important que l’adulte en présence observe la forme de la convulsion pour la détailler par la suite : « est ce que les bras et jambes bougent de la même façon des deux côtés, y a-t-il des mouvements oculaires, une bouche qui se tord, ces signes qui peuvent être le fait d’une activité désordonnée d’une zone du cerveau » explique-t-il. « Ce sont des éléments qui vous seront demandés en cabinet comme aux urgences, pour déterminer la crise et en trouver la cause » explique-t-il.
  8. Après la crise : Lorsque la convulsion est terminée, mettre l’enfant sur le côté en position latérale de sécurité. L’enfant est très endormi, ronfle parfois. La récupération est LENTE et PROGRESSIVE, et peut prendre 20 à 30 minutes. Ne pas laisser la victime seule dès la fin de la crise. Après une convulsion, la personne entre souvent dans une phase dite post-critique. Elle peut être désorientée, très fatiguée, avoir des maux de tête, des douleurs musculaires ou éprouver des difficultés à parler ou à se souvenir de ce qui vient de se passer. Cette période peut durer de quelques minutes à plus d’une heure selon les cas. Il est important de rester auprès d’elle, de la rassurer et de la laisser récupérer calmement.

Quand contacter les urgences ?

Il est impératif de contacter immédiatement les services d'urgence (SAMU : le 15 ou le 112) dans les situations suivantes :

  • Votre enfant convulse depuis > 15 minutes.
  • Il a moins d’un an ou plus de 5 ans.
  • Il a fait plusieurs crises en 24 heures.
  • Les convulsions ne sont pas symétriques et ne touchent qu’un côté du corps.
  • Il a une maladie neurologique connue.
  • Il n’a pas de fièvre (< 38°C).
  • Ses extrémités : lèvres ou mains sont bleues.
  • Il a du mal à respirer.
  • Il n’arrive pas à bouger après la crise.

Examens médicaux et diagnostic

Dès le début de l’épisode de convulsions, il faut consulter un médecin ou emmener bébé aux urgences. La crise étant brève, elle est en général terminée lors de la consultation. Il nous faudra donc raconter en détail ce qui s’est passé pour bébé. Le diagnostic repose sur l’interrogatoire de l’enfant et des personnes ayant été témoins de l’épisode. Aucun examen complémentaire ne permet de confirmer ou d’infirmer le diagnostic de crise d’épilepsie a posteriori. Après une convulsion, les informations recueillies par les témoins peuvent être très utiles aux secours ou au médecin. Si possible, notez l’heure de début, la durée approximative de la crise, les mouvements observés (secousses généralisées ou localisées), la présence ou non d’une perte de connaissance, les modifications de la respiration, de la couleur du visage, ou encore une éventuelle chute ou blessure. Il est également utile de préciser ce qui s’est passé juste avant la crise (fatigue, fièvre, stress, traumatisme, prise de médicaments).

Dans la majorité des cas, un interrogatoire et un examen clinique complets permettent d’éliminer les causes nécessitant un traitement en urgence (méningite ou encéphalite, hématome intracrânien, troubles ioniques) et de décider de réaliser ou non une ponction lombaire, une imagerie cérébrale ou un ionogramme sanguin. Devant une crise d’épilepsie survenant en climat fébrile, une ponction lombaire est indiquée dans les situations suivantes : suspicion de méningite (syndrome méningé, fontanelle bombante, anomalie du tonus…), suspicion d’encéphalite (trouble du comportement, crise focale et/ou prolongée au-delà de 15 minutes ou suivie d’un déficit post-critique) et systématiquement avant l’âge de 6 mois même si isolée et résolutive. Après 6 mois, l’âge ne doit pas, à lui seul, faire réaliser une ponction lombaire. La PL n’est donc pas recommandée après l’âge de 6 mois sans aucun signe de méningite ou d’encéphalite (syndrome méningé, trouble du comportement et syndrome septique).

La réalisation d’un scanner cérébral avant ponction lombaire n’est pas systématique chez l’enfant. Son indication repose sur le contexte étiologique suspecté et la clinique. Un scanner cérébral est notamment conseillé en l’absence d’amélioration de troubles de conscience ou en l’absence d’amélioration d’une anomalie neurologique focale entre deux examens séparés d’au moins 30 minutes. Il faudra tenir compte du contexte clinique (administration de benzodiazépines ou autres antiépileptiques de secours et/ou crise prolongée qui peuvent décaler le retour à la conscience normale) pour le délai entre deux évaluations cliniques.

L’EEG n’est pas un examen urgent (sauf s’il y a un doute sur la persistance de crises) mais doit être fait après une première crise non fébrile ou inhabituelle pour un patient épileptique connu. Il sera suivi d’une demande d’avis spécialisé. L’électroencéphalogramme (EEG) sera recommandé « devant toute première crise convulsive à l’exception d’une première crise convulsive hyperthermique simple ».

Traitement

Dans la plupart des cas, la crise convulsive de l’enfant est brève et ne nécessite pas de traitement particulier. Le diazépam est administré par voie rectale et plusieurs administrations peuvent être nécessaires si les convulsions se prolongent ou se répètent dans les 24 heures.

Le traitement ne doit être introduit que si le diagnostic d’épilepsie est confirmé. La molécule doit être choisie en fonction du type de crise épileptique, du syndrome épileptique et parfois de l’étiologie. Il faut débuter par une monothérapie et chercher la dose minimale efficace en introduisant progressivement le traitement. Le traitement ne devra pas être arrêté brutalement. L’enfant devra être revu 1 à 2 mois après l’introduction pour vérifier l’efficacité sur les crises et les effets indésirables, puis tous les 6 mois.

Prévention des convulsions fébriles

Il est difficile de prévenir ces convulsions. Cependant, surveiller la température de l'enfant lors d'une maladie fébrile et administrer des antipyrétiques (paracétamol = doliprane) peut aider à gérer la fièvre. Ne lui donnez pas d’anti-inflammatoires (advil = ibuprofene) sans avis médical !

La prise de température se réalise sur un enfant déshabillé, avant la prise de paracétamol :

  • Sous l’aisselle : il faut rajouter 0,5°C au chiffre affiché.
  • La prise rectale (dans les fesses) sans rien ajouté au chiffre affiché.

Votre enfant a de la fièvre si la température est supérieure à 38,5°C en rectal.

Risque de récidive

Après une 1ère crise, le risque est de 20-30%. Il va dépendre des facteurs suivants :

  • Si la première crise fébrile a lieu avant 15 mois.
  • S'il existe un ATCD familial de crise convulsive au premier degré (parents, fratrie).
  • Si la crise fébrile est survenue tôt au cours de l’épisode de fièvre.
  • Si la fièvre était < 38.5°C lors de la première crise.

Les récidives surviennent dans 30 % des cas, en moyenne. Leur fréquence varie selon l’âge de l’enfant : plus il est jeune, plus le risque de récidive est élevé.

Séquelles possibles

Dans le cas d’une crise bénigne, et un retour rapide à l’état normal, aucune inquiétude, les crises épileptiques ne laisseront aucune séquelle à votre enfant et ne seront qu’un mauvais souvenir pour les parents. Pour le reste des causes, l’urgentiste rappelle que tout est fait pour éviter les séquelles à vos enfants, et une prise en charge rapide limite le risque de séquelles. Les convulsions laissent rarement des séquelles. Cela arrive surtout lorsqu’elles sont le signe d’une maladie sous-jacente (méningite, encéphalite ou épilepsie sévère).

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