L'accouchement est un événement unique et spécial dans la vie d'une future maman. Il est synonyme de joie, d'excitation et d'immense bonheur, mais aussi d'attente, d'interrogations et de peurs. Bien qu'il soit impossible de prédire exactement comment chaque femme vivra son accouchement ou combien de temps il durera, s'informer peut aider à mieux appréhender les événements. Cet article a pour but d'éclairer les futures mamans sur les contractions et la dilatation pendant l'accouchement.
Les contractions : le moteur de l'accouchement
Les contractions sont un élément essentiel du processus d'accouchement. Elles sont responsables de la dilatation du col de l'utérus et de la descente du bébé dans le bassin.
Reconnaître les contractions
Il est important de distinguer les vraies contractions de travail des fausses contractions, également appelées contractions de Braxton Hicks. Les vraies contractions sont régulières, rapprochées et douloureuses, tandis que les fausses contractions sont irrégulières, peu fréquentes et généralement indolores.
L'évolution des contractions pendant le travail
Au début du travail, les contractions sont généralement courtes (30 à 45 secondes), peu fréquentes (toutes les 5 à 30 minutes) et peu intenses. Au fur et à mesure que le travail progresse, les contractions deviennent plus longues (45 à 90 secondes), plus rapprochées (toutes les 3 à 4 minutes) et plus intenses.
Pendant la phase active du travail, les contractions durent plus longtemps et sont plus fréquentes qu'en phase de pré-travail. Elles sont également plus puissantes et augmentent progressivement jusqu'à atteindre un pic d'intensité. Il est fort probable que la douleur vous empêche de parler. Les exercices respiratoires appris pendant les séances de préparation à l'accouchement seront vos meilleurs alliés pour vous relaxer et supporter ces contractions.
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De 4 à 7 cm de dilatation, les contractions sont très fortes, surviennent toutes les 3 ou 4 minutes et durent entre 60 et 90 secondes. Ce sont ces contractions qui sont les plus efficaces et qui permettent au col de l'utérus de s'ouvrir beaucoup plus rapidement !
Entre 8 et 10 cm de dilatation, c'est-à-dire en fin de travail, les contractions sont moins fréquentes, mais plus fortes et plus longues. C'est à ce moment-là que vous allez atteindre le pic d'intensité pour ensuite sentir les contractions s'atténuer, parfois réaugmenter avant de disparaître. Cette phase est assez intense et fatigante pour la jeune maman.
Gérer la douleur des contractions
La douleur des contractions est subjective et varie d'une femme à l'autre. Il existe différentes méthodes pour gérer la douleur pendant le travail, notamment :
- Les techniques de relaxation : respiration, massage, visualisation.
- La mobilité : marcher, changer de position, utiliser un ballon de naissance.
- L'hydratation et l'alimentation : boire régulièrement et manger des collations légères.
- Le soutien émotionnel : être accompagnée par un partenaire, une doula ou une sage-femme.
- L'analgésie : péridurale, analgésiques opioïdes.
La dilatation du col de l'utérus : un indicateur de progression
La dilatation du col de l'utérus est un phénomène naturel qui indique que le corps se prépare à l'accouchement. En termes simples, il s'agit de l'ouverture progressive du col de l'utérus sous l'effet des contractions régulières.
Les étapes de la dilatation
Le col de l'utérus est un cylindre qui se modifie pendant le travail. Pour le décrire, on utilise sa position (de postérieur à centré), sa consistance (de tonique à mou), sa longueur (de long à effacé) et son ouverture (de fermé à 10 cm ou dilatation complète).
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Bien avant que le col n'atteigne 4 centimètres d'ouverture, il est relativement "fermé". La dilatation du col se déroule en plusieurs phases :
- Phase précoce : c'est généralement la plus longue, où le col s'ouvre jusqu'à environ 3 cm. Tant que le col n'est pas effacé et donc tant qu'il lui reste de la longueur, vous n'êtes pas en travail mais en pré-travail. Le col se centre, se ramollit et s'efface en même temps qu'il s'ouvre. Tant que vous n'êtes pas en travail, on ne parle pas en centimètres d'ouverture ou de dilatation du col mais en doigts d'ouverture.
- Phase active : elle commence lorsque le col est ouvert à 3-4 cm et se termine lorsqu'il atteint une dilatation de 10 cm, le diamètre nécessaire pour permettre l'expulsion du bébé. Quand vous êtes en travail, vous avez des contractions et le col se modifie. Ce dernier est complètement effacé, il n'a plus de longueur du tout mais il continue à s'ouvrir. Il doit atteindre 10 cm de dilatation. Pour un premier bébé, on part sur un centimètre par heure d'ouverture du col. Pour les seconds bébés et suivants, on est plutôt sur du 2 cm par heure. Bien sûr, il s'agit de moyennes, c'est de la théorie. Certaines dames accouchent d'un premier enfant en deux heures à peine…
- Phase de transition : la dernière étape avant la poussée, avec une ouverture du col atteignant 10 cm.
Facteurs influençant la dilatation
La vitesse de dilatation du col varie d'une femme à l'autre et d'une grossesse à l'autre. Plusieurs facteurs peuvent influencer la dilatation, notamment :
- La parité : les femmes qui ont déjà accouché ont tendance à avoir une dilatation plus rapide.
- L'intensité des contractions : des contractions fortes et régulières favorisent la dilatation.
- La position du bébé : un bébé bien positionné dans le bassin peut faciliter la dilatation.
- L'état émotionnel de la mère : le stress et l'anxiété peuvent ralentir la dilatation.
Que faire lorsque la dilatation est lente ?
Si la dilatation du col est lente, il existe différentes stratégies pour l'accélérer, notamment :
- La stimulation des contractions : ocytocine de synthèse.
- La rupture artificielle des membranes : percer la poche des eaux.
- Les changements de position : se tenir debout, marcher, utiliser un ballon de naissance.
La péridurale : une option pour soulager la douleur
La péridurale est une anesthésie locale qui consiste à injecter un anesthésique dans l'espace péridural (dans le bas du dos). Elle permet de soulager la douleur des contractions pendant le travail.
Le déroulement de la péridurale
La péridurale est mise en place par un médecin anesthésiste-réanimateur. Un rendez-vous préalable avec un anesthésiste lors d'un rendez-vous avant l'accouchement est obligatoire. Vous pourrez pendant celui-ci poser toutes les questions que vous voulez concernant cette anesthésie. De son côté, l'anesthésiste vous expliquera toutes les consignes. L’anesthésiste fait la piqûre au moment où la maman atteint une dilatation de 3-4 cm. Elle peut se faire jusqu’à 7-8 cm d’ouverture du col de l’utérus, si le travail n’avance pas assez vite. Après cela il devient compliqué et trop tard de la mettre en place. L’effet de la péridurale se fait ressentir en 30 minutes environ. Pendant le reste de la phase active, il sera possible pour la future maman de gérer les doses d’anesthésiant en fonction de la douleur pendant ses contractions.
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On ne pourra pas vous poser la péridurale avant que vous soyez en travail et donc avant que vous soyez dilatée à 3 cm et surtout avant que le col ne se soit effacé. Ensuite, on peut vous poser la péridurale jusqu’à très tard dans le travail, 8-9 cm de dilatation. Cela dépend surtout de la physionomie de votre travail, si votre travail avance lentement, il sera possible de poser une péridurale plus tard que si le travail est rapide. Il faut compter 30 minutes de pose et 30 minutes pour que la péridurale soit efficace. Dans la pose, le plus long c’est l’installation. On vous fait prendre, le plus souvent, une position assise, vous devez faire le dos rond et essayer de ne pas bouger même pendant les contractions. Puis, on installe tout le matériel nécessaire pour l’anesthésiste. Il commence par vous désinfecter le dos avec de la bétadine, c’est froid ! Puis, il vous fait une anesthésie locale avec une petite piqûre sous la peau, ça chauffe ! Enfin, il pique et place le cathéter de péridurale. Ensuite, il fait un test avec une première injection. Si tout se passe bien lors de cette injection « test », le cathéter est en place. On injecte alors la première dose d’anesthésie. Puis, de l’anesthésie diffuse en continue car le cathéter reste en place et est relié à un pousse-seringue électrique. On peut aussi vous donner une petite « manette » sur laquelle vous pouvez appuyer pour rajouter un bolus d’anesthésie.
Une fois la péridurale posée, vous serez allongée car vous ne tiendrez plus sur vos jambes. Le mieux c’est de rester allongée sur le dos, les trente premières minutes après la pose de la péridurale, pour que le produit diffuse équitablement des deux côtés du corps et éviter que la péridurale ne soit latéralisée. Il faut noter qu’une fois la péridurale posée, vous ne ressentirez plus l’envie d’aller faire pipi.
Avantages et inconvénients de la péridurale
La péridurale présente des avantages et des inconvénients. Les avantages incluent :
- Soulagement efficace de la douleur : la péridurale permet de réduire considérablement la douleur des contractions.
- Repos et relaxation : la péridurale permet à la mère de se reposer et de se détendre pendant le travail.
Les inconvénients potentiels incluent :
- Effets secondaires : baisse de tension artérielle, maux de tête, démangeaisons.
- Ralentissement du travail : la péridurale peut parfois ralentir la progression du travail.
- Intervention médicale : la péridurale nécessite une intervention médicale et une surveillance continue.
L'expulsion : la phase finale de l'accouchement
L’expulsion de bébé peut s’effectuer dès que le col de l’utérus atteint une dilatation de 10cm. Elle peut demander jusqu’à une demi-heure, cependant si vous n’êtes pas à votre premier enfant, cette étape peut s’effectuer rapidement, en 5 à 10 minutes.
Le processus d'expulsion
Comment se passe concrètement cette phase de l’accouchement ? Vous ressentirez la pression de la tête de bébé entre vos jambes. Lors de chaque contraction, vous aurez fortement envie de pousser. Le mieux est d’écouter les instructions de votre sage-femme ainsi que votre corps ! Il vous fera comprendre à quel moment il faut pousser ! A chaque poussée, votre bébé va progresser vers la sortie mais il reculera également à chaque fin de contraction. Mais pas de panique, tant que votre tout petit avance un peu plus loin à chaque fois, tout va bien. Le plus important étant que tous vos efforts de poussée coïncident avec les contractions permettant de faire avancer votre bébé.
Lorsque sa tête est enfin visible, la sage-femme qui vous accompagne vous demandera d’arrêter de pousser, de souffler lentement ainsi que de respirer plus doucement. Ces instructions auront pour but de vous éviter une déchirure ou épisiotomie. Maintenant il est temps de vous émerveiller !
Les soins après la naissance
Après 9 mois d’attente, c’est bon, votre enfant est enfin né ! Il prend une grande inspiration pour la première fois et pousse son premier cri ! Le personnel soignant vous posera bébé sur le ventre pour effectuer ce premier contact que vous n’oublierez jamais. Ce peau à peau si attendu ! Vous pourrez peut-être le voir instinctivement ramper en direction de votre sein afin de téter.
Pour terminer cette étape, qui n’est pas des moindre, le cordon ombilical, une fois ligaturé, pourra être coupé par votre partenaire. La troisième étape de l’accouchement se traduit par l’expulsion du placenta, plus connue sous le terme de délivrance.
Après l’arrivée de votre tout-petit, vous allez ressentir de nouveau des contractions. Cette fois-ci l’intensité sera moins importante mais ces contractions sont très importantes car ce sont celles-ci qui permettent au placenta de se décrocher de la paroi utérine et d’être expulsé. Pour favoriser son évacuation, votre sage-femme pourra vous indiquer de pousser, il se peut même que vous le fassiez instinctivement.
Une fois sortit, le placenta est soigneusement examiné. En effet, s’il n’est pas complet, un médecin ou sage-femme pratiquera une révision utérine avec la main, sous anesthésie péridurale ou générale.
Après cette étape, s’il y a eu déchirure ou épisiotomie, celle-ci sera recousue également sous anesthésie.
Une fois l’accouchement fini, il est important de prendre le temps de vous reposer. Pendant environ deux heures après la naissance de bébé, vous serez sous surveillance médicale afin d’être sûr que tout va bien. De l’autre côté de la pièce, votre tout-petit, lui, reçoit ses premiers soins.
Quand partir à la maternité ?
La date du terme arrive et vous ressentez des contractions utérines ? Le début du travail est le moins douloureux, mais le plus long des trois stades, il peut durer jusqu’à 20 heures pour les premiers accouchements. Au début du travail, les contractions se produisent toutes les 5 à 30 minutes, et durent généralement de 30 à 45 secondes. Pendant le travail proprement dit, vos contractions utérines sont plus longues (environ 45 à 90 secondes chacune), plus rapprochées (environ toutes les 3 à 4 minutes) et plus douloureuses. C’est alors le moment d’aller à la maternité.
Il y a quatre grandes causes de départ à la maternité :
- Si vous avez des contractions utérines régulières, rapprochées et douloureuses : Quand les contractions commencent, on essaye de les calmer, de les faire passer en prenant du Spasfon, un bain ou une douche chaude pour relâcher les muscles et donc l’utérus et en se mettant au calme, allongée. Si malgré tout ça, les contractions ne passent pas et augmentent en intensité tout en étant de plus en plus rapprochées, vous devez essayer de savoir de combien de minutes sont espacées les contractions. Pour un premier bébé, il faut attendre d’avoir eu deux heures de contractions toutes les 5 minutes avec des contractions douloureuses à chaque fois. La douleur est subjective. Et donc, une contraction douloureuse c’est une contraction qui vous empêche de faire ce que vous êtes en train de faire. Pour un second bébé et en suivant, on doit attendre d’avoir eu une heure de contractions toutes les 7 minutes avant de se rendre aux urgences de la maternité. Ceci est à adapter à votre situation, si vous êtes en menace d’accouchement prématuré (MAP), vous devez consulter dès le début des contractions utérines. C’est aussi le cas si vous accouchez de votre troisième enfant et que le second est né en quelques heures à peine, par exemple.
- Si vous perdez du liquide amniotique : Parfois, la rupture de la poche des eaux est totale et vous sentez bien qu’elle s’est rompue. Vous pouvez prendre une douche, manger un peu et finir les valises avant de partir. Le départ pour la maternité ne doit pas se faire dans l’urgence. Sauf si vous avez en plus des contractions utérines rapprochées, régulières et douloureuses. Mais parfois, la rupture de la poche des eaux n’est pas totale, on parle de fissuration de la poche des eaux. Vous perdez un peu de liquide puis, plus rien pendant plusieurs heures et à nouveau, vous perdez un peu de liquide. Dans ce cas là aussi il faut consulter aux urgences pour confirmer la rupture de la poche des eaux avec un test et éviter toute infection du bébé. Ces pertes légères sont à ne pas confondre avec des fuites urinaires ou de pertes blanches (leucorrhées) abondantes et liquides en fin de grossesse ou encore du sperme après un rapport sexuel. La rupture de la poche des eaux est indépendante de la présence de contractions. Il peut y avoir une rupture de la poche des eaux sans contraction et des contractions sans rupture de la poche des eaux. S’il y a une rupture ou une fissure de la poche des eaux, peu importe le terme et peu importe qu’il y ait ou pas des contractions, vous devez vous rendre aux urgences de la maternité et vous serez très certainement hospitalisée si la rupture de la poche des eaux est objectivée. Attention, si le liquide est clair comme de l’eau il n’y a effectivement pas d’urgence. Mais, si le liquide est teinté : rosé ou verdâtre, là il faut se rendre plus rapidement aux urgences de la maternité.
- Si vous avez des saignements rouges vifs : Aussi importants voire plus importants que des règles, il faut vous rendre aux urgences de la maternité où vous devez accoucher. Parfois, les rapports sexuels peuvent faire saigner, cela ne doit pas être un motif de consultation aux urgences. En effet, en fin de grossesse, il y a des petits vaisseaux sanguins à vifs au niveau du col de l’utérus et cela peut entraîner des petits saignements juste après un rapport sexuel. Il est aussi possible qu’il y ait des petits saignements de la sorte à la suite d’un examen gynécologique, d’un toucher vaginal par exemple. En fin de grossesse, il peut arriver que vous perdiez le bouchon muqueux qui se situe à l’intérieur du col de l’utérus. Vous perdez alors des glaires un peu marrons. Cela peut arriver en une fois ou durer sur plusieurs jours. Dans tous les cas, il ne faut pas vous inquiéter. Ce ne sont pas des motifs de consultation aux urgences.
- Si vous sentez moins votre bébé bouger : Vous devez consulter. C’est très subjectif. Parfois, votre bébé bouge moins dans la journée parce qu’il dort mais aussi peut être parce que vous êtes occupée et donc moins concentrée sur ses mouvements. Mais, si en vous allongeant et en stimulant votre bébé il ne bouge pas de façon habituelle, vous devez aller consulter aux urgences de votre maternité ou voir une sage-femme libérale à son cabinet pour faire un monitoring. Attention, les bébés bougent moins en fin de grossesse car ils ont de moins en moins de place dans l’utérus.
Le monitoring : un outil de surveillance
Le monitoring est un appareil de mesure qui ressemble à une ceinture. La sage-femme la place autour du ventre de la maman. Le monitoring externe c’est deux « pastilles » que l’on pose sur le ventre de la femme enceinte.
L’appareil de monitoring comporte un capteur de pression (pour enregistrer les contractions utérines), associé à un appareil à ultrasons (à effet Doppler) pour les battements du cœur. Cet appareil est posé sur le ventre de la maman. Le capteur des contractions utérines est un capteur de pression, il nous indique donc la fréquence des contractions, l’espacement entre les contractions et la durée de ces dernières. Mais cela ne nous indique rien concernant la force et l’intensité des contractions utérines.
On fait un monitoring dès que vous venez consulter aux urgences, peu importe le motif. Quand vous serez en travail, dès que vous prendrez la péridurale, le monitoring sera mis en place et vous le garderez jusqu’à la naissance du bébé. Quand vous serez en travail, on vous fera un monitoring de 30 minutes toutes les 1h30-2h environ. Cela dépendra de la structure dans laquelle vous êtes et des professionnels présents ce jour là. Bien-sûr, si on a une anomalie quelconque sur le rythme cardiaque fœtal, on laissera le monitoring en continue jusqu’à l’accouchement.
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